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jeudi 23 mai 2024

comme une étoffe qui se plisse

 


un tissu, un chiffon, un torchon, une nappe, un voile, une étoffe, une cotonnade, un lainage, un brocart, une toile, une soierie, un drap,une draperie, un rideau, une tenture, un tapis, un textile, une membrane, une chair

ridé, plissé, froissé, fripé, ondulé, gondolé, poché, sillonné, flétri, crispé, froncé, meurtri, chiffonné, contrarié, altéré, blessé, offensé, déchiré, humilié, tourmenté, tracassé, chagriné, remué

des rides, des creux, des flétrissures, des ondes, des plis, des replis, des pliures, des recoins, des fronces, des sillons, des raies, des ridules, des plissements, des entailles, des fentes, des craquelures, des crevasses, des fissures, des lézardes, des éraillures, des brèches, des fêlures, des gerçures, des déchirures

la mer, l'océan, le rivage,la plage, le sable, l'étendue, l'onde, le flot, la marine, la masse, l'espace, le flux, le reflux, les flots, la marée, le mascaret, l'estran, le mouvement, le bouillonnement, la convulsion, l'effervescence, l'ondulation, le va-et-vient, l'élan, le frisson, l'émoi, les vagues



comme une chair chiffonnée de rides

comme un corps sillonné d'entailles

comme une créature blessée

comme un esprit chagriné de déchirures



un va-et-vient d'émois



vendredi 7 avril 2023

Interlude 5.1 p.126 La femme aux cheveux d'or

La femme aux cheveux d'or la roue rouillée les gouttes d'eau opale les maisons de carton roses le dépaysement multicolore la couche de mer émeraude  un petit acompte argent sur le bonheur conjugal les charbons rougeoyants de l'amour, les fournaises du coeur la barque bleue azur du destin flottant sur des eaux incolores 3 nuits champagne la poitrine bistre la fragrance mauve de son after-shave une robe blanche imméritée la débâcle anthracite une chausse-trappe moutarde une bottine acajou sans lacets les sillons noirs creusés par le vent vermeil

de l'oubli

du rabougri

des tissus kakis froissés sur les pierres brûlantes



ma traduction

Le soleil était au zénith. On ne le devinait ni ne l'entr'apercevait plus à partir d'indices et de lueurs ; c'était comme si une jeune fille allongée sur sa couche maritime verte se fatiguait le regard à distinguer les joyaux aquatiques, ronds comme des globes qui lancent des lumières teintées d'opale, tombent et clignotent dans l'air incertain comme les flancs d'un dauphin glissant ou l'éclair d'une lame qui tranche

Maintenant le soleil brillait sans équivoque, de manière indéniable. Il dardait ses rayons sur le sable dur et les rochers devinrent aussi rouges et brûlant que des fournaises. Il cherchait chaque flaque, et attrapait le petit poisson caché dans le moindre recoin, faisait apparaître la roue rouillée, l'os blanc, ou le ... sans ... accroché, noir comme du fer, dans le sable. Il donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur. Aux dunes leur scintillement innombrable, aux herbes folles leur vert brillant. ou bien il tombait sur l'étendue aride désolée du désert, montrant ici les sillons creusés par le vent, ici balayé en cairns désolés, ici parsemée d'arbres exotiques (?) rabougris d'un vert sombre. Il allumait la fine mosquée dorée, les frêles maisons de carton roses et blanches du villages au sud, et la femme à la poitrine généreuse et aux cheveux blancs, qui s'agenouillait dans le lit de la rivière en battant des vêtements froissés sur les pierres. Les paquebots qui s'élançaient lentement sur la mer étaient pris dans le regard rasant du soleil qui, à travers les auvents jaunes, frappait les passagers qui somnolaient ou arpentaient le pont, abritant leurs yeux pour chercher la terre, tandis que, jour après jour, comprimé dans ses flancs huileux et palpitants, le navire les portait monotonement sur les eaux.

à partir de la phrase " 2023 04 07   - "Le soleil donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur" 

"The sun fell in sharp wedges. Whatever the light touched became dowered with a fanatical existence"

lundi 20 mars 2023

Interlude 4.2 p.93 Comme l'herbe ondulante

 Comme l'herbe ondulante de la mer

les vapeurs violettes

Comme les moiteurs recroquevillées à l'arrière-plan

les dagues de glace

Comme la campagne blanche de fleurs

les visqueuses fêlures

Comme les gobelets zébrés de lumière éphémère

un glacis rouge

Comme les chants enturbannées abrupts

à l'aplomb de la flèche

Comme le grain du bois les épluchures pitoyables

Comme l'étoile polaire sa lumière blafarde

sa position immuable

Comme les ruisseaux les torrents les étangs les lacs

le ciel tournoyant

les chevaux virevoltants

 

Comme si au bord de leur vie

Rien n'avait d'ombre


à partir de la phrase 2023 03 25 "They sprang as if the end of their being were sharpened and must cut, must split the softness of the blue green light, the dampness of the wet earth"Comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait "

Ma traduction

Ils chantaient comme si leur chant était expulsé sous la pression du matin. Il sautaient comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait et devait fendre la douceur de la lumière bleu-vert, l'humidité de la terre mouillée, les fumées et les vapeurs des volutes grasses de la cuisine, ; les effluves chaudes de mouton et de bœuf ; l'abondance des pâtisseries et des fruits ; les matières humides et les épluchures jetées depuis le seau de la cuisine, et d'où s'échappait une lente vapeur montant du tas d'ordures. Sur tout ce mouillé, ce tâché d'humidité, ce recroquevillé par le trempage, ils descendaient, avides, impitoyables, abrupts, Ils plongeaient soudain depuis les branches du lilas jusqu'à la grille, ils épiaient un escargot et frappaient la coquille contre une pierre. Ils frappaient avec fureur, méthodiquement, jusqu'à ce que la coquille se casse et que quelque chose de visqueux suinte de la fêlure.

Ils balayaient le ciel en tournoyant comme des flèches  haut dans les airs lançant des notes brèves et aiguës perchés sur les plus hautes branches d'un arbre ils regardaient à travers les feuilles les flèches des clochers et en bas la campagne blanchie par les fleurs, avec l'herbe ondulante et la mer qui battait comme le tambour d'un régiment de soldats enturbannées ou portant des casques à plumes.

Maintenant et encore leurs chants montaient ensemble sur des portées rapides comme les entrelacs d'un torrent dont les eaux se mêlent au confluent,  écument et se mélangent, puis se hâtent de plus en plus vite vers le chenal traçant une sortie unique et large emportant les mêmes larges feuilles. Mais il y a un rocher. Elles se séparent.

Le soleil tombait en pans aigus dans la pièce.

Quoi que ce fut qu'elle touchât, la lumière devenait plus crue avec une existence fanatique exacerbée

Une assiette devenait un lac blanc, un couteau une dague de glace. (un stalactite). Soudain des verres se révélaient soutenus par des zébrures de lumières (des raies de lumières)

Les tables et les chaises émergeaient comme si ayant préalablement coulé elles surgissaient à nouveau, elles refaisaient surface, recouvertes d'une mince pellicule rouge, orange, violette comme le duvet sur la peau d'un fruit mûr. Les veines sur la glaçure (le vernis, le brillant) de la porcelaine, le grain du bois, les fibres du cannage se précisèrent plus finement. Rien n'avait d'ombre. Un pot était tellement vert que l'oeil semblait aspiré par le tunnel de son intensité et restait collé dessus comme un mollusque, une bernique

Puis les formes prirent du volume et des contours. Là on distinguait la courbe d'une chaise ; là la silhouette d'une armoire. Et à mesure que la lumière augmentait des tâches d'ombre y pénétrèrent, s'accumulèrent et se répandirent en de multiples plis et replis sur l'arrière plan.

jeudi 24 novembre 2022

Interlude 2 p.23 Rochers durs aux fissures rouges

à partir de la phrase : "The rocks which had been misty and soft hardened and were marked with red clefts"

Rochers durs aux fissures rouges rochers brumeux brume de l'après pluie rochers qui crient avec les rapaces font voler en éclats le silence de la mer en rochers luisants glissants et lisses brûlants impraticables fissures crevasses gorges fentes projets de fuite gaz Rochers broutant le vert de la forêt rochers cataractant acérés rissolant de soleil à-pic ruisselants des vagues fracassantes glissades membres tordus Sisyphe projets anéantis dans les éboulis noirs des désirs en désordre Île du Diable cocotiers verts germant des interstices Rochers-amers manger ce qui est rouge -rêves de friandises- de rochers mous comme des Ferrero oubliés au soleil

 



ma traduction

Le soleil avait pris de la hauteur. Le soleil était encore monté. Des vagues bleues, des vagues vertes dessinaient un rapide mouvement en éventail sur la plage encerclant la pointe du houx-de-mer du chardon / du panicaut maritime et laissaient des mares, flaques, peu profondes ici et là sur le sable, ainsi qu'une frange noire arrondie après leur disparition. Les rochers qui jusque là avaient des formes vagues indistinctes et douces devinrent plus consistants et furent marqués, traversés de fissures rouges.

Des rayures d'ombre fines languissaient sur l'herbe et la rosée qui dansait à l'extrémité des fleurs et des feuilles faisait ressembler le jardin à une mosaïque d'étincelles dispersées, en train de n'en former qu'une seule.

Les oiseaux, dont le jabot était tacheté moucheté de jaune et de rose, chantaient maintenant une trille ou deux à l'unisson, frénétiquement, comme des patineurs joyeux exubérants,  bras dessus bras dessous, puis faisant soudain éclater le silence en morceaux


la cabane du capitaine Dreyfus - île du Diable - 2019

mardi 15 novembre 2022

Klasma de la brume Version 1 "/"

chaque "/" remplace "dans la" ou "dans le, les" 100 mots

en miroir

Petit à petit les filaments de feu se diluèrent dans la brume -l'incertitude-, un embrasement (une incandescence) qui souleva le poids du ciel gris et laineux jusqu'au zénith (point culminant) et le transforma en un million d'atomes d'un bleu doux.

La surface de la mer devint lentement transparente et s'étala en ondulations et scintillements jusqu'à ce que les sombres rayures eussent été presque gommées.

Doucement le bras qui tenait la lampe la souleva de plus en plus haut jusqu'à ce que l'on distinguât une large flamme. Un arc de feu brûla à la frontière de l'horizon et tout autour de cet arc la mer flamboya d'or.

La lumière frappa les arbres dans le jardin rendant chaque feuille transparente. Un oiseau gazouilla assez/plutôt fort, puis il y eut une pause, puis un autre chanta dans les graves. Le soleil rendait les murs de la maisons plus vivants, plus vifs, puis il se posa sur le store blanc comme le bout d'un éventail et laissa une empreinte de doigt bleue comme une ombre sous la feuille près de la fenêtre de la chambre. Le store s'étira (se leva ? fut tiré ?) lentement mais tout l'intérieur était flou et sans substance. Les oiseaux chantèrent leur mélodie vide au dehors.


vendredi 11 novembre 2022

Interlude 1.2 Un bras levant une lampe

un bras levant une lampe - aveuglement

un monde vert rouge jaune blanc

Tourmaline

des femmes alanguies élégamment

sur la plage écumante leurs fins souliers crissant

dans le creux du lagon

sous le sable adoré

des visages éventés des mines épouvantées

des flammèches des fibres des lueurs tremblotantes

l'horizon translucide haché condamné

le verre jusqu'à la lie

silence crépitant

éclair Grenat déchirement

les nervures d'un éventail brûlant

tous les sens interdits en émerveillement

les bouches béantes

une explosion de joie

un champignon magique

et des Gerboises bleues

un spectacle assourdissant

unique

- qu'on ne voit qu'une fois

un doigt sur l'interrupteur du temps

(codicille : en miroir 103 mots comme pour la traduction, pas de ponctuation sauf tiret, rythme et allitérations)


·  Petit à petit la ligne sombre à l'horizon s'éclaircit comme lorsque la lie se dépose au fond des vieilles bouteilles de vin et rend au verre sa translucidité verte, ou comme si le bras d'une femme allongée sous l'horizon levait une lampe et que des barres droites blanches, vertes et jaunes se déployaient à travers le ciel comme les nervures d'un éventail.

·         Puis le bras leva la lampe plus haut et l'air devint fibreux, et se déchira de la surface verte en flammèches et lueurs tremblotantes aux fibres rouges et jaunes comme les flammes fumantes et crépitantes d'un feu de joie.

(Traduction deuxième fragment premier intermède : 103 mots)



lundi 26 septembre 2022

Skurril

 ..."elles se servaient toutes deux d'un mot, skurril, désignant "un petit détail fibreux, une tension visuelle, un frisson. Skurril, ce sont les mains qui, en cachette, se tendent vers les jetons sur les tables de jeu dans Le Joueur, de Dostoïevski. Une patte d'araignée est skurril. Une fissure. L'idée d'une queue de rat. Une caresse, aussi, peut être skurril. " 

In TdM. Il est avantageux d'avoir où aller. Emmanuel Carrère.



samedi 19 mars 2022

 Chacun vaque à sa vie, 

par deux, par trois, en solitaire

L'enfant califourchon

sur le torchon

Le torchon sur les cuisses

De la nourrice

de la main gauche elle puise 

l'eau dans la jarre cuivrée

l'équilibre est précaire pour ce marmot fessu

sa tête escamotée par la main qui appuie

à moins qu'il n'en ait pas ?

et pas plus que de bras.

Son cul proéminent absorbe la lumière

puisée à même l'eau dorée de la cuvette

Est-elle fraîche cette eau ? par ce beau jour d'été ?

 

Chacun vaque à sa vie, et à sa mort aussi

chacun à son affaire, le voisin égorgé

le chien en rond couché, le cochon avisé

chacun sa mer à boire, sa solitude épaisse.

explorer sous les jupes, accoucher d'un néant

ou d'une apocalypse au visage d'enfant

A l'orée des vacances les embouteillages

Cauchemar du quotidien 

de la vie vitrifiée

chacun jouant sa scène hors sol de son voisin

les gestes suspendus, les flaques de soleil

les fils des marionnettes retenus par les bras

du tout-puissant trônant 

à l'auvent bleu du ciel

vendredi 18 février 2022

Miroir


Miroir, miroir, miroir, où est ta vérité ?

Miroir, fidèle menteur qui inverse l’image

de celui qui regarde son double renversé,

réflexion spéculaire d’une image équivoque

qui ne tient aucun compte ni des rides, ni de l’âge,

dont la vérité crue sans cesse nous convoque.

dimanche 13 février 2022

Miroir, mon beau miroir

 Reflet de la vérité ou son inverseur ?

Porte ouverte sur un autre monde ?

Porte par laquelle la mort va et vient ?


« Je vous livre le secret des secrets. Les miroirs sont les portes par lesquelles la mort vient et va. Du reste, regardez-vous tout votre vie dans un miroir, et vous verrez la mort travailler, comme des abeilles dans une ruche de verre. » J Cocteau Orphée


Il est pour certains symbole de la plus haute connaissance

car il reflète sans être affecté par ce qu’il reflète :

Le beau, le laid, le jeune, le vieux …

le miroir ne connaît pas, il reflète

impassible, inébranlable.

Il voit les choses comme elles sont,

renvoie réalité et non vérité.


Et si l’autre était mon miroir ?

La collectivité comme Galerie des Glaces ?

dimanche 6 février 2022

Miroir Jardin

 Aussi bien en désordre que dans ma propre vie

aussi riche en recoins occultant des trésors

mais aussi des cafards vieux de quelques années

des pensées invasives et des arbres moqueurs

apportés par les vents et les oiseaux de même

Laisse venir le vert et tout ce qui s'en suit

le moisi ne nuit pas tant qu'il est en surface

Aux limites du clair, la mousse douce affleure

les lierres des souvenirs qui m'agrippent le coeur

 

Une fois l'an j'appelle à l'aide, 

un jardinier/docteur plus expérimenté

C'est déduit des impôts 

remboursé à moitié

par la Sécurité Sociale.

je fais des analyses, pèse le pour et contre

Du bien fondé de parfois arracher

un tronc pourri, une belle tumeur.

 

chaque année un piquant nouveau

chaque année une douleur nouvelle

chaque année une espèce en moins

comme les mots perdus aux confins de ma tête

mais chaque année aussi des surprises en pagaille

si pagaille est le mot.

 

Chaque année je me laisse prendre

au jaune des forsythias

au chant des primevères

chaque année me surprend à avoir oublié

ce que j'avais jadis planté

English garden bien ratissé

carrés de choux, de bijoux et de houx

chiendent qui coupe, ronces qui crient

mêm' le miroir est à la fête

quand éclatent les joies dans ma tête

de voir s'égayer le printemps.

Reflet dans un œil d'or. Klasma MIROIR

 Virginia Woolf dans le jardin sans tain de mon inconsistance

l'escalier en colimaçon au fond du rêve vrai

angles aigus des montagnes de lumière

au printemps les tulipes fresque rouge sur mâchefer gris

Reflet dans un œil qui dort, les pierres dans ses poches.

mi-roir ? mi quoi d'autre ?

La surface et la profondeur

Ad-mirer les mirettes, ajuster le mascara

"qui de lui ou de moi renvoie l'image à l'autre ?"

une chanson de l'Empire des Sons du temps de ma jeunesse

le miroir ne laissait pas augurer ma tête d'aujourd'hui

Tout ce qui nous attend.

With compliments

Moments successifs

Grossissant. Pas plus de Photoshop que de crème réparatrice

Point noir que l'on charcute lorsque l'on a 13 ans

Les yeux prennent refuge au fond de leurs orbites

Coup d’œil furtif

Peau d'orange. Orifices. Fraise

Le miroir ne fait pas de méchantes réflexions

 

Sur les trottoirs, dans le salon et même dans les wc

Le père de l'ancienne propriétaire était un miroitier.

Un poil noir, un début de moustache,

un grain de beauté, une verrue, un bouton d'acné

quinze rides une poignée de cheveux blancs.

Agrandir les fenêtres, multiplier l'espace, 

attraper les poussières attirées 

par la surface glabre

Galerie de portraits dans la galerie glacée,

jusqu'à l'arrivée des premières ombres

 

Le miroir n'a pas l'odeur.

Il dit l'innommable et s'en fout

Comme de sa première chiure de mouche

Sablier. Travaux. Défardement.

Ravalement de façade. Béatilles. Des coussins pour les yeux.


Que fait le miroir en notre absence ?

Moine. Dubitatif. Impermanence. Éminence grise.

 

Regarder le néant en face

Le miroir n'a pas de mémoire.

dimanche 30 janvier 2022

Les plaisirs de la porte

"Les rois ne touchent pas aux portes. 

Ils ne connaissent pas ce bonheur :pousser devant soi avec douceur ou rudesse l'un de ces grands panneaux familiers, se retourner vers lui pour le remettre en place, --- tenir dans ses bras une porte.

--- Le bonheur d'empoigner au ventre par son noeud de porcelaine l'un de ces hauts obstacles d'une pièce ; ce corps à corps rapide par lequel un instant la marche retenue, l'oeil s'ouvre et le corps tout entier s'accommode à son nouvel appartement.

D'une main amicale il la retient encore, avant de la repousser décidément et de s'enclore, --- ce dont le déclic du ressort puissant mais bien huilé agréablement l'assure."

Francis Ponge "Le parti pris des choses" nrf Poésie/Gallimard p 44

Après les affres du déménagement, en voici les fruits, les joies goûtés aux coin du feu de bois. Ces livres exhumés d'étagères empoussiérées, restés fermés 20-30 ans et que je relis avec délectation.

Certes, j'arrive un peu tard pour les portes mais on dira comme ça : "Ange arrive en retard cette année"

mardi 4 janvier 2022

Sur le seuil : klasma des portes

 

Je n'aime pas qu'on me claque. Il y a des échardes un loquet pendouillant des courants d'air des chicots de bois. Mes ferrures sont fragiles, de la rouille tranquille des siècles de poussière des écailles de temps. Je ne suis pas une traître des judas des fentes des termites ignorés. Je grince au moindre mouvement. De l'huile 3 en 1 des entrebâillements des ni oui ni non. Si j'étais humaine, pas sûre que j'aimerais passer ma vie entière dans cet intérieur. Il y a des seuils de la tolérance des valses hésitations de la peinture décolorée des pas qui s'éloignent.


codicille : à la façon Stéphanie Chaillou (un léger défaut d'articulation). 100 mots. titre de pièce de théâtre