"Le doré de ton nom commence à passer",
le doré de ton ombre
l'ombre de ton or
ton ombre dort
ton ombre dort et toi tu passes, et repasses, chaque année à la même époque, tandis que ton nom dans l'ombre sur ta tombe commence à tomber, en poussière en désuétude, en fines particules du noble de ton nom adoré, si cher, si chéri.
ton nombre d'or, celui qui faisait de toi un humain si magnifique, aux proportions exactes du héros antique en toc, le nombre d'or de tes mains posées, l'une entre tes deux seins, l'autre puisant dans l'air l'équilibre précaire de la lumière dorée.
Le doré effacé de ton nom sur le marbre entier de l'automne, doré, indien, et toi qui n'es plus rien, qu'un souvenir qui s'efface, qui se perd davantage à chaque réplique,un nom de mon passé qui passe comme une ombre sur mon coeur aplati, tapissé, brodé au silence qui est d'or.
Affichage des articles dont le libellé est Cimetière. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cimetière. Afficher tous les articles
jeudi 20 septembre 2018
mercredi 29 août 2018
Cartographie # 14 : vue du ciel : Survoler la carte SANS/SUR de moi
Je vais faire SANS
Google earth me donne la nausée
et je suis réfractaire à l'expression "sur" en matière de géographie
(je suis "sur" Lyon en ce moment)
au même degré que ceux qui "font"
(j'ai fait La Séauve-sur-Semène la semaine dernière, la Lituanie le mois dernier et les Gorges de Toutenun hier après midi)
Mais je vais quand même faire AVEC
Je ne suis pas de celles qui vendent leur billet d'avion (hum hum)
car même si je n'aime pas la sensation 3D, j'aime planer au-dessus des cartes, comme vous le savez déjà par mes rêves.
Je suis donc dans le cimetière de Solignac, surplombant la maison où je suis née avec la petite Loire qui anime le bas du Champinet, mais ça aussi vous le savez déjà.
Je suis au ciel, aux anges, telle une Gabrielle, telle une Marie assomptionnante,
Je teste ce qu'il en est de faire le martinet, la chèvre
Je vois que la carrière de Mussic s'est bien agrandie, c'est à dire que la cavité est immense
je n'ai jamais trop su comment gérer les trous, les manques, les vides
je veux dire, tout ce qui est retranché, ça existe bien quelque part ailleurs
c'est comme avec les trous qu'on a dans le cœur et le vide qui étouffe
ils sont où les gravillons ? elles sont où les pierres ?
Ici, dans le cimetière, les trous ont été remplis par des cercueils, normal
c'est bizarre de revenir s'éterniser finalement juste au-dessus de là où l'on est né (mon père) où l'on a vécu pas mal d'années (ma mère)
je n'arrive toujours pas à me décider.
Autour de moi les morts s'accumulent
je vois bien qu'ils n'avaient pas pensé à tout
Mais les sociologues de la mort disent que les funérailles, ce sont pour les vivants.
Le 29 août 1956, j'étais dans le ventre de ma mère, je ne sais pas trop ce qu'elle fabriquait
Ils finissaient les moissons puisque ma naissance 2 semaines plus tard est liée au battage à la machine
Je ne sais pas pourquoi mes mois d'août sont toujours si rugueux, douloureux, fatigués.
Du haut du cimetière, toujours pas de réponse, et quand bien même...
On m'a demandé si je m'abonnais cette année, à ci à ça..
J'ai répondu "non, cette année, je me désabonne"
Prendre un peu de hauteur.
Google earth me donne la nausée
et je suis réfractaire à l'expression "sur" en matière de géographie
(je suis "sur" Lyon en ce moment)
au même degré que ceux qui "font"
(j'ai fait La Séauve-sur-Semène la semaine dernière, la Lituanie le mois dernier et les Gorges de Toutenun hier après midi)
Mais je vais quand même faire AVEC
Je ne suis pas de celles qui vendent leur billet d'avion (hum hum)
car même si je n'aime pas la sensation 3D, j'aime planer au-dessus des cartes, comme vous le savez déjà par mes rêves.
Je suis donc dans le cimetière de Solignac, surplombant la maison où je suis née avec la petite Loire qui anime le bas du Champinet, mais ça aussi vous le savez déjà.
Je suis au ciel, aux anges, telle une Gabrielle, telle une Marie assomptionnante,
Je teste ce qu'il en est de faire le martinet, la chèvre
Je vois que la carrière de Mussic s'est bien agrandie, c'est à dire que la cavité est immense
je n'ai jamais trop su comment gérer les trous, les manques, les vides
je veux dire, tout ce qui est retranché, ça existe bien quelque part ailleurs
c'est comme avec les trous qu'on a dans le cœur et le vide qui étouffe
ils sont où les gravillons ? elles sont où les pierres ?
Ici, dans le cimetière, les trous ont été remplis par des cercueils, normal
c'est bizarre de revenir s'éterniser finalement juste au-dessus de là où l'on est né (mon père) où l'on a vécu pas mal d'années (ma mère)
je n'arrive toujours pas à me décider.
Autour de moi les morts s'accumulent
je vois bien qu'ils n'avaient pas pensé à tout
Mais les sociologues de la mort disent que les funérailles, ce sont pour les vivants.
Le 29 août 1956, j'étais dans le ventre de ma mère, je ne sais pas trop ce qu'elle fabriquait
Ils finissaient les moissons puisque ma naissance 2 semaines plus tard est liée au battage à la machine
Je ne sais pas pourquoi mes mois d'août sont toujours si rugueux, douloureux, fatigués.
Du haut du cimetière, toujours pas de réponse, et quand bien même...
On m'a demandé si je m'abonnais cette année, à ci à ça..
J'ai répondu "non, cette année, je me désabonne"
Prendre un peu de hauteur.
mercredi 4 avril 2018
vendredi 9 mars 2018
cartographie # 8 : les morts parlent #extra
Finalement elle m'a retrouvée
Je n'en mène pas large depuis qu'elle s'intéresse à toutes ses douleurs fantômes
je me doutais bien, la sérendipité bat son plein
On cherche on trouve autre chose
dit-elle toujours
et moi je l'entends penser
En arrivant devant la pancarte du village, ce fut comme une illumination
elle s'est revue, dans ma maison de comte
avec l'escalier majestueux en pierre
les objets précieux
Pas un conte de fées
car très vite, elle s'est retrouvée dans l'enfer du décor
ma soit-disant fille l'a introduite à mon chevet
Où je grabatais depuis pas mal de temps déjà
j'étais "le Pépé" c'était comme ça que m'appelait l'autre folle
Elle (la Simone) partait acheter le pain et revenait 3 jours après, plus morte qu'ivre, à peine déssoulée
Ce jour-là donc, elle avait ramené la petite
et me l'avait déposée en cadeau, au bord du lit
comme un chat apportant une souris à son maître.
(j'essayais bien avec elle aussi, mais elle était costaude, et savait à quoi s'en tenir
y avait plus l'effet de surprise)
Je n'arrivais plus trop à parler déjà alors je lui disais de s'approcher
encore plus près, encore plus près encore plus près, une sorte de remake du petit chaperon rouge
d'un coup je lui ai mis les mains où j'ai pu, partout
j'étais pas encore complètement invalide
et cette chère petite fraîche
humm,oie blanche
il me restait de la force !
je m'étais enfui des chez les cocos,
j'avais traversé la Volga ou un de ces horribles fleuves de là-bas-quand-j'y-étais
elle se débattait, mais je la tenais bien,
bon j'ai pas eu le temps de faire grand chose
l'autre folle est revenue, la traîtresse
les fois d'après, parce qu'elle est revenue, bien sûr
elle était plus méfiante.
Toujours aussi petite, un peu plus, tassée même.
Elle rôde avec ses souvenirs, il pleut, elle parle avec sa consigne
Elle voit la stèle qui lui confirme tout
Mais elle se trompe
Elle ne se souvient plus de mon prénom (le pépé, ça ne la mène pas bien loin)
Je suis ailleurs, juste de passage aujourd'hui ici,
dans ses douleurs fantômes
Mais elle se réchauffe dangereusement
Je n'en mène pas large depuis qu'elle s'intéresse à toutes ses douleurs fantômes
je me doutais bien, la sérendipité bat son plein
On cherche on trouve autre chose
dit-elle toujours
et moi je l'entends penser
En arrivant devant la pancarte du village, ce fut comme une illumination
elle s'est revue, dans ma maison de comte
avec l'escalier majestueux en pierre
les objets précieux
Pas un conte de fées
car très vite, elle s'est retrouvée dans l'enfer du décor
ma soit-disant fille l'a introduite à mon chevet
Où je grabatais depuis pas mal de temps déjà
j'étais "le Pépé" c'était comme ça que m'appelait l'autre folle
Elle (la Simone) partait acheter le pain et revenait 3 jours après, plus morte qu'ivre, à peine déssoulée
Ce jour-là donc, elle avait ramené la petite
et me l'avait déposée en cadeau, au bord du lit
comme un chat apportant une souris à son maître.
(j'essayais bien avec elle aussi, mais elle était costaude, et savait à quoi s'en tenir
y avait plus l'effet de surprise)
Je n'arrivais plus trop à parler déjà alors je lui disais de s'approcher
encore plus près, encore plus près encore plus près, une sorte de remake du petit chaperon rouge
d'un coup je lui ai mis les mains où j'ai pu, partout
j'étais pas encore complètement invalide
et cette chère petite fraîche
humm,oie blanche
il me restait de la force !
je m'étais enfui des chez les cocos,
j'avais traversé la Volga ou un de ces horribles fleuves de là-bas-quand-j'y-étais
elle se débattait, mais je la tenais bien,
bon j'ai pas eu le temps de faire grand chose
l'autre folle est revenue, la traîtresse
les fois d'après, parce qu'elle est revenue, bien sûr
elle était plus méfiante.
Toujours aussi petite, un peu plus, tassée même.
Elle rôde avec ses souvenirs, il pleut, elle parle avec sa consigne
Elle voit la stèle qui lui confirme tout
Mais elle se trompe
Elle ne se souvient plus de mon prénom (le pépé, ça ne la mène pas bien loin)
Je suis ailleurs, juste de passage aujourd'hui ici,
dans ses douleurs fantômes
Mais elle se réchauffe dangereusement
mercredi 21 février 2018
cartographie # 8 Les morts qui parlent 2 Philomène C.
Philomène C.
Je suis morte
Mais j'avais l'habitude,
j'avais fini par trouver ça normal.
cette fois, c'est mon tour
Pas un pas de plus,
à mon âge à toujours vouloir avancer
les vieux os se cassent,
puis on reste allongé
on attrape des escarres
on a beau vous mettre des écorces d'orange molles
ça s'infecte
ça fait un mal de chien
Alors au bout d'un moment on abandonne la partie
on fait un dernier sourire édenté et on arrête le coeur
Les autres autour ils disent : "elle est partie, elle s'est éteinte, elle avait l'air si vieille," pourtant, pas tant que ça
on les entend encore pendant une heure ou deux,
on distribue les héritages, et on ferme
Ici je retrouve ma petite mère, ma jeune belle-mère, mon père et tous les autres, je suis plus vieille qu'eux tous, mon petit frère
Tous ceux-là je les ai accompagnés "à leur dernière demeure", tous ; j'ai suivi les cercueils tirés par le vieux cheval,
j'ai fait des prières, Dieu sait ce qu'il en a fait.
Je ne suis pas dans le même cimetière qu'eux,
on n'a pas la même adresse,
mon Frédéric, il est tout seul là-bas dans son carré des indigents. Qu'importe ?
Toutes ces morts et toutes ces souffrances m'avaient donné envie d'apprendre à soigner, à connaître les plantes qui guérissaient
pour soulager, essayer de garder un peu plus longtemps les autres.
Quand je gardais les moutons
seule humaine parmi eux, des heures durant
à contempler le ciel immense, les plantes, à observer les agneaux qui venaient de naître.
je filais leur laine puis je la tricotais
on vivait en vase clos
Un jour que je rêvassais sur mon rocher, je suis tombée dans les orties.
Les moutons n'ont même pas bêlé.
Ma chienne est venue couiner un peu et me lécher, ça m'a quand même réconfortée
je suis rentrée chez moi comme j'ai pu
je boitillais mais personne ne s'en préoccupait
la douleur à la hanche ne m'a plus quittée
j'étais pleine de boutons qui démangeaient mais on m'a dit que ça faisait circuler le sang.
ça n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde.
J'ai fait mes expériences, écouté, observé, mixturé, aidé comme j'ai pu, entre sage-femme et sorcière.
Quand je me suis mariée, j'ai bien essayé de jeter des sorts à Antoine, mon mari, qu'il arrête de me taper dessus et de me traiter de grosse truie ventrue,
je devais pas avoir les bons ingrédients.
Quoique ... On a fini par se séparer ... finalement ?
Parce que plus jeune, l'été j'allais dans les bois la nuit, cachée derrière les ronces, je voyais des choses.
Quand je racontais ça à ma petite-fille, celle qui venait garder les vaches et les moutons de mon fils,
Je voyais bien que je lui faisais peur.
J'ai légué tout ça à une autre du coup, pas bien grande non plus, les feuilles de choux sur le crâne, les drôles de prières qui ne marchent jamais, j'espère qu'elle fera mieux que moi.
je lui ai aussi raconté comment mon père y s'était fait écrabouiller la tête, je lui ai montré la photo. Elle a pas bronché.
Faut que je m'arrange pour lui dire
comment ça marche dessous, les ramifications, les taupes et les vers de terre
c'est pas qu'elle ait pas la main verte,
c'est juste qu'elle est emberlificotée dans les racines et que si elle continue, elle va étouffer.
Je suis morte
Mais j'avais l'habitude,
j'avais fini par trouver ça normal.
cette fois, c'est mon tour
Pas un pas de plus,
à mon âge à toujours vouloir avancer
les vieux os se cassent,
puis on reste allongé
on attrape des escarres
on a beau vous mettre des écorces d'orange molles
ça s'infecte
ça fait un mal de chien
Alors au bout d'un moment on abandonne la partie
on fait un dernier sourire édenté et on arrête le coeur
Les autres autour ils disent : "elle est partie, elle s'est éteinte, elle avait l'air si vieille," pourtant, pas tant que ça
on les entend encore pendant une heure ou deux,
on distribue les héritages, et on ferme
Ici je retrouve ma petite mère, ma jeune belle-mère, mon père et tous les autres, je suis plus vieille qu'eux tous, mon petit frère
Tous ceux-là je les ai accompagnés "à leur dernière demeure", tous ; j'ai suivi les cercueils tirés par le vieux cheval,
j'ai fait des prières, Dieu sait ce qu'il en a fait.
Je ne suis pas dans le même cimetière qu'eux,
on n'a pas la même adresse,
mon Frédéric, il est tout seul là-bas dans son carré des indigents. Qu'importe ?
Toutes ces morts et toutes ces souffrances m'avaient donné envie d'apprendre à soigner, à connaître les plantes qui guérissaient
pour soulager, essayer de garder un peu plus longtemps les autres.
Quand je gardais les moutons
seule humaine parmi eux, des heures durant
à contempler le ciel immense, les plantes, à observer les agneaux qui venaient de naître.
je filais leur laine puis je la tricotais
on vivait en vase clos
Un jour que je rêvassais sur mon rocher, je suis tombée dans les orties.
Les moutons n'ont même pas bêlé.
Ma chienne est venue couiner un peu et me lécher, ça m'a quand même réconfortée
je suis rentrée chez moi comme j'ai pu
je boitillais mais personne ne s'en préoccupait
la douleur à la hanche ne m'a plus quittée
j'étais pleine de boutons qui démangeaient mais on m'a dit que ça faisait circuler le sang.
ça n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde.
J'ai fait mes expériences, écouté, observé, mixturé, aidé comme j'ai pu, entre sage-femme et sorcière.
Quand je me suis mariée, j'ai bien essayé de jeter des sorts à Antoine, mon mari, qu'il arrête de me taper dessus et de me traiter de grosse truie ventrue,
je devais pas avoir les bons ingrédients.
Quoique ... On a fini par se séparer ... finalement ?
Parce que plus jeune, l'été j'allais dans les bois la nuit, cachée derrière les ronces, je voyais des choses.
Quand je racontais ça à ma petite-fille, celle qui venait garder les vaches et les moutons de mon fils,
Je voyais bien que je lui faisais peur.
J'ai légué tout ça à une autre du coup, pas bien grande non plus, les feuilles de choux sur le crâne, les drôles de prières qui ne marchent jamais, j'espère qu'elle fera mieux que moi.
je lui ai aussi raconté comment mon père y s'était fait écrabouiller la tête, je lui ai montré la photo. Elle a pas bronché.
Faut que je m'arrange pour lui dire
comment ça marche dessous, les ramifications, les taupes et les vers de terre
c'est pas qu'elle ait pas la main verte,
c'est juste qu'elle est emberlificotée dans les racines et que si elle continue, elle va étouffer.
dimanche 24 juillet 2016
Inscription à :
Articles (Atom)