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jeudi 17 avril 2025

8/V1 qu'est-ce qui partage ? qu'est-ce qui rassemble ?

 8 V1 ou 4V2 à partir de 2 images déjà utilisées et une inédite


Dans la boue dans la fange dans le sel dans le sable des nuages

dans la mangrove d'où s'échappent les palétuviers

on marche sur la tête avec eux depuis bien trop longtemps

il n'y a jamais eu de paradis c'est du pareil au même

il suffit d'éprouver la sensation du merveilleux au moment où on le vit

Parfois il y a eu de l'eau

Maintenant la mer est morte

Parfois il y a eu la paix du renoncement

et maintenant il y a le manque

Parfois il y a eu l'été

Le bateau a jeté l'ancre

sans écrire son histoire

la barque stoppée net au bord des troncs pourrissants

le bateau a coulé au large des occurrences

Tout cela prendra fin

et les larmes et la peur

plus d'icebergs : tous fondus

des serpents venimeux

une croûte saumâtre

Horizon fracturé dans un jardin de plâtre

l'art du trait à l'ombre des abysses

Il y avait un toit au-dessus de ma tête

Une incroyable cathédrale gothique

Qu'est-ce qui partage ?

Qu'est-ce qui rassemble ?

L'expression de nos sincères adorations

jeudi 5 janvier 2023

Interlude 3.1 p.62 Carcasses sur le flanc à la pointe du fleuve

Carcasses sur le flanc à la pointe du fleuve quelque chose de noir dans un moignon de nuit -Un bout de soie de Chine plié dans un coffret - chevilles enserrées vase gluante un sable plus foncé écrit une autre histoire comme du sang séché sur le terrain vague des vagues anneaux d'esclaves trait noir de la nuance cargaison du désordre fins ruisseaux affleurant sous nos pieds de mammouths marée galopante on s'envase ficelle bleue bois flotté os cimetière barcasses oiseaux charognards ; il règne dans ces lieux des bulles d'indicibles quand la beauté chavire du côté de la mort






ma traduction (corrigée après discussion avec les copines)

Le soleil s'était levé. Des bandes de  jaune et  de vert tombaient sur le rivage, dorant le flanc des bateaux rongés (bateaux-restaurant- cunnillingus) et faisant luire d'un bleu d'acier les feuilles de chardon tombées cuirassées détachées. La lumière parvenait presque à percer les fines vagues à mesure que leurs lames d'éventail atteignaient la plage. La jeune fille qui ayant secoué la tête et fait danser tous les bijoux (de ses cheveux) le topaze et l'aigue-marine, les joyaux aquarelles avec des éclats de feu à l'intérieur, dévoila ses sourcils son front et les yeux grands ouverts, elle traça un chemin tout droit sur les vagues. Leurs frissottements de poissons joyeux et étincelants s'obscurcissaient ne formant plus qu'une seule masse. Leurs cavités vertes devinrent plus profondes et plus sombres et parcourues ça et là de bancs de poissons errants.

Comme elles éclaboussaient, faisaient de mi-tour et reculaient, elles laissèrent une bordure noire de brindilles et de liège sur le rivage et des brins de paille et des bouts de branches comme si une frêle chaloupe avait coulé et que son armature avait éclaté et que le marin ayant nagé jusqu'à la côte avait gravi la falaise et abandonné sa cargaison fragile à essorer sur la grève.