mercredi 24 mai 2023

à petit feu

 à petit feu

le soleil de ses intenses caresses

craquelle de sillons la canopée

cela croustille dans le creux de l’oreille

comme la chanson d’un insecte

le soleil de sa chaleur blessante et dense

froisse le réel qui se recroqueville

comme si la mort commençait à crépiter

dans ces cris suspendus au sommet des arbres

le soleil serait-il un dieu —

 

(Codicille:  klasma en écho à une phrase dans le dernier passage de l'interlude 6 des Vagues que j'ai traduite ainsi: Les feuilles les plus hautes des arbres étaient croustillantes de soleil.)

lundi 22 mai 2023

IMPRESSIONS (XIII)

 (Codicille; à partir de "Les Vagues"-Virginia Woolf; Interlude 6)

Le vernis frémissant
ânonne au vent du soir
l'espace secret
de nos vies
Les souvenirs effleurent
la tige des roseaux
Les embruns sifflent
les jours et les nuits
de lune oblongue
dans les ciels
où pleurent les oiseaux
Se fissurent les fils-écheveaux
des rêves interrompus
lumière pâle de leur solitude
course-poursuite du temps
fuite irrépressible
nuages inclinés
sur les fronts couleur-frisson
sur les fronts des vagues à l'âme
sur les corps fatigués
où perlent des larmes de laque.

MIDI (XII)

 ( Codicille: à partir de "Les Vagues - Virginia Woolf; Interlude 5-partie 3)

Les brins de paille
ou la beauté des étincelles
toute la pression des sentiments
dans ce feu follet des délices
aux confins de la fragilité
d'un midi bondissant
sur le muret
entre cytises et lilas
Toute la beauté et le sang
versés
en creux de vagues à l'écume
écrite sous le vent
brodeuses de liberté pour soleil
en éternel retour
Les hautes herbes tiges écartelées
La maison buissonnière
oreilles entrebâillées
mythologie d'un mur
au pourpre d'un secret
à l'aune de la lumière
Eblouissement.

mercredi 17 mai 2023

Interlude 5.2 p.127 Bruits, Sons Bruisse de feuilles

à partir de la phrase : "chattering grey stones"

Bruisse de feuilles

Bourdon d'insectes

Claque de vagues

Meugle de vaches

Grésil de graviers

Entrechoc de galets

Cri de feuilles sèches

Stridence de lumières

Jailli d'embruns

Merle ma sœur merle

Oiseau sentinelle

Silence d'ombres dans les recoins 

Coins 

Canard des chants

Chaînes des fantômes

Crépitement du feu / follet / fenêtres

Ongle rayant le verre

à l'envers

Gorgée de sons

Repu de formes

De rumeurs maritimes

De va et vient sans fin

Tout est trop Tout est plein

du robinet qui goutte

à goutte 

dans le seau

et déborde du vase vert 

des nuages 

de la mer

fanfare 

tintamarre 

fin

vendredi 12 mai 2023

à claire-voie

 à claire-voie

en un chuchotement de feu follet

une ombre sortie de l’ombre

un de ces êtres venus de l’obscurité

entre un ici et un ailleurs

au visage sans visage comme pétrifié

aux yeux ouverts et la main tendue

une poignée d’air à serrer comme l’hypothèse

d’un temps d’avant dans la jungle du réel

ombre miroir du reflet d’une ombre

 

(klasma en écho à un passage de la troisième partie de l'interlude 5 des Vagues que j'ai traduit ainsi: derrière ce fatras, une zone d'ombre s'accrochait, d'où pourrait naître une forme sortie de l'ombre ou plus profonde encore d'obscurité.)

mercredi 10 mai 2023

 Sur les arbres, les toits, les oiseaux fous du printemps chantent un chant unique—le soleil impassible s’essaie à réchauffer l’air frais—les branches vives sont agitées par des oiseaux frondeurs— contrebasse rythmique au chant d’oiseaux —les vagues imperturbablement s’enroulent puis s’effondrent sur elles-mêmes—comme fond sonore leur bruit sombre

Sous le couvert des arbres se cachent des couleurs—que le soleil révèle quand ses rais acérés percent les frondaisons—la lumière au travers des pétales des fleurs—projette leurs couleurs sur un fond d’ombre unis—et les vagues se suivent—exhalent leurs embruns comme un dernier soupir

 

Soleil frappant les façades—ses rayons comme des projecteurs— traversent les fenêtres—fouillent les recoins obscurs des pièces—apportent un peu de vie dans l’immobilité des meubles—là un miroir—ailleurs une porcelaine—comme des lampes d’autel luisent dans la pénombre—les vagues rythment le temps de leur grondement sourd

interlude 6 p.141 Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues Comme des pans de lumière gisant sur le rebord

Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues /moiré

L'effet dévastateur de l'ombre qui s'avance /gris

Le poison de la propagande /kaki

Jusqu'à ne plus savoir ce que penser veut dire /blanc

La brume les mensonges les lignes les délices /héliotrope

Ce qui fait la beauté des meubles à tiroirs /ventre de biche

Les secrets éventrés, mythologies sanglantes /rose bonbon

Les âmes sœurs tombées au champ d'horreur d'oubli /transparent

Sous la loi fracassante des algorithmes noirs /damier

Comme des pans de lumière gisant sur le rebord

Des fenêtres silence immarcescibles et sales /poussière

Sur la crête des cœurs /sang de bœuf


Comme des pans de lumière gisant sur le rebord  interlude 6 p.141 à partir des phrases sur la lumière  tout du long de l'interlude



Ma traduction (à venir)