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mercredi 26 juin 2024

comme si 3 26 06 2024 dernier texte atelier Virginia Woolf, tristesse pour ça

Sur l'arbre obélisque terrassé par la foudre
Arracher le rameau pour disperser le feu
Sur les os boursouflés par les cendre encore chaudes
Ranimer les couleurs des printemps sacrifiés
Et dans l'ébranlement de la nuit qui avance
Sauver les mots mal dits, tous les mots malmenés
Comme des vagues-béliers sur un mur de ténèbres
Dans l'ébréchure du jour trouver une lueur
Et que l'oeil du cyclone engloutisse la peur

mardi 18 juin 2024

comme si la femme

 

quelle femme

au bras de lumière

armé de lames colorées

sur l'eau allongée?

est-ce Virginia au corps englouti

est-ce elle la femme traversée?

— le verbe est de chair —

la langue du corps

la langue lacère

la langue gémit

la langue crie

une langue singulière



nous, face à cette Genèse,

comme si la femme

entre mer et ciel, immobile,

de son bras de lumière

de son bras vertical

créait un nouvel alphabet

une vie qui naît d'entre les mots

un corps écriture

et nous à déchiffrer

à déplier un imaginaire

plein de contrastes

et une invasion de détails

éloigné de la droite route

samedi 15 juin 2024

Comme 2 12 juin 2024

Comme une jeune fille étendue sur une mer de bout du monde

dans sa main une lampe qui jette mille feux

l'autre main qui brandit un éventail

tour à tour fermé pointant le ciel

puis déployé

chaque lame d'opale décorée

terminée par une lame d'argent effilée

comme si une jeune fille étendue 

l'étendard de son corps dans l'eau pâle

comme une Jeanne d'Arc aquatique

épuisée

comme si l'horizon prenait source dans sa chevelure

dans la lumière des gouttes d'eau ceignant son front

puis comme si lassée d'espérer, d'indiquer, de combattre avec la nuit,

elle enflammait l'horizon le consumait  

pour accoucher du soleil

lundi 10 juin 2024

Comme 1 -2024 05-

Comme un drap ridé par des rêves agités,

les cauchemars

Comme une nappe froissée après un déjeuner sur l'herbe écourté par l'orage,

la déception

Comme les craquelures zébrées d'un ciel qui exagère

le déluge

Comme un costume de lin blanc à la fin de la nuit

l'élégant négligé

Comme les circonvolutions volcaniques d'un cerveau harcelé,

la migraine

Comme les plis ronds du ravin de Corboeuf

Comme les plis creux des stalactites crème

les grottes mystérieuses, le compas des gouttes qui creusent

Comme tout ce qui se ride, se plisse, se contracte, se froisse

Comme tout ce qui se tend, se détend, s'étale, s'épanouit

la colère qui fait pschitt, la joie qui se répand


jeudi 23 mai 2024

comme une étoffe qui se plisse

 


un tissu, un chiffon, un torchon, une nappe, un voile, une étoffe, une cotonnade, un lainage, un brocart, une toile, une soierie, un drap,une draperie, un rideau, une tenture, un tapis, un textile, une membrane, une chair

ridé, plissé, froissé, fripé, ondulé, gondolé, poché, sillonné, flétri, crispé, froncé, meurtri, chiffonné, contrarié, altéré, blessé, offensé, déchiré, humilié, tourmenté, tracassé, chagriné, remué

des rides, des creux, des flétrissures, des ondes, des plis, des replis, des pliures, des recoins, des fronces, des sillons, des raies, des ridules, des plissements, des entailles, des fentes, des craquelures, des crevasses, des fissures, des lézardes, des éraillures, des brèches, des fêlures, des gerçures, des déchirures

la mer, l'océan, le rivage,la plage, le sable, l'étendue, l'onde, le flot, la marine, la masse, l'espace, le flux, le reflux, les flots, la marée, le mascaret, l'estran, le mouvement, le bouillonnement, la convulsion, l'effervescence, l'ondulation, le va-et-vient, l'élan, le frisson, l'émoi, les vagues



comme une chair chiffonnée de rides

comme un corps sillonné d'entailles

comme une créature blessée

comme un esprit chagriné de déchirures



un va-et-vient d'émois



mercredi 22 mai 2024

As if / Like

 

 Le travail autour des klasmas des Vagues s'achève. Bientôt un livre, qui sait...

 Mais nous avons du mal à lâcher Virginia Woolf!

Alors finir l'année scolaire en restant encore un peu dans son écriture  avec tous ses as if ou like qui ont émaillé les interludes.

Se remettre à la traduction, parce qu'on sait bien qu'il y a quelque chose d'important qui se joue là, et qui remue l'écriture de chacun d'entre nous.

On refait une incursion dans l'interlude qui commence le livre et on se laisse emporter par le premier as if qui surgit

 as if a cloth had wrinkles in it

On récapitule toutes les traductions:

1/ comme si une étoffe avait des rides ( Michel Cusin)

2/ telle une nappe marquée de plis ( Cécile Wajsbrot)

3/ pareils aux craquelures d'une étoffe froissée ( Marguerite Yourcenar)

4/ ainsi qu'une étoffe qui se plisse (Solange)

5/ pareille aux plis d'une étoffe froissée ( Linette)

6/ comme si elle contenait un tissu plissé (Bipe)

7/ comme un drap qui se serait froissé ( Michelangelo)

 

Un grand silence règne et nous voilà en train d'écrire quelques fragments en écho !



lundi 19 février 2024

INTERLUDE et interludes : Des nouvelles de l'atelier Février 2024

Pour ceux qui désespèrent de ne plus avoir de nos nouvelles, rassurez-vous. Nous nous activons en coulisses et redoublons d'activité afin de finaliser tous les fragments des interludes. Les contraintes plus ou moins nombreuses que nous nous sommes imposées individuellement sont scrutées à la loupe et aucun mot de trop ou de moins n'est toléré. C'est le bagne mais un brin de masochisme ne nuit pas, en tout cas nous prenons beaucoup de plaisir à terminer ce travail sur les  10 interludes qui ponctuent les Vagues De Virginia Woolf. Nous les avons tout d'abord traduits par fragments ou d'une seule traite lorsqu'ils étaient relativement courts! Nous espérons pouvoir publier le résultat avant l'été. 











lundi 20 novembre 2023

XIX - DANS LA NUIT

L’abysse du silence
à la frange des vagues
la chevelure d’écume
sur traînée bleu de mer
lumière
du monde distillée sur le sable
perles de coquillages
souffles de la nuit
rester subjuguée
se recroqueviller à l’aube de la Vie
n’être plus que le Souffle
l’Ame du vent
par-delà les gouffres
par-delà les songes de l’eau

(Codicille en écho à ‘Les Vagues » de V.Woolf –interlude 10)

 

XVIII - VAGUES AU CORPS

La vague obscure
inclémente et mesquine
le long de ma colonne vertébrale
fourmillements
oblitération du mouvement
aliénation des sensations
porosité
entre l’acceptable
et l’insupportable
frontière de l’indicible
perception violente de la fuite du temps
cambriolage de la douceur de vivre
ressentiments à nu
étincelles d’un feu latent
sur avers de corps fatigué posé
sur le rebord du monde
relisant les minutes
aux minutes ajoutées
mon cri
la rage d’exister

(Codicille en écho à « Les Vagues » de V.Woolf –interlude 9-partie 2)  

jeudi 9 novembre 2023

à tue-tête

à tue-tête

les bruits de la brisure

les éclats de la dernière danse

celle dont on ne revient pas

le drame du dehors emmêlé à celui du dedans

dans une cadence non d’un andante

mais d’un allegro furioso

et quelles brisures recueillir sur le rivage

de quelles intenses pensées s’emparer

pour nourrir le flux de mots d’un va-et-vient de vagues

 

lundi 6 novembre 2023

Interlude 10 p. 256 Comme des vagues qui se brisent sur le rivage Vagues oiseaux soleil fragments

Comme des vagues qui se brisent sur le rivage

Le livre se referme en claquement de portes

Les personnages restent figés à tout jamais

On ne saura jamais le pourquoi du comment

Imprimés sur leur corps les divers monologues

Tous les fragments de vie aux embruns éclatés

Le soleil a décrit son demi-cercle jaune

Il est temps à présent de laisser les oiseaux

dans leurs nids sous les feuilles

les petits mammifères

Et cet instant sinistre qui hurle avec les loups

Et le coeur qui chancelle à s'arrêter de battre

et la mer qui s'écrase "toujours recommencée"


vagues oiseaux soleil fragments Interlude 10
à partir de la phrase "The waves broke on the shore"


vendredi 27 octobre 2023

Interlude 9.2 p.203 Derrière les traînées de silence fibreuses Ténèbres

 Derrière les traînées de silence fibreuses

     se déplacent les ténèbres furieuses

Au-dessus du lac de nos esprits fébriles

     s'abattent les ténèbres errantes

Sur le rebord figé du monde affolé

     Ruissellent les ténèbres de la folie des hommes

Dans les profondeurs filetées des jardins de l'automne

     Tourbillonnent les ténèbres de notre fragilité

Entre les frontières mesquines reliant les minutes aux heures

     Roulent les ténèbres fractionnées des barbaries fratricides

Avant le petit-déjeuner qui répare l'amour

     S'élèvent les ténèbres des rêves avortés

Au creux de la dévorante douceur

     Souffle le désir de ténèbres tyranniques

     Qui pénètrent, enveloppent, engloutissent

     Le sens secret des choses


Ténèbres interlude 9.2 à partir du mot darkness, répété 7 ou 8 fois dans ce fragment

ma traduction (partielle)

Comme s'il y avait des vagues de ténèbres dans l'air, les ténèbres se déplaçaient, enveloppant les maisons, les collines, les arbres. [...]. L'obscurité ruisselait dans les rues, tourbillonnait autour des silhouettes en les engloutissant, effaçant les coupes enlacés dans l'obscurité pluvieuse des ormes en plein feuillage d'été. L'obscurité roulait ses vagues le long des allées herbeuses et sur la peau ridée du gazon,enveloppant l'épineux solitaire et les coquilles d'escargots vides à son pied. S'élevant plus haut, l'obscurité soufflait le long des pentes dénudées des hautes terres et rencontrait les sommets de la montagne, là où la neige éternelle recouvre à jamais la roche dure, même lorsque les vallées sont pleines de ruisseaux et de feuilles de vigne jaunes, et que les jeunes filles, assises sur les vérandas, regardent la neige cachant leur visage avec leurs éventails. Elles aussi, l'obscurité les recouvre.

jeudi 26 octobre 2023

XVII - EXPRESSION NOCTURNE.



      La lumière embarquée
dans la fascinante configuration
de la tombée du jour
      Dépaysement cacophonique
      Ascendance du bleu
      Rouge en récitatif feutré
      Interception du gris
au faîte des grands arbres
      Dans le ciel
le Grand Chariot lumineux
      Tout près
les vagues endormies
leur silence bruyant
le ressac conscient de
l’espace conquis
      Explorateur des songes et
des failles humaines
      La nuit-mystère épouse de
la fabrique des rêves
      Refuge sensuel
      Clapotis sensoriel
      Mue renouvelée chaque soir
sur les galets d’impossibles adieux.

(Codicille en écho à « Les Vagues », V.Woolf ; interlude 9 – partie 1)

 

 

vendredi 20 octobre 2023

à bout touchant

 

à bout touchant

les ténèbres effacent les couleurs

forent une brèche dans chaque chose

abolissent toute substance et tout contour

comme un coin de bois s’enfonce dans l’épaisseur

de la texture de toute matière

des vibrations de lumière se dissolvent épuisées

dans un arrière-fond hallucinatoire

où l’invisible sous la fermentation de l’obscurité

innerve l’incandescent drame du dehors dans le dedans 

 

(klasma faisant écho à la deuxième partie de l'interlude 9 des Vagues de Virginia Woolf)

jeudi 5 octobre 2023

XVI - SOIR.

 Le soir - duvet
le temps des flous
le temps des âmes grises
à la surface des vagues bleues
l'écume fleur immortelle
des rêves en partance
voyage de l'avant à l'après
voyage des possibles
espoir
dans la lenteur chromatique
de la nuit annoncée
écume-plumes
autant d'oiseaux-épingles
dans le lit des nuages
pluie de becs tourmentés
sur le sable-langueur
perles d'ébène
gardiens de la murmuration
des ombres.

(Codicille: en écho à "Les Vagues" - interlude 8 - partie 2)

XV - OMBRES.

Le bleu de la fumée
cicatrices des arbres muets
de solitude
 lumière diffractée
par le vent
augure de la mouvance
du temps
la main de la falaise
ordre donné à la vague
qui vient mourir
grand échassier blessé
sur le sable
entre varechs et poussière
ajoncs de lune licencieuse
résurgence des heures
rédemption d'un été
qui n'en finit pas d'exister
déjà le jour se meurt
le soleil est la mer.

(Codicille: en écho à "Les Vagues - interlude 8 - partie 1)

mardi 3 octobre 2023

à la brune

à la brune

rien ne se dissocie plus

plus de mise au point de l’œil possible

le drapé de la vision aux bords évanescents

enrobe le paysage d’encre noire

et dans cet enclos d’ombres

c’est l’infini et ses croix de cendres

comme transfusion d’effets de formes floues

de failles et de défaites de fragiles certitudes

enfouissant tous les rêves lumineux 

 

(Klasma en écho à la première partie de l'interlude 9 des Vagues de Virginia Woolf)

 

Interlude 9.1 p.202 Dans les recoins lointains dans les grottes sonores

Dans les recoins lointains dans les grottes sonores

    Les silences bruyants

Reposer dans le calme

     Au fond de son cercueil

Attendre la lumière la vague réveillante

Se glisser lentement hors de sa peau vieillie

Et regagner son corps après s'en être enfui

 La fabrique du rêve la puissance de l'eau

     Renaître

     Réinventer

     Riposter

    Indésirer

         Incolérer

Sur les vastes rideaux de ténèbres tremblantes

     Amourer

     Justicer

     Persévérer

         Sublimer

L'incontinence aiguë des moustiques zélés

Des monstres merveilleux de nos terrains de jeux

Vaisselle ébréchée aux contours de tristesse

 Sur les vastes rideaux éclairés de courage

Certitudes fragiles enrubannées de langes

             Un impossible adieu


Dans les grottes sonores Interlude 9.1 ; à partir de "the height from floor to ceiling was hung with vast curtains of shaking darkness" et "the mouth of a cave shadowed by hanging creepers.

dimanche 24 septembre 2023

à-coups

à-coups de lumière

dans les meurtrissures d’ombres

ultimes blessures à s’incruster

dans le miroir aux couteaux cerclés d’or

tout tend à se figer dans ce mirage

comme si l’éternité se laissait voir

et consciente de l’extrême fragilité

que chaque chose chaque être sur terre

porte en lui ressent dans ses propres ombres

la peau suinte d’entailles putréfiées par les ans

 

vendredi 22 septembre 2023

XIV - RIVAGE.

Le coquillage
valves des souvenirs
nacre errante sur le sable-mémoire
en quête d'improbables voyages
voile du temps meurtri
sur le rivage éclats de rire
éclats de vie
pétales
pages transparentes éphémères
du passé à l'accent aujourd'hui
quand se lève
la houle au vent
des larmes-précipices
jette le coquillage
mémoire écartelée.

(Codicille: "Les Vagues; Virginia Woolf" - Interlude 7 - partie 1)