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lundi 6 novembre 2023

Interlude 10 p. 256 Comme des vagues qui se brisent sur le rivage Vagues oiseaux soleil fragments

Comme des vagues qui se brisent sur le rivage

Le livre se referme en claquement de portes

Les personnages restent figés à tout jamais

On ne saura jamais le pourquoi du comment

Imprimés sur leur corps les divers monologues

Tous les fragments de vie aux embruns éclatés

Le soleil a décrit son demi-cercle jaune

Il est temps à présent de laisser les oiseaux

dans leurs nids sous les feuilles

les petits mammifères

Et cet instant sinistre qui hurle avec les loups

Et le coeur qui chancelle à s'arrêter de battre

et la mer qui s'écrase "toujours recommencée"


vagues oiseaux soleil fragments Interlude 10
à partir de la phrase "The waves broke on the shore"


vendredi 27 octobre 2023

Interlude 9.2 p.203 Derrière les traînées de silence fibreuses Ténèbres

 Derrière les traînées de silence fibreuses

     se déplacent les ténèbres furieuses

Au-dessus du lac de nos esprits fébriles

     s'abattent les ténèbres errantes

Sur le rebord figé du monde affolé

     Ruissellent les ténèbres de la folie des hommes

Dans les profondeurs filetées des jardins de l'automne

     Tourbillonnent les ténèbres de notre fragilité

Entre les frontières mesquines reliant les minutes aux heures

     Roulent les ténèbres fractionnées des barbaries fratricides

Avant le petit-déjeuner qui répare l'amour

     S'élèvent les ténèbres des rêves avortés

Au creux de la dévorante douceur

     Souffle le désir de ténèbres tyranniques

     Qui pénètrent, enveloppent, engloutissent

     Le sens secret des choses


Ténèbres interlude 9.2 à partir du mot darkness, répété 7 ou 8 fois dans ce fragment

ma traduction (partielle)

Comme s'il y avait des vagues de ténèbres dans l'air, les ténèbres se déplaçaient, enveloppant les maisons, les collines, les arbres. [...]. L'obscurité ruisselait dans les rues, tourbillonnait autour des silhouettes en les engloutissant, effaçant les coupes enlacés dans l'obscurité pluvieuse des ormes en plein feuillage d'été. L'obscurité roulait ses vagues le long des allées herbeuses et sur la peau ridée du gazon,enveloppant l'épineux solitaire et les coquilles d'escargots vides à son pied. S'élevant plus haut, l'obscurité soufflait le long des pentes dénudées des hautes terres et rencontrait les sommets de la montagne, là où la neige éternelle recouvre à jamais la roche dure, même lorsque les vallées sont pleines de ruisseaux et de feuilles de vigne jaunes, et que les jeunes filles, assises sur les vérandas, regardent la neige cachant leur visage avec leurs éventails. Elles aussi, l'obscurité les recouvre.

mardi 3 octobre 2023

Interlude 9.1 p.202 Dans les recoins lointains dans les grottes sonores

Dans les recoins lointains dans les grottes sonores

    Les silences bruyants

Reposer dans le calme

     Au fond de son cercueil

Attendre la lumière la vague réveillante

Se glisser lentement hors de sa peau vieillie

Et regagner son corps après s'en être enfui

 La fabrique du rêve la puissance de l'eau

     Renaître

     Réinventer

     Riposter

    Indésirer

         Incolérer

Sur les vastes rideaux de ténèbres tremblantes

     Amourer

     Justicer

     Persévérer

         Sublimer

L'incontinence aiguë des moustiques zélés

Des monstres merveilleux de nos terrains de jeux

Vaisselle ébréchée aux contours de tristesse

 Sur les vastes rideaux éclairés de courage

Certitudes fragiles enrubannées de langes

             Un impossible adieu


Dans les grottes sonores Interlude 9.1 ; à partir de "the height from floor to ceiling was hung with vast curtains of shaking darkness" et "the mouth of a cave shadowed by hanging creepers.

jeudi 21 septembre 2023

Interlude 8.2 p.178 Noctalgie La Terre était si éloignée

La Terre était si éloignée

Allait-elle la revoir ?

Nageant entre deux hauts

Voguant entre les nuages

Comme dans ce rêve

Où elle devait se poser

Sur un globe terrestre

Telle une géante

Un pied dans chaque pays

Ce devait être le rêve

De tous les migrants échassiers

Une vie de chaque côté de la frontière

La Terre était si loin

En apesanteur elle voyait

des myriades de lumières

Quand on est au milieu du ciel

Devient-on une étoile ?

La Terre était si loin

En flammes, en feu, en furie

La Terre était si loin, si loin, si loin


Noctalgie Interlude 8.2 p.178 à partir de The land was so distant"


vendredi 1 septembre 2023

interlude 8.1 p.177 Présage Sans voir la photo on devine la plage

Sans voir la photo on devine la plage

Les ombres qui s'étendent

La journée qui finit

On frémit de comprendre que le livre s'achève

Que les textes traduits retourneront au vide

Entre les couvertures du cahier réglissé

Les moules les oiseaux le sable le bateau

Les meubles le miroir les couverts enchantés

Les toits les fenêtres

L'horizon enflammé

Les arbres obélisques

Un contre-jour toscan

De séance en séance la course du soleil

Les vagues virulentes les rendez-vous manqués

Marguerite aux fourneaux inventant d'autres Vagues

Le soleil disparaît : est-ce mauvaise augure ?

Entre les interludes que s'est-il donc passé ?


Présage interlude 8.1 p.177 à partir de "The sun was sinking"

jeudi 29 juin 2023

Interlude 7.1 p. 155 Vagues Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin

Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin

Un aller sans retour

Une coquille vide

Plus de but Plus de sel

Les vagues étaient à l'heure pour épouser le sable

La palette des roses, les pollens clandestins

Nuances évocatrices de flots surexposés

Le bouquet aux jeunesses

Rêves contradictoires

Les vagues revenaient délivrer leur message

Englouti

Des griffures / des brisures /

La guerre en continu

Les doses de souffrance / Les liqueurs de soleil

Comme une branche rêche que la mer a polie

Noire comme du fer vide comme le ciel

Les vagues n'étaient pas car la mer était morte


Vagues Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin Interlude 7.1 p. 155à partir de "the waves no longer visited the further pools or reached the dotted black line which lay irregularly marked upon the beach"

jeudi 15 juin 2023

interlude 7.2 p.156 Les ombres sont des mots qui fusent de ma tête

 Les ombres sont des mots qui fusent de ma tête

Les ombres sont des gens à jamais disparus

Les ombres sont des ombres des signes honorifiques

/ des farces et des attrapes

Je me cogne aux parois de la chambre hantée

Je bois à l'eau croupie des fleurs dans les vases

Je plane sur mes rêves et sur mes insomnies

mes ailes sont des robes de velours écarlate

aux doublures d'ambre et d'or

aux poussières concentrées

Je répands sur mes nuits la lourdeur éphémère

 

Comme un grand papillon /

de nuit et de brouillard

Naviguant dans la pièce de tous mes cauchemars


à partir de la dernière phrase " as if a great moth sailing through the room had shadowed the immense solidity of chairs and tables with floating wings. "Comme si un grand papillon de nuit naviguant dans la pièce avait assombri de ses ailes flottantes la formidable solidité des chaises et des tables"

jeudi 1 juin 2023

Interlude 7.1 p.155 Dans les sillons du vent

Dans les sillons du vent Interlude 7.1 p.155 à partir de la phrase "some raced in the furrows of the wind and turned and sliced through them as if they were once body cut into a thousand shreds"


Dans les sillons du vent quand les oiseaux s'engouffrent

La brise magistrale qui les emporte au ciel

A quel signal à quelle/

une ombre balayante

Réagissent leurs ailes  Obéissent leur tête

La nuée danse et vire en arabesques noires

Dans quel sillage rouge fraient-ils de leur mémoire

Y a t'il un chef un roi une fière autocrate ?

le fleuve Amour de la murmuration violette

l'agita partagé les voiles sur la mer

un langage commun

chorégraphie muette

Comme les fragments d'un corps unique

en mille morceaux

mercredi 17 mai 2023

Interlude 5.2 p.127 Bruits, Sons Bruisse de feuilles

à partir de la phrase : "chattering grey stones"

Bruisse de feuilles

Bourdon d'insectes

Claque de vagues

Meugle de vaches

Grésil de graviers

Entrechoc de galets

Cri de feuilles sèches

Stridence de lumières

Jailli d'embruns

Merle ma sœur merle

Oiseau sentinelle

Silence d'ombres dans les recoins 

Coins 

Canard des chants

Chaînes des fantômes

Crépitement du feu / follet / fenêtres

Ongle rayant le verre

à l'envers

Gorgée de sons

Repu de formes

De rumeurs maritimes

De va et vient sans fin

Tout est trop Tout est plein

du robinet qui goutte

à goutte 

dans le seau

et déborde du vase vert 

des nuages 

de la mer

fanfare 

tintamarre 

fin

mercredi 10 mai 2023

interlude 6 p.141 Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues Comme des pans de lumière gisant sur le rebord

Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues /moiré

L'effet dévastateur de l'ombre qui s'avance /gris

Le poison de la propagande /kaki

Jusqu'à ne plus savoir ce que penser veut dire /blanc

La brume les mensonges les lignes les délices /héliotrope

Ce qui fait la beauté des meubles à tiroirs /ventre de biche

Les secrets éventrés, mythologies sanglantes /rose bonbon

Les âmes sœurs tombées au champ d'horreur d'oubli /transparent

Sous la loi fracassante des algorithmes noirs /damier

Comme des pans de lumière gisant sur le rebord

Des fenêtres silence immarcescibles et sales /poussière

Sur la crête des cœurs /sang de bœuf


Comme des pans de lumière gisant sur le rebord  interlude 6 p.141 à partir des phrases sur la lumière  tout du long de l'interlude



Ma traduction (à venir)

mardi 25 avril 2023

Interlude 5.3 Une parole maigre comme l'échine d'un mulet L'herbe est haute

Une parole maigre comme l'échine d'un mulet

qui se fraye un chemin parmi tous les silences

Les supposés qui hurlent leur mystère endeuillé

Par delà les énigmes de la vérité

Faire du foin sur le terrain du vague

un plein chariot bien jaune à la Jérôme Bosch

On ne commande rien, on suggère le peu

Une injonction sous x

Ne se prononce pas

Les mots au semblant doux du velours synthétique

Les mots au semblant dur du tranchant des épées

Des bulles qui s'inscrivent au-dessus de leur tête

Comme si en les touchant ils allaient fondre l'âme


à partir de la phrase "as the back of great horses ripple with muscles as they move"

 Codicielle : 100 mots/ alexandrins / des mots de la traduction de l'interlude des Vagues/ se terminant par Comme si

Ma traduction (à venir)
Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales 
et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où
l';eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont
suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les
pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des
mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur
chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et
sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de
leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.
A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes
sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies
ondulantes chatoyantes ...
Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain
dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,
les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant
ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes
de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient
contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les
prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin
d';herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert
continu.
Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque
sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait
(dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.
Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une
seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils
charriaient des brindilles de paille et des ramilles
(branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes
branches.
Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où
les cônes des cytises et de pourpre secouaient
(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d'autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place. A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d'une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu. Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait(dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles(branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l'or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.

A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d'argent, de mauve, les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d'un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient (bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi le jardin n'était que floraison et profusion et jusqu'aux espaces sous les plantes étaient verts et mauves et fauves à mesure que le soleil transperçait un pétale rouge et un pétale jaune plus large ou bien lorsqu'il était empêché,  arrêté barré par quelque rayure verte épaisse et velue.

lundi 20 mars 2023

Interlude 4.2 p.93 Comme l'herbe ondulante

 Comme l'herbe ondulante de la mer

les vapeurs violettes

Comme les moiteurs recroquevillées à l'arrière-plan

les dagues de glace

Comme la campagne blanche de fleurs

les visqueuses fêlures

Comme les gobelets zébrés de lumière éphémère

un glacis rouge

Comme les chants enturbannées abrupts

à l'aplomb de la flèche

Comme le grain du bois les épluchures pitoyables

Comme l'étoile polaire sa lumière blafarde

sa position immuable

Comme les ruisseaux les torrents les étangs les lacs

le ciel tournoyant

les chevaux virevoltants

 

Comme si au bord de leur vie

Rien n'avait d'ombre


à partir de la phrase 2023 03 25 "They sprang as if the end of their being were sharpened and must cut, must split the softness of the blue green light, the dampness of the wet earth"Comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait "

Ma traduction

Ils chantaient comme si leur chant était expulsé sous la pression du matin. Il sautaient comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait et devait fendre la douceur de la lumière bleu-vert, l'humidité de la terre mouillée, les fumées et les vapeurs des volutes grasses de la cuisine, ; les effluves chaudes de mouton et de bœuf ; l'abondance des pâtisseries et des fruits ; les matières humides et les épluchures jetées depuis le seau de la cuisine, et d'où s'échappait une lente vapeur montant du tas d'ordures. Sur tout ce mouillé, ce tâché d'humidité, ce recroquevillé par le trempage, ils descendaient, avides, impitoyables, abrupts, Ils plongeaient soudain depuis les branches du lilas jusqu'à la grille, ils épiaient un escargot et frappaient la coquille contre une pierre. Ils frappaient avec fureur, méthodiquement, jusqu'à ce que la coquille se casse et que quelque chose de visqueux suinte de la fêlure.

Ils balayaient le ciel en tournoyant comme des flèches  haut dans les airs lançant des notes brèves et aiguës perchés sur les plus hautes branches d'un arbre ils regardaient à travers les feuilles les flèches des clochers et en bas la campagne blanchie par les fleurs, avec l'herbe ondulante et la mer qui battait comme le tambour d'un régiment de soldats enturbannées ou portant des casques à plumes.

Maintenant et encore leurs chants montaient ensemble sur des portées rapides comme les entrelacs d'un torrent dont les eaux se mêlent au confluent,  écument et se mélangent, puis se hâtent de plus en plus vite vers le chenal traçant une sortie unique et large emportant les mêmes larges feuilles. Mais il y a un rocher. Elles se séparent.

Le soleil tombait en pans aigus dans la pièce.

Quoi que ce fut qu'elle touchât, la lumière devenait plus crue avec une existence fanatique exacerbée

Une assiette devenait un lac blanc, un couteau une dague de glace. (un stalactite). Soudain des verres se révélaient soutenus par des zébrures de lumières (des raies de lumières)

Les tables et les chaises émergeaient comme si ayant préalablement coulé elles surgissaient à nouveau, elles refaisaient surface, recouvertes d'une mince pellicule rouge, orange, violette comme le duvet sur la peau d'un fruit mûr. Les veines sur la glaçure (le vernis, le brillant) de la porcelaine, le grain du bois, les fibres du cannage se précisèrent plus finement. Rien n'avait d'ombre. Un pot était tellement vert que l'oeil semblait aspiré par le tunnel de son intensité et restait collé dessus comme un mollusque, une bernique

Puis les formes prirent du volume et des contours. Là on distinguait la courbe d'une chaise ; là la silhouette d'une armoire. Et à mesure que la lumière augmentait des tâches d'ombre y pénétrèrent, s'accumulèrent et se répandirent en de multiples plis et replis sur l'arrière plan.

mardi 14 mars 2023

interlude 4.1 p.92 Oiseaux déréglés

Oiseaux déréglés, chaque année moins de doigts pour les compter. 

Aucun jacarini sautant sur place les ailes en l'air pour montrer à sa femelle sa tache blanche.

Rouge-gorge solitaire. Est-ce le/la même chaque année ? Combien de temps vit un oiseau ?

Des pigeons, ça oui. Lundi dans le jardin, un ramier égorgé, un éventail de plumes.

Quelques mésanges et quelques pies. Un pivert revenant, quelques pinsons des arbres et trois moineaux.

Aucun petitduc faisant escale après avoir parcouru 3000 km au-dessus du désert

Aucune perdrix rouge guettée par l'autour des palombes

Pas de cassiques cul jaune de Guyane dans son nid tressé et suspendu

Pas de picolette précieuse qui sait tout chanter et en paye le prix

je pense au silence de confinement rempli d'oiseaux, au cri de chouette dans les films, dès que l'atmosphère est crépusculaire

je sais bien que vous ne chantez pas pour me faire plaisir, que vous avez votre vie, mais comment vous dire que je suis contente que vous le fassiez

Et tous ces plumages, ces ramages, ces crêtes, ces chants cette créativité infinie. Stridence, passion, véhémence, murmurations des étourneaux.

Psychologie du désastre. Je reste attentive, je compte sur vous

murmuration des étourneaux

à partir de la phrase p.93 They sang, exposed without shelter, to the air and the sun" ils chantaient bien en vue, sans abri, pour l'air et pour le soleil,

Ma traduction

Le soleil, à présent levé, ne reposait plus sur un matelas vert, jetant un coup d’œil furtif à travers l'eau scintillante comme des bijoux, révéla sa face et piqua droit au-dessus des vagues. Elles tombaient avec un bruit sourd régulier. Elles tombaient comme fait le martèlement des sabots des chevaux galopant sur le gazon. Leur écume s'élevait comme le jet de lances et de sagaies au-dessus de la tête des cavaliers. Elles balayaient la plage de leur eau bleu-acier parsemée de diamants. Elles allaient et venaient sur le rivage avec l'énergie, la musculature d'un moteur qui déploie et réintroduit sa force. Le soleil tombait sur les champs de maïs et sur les bois. Les rivières devenaient bleues et enchevêtrées comme des tresses, les pelouses qui descendaient jusqu'au rivage devinrent vertes comme les plumes des oiseaux qui ébouriffent doucement leur plumage. Les collines courbées et enserrées, comme liées par des lanières, à l'image d'un membre lacé par ses muscles ; et les bois qui se hérissaient fièrement sur leurs flancs étaient comme la crinière bien taillée sur l'encolure d'un cheval.

Dans le jardin là où les arbres se tenaient lourdement au dessus des parterres de fleurs, des étangs, et des serres, les oiseaux chantaient dans le chaud soleil, chacun en solo. L'un d'eux chantait au-dessus de la fenêtre de la chambre, un autre sur le plus haut rameau du lilas ; un autre sur le rebord du mur. Chacun chantait de manière stridente, avec passion, avec véhémence, comme pour expulser le chant et peu importait si ce chant dissonait avec le chant d'un autre oiseau. Leurs yeux ronds brillaient de mille éclats : leurs serres agrippaient le rameau ou la rampe, ils chantaient bien en vue, sans abri, pour l'air et pour le soleil, magnifiques dans leur plumage tout neuf, veinés de nacre ou éclatants, ici strié de bleu pâle, ici éclaboussé d'or, ou rayés d"un duvet brillant.


vendredi 3 février 2023

Interlude 3.3 p.63 Dans le sombre Tunnel d'ombre pourpre

 Dans le sombre Tunnel d'ombre pourpre

le sang palpite et les Tissus s'englanTent

un coeur baT quelque parT sTrié de peines intermiTTenTes

l'oeil jaune scruTe cet organe enchanTé

lumière au bout du Tunnel ?

pour l'heure elle esT dedans

TouT le specTre des rouge

des senTiments cramoisis

une usure raisonnable

la morT sournoise encore dans l'anTichambre

plaies bosses

méTasTases oubliées au fond d'un placard

TouT l'arsenal

les caviTés creusées à même les parois

des mammouThs de chair des pendeloques de Tendresse

les moTs

-percuTent puis sédimenTent

donT on ausculTera les cendres :

des je T'aime et des Toi non plus


Fragment 3 des Vagues. 

Ma traduction

Dans le jardin les oiseaux qui avaient chanté de façon intermittente et saccadée au creux de cet arbre de ce buisson, faisaient maintenant entendre leur choeur, strident et aigu ;  tantôt ensemble, comme conscients de la présence de leurs compagnons tantôt solitaires, à l'intention du bleu pâle du ciel . Ils s'enfuirent/ s'enfuyaient tous dans un même envol, quand le chat noir vint /venait visiter les buissons, quand le cuisinier(la cuisinière) lança/lançait des cendres sur le tas d'escarbilles et les fit /les faisait décamper. On sentait la peur dans leur chant, et l'appréhension de la douleur, et la joie à saisir dans l'instant. Ils chantaient également pleins d'élan dans l'air lumineux du printemps, en passant au-dessus de l'orme, pépiant ensemble alors qu'ils se pourchassaient, s'échappaient, se poursuivaient se donnaient des coups de bec alors qu'ils tournoyaient haut dans le ciel. Puis, lassés de se poursuivre et de voler, ils descendaient en douceur, s'inclinaient délicatement vers le sol, atterrissant et se posant sur un arbre, un mur, avec leurs yeux brillants scrutant, et leur tête se tournant d'un côté puis de l'autre ; à l'affût, en éveil ; intensément conscient d'une chose, d'un objet en particulier.

Ce pouvait être une coquille d'escargot, se dressant dans l'herbe comme une cathédrale grise, un grand bâtiment incendié avec des anneaux sombres dans l'ombre vert foncé de l'herbe. Ou peut-être voyaient-ils la splendeur des fleurs qui répandait une lumière flottante violette fluide sur les parterres traçant de sombres tunnels d'ombres pourpres mauves entre les tiges. Ou bien fixaient-ils leur regard sur les petites feuilles de pommier brillantes, qui dansaient bien que toujours attachées à la branche, éclaboussant pétillant étincelant à travers les boutons de fleurs roses ; ou bien voyaient-ils une goutte de pluie suspendue sur la haie mais ne tombant pas, contenant l'image inversée de la maison entière et des ormes imposants comme des tours ; ou regardant droit vers le soleil, leurs yeux devenaient des perles dorées.


jeudi 5 janvier 2023

Interlude 3.1 p.62 Carcasses sur le flanc à la pointe du fleuve

Carcasses sur le flanc à la pointe du fleuve quelque chose de noir dans un moignon de nuit -Un bout de soie de Chine plié dans un coffret - chevilles enserrées vase gluante un sable plus foncé écrit une autre histoire comme du sang séché sur le terrain vague des vagues anneaux d'esclaves trait noir de la nuance cargaison du désordre fins ruisseaux affleurant sous nos pieds de mammouths marée galopante on s'envase ficelle bleue bois flotté os cimetière barcasses oiseaux charognards ; il règne dans ces lieux des bulles d'indicibles quand la beauté chavire du côté de la mort






ma traduction (corrigée après discussion avec les copines)

Le soleil s'était levé. Des bandes de  jaune et  de vert tombaient sur le rivage, dorant le flanc des bateaux rongés (bateaux-restaurant- cunnillingus) et faisant luire d'un bleu d'acier les feuilles de chardon tombées cuirassées détachées. La lumière parvenait presque à percer les fines vagues à mesure que leurs lames d'éventail atteignaient la plage. La jeune fille qui ayant secoué la tête et fait danser tous les bijoux (de ses cheveux) le topaze et l'aigue-marine, les joyaux aquarelles avec des éclats de feu à l'intérieur, dévoila ses sourcils son front et les yeux grands ouverts, elle traça un chemin tout droit sur les vagues. Leurs frissottements de poissons joyeux et étincelants s'obscurcissaient ne formant plus qu'une seule masse. Leurs cavités vertes devinrent plus profondes et plus sombres et parcourues ça et là de bancs de poissons errants.

Comme elles éclaboussaient, faisaient de mi-tour et reculaient, elles laissèrent une bordure noire de brindilles et de liège sur le rivage et des brins de paille et des bouts de branches comme si une frêle chaloupe avait coulé et que son armature avait éclaté et que le marin ayant nagé jusqu'à la côte avait gravi la falaise et abandonné sa cargaison fragile à essorer sur la grève.


mardi 20 décembre 2022

Interlude 4.3 p.94 Lumière sonore claques déferlements

Lumière sonore claques déferlements foudroyants jeunesse lynchée à angle droit aveuglée grugée par ce soleil sans joie et lancinant lyrisme piquant jalousie des lames de couteaux liquéfiées reposer son regard sur un coussin émeraude mais le son aigre-doux du crépuscule sentimental ne laisse au hasard des laboratoires que sa percutante clarté qui nous inflige ça -son luminescent des aurores alliées les roses de rosir les noirs de louvoyer emportement du ciel tribulations de nuages sans frivolités évanouissement langueur lumière océane clameur et silence obscur des bibliothèques réduites en poussières d'abeilles -Chaque jour est une page de moins en moins blanche.


Ma traduction

fragment 4 2ème interlude 2ème partie

 Le soleil déposa des bandes encore plus larges sur la maison. La lumière toucha quelque chose de vert sur le coin (à l'angle) de la fenêtre et le transforma en un bloc d'émeraude, un puits (une cavité) de vert franc comme un fruit pas encore mûr, immature, sans noyau. Elle accentua aiguisa accusa le bord des chaises et des tables et parsema de fins fils d'or les nappes blanches. à mesure que la lumière augmentait un bourgeon se mettait à éclore ici et là et des fleurs surgissaient, veinées de vert et palpitantes, frémissantes, comme si l'effort fourni pour s'ouvrir leur faisait déclencher le balancement d'un léger carillon alors que leurs frêles clapets cognaient contre leurs parois blanches. Tout devint doucement informe comme si l'assiette en porcelaine fondait et que le couteau en métal se liquéfiait. Entre-temps les vagues continuaient de déferler et de se briser en un bruit sourd, comme des troncs qui tombent (qu'on abat), sur le rivage.

jeudi 24 novembre 2022

Interlude 2 p.23 Rochers durs aux fissures rouges

à partir de la phrase : "The rocks which had been misty and soft hardened and were marked with red clefts"

Rochers durs aux fissures rouges rochers brumeux brume de l'après pluie rochers qui crient avec les rapaces font voler en éclats le silence de la mer en rochers luisants glissants et lisses brûlants impraticables fissures crevasses gorges fentes projets de fuite gaz Rochers broutant le vert de la forêt rochers cataractant acérés rissolant de soleil à-pic ruisselants des vagues fracassantes glissades membres tordus Sisyphe projets anéantis dans les éboulis noirs des désirs en désordre Île du Diable cocotiers verts germant des interstices Rochers-amers manger ce qui est rouge -rêves de friandises- de rochers mous comme des Ferrero oubliés au soleil

 



ma traduction

Le soleil avait pris de la hauteur. Le soleil était encore monté. Des vagues bleues, des vagues vertes dessinaient un rapide mouvement en éventail sur la plage encerclant la pointe du houx-de-mer du chardon / du panicaut maritime et laissaient des mares, flaques, peu profondes ici et là sur le sable, ainsi qu'une frange noire arrondie après leur disparition. Les rochers qui jusque là avaient des formes vagues indistinctes et douces devinrent plus consistants et furent marqués, traversés de fissures rouges.

Des rayures d'ombre fines languissaient sur l'herbe et la rosée qui dansait à l'extrémité des fleurs et des feuilles faisait ressembler le jardin à une mosaïque d'étincelles dispersées, en train de n'en former qu'une seule.

Les oiseaux, dont le jabot était tacheté moucheté de jaune et de rose, chantaient maintenant une trille ou deux à l'unisson, frénétiquement, comme des patineurs joyeux exubérants,  bras dessus bras dessous, puis faisant soudain éclater le silence en morceaux


la cabane du capitaine Dreyfus - île du Diable - 2019

dimanche 20 novembre 2022

Interlude 1.1 P. 5 Dans la brume - l'incertitude - un badigeon de tristesse -

Dans la brume - l'incertitude - un badigeon de tristesse - indéterminée- le cafard que génèrent les jours de brouillard scintillement bruni de l'aube   montée du soir  débandade   cocon délicieux tohu-bohu des origines butyreuses   filaments effilochés de sons brisés   fricassée de sentiments béatitude -le goût de lumière masqué de bulles roses conversation dans le noir   mots dilués délavés peinant à sortir des bronchioles   équilibre bancal des mots et des choses   les bouquets argentés des forêts en hiver brume  tourbillons brume  Babel hululant dans les couloirs  une sorte de velours nocturne sur son miroir de brume / mou aussi-  des choses à la hauteur des yeux   ombre bleue sur la bruyère des landes  sur la bryone des lieux incultes sur les odeurs de buis   BRUME -mourir liquide sous les baisers des fantômes  bras enserrant le vide des blessures béantes   formes baveuses vaporeuses abhorrées brodées de quelques rires   grésillements télégraphiques   coton cliché niché dans le buisson des méninges de bronze à la barbe du temps   abondance de cloches  espaces encryptés bicéphales  brisures de hurlements piégés dans les volutes     quand l'intérieur est flou sans substance qu'au dehors les oiseaux chantent une mélodie blanche quand ne restent à la surface que des traces de gomme


codicille : le plus possible de mots contenant le B de brume. 207 mots comme dans ma traduction de fragment. Pas de ponctuation. 

mardi 18 octobre 2022

Interlude 1.1 p.5 Soupirant comme un dormeur la mer Entre ciel et mer

à partir de la phrase : "...sighing like a sleeper whose breath comes and goes inconscioulsy" The sea was indistinguishable from the sky"

Soupirant comme un dormeur

la mer et le ciel vaguement

l'un après l'autre -le rêve

au fur et à mesure -le souffle

la mer et le ciel indissociables

une ligne sombre indéchiffrable

violetée

la barre du ciel blanchissant -s'évasant

fugitivement la mer

perpétuellement le ciel

un fin voile de vague

graduellement ondoyant

le vent en va-et-vient

en salves indétectables

repoussant vainement

cet espace froid, vide

des lieux concis

dépourvus d'adverbes

qui laisse sur le sable

qui laisse à l'horizon

vaguant à sa guise

une vénusté douce

une douleur écumée

évanouie dédaigneuse

la mer et le ciel inconsolables

un amour inutilisable


ma traduction

Les vagues  traduction premier fragment. MPR 12/10/2022

 

Le soleil n'était pas encore levé. La mer ne se distinguait pas du ciel à ceci près que celle-ci ondulait légèrement comme si elle contenait un tissu plissé.

Au fur et à mesure que le ciel s'éclaircissait, une ligne sombre s'étendait à l'horizon, séparant la mer du ciel, tandis que la toile grise se striait de puissants mouvements, qui s'avançaient l'un après l'autre, sous la surface, se succédant, se poursuivant, perpétuellement.

En approchant du rivage, chaque bande s'élevait, se ramassait, se cassait  laissant un fin voile d'eau blanche sur  le sable. La vague s'arrêtait et se retirait à nouveau, soupirant comme un dormeur dont la poitrine se gonfle et s'abaisse inconsciemment.

Les vagues traduction premier fragment. MPR 12/10/2022

Le soleil n'était pas encore levé. La mer ne se distinguait pas du ciel à ceci près que celle-ci ondulait légèrement commesi elle contenait un tissu plissé. Au fur et à mesure que le ciel s'éclaircissait, une ligne sombre s'étendait à l'horizon, séparant la mer du ciel, tandis que la toile grise se striait de puissants mouvements, qui s'avançaient l'un après l'autre, sous la surface, se succédant, se poursuivant, perpétuellement. En approchant du rivage, chaque bande s'élevait, se ramassait, se cassait laissant un fin voile d'écume blanche sur le sable. La vague s'arrêtait et se retirait à nouveau, comme le souffle d'un dormeur dont la poitrine se gonfle et s'abaisse inconsciemment.

Petit à petit la ligne sombre à l'horizon s'éclaircit comme lorsque la lie se dépose au fond des vieilles bouteilles de vin et rend au verre sa translucidité verte, ou comme si le bras d'une femme allongée sous l'horizon levait une lampe et que des barres droites blanches, vertes et jaunes se déployaient à travers le ciel comme les nervures d'un éventail. Puis le bras leva la lampe plus haut et l'air devint fibreux, et se déchira de la surface verte en flammèches et lueurs tremblotantes aux fibres rouges et jaunes comme les flammes fumantes et crépitantes d'un feu de joie.

dimanche 18 septembre 2022

étrange équarrissage

 

habillé de grisaille de feu de flèches de dentelles

 

horloge dépèce temps

odeur de pain chaud

silence déterré

monde où l'on se tait

escalier

 

un homme se tient là dans un manteau sans âge

depuis le vide impénétrable

 

traverser la fenêtre

cliqueter les fuseaux

 

la fillette animal recroquevillée

capharnaüm mou terrifiant

esquisse un sourire qui ne sourit pas

tamis du songe

incandescence

 

irruption de sa mère -tant à faire-

un monde où l'on ne parle pas

 

pas encore la nuit déjà plus le jour

 

un homme en redingote

un chant secret

sur la page d'un livre qui vient pour l'emmener