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lundi 2 décembre 2019

où s'égarer

Ce serait le labyrinthe idéal où s’égarer; on pourrait presque se dire qu’on se perd dans Venise. Ce serait des tranchées sans horizon, des parcelles de vide, un diamant à 9050 facettes , un ventre empli de creux, d’impasses et de limites. Ce serait l’empreinte d’un monde que l’on croit connaître. Mais ne rien retrouver, se laisser enfermer dans ces minuscules cases, ces alvéoles d’incohérence, s’enserrer entre les mâchoires d’un passé qui n’en finit pas de murmurer à l’oreille, de distiller son flacon de nostalgie, de faire croire à des leurres de lumière. Ce serait enfin un cadre où s’épuiser.

Il faut entailler la topaze, étirer, écarter, forer entre les murailles, libérer les lentes de froid qui sommeillent au col des souvenirs. Voir alors ce qui s’écarte, sentir les voix du vent, entendre les palpitations qui se libèrent, délivrer les couleurs qui suintent, poudrer de désir les parois de silence, et, des frissons dans l’échine, tâtonner jusqu’à chercher l’espace où trouver quelque chose... l’autre peut-être. Jouer avec les cendres et les fumées, les natures mortes et les angles coupants, se lancer dans ce chatouillis de plumes d’encre. Retrouver les empreintes sur les planchers de sable et creuser d’une main d’enfant. 

Le cœur en basse continue, poursuivre l’effort, laisser l’ordinaire aboyer dans l’air du matin, écarter toujours plus avant, voir l’antre battu par les vents et les illusions d’une enfance plus lourde que des montagnes. Cela respire entre les doigts dans ce cadre immobile où l’on entendrait presque le vacarme d’un baiser et tous ces menus riens qui écorchent le papier. On sait très bien la transparence de l’aube, les interstices des jours où recueillir les traces, l’empreinte d’une mémoire, les pulsations de ces vies, les arbres tout près qui ont tant grandi et qui portent le ciel. Bleu, si bleu.

dimanche 1 décembre 2019

Cartographie Bonus 1

Comme  le dit Ange Gabrielle nous nous activons dans l'ombre pour préparer lecture et expo du travail réalisé pendant deux ans sous le vocable CARTOGRAPHIE. Mais afin de ne pas perdre la main de l'écriture, je propose d'écrire en électron libre ( c'est à dire chacun dans son chez soi douillet) à partir du cadastre de notre village ou territoire dont il est beaucoup question dans nos récits.
Poster la photo du cadastre donc ( grossi et dégrossi comme il vous plait!) et délirer dessus ( au sens deleuzien...) On trouve les représentations du cadastre en tapant le nom du village choisi et cadastre... 


Et pour le plaisir, quelques citations de Deleuze:

Délirer, c'est exactement sortir du sillon ( comme "déconner", etc).

Fuir n'est pas exactement voyager ni même bouger (...) les fuites peuvent se faire sur place, en voyage immobile.

Tracer, Inventer, Créer, c'est la trinité philosophique.

Devenir, ce n'est jamais imiter, ni faire comme, ni se conformer à un modèle, fût-il de justice ou de vérité. Il n'y a pas un terme dont on part, ni un auquel on arrive ou auquel on doit arriver.

Partir, s'évader, c'est tracer une ligne, des lignes, toute une cartographie. On ne découvre des mondes que par une longue fuite brisée.