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jeudi 29 novembre 2012

poème ex-presse

la Loire en vigilance orange
un homme découvert égorgé dans sa voiture
un exploit qui ne doit rien au hasard

Entre Saint-Chamond et Givors
les habitudes sont tenaces
Une seule certitude :
Ibrahimovic, sera-t'-il de la partie ?

Au passage, il égratigne la politique de l'eau
Découvrez les nouveaux canapés
à Tribord
Liquidation totale
à l'envers
Un lingot d'or à gagner
Juppé échoue

Un an après
Tué par l'arbre que son ami tronçonnait
à cause d'une homonymie
Confiants, les Verts sont prêts
D'autres, en revanche regrettent la démolition d'un symbole
Ciel Azur à Andrézieux
Derniers jours

Sein le quiz qui vous dit tout

Une voiture folle fauche un piéton
à coups de couteau
la sonnette d'alarme
8 ans fermes
ça y est, vous allez bientôt rouler en allemande

Et si le barrage de Grangent cédait
Un nouveau succès
Un exploit historique
Noël avant l'heure
Slipissimo
Client roi
Et toujours sous perfusion


à partir des une de journaux ligériens de la semaine

samedi 20 octobre 2012



quand vas-tu mourir toi 
grand-père 
doucement les genoux droits 
feu au grenier
 les briques un poteau 
s’en souvenait 
elle est retournée dans la maison et c’est tout 




mon père qui attendait 
dans le recoin d’un mur 
le poulet se débattait aboyait 
les toucans tournaient 
dans la vie pour qu’ils s’y accrochent 
fiche le camp 
vous avez maigri père




avec les mots de lobo antunes tirés de 'la nébuleuse de l’insomnie’

vendredi 5 octobre 2012



des allumettes des vêtements
est-il besoin d’en dire d’avantage 
de s’affairer 
elle pensait la même chose
ses joues rondes




des personnes qui n’ont jamais existées
à visiter
glissent irrémédiablement vers le vide
il s’est incliné
celles qui pouvaient marcher sont parties
la fin du calvaire 
était si proche
couvert de papier fleuri


phrases piquées à l'aveuglette 
dans "Le cercle des amateurs d'épluchures de patates" 
de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows 

poème express

- s'il y a un cochon ici, c'est toi !
- comme c'est agréable
elle posa son oeuvre pleine de boursouflures
craignant soudain que ces homosexuels ne soient des esthètes qui snoberaient son gratin de pâtes.

(une semaine avec ma mère / William Sutcliffe)

samedi 29 septembre 2012

Poèmes express

Le 29-08-2009, Laura-Solange publiait sur ce blog un extrait d'un texte de Antoine Emaz (cf libellé : poésie, Emaz, Laura) dont je reprends ici des bribes
"...la situation initiale du poème reste la même : une brusque et violente souffrance de déficit de la langue face à ce qui arrive, aussi bien un deuil qu'un ciel parfaitement bleu ... L'origine du choc est parfois même non-identifiable en mémoire ou parmi l'afflux d'images et de tensions vécues au quotidien. Mais il y a eu choc, émotion ... On écrit pour ne pas rester muet, pour reprendre prise un peu, autant que possible, sur soi et sur ce qui est."

Et, comme je suis totalement, tout à coup, en déficit de langue, l'idée m'est venue de reprendre une consigne de production de "Poèmes express" en ouvrant au hasard les pages d'un livre et yeux fermés, avec un crayon de "piquer" sur un mot, une phrase et d'en faire un poème, sans en changer un seul mot, et parfois, sans même modifier l'ordre d'apparition des mots.


L'enveloppe
maintenant qu'elle est fermée
fait obstacle.
Jetée comme une frontière
elle occupe le paysage
et rappelle par sa présence
les premières blessures.
                    
(Mariette Navarro "Alors Carcasse")


Au milieu de la nuit
on a chahuté et rigolé.
J'ai serré mes poings;

Manque de sommeil.
Plus tard, je m'endors
un peu comme une sirène d'usine.
      
(Katarina Mazetti "Le mec de la tombe d'à côté")


Mon grand-père
tout en vous empêchant de reculer
vous humiliait.
Je me suis caché
en direction des joncs,
derrière ces crayons de couleur
avec un petit éclat délicat.
               
(A. Lobo Antunes "La nébuleuse de l'insomnie")


Je ne l'avais jamais vu
dans ton lit.
Une espèce de glu a coulé
encore inachevée.
Une détresse qu'il n'aurait su expliquer
suintait.
Je glissais de mon siège.
                   
(idem)


Le cadavre d'un adulte
glissait sur les rails étroits.
Les paysans t'ont-ils battu ?
Pendant un instant
expliqua-t-il,
tout en poussant des soupirs
et tenant des propos ignorants.
       
(Kenzaburô Oé "Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants") 



Je me mettais à ma table de travail.
Je continuais à creuser
des chimères d'images, de souvenirs.
Comme une évidence
je déposais avec soin
les housses de dentelles brodées
qui brisent la mer gelée en nous.

(Jean-Philippe Toussaint "L'urgence et la patience")



Elles se regardaient l'une l'autre
entre l'aveuglement et les désirs.
Elle se mit à penser
que la statue,
pour le ballet des jambes
utilisera
les torsions des tapisseries.             
pour le ballet des jambes.
           
(Louise Bourgeois)


J'en garde pour les autres jours pluvieux ...