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lundi 25 février 2019

cartographie # 19 étrange "journée fuligineuse, sombre et muette"


Une journée de cendres
Une journée comme la nuit
On a tiré on a brûlé on s'est caché, on a fait silence.
Couru en tous sens pour préserver le souffle des bêtes affolées, piétiné les tendres herbes qui reprenaient seulement vie, fauchées dans leur prime jeunesse comme on l'aurait dit de ces jeunes hommes chair à canon, là-bas sur le front de l'autre guerre et de bien d'autres, "plus jamais ça !" ce serait mal nous connaître, mal nous envisager.
Les deux se sont faites ombres, devenant passe murailles, pierres aux lichens roux et verts gris, les deux se sont tenu les mains, le cou -lorsqu'il y avait un répit- de se savoir encore vivantes, ont oublié qu'elles avaient soif, que leurs visages aussi étaient fuligineux, que la terreur s'étendait à grands coups de cris et de haine.
Tout à coup, une cavalcade, elles tombent dans un trou, ensemble.
Reprennent leurs esprits, se tâtent les cotes, se pincent, vérifient que leur peau ressent toujours leurs pinçons, se mettent debout. Le bout de leurs doigts picote, presque comme une brûlure.
Leurs yeux ne percutent que du noir, que du noir,
Pas le même qu'à la surface, plus épais, sans contour.
Peu à peu s'habituent, peu à peu se distinguent l'une l'autre, peu à peu voient le ciel opaque d'où elles viennent, mettent un pied devant l'autre, bras tendus dans le tunnel.
Précautions.
Deux valent mieux qu'une.
Perçoivent des piétinement en surface, et toujours des cris et des tirs.
Ont peur, mais se sentent à l'abri, sous la terre.
Avancent dans le tunnel, hument l'humus, cognent leurs gros souliers sur des cailloux innocents, reçoivent une goutte d'eau tombée du plafond bas, chuchotent en ne reconnaissant plus le son de leurs voix, matifié par un drôle de vide calcaire qui n'absorbe rien.

-où sommes-nous ?
-dans le souterrain sous le château,
-vous en aviez connaissance ?
-oui, mais c'était il y a longtemps, j'avais oublié
-vous croyez qu'ils le connaissent, eux ?
-ils ne sont pas d'ici, ils ne connaissent rien à rien,
-comment vous le saviez ?
...
-quand j'étais jeune fille
...
-que je devais traverser les bois, quand je revenais du travail au château et que je savais que dans le bois, on pouvait avoir peur, je ne savais pas encore ...
...
-c'est long ?
-oui, un peu, ça débouche au bord du petit lac, près de l'auberge. pas très long mais ça semble
-l'auberge a été incendiée, avant-hier, il doit y en avoir là-bas
-oui sans doute. on va devoir rester dans le boyau

Mère et  fille continuent d'avancer à tâtons, comme dans un sommeil paradoxal, vers ce qui voudrait être la sortie,
Repères si maigres qui nient la réalité. Faible lueur loin très loin, faibles échos du monde d'en dessus.
Bestioles qui filent entre les jambes, ruissellement, les idées dans la tête ne servent plus, marchent depuis quand ? ventre creux, pieds blessés, fatigue comme vieilles de 100 ans, et pourtant apaisées, loin du fracas.
à la surface on est le 7 juin, ici, on ne sait pas.

jeudi 1 novembre 2018

cartographie 16 # nuit §2

toujours il fait ombre, mais rien ne sombre toujours il fait gris mais tout sourit toujours il fait cri mais rien ne plonge toujours il elle fait ce qu'on lui dit de faire quelqu'un quelque chose d'autre n'est pas près d'arriver il est elle coincé.e dans son corps, une armure à la main, prêt à défendre ses arrières ses grands ses pères et mères, la nuit ne tient qu'à un fil, quelque chose comme une substance qui fait mouche devant ses yeux, elle il sait qu'un jour ils seront remplis de terre, des pensées de Toussaint, des petites rides de frissons qui par courent son échine qui en comptent tant sur l'échelle des émotions de Richter. Toujours il fait chanson petite qui berce à l'abandon, toujours il fait larmes et le téléphone claquemuré dans le silence puis claqué contre le mur du silence il fait chauve-souris zip dans un sens zap dans l'autre, elles ils sont perdus dans le blizzard de la peur il elle se demande quand ça pourrait finir par rire, les coings font de jolis dessins le long de la pourriture, des cercles des visages des appels à nous attendrir. Toujours il fait mine de elle fait mine de suis-je assez gentille suis-je assez mystérieux mi-roir mi-noir, minois de velours dans un regard de fer toujours la même guerre, toujours le même espoir et puis guère lasse, elle s'enlace autour de la corde et s'élance acrobate trapéziste élastique, elle n'a pas plus peur du vide que du noir.

lundi 15 mars 2010

Nuit,

Nuit, je te ressens, tu m'enveloppes, tu me calmes, tu me faits me replonger dans mon enfance, je me vois juchée sur les épaules de mon père lorsque nous revenions à pieds de veiller d'une ferme amie, le ciel était constellé , il gelait , j'entends les pas crisser sur la neige, je revois notre arrivée au village, j'entends le bruit de la clé dans la serrure, il me semblait que la maison était un palais de glace, le charme du moment était interrompu par l'interrupteur mon père me posait sur le béton, et ma mère disait "vas te coucher" adieu nuit.
Je pense aussi à ce film Paris Texas je revois la voiture sur l'autoroute  tous les phares éclairés ces lumières rouges qui scintillent et la fille qui roule vers un destin qu'elle n'a pas choisi.
Nuit je me revois dans ce train qui filait sur Lyon et j'entends la voix de cette personne  qui me disait "Vous ne trouvez pas que c'est joli toutes ces lumières des HLM éclairées Je répondais oui, mais j'avais mal, ma campagne était loin et la lumière blafarde de mon village me manquait.
En venant aujourd'hui chez notre  hôtesse, j'ai lu  son magnifique texte sur le parrain, et le tableau de Quentin de la Tour me revient je revois la flamme de la bougie tenue par la fillette: brisait-elle la nuit cette pale lueur ?
Alors je le redis haut et fort la nuit  est un théâtre dans lequel des personnages se détachent il suffit de lever le rideau.Entrez - y et vous verrez que la pièce se jouera il suffit de s'asseoir et de croire en la nuit.
Nuit de Chine, nuit câline, nuit d'amour est ce  qu'en Chine les nuits  sont plus belles ? C'est vrai que la nuit les amours se font plus pressants , plus forts.
La nuit est peuplé de tant de choses, la nuit lorsque tout dort il me  semble parfois que l'univers m'appartient, non ce ne sont pas des fadaises  croyiez moi, je l'ai expérimenté les insomnies sont quelquefois riches en illusions.

mardi 20 octobre 2009

Nuit




En attendant un texte "Nuit", voici un ancien message que je suis ENFIN parvenue à modifier
Je m'améliore sur le Mac ?