lundi 25 septembre 2023

Fin d'été sur la Drôme

Hier, nous avons exploré une nouvelle balade drômoise : Le Chemin de Péquimbert au-dessus de Poêt-Celard. Là, tout au sommet, la vue est à 360°

A l'Est, la forêt de Saoû de la pointe de Roche-Colombe jusqu'au Pré de l'Ane, le Col de la Chaudière et la belle chaîne de Couspeau

 

Forêt de Saoû

 

 


 

A l'Ouest la montagne d'Angèle, Miélandre. Et à un plan plus rapproché, Combs, sa merveilleuse chapelle romane et son château.

 

A gauche le Mont Angèle, à droite Miélandre


 

 

Dans le lointain, à gauche le château, à droite la chapelle

 

Sur le chemin on peut s'en mettre plein la vue, rêver, grappiller des mûres, chercher vainement des champignons mais le sol est si sec ... rencontrer de drôles de zèbres.

 

 


 Toutes ces photos pour le plaisir du partage

dimanche 24 septembre 2023

à-coups

à-coups de lumière

dans les meurtrissures d’ombres

ultimes blessures à s’incruster

dans le miroir aux couteaux cerclés d’or

tout tend à se figer dans ce mirage

comme si l’éternité se laissait voir

et consciente de l’extrême fragilité

que chaque chose chaque être sur terre

porte en lui ressent dans ses propres ombres

la peau suinte d’entailles putréfiées par les ans

 

samedi 23 septembre 2023

La musique du monde

J'ai  sept, huit ans peut-être. Cesont les "grandes vacances". Je les passe entièrement chez ma grand-mère, dans une ferme isolée. Deux mois pour une petite fille c'est l'éternité, cette éternité-là m'est disponible du matin au soir, la chaleur, les prés qui attendent la fauche, le bassin qui coule, les feuilles des arbres qui bruissent, les nuages qui filent ... Et la petite fille dans ce silence qui observe, enregistre, vit tout intensément.

A chaque nuit des étoiles, je me remémore une expérience très forte vécue pendant ces vacances-là. J'aimais particulièrement m'allonger le matin dans les hautes herbes du pré devant la maison, sentir leurs odeurs, les graminées me chatouiller les joues. Ma rêverie se perdait dans les nuages qui se formaient, se déformaient et là ... j’entendais la « musique du monde » comme je l’appelais, une espèce de bruissement sonore incessant et apaisant ; cette musique était encore + forte, allongée sous le ciel étoilé, là c’était les étoiles dont j’entendais le scintillement et c’était la même musique « planante » zzzz. Parfois, je sentais réellement tourner la terre.




"parfois, on peut aussi la voir"

Pendant une lecture ce matin, j'ai été saisie et figée par le passage suivant :

« Quelqu'un a décrit le son du silence comme un murmure cosmique, un fond sonore scintillant, quasi électrique. Bien qu’il soit présent tout le temps, en général nous ne le remarquons pas, sauf quand l’esprit est ouvert et détendu … le son du silence est comme un flot continu, une rivière infinie … Dans cet état, l’esprit est un peu comme un radar. La conscience est très vaste, en expansion ; elle inclut, elle est ouverte et réceptive … comme si c’était le chant des anges, un son cosmique primordial … Il est partout et pas seulement dans les oreilles ... »*

Le chapitre s'intitule "Le son du silence" pour moi, ce son reste et restera la musique du monde 


* Extrait de "La conscience intuitive" de Ajahn Sumedho


vendredi 22 septembre 2023

XIV - RIVAGE.

Le coquillage
valves des souvenirs
nacre errante sur le sable-mémoire
en quête d'improbables voyages
voile du temps meurtri
sur le rivage éclats de rire
éclats de vie
pétales
pages transparentes éphémères
du passé à l'accent aujourd'hui
quand se lève
la houle au vent
des larmes-précipices
jette le coquillage
mémoire écartelée.

(Codicille: "Les Vagues; Virginia Woolf" - Interlude 7 - partie 1)


jeudi 21 septembre 2023

Interlude 8.2 p.178 Noctalgie La Terre était si éloignée

La Terre était si éloignée

Allait-elle la revoir ?

Nageant entre deux hauts

Voguant entre les nuages

Comme dans ce rêve

Où elle devait se poser

Sur un globe terrestre

Telle une géante

Un pied dans chaque pays

Ce devait être le rêve

De tous les migrants échassiers

Une vie de chaque côté de la frontière

La Terre était si loin

En apesanteur elle voyait

des myriades de lumières

Quand on est au milieu du ciel

Devient-on une étoile ?

La Terre était si loin

En flammes, en feu, en furie

La Terre était si loin, si loin, si loin


Noctalgie Interlude 8.2 p.178 à partir de The land was so distant"


vendredi 1 septembre 2023

interlude 8.1 p.177 Présage Sans voir la photo on devine la plage

Sans voir la photo on devine la plage

Les ombres qui s'étendent

La journée qui finit

On frémit de comprendre que le livre s'achève

Que les textes traduits retourneront au vide

Entre les couvertures du cahier réglissé

Les moules les oiseaux le sable le bateau

Les meubles le miroir les couverts enchantés

Les toits les fenêtres

L'horizon enflammé

Les arbres obélisques

Un contre-jour toscan

De séance en séance la course du soleil

Les vagues virulentes les rendez-vous manqués

Marguerite aux fourneaux inventant d'autres Vagues

Le soleil disparaît : est-ce mauvaise augure ?

Entre les interludes que s'est-il donc passé ?


Présage interlude 8.1 p.177 à partir de "The sun was sinking"