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dimanche 2 décembre 2012
samedi 29 septembre 2012
Fin de l'atelier "itinéraires en chantier"
"S'arracher du pathos, des gravats. Ignorer les commentaires défaitistes,
fatalistes. Déblayer. Embrayer sur quelque chose de neuf, d'envolé."
Fukushima - Récit d'un désastre. Michael Ferrier - Gallimard.
Avec cette phrase, je clos mon itinéraire en chantier.
Fukushima - Récit d'un désastre. Michael Ferrier - Gallimard.
Avec cette phrase, je clos mon itinéraire en chantier.
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mardi 25 septembre 2012
la tête et le tronc : chien et mouton ou chien et chien ? le gardeur et le regardé
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mardi 11 septembre 2012
dimanche 3 juin 2012
Chemin des canaux secs
Hier après midi, 14 heures pile, avons embarqué dans un car hyper climatisé -la seule fausse note de ce bel après midi orageux et plein de miel- sur les traces archéologico-ferrovières de la première ligne de chemin de fer européenne continentale. Faisons abstraction de quelques rails par ci par là du c$oté de la Perfide Albion, ne soyons pas mesquins, accordons à St Etienne et à son Pont de l'âne, le privilège et la primeur de cette ligne de chemin de fer.
Depuis le Pont de l'âne, début des festivités, la ligne traversait le Soleil, longeait les abords du Zénith, arrivait vers le bois Monzil. Se perdait un peu à Villars, puis longeait le Furan. Une jolie promenade le long du chemin des canaux secs, près de st Just st Rambert. Fin de la ballade sur les berges de la Loire à Andrézieux .
Sur la Loire le charbon était acheminé sur des rambertes, bâteaux rudimentaires à fond plats, et à usage unique qui une fois arrivés à bon port étaient détruites car elles ne pouvaient pas remonter.
Le prochain itinéraire commun pourrait consister à aller marcher sur les vestiges de notre histoire (hi hi), il y a une belle longueur dans Saint-Etienne où l'on ne risque pas de se jeter sur les roues d'un train (photo ci-dessous, vers le Zenith)
Le prochain itinéraire commun pourrait consister à aller marcher sur les vestiges de notre histoire (hi hi), il y a une belle longueur dans Saint-Etienne où l'on ne risque pas de se jeter sur les roues d'un train (photo ci-dessous, vers le Zenith)
mercredi 23 mai 2012
Interdit à Laura
Sur mon itinéraire du Sud, se promenait souvent un chat noir, brillant, lustré, vivant. Se promenait en fait je n'en sais rien, il vaquait à ses occupations, et je ne sais si la promenade est une notion dans la survie du chat, combien elle lui occupe de temps, combien il peut lui en consacrer ; bref il courrait le lapin, suivait une piste, ou rentrait chez lui, sans que je n'ai jamais su d'ailleurs, quelle était sa véritable adresse, car le chat ne connaissant pas internet, il ne sait pas que chacun possède une adresse et du coup il venait souvent terminer le repas de miss Bounette, celle qui a élu domicile chez moi. Et c'est fou comme comme la joie de voler sur le territoire de l'autre est appétante, il enfilait ça en 4 bouchées, quand Bounette aurait mis une semaine à le laisser pourrir. Bref, bis, ce chat noir est à présent étendu de tout son long sous la pluie de mon itinéraire, au pied du romarin, à l'aplomb de la tour. Bien sûr, l'éloge de la vitesse ayant cours dans mon quartier (et jardin aussi), une voiture a dû lui régler son compte, l'enfant de l'adresse doit le chercher partout, comme D avait à son heure cherché son Mamaou, et l'avait retrouvé dans une poubelle, pas même de recyclage. Depuis quelques jours donc, je vois cette forme noire et pelucheuse dans le caniveau, je lui souffle une pensée fraternelle et espère qu'il n'a pas trop eu mal. Je ne sais pas à quel numéro de vie en était ce chat-là ou s'il se réincarnera en limace chez Lucien Suel, c'est sûr qu'avec toute cette pluie...
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mercredi 16 mai 2012
De quels labyrinthes
De quels labyrinthes me suis-je
enfuie ? Je veux parler de ces chemins qui n’ont plus court, faute de
destinataire. De cet état d’esprit, lorsque on va visiter une personne « en
fin de vie », puis un mourant, puis saluer ce nouveau-mort, puis lorsque on
l’accompagne « à sa dernière demeure », -connue -, je précise. Comment
regarde-t-on les arbres ? Le temps qu’il fait, comment regarde-t-on les
saisons qui passent ? Les anniversaires qui se rapprochent ? Pourvu
qu’il tienne encore un peu, pourvu qu’elle ne meure pas ce jour-là : Ils
ont fait ce qu’ils ont pu. Elle, 3 jours après, Lui, 3 jours avant. Comment retourne-t-on
sur ces itinéraires, une fois qu’on ne les emprunte plus pour ces raisons-là ?
Dans quel état les rend-on ? Comment se rappelle-t-on ces moments graves, où l’on rentre chez soi, en sachant que
peut-être on ne les reverra plus, vivants ? Comment revient-on quand on
nous appelle pour nous dire que c’est la fin ? Que c’est fini ? Que
voit-on du monde qui nous entoure ? Tout est tellement précis, soudain,
cependant.
Entre les différents moments de
sa vie, à Elle, et celui de sa mort, l’itinéraire s’était raccourci, on se
retrouvait au milieu. Quant à lui, il avait beaucoup vagabondé pour venir mourir
sur mes terres d’adoption.
La plupart du temps je venais
seule, je montais dans ma voiture et appuyais sur le bouton qui me rendait
invisible et m’isolait du reste du monde, dans le sens où rien ne pouvait me
détourner de mon but. Je notais l’apparition des fleurs, le commencement de la
chute des feuilles, l’avancement des travaux qui nous obligeaient à nous garer
plus loin, à différer un peu ces derniers moments partagés. Je notais l’orage. Parfois
je prenais l’ascenseur, la plupart du temps je montais à pieds. Reconnaissance
des habitués, puis finalement, plus rien, plus assez de mots.
à suivre, peut être...
à suivre, peut être...
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vendredi 20 avril 2012
Mon itinéraire-retour : 3° épisode
J'atteins la rue J
Allemane où chaque emplacement d'une laverie de voitures est occupé
par des gens qui astiquent, frottent, savonnent, aspirent. Derrière
s'élève une cheminée décorée de motifs en biais, étonnant
dessin sur cet objet que l'on croirait seulement utile, en fait signe
de croissance, de richesse, plus il sortait de fumées noires, plus
la ville se développait bien économiquement.
A cette heure, entrent et
sortent de chaque immeuble des hommes seuls : c'est l'heure du pain
ou de l'apéritif. Je tombe nez à nez sur une voiture entièrement
rouillée, en mérite-t-elle encore le nom ?
Brusquement,
dans le tournant avant les tunnels, un arbre, tout en fleurs blanches
et quelques violettes cachées dans l'herbe verte et qui me sont
révélées par leur parfum ; un merisier sans doute avec cette odeur
de miel caractéristique. Quelqu'un, quelque part fait du feu. Une
douce odeur de feu de bois envahit l'air tendre de ce matin de
printemps. Au loin, des voix d'enfants et toujours les oiseaux en
fond sonore, ininterrompu.
Trois
« black », élégamment habillés, deux hommes, une
femme, cravates, chemises et chaussures blanches s'engouffrent dans
une allée en riant. En plein milieu des tunnels, nez en l'air,
écrivant en marchant, traversant la chaussée en biais, je chute
dans un trou. Brusque rappel sur la terre – ici, où la visibilité
est nulle et la circulation presque autant, les rares voitures
roulent très vite. Je l'ai échappé belle, ongles cassés, cheville
douloureuse, mon bouquet de merisier sauvé, je repars.
Et ce
ne sera pas le seul arbre en fleurs que je rencontrerai, rue
Dombasle, après avoir retraversé la voie ferrée, d'autres arbres
m'attendent. Assise sur une bite de pierre, yeux fermés; leur odeur
sucrée m'entraîne loin, à mes pieds une bouche d'égout, mais
c'est un murmure d'eau qui coule qui me l'a fait découvrir, j'étais
déjà chez ma grand-mère paternelle au bord du Dolon. Une douleur à
la main droite, celle qui m'a retenue dans ma chute me ramène ici ;
difficile d'écrire lisiblement.
La
Grande Bausseigne a ouvert toutes ses fenêtres et ses primevères et
ses tulipes. Des anges traversent l'air du parc, un écureuil brun
est même assis sur la balustrade de la terrasse.
Dans
mon vieux jardin, des bouteilles alignées, plantées culs en l'air,
délimitent les carrés. Tulipes, lys du Japon, jonquilles sont
alignés au cordeau comme des poireaux, un merle picore la terre
fraîchement retournée.
Il ne
me reste plus qu'à remonter la rue J d'Arc, pour rejoindre mon
jardin, havre parmi les havres.
mercredi 18 avril 2012
Mon itinéraire-retour : 2° épisode
6
Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue
parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue
7
Ils étaient tous dans l'étonnement et la surprise, et ils se
disaient les uns aux autres : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils
pas tous Galiléens ?
8
Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun,
dans notre langue maternelle ?
Les
actes des apôtres, chapitre 2
Tout
à coup, un forsythia en fleurs m'émerveille, un bout de guirlande
de Noël, à ses pieds porté par le vent, fait briller son or dans
tous ces déchets abandonnés, et puis plus loin, au soleil des
pissenlits en fleurs, véritables tournesols buvant le soleil,
quelques orties sortent de terre, de minuscules trèfles.
Un
enfant turquoise passe poussant très fort du pied sa trottinette et
rejoint un copain sur le parking. Quelques secondes plus tard éclate
un pétard et un « gros con ».
Pour
empêcher l'accès à un terrain vague entrain d'être aménagé,
d'énormes blocs de pierre ont été alignés tout autour. Dans cet
espace vide, de la terre retournée, des gravillons et en son centre,
exact, un petit arbre en cage : huit poteaux de bois, quatre
horizontaux, quatre verticaux l'enserrent, vaste point
d'interrogation au centre de cet espace entrain de s'urbaniser.
Dans
mon dos « Tatouage artistique » en lettres imitant une
écriture asiatique s'affiche sur une devanture toute blanche aux
stores métalliques baissés. A ma gauche, un immense Coluche avec
lunettes et gros nez rouge regarde la rue.
Un
bourdon vient me renifler, bien que les arbres soient peu nombreux et
sans feuilles, ça gazouille partout mais je ne vois rien.
Plusieurs
fenêtres ouvertes laissent entrer tout grand le soleil et le chant
des oiseaux. Une femme arabe me salue, foulard rouge, djellaba et
pantalon blancs, peau très mate, les bras tirés par deux énormes
sacs de courses, elle rentre du marché plus bas, Place Bellevue.
Elle est belle et c'est le seul bonjour pour le moment, rue de
l'Egalerie justement.
Sur
la rue du Mont, encore un parking asphalté en plein soleil.
Un
homme jeune fume appuyé sur son camping-car dans lequel il a
vraisemblablement dormi car le pare-brise est occulté et ouvre son
blouson pour offrir son torse à la chaleur ; ici, un peu plus de
piétons : femmes rentrant du marché avec leur caddie, hommes jeunes
fumant se rendant sûrement « gratter » au PMU ou
chercher leurs clopes de la journée, un homme bricole son moteur de
voiture.
Tiens,
une chaussure toute seule, là près de moi, en très bon état, y
était-elle quand je suis arrivée ?
Dans
une friche recouverte de papiers une jonquille, une seule, se dresse,
à ses pieds, quelques plants de primevères lui font la cour et se
prosternent et plus loin, là-bas, encore des pissenlits contre un
pan de mur et une énorme bouillon blanc s'étalent.
Une
jeune femme court, un vieil homme à casquette, qui tousse, porte sa
flûte comme il porterait un enfant dans ses bras, un couple avec un
énorme bouquet de fleurs, des lys enveloppés, une jeune femme
entourée de ses deux parents s'approchent d'une voiture, la jeune
femme donne un billet de dix euros à l'homme qui part à pied et les
deux femmes montent dans la voiture. Un vieux monsieur, cheveux
blancs, veste rouge, journal à la main, me regarde curieux ; c'est
vrai qu'il faut en rester du temps assis sur une grosse pierre pour
voir, entendre, écrire, et celui-là, tout gros, tout rougeaud avec
son air renfrogné, son anorak à fourrure et son chien de traîneau
blanc, comme il me regarde de travers … Je pourrais rester là des
heures mais j'ai froid aux fesses et on approche de midi. Je n'ai pas
accompli la moitié du trajet pour rentrer. Un tout jeune enfant, un
doudou déchiré dans chaque main, est calé dans les bras de sa mère
qui lui parle en une langue que je ne connais pas et qui m'émeut.
mercredi 28 mars 2012
Mon itinéraire-retour en 3 épisodes : 1° épisode
Dimanche-25
mars-anniversaire de ma fille- « Annonciation faite à
Marie » est-il noté sur le calendrier. Assise devant un café,
au PMU, ma bulle flotte
dans le brouhaha qui m'entoure, serveuses criant les commandes,
hommes accompagnés de jeunes enfants remplissant leurs coupons de
paris, hommes (encore) s'interpellant au bar, télé au-dessus de
moi, répétant en boucle les mêmes banalités sur la campagne
électorale « 50 milliards d'euros, socialistes, intentions,
Toulouse, basculer, banques, économies ...» quelques mots
émergent de toute cette bouillie. Combien est plus vivant le
bourdonnement de la salle, étrange aussi car lorsque je regarde les
individus un à un, ils semblent absorbés dans une profonde
réflexion, quel chiffre cocher … et pourtant de toute cette foule
découle une rumeur confuse, pièces de monnaie entrechoquant les
tables, combien vous dois-je ? …
Seules
deux femmes ensemble à une table et moi, seule à la mienne, avec
mon crayon, mon petit carnet et mon appareil photo.
Un bonheur matinal inouï, l'heure a changé
cette nuit, quelle bonne idée, toujours réveillée à quatre
heures, il en était déjà cinq, je pouvais donc presque me lever et
être à dix, nouvelle heure, dans ce café. Tout cela parce que J C
Bailly m'a ramené sur mon itinéraire.
C'est décidé, aujourd'hui j'observe la faune,
la flore, et les gens, enfin tout ce qui vit.
Le premier animal que je rencontre est une
panthère noire, perchée sur une mappemonde vert cru et l'entourant
de ses pattes, collée ici pour une quelconque publicité.
En levant la tête, je vois tournoyer d'immenses
corneilles transportant de grosses branchettes pour leurs nids, quand
je m'éloignerai de la Grand'rue, je les entendrai coasser de loin,
mais il n'y en aura plus une seule ; pourquoi ces animaux grégaires
s'installent-ils si près de l'homme, grégaire lui aussi, et qui ne
les aime guère ?
Quelques énormes serpents noirs se faufilent
sous les rails, immobiles au soleil.
En traversant la passerelle, j'ai vue sur les
balcons des arrière-cours où tout un bric à brac s'accumule :
micro-ondes, bouteilles, escabeaux, cocotte-minute, serpillières sur
un fil à linge, tout ce que l'on n'ose pas exposer sur le balcon
avant.
Quant à la flore, peu de choses jusqu'à
maintenant, trop de béton, plus d'inscriptions sur les murs « Vive
Montreynaud » que de plantes. Plus loin, deux troncs de
bouleaux tout blanc s'entrelacent au bord d'un parking, d'énormes
« babets », très longs comme je n'en ai jamais vus,
pendent, fruits mûrs qui jettent leurs graines. Dans les rares
parterres d'herbe du parking un petit monde rejeté poursuit
avidement une seconde vie. Me voilà Gotlieb, mains dans le dos,
accompagné de sa fidèle coccinelle entrain de faire sa rubrique à
brac, armé de sa loupe : papiers de bonbons, canettes écrasées
multicolores, bouts de métal rouillé, kleenex, étuis transparents
divers, mégots, pailles colorés pour siroter, épluchures
d'oranges, os rognés, pages de journaux, capsules, verre pillé,
blisters de médicaments, verres plastiques marrons de distributeurs
automatiques, éclats de miroirs et bris de catadioptres, sachets de
graines …. Les rares poubelles sont étrangement vides.
J'y ai même trouvé quelques pages d'un missel
?, d'une bible, 19 pages exactement que j'ai précieusement mises
dans ma poche et dont je vous citerai quelques phrase quand je les
aurai lues.
mercredi 21 mars 2012
Itinéraire , un peu
Je l'ai presque fait. Sans respirer, Sans pensées du passé. Sans photos non plus. Juste avec les pieds s 'enfonçant dans l'asphalte. J'aurais bien aimé le faire sans regarder.
Le ciel était bleu, avec cette douceur des premiers jours de printemps, venue un peu avant l'heure, où l'on s'attend à voir surgir un lapin au coin d'une maison. J'avais au fond du sac un livre plein de mots. Et je me suis cognée à tout ce qui me heurte. Des voix démesurées qui ébranlaient les pierres, des éclats de bras qui tricotaient le vide, des rides rafistolées sous des cheveux de chaume, et tant de mains tendues ponctuant les trottoirs, et tant de mains tendues qui plantaient leurs échardes. Des regards somnambules et des phrases glanées entre les bouches obscènes, une sorte de sciure où se noie le chagrin. Au milieu de cela, l'éclair d'une vitrine emplie de chocolat et le regard clair de l'enfant juché sur les épaules d'un père égaré dans la ville, un papier à la main, une adresse où aller, un refuge peut-être. Et je le guidai là, agriffant mon regard à celui de l'enfant.
Peut-être j'exige trop de la ville que j'arpente et bougonne de la voir si renfrognée , un peu abandonnée. Mon regard, toujours enchevêtré au passé, ne sait pas feuilleter la partition des rues, saisir aux commissures d'un mur une lumière douce, dénicher un angle de vue où tout est un peu flou, pousser la porte d'un peu d'imaginaire. A force de chercher des traces, on oublierait de vivre.
vendredi 16 mars 2012
les dessous de mon itinéraire étoilé
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mon itinéraire en chantier
Pour une fois c'est vrai le chantier !
je suis en train de changer de vue
Je pensais pouvoir me reposer sur mes lauriers quelques jours.
pas de chance "ils" ont décidé aujourd'hui de démollir le collège en face de chez moi !
ça fait un bruit terrible, plus poussière,
au secours ! mon itinéraire est en train de tourner au gravas.
je suis en train de changer de vue
Je pensais pouvoir me reposer sur mes lauriers quelques jours.
pas de chance "ils" ont décidé aujourd'hui de démollir le collège en face de chez moi !
ça fait un bruit terrible, plus poussière,
au secours ! mon itinéraire est en train de tourner au gravas.
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mardi 13 mars 2012
Mon itinéraire : de La Cotonne à Bellevue
La conférence donnée par Jean-Christophe Bailly -invité à la Médiathèque par Stéphane Bouquet- sur son livre « Le dépaysement / Voyages en France » a ramené mes pas et mes pensées dans les traces de mon itinéraire et ranimé mon enthousiasme pour ce projet.
En commençant à écrire, je n'ai pas vraiment compris pourquoi mon choix s'était porté sur les marges. Jean-Christophe Bailly m'a éclairé. Ici, toute l'histoire de la ville affleure et quelques couches d'un mille-feuilles y sont bien visibles.
Une minuscule maison ouvrière avec pour unique luxe ses volets peints en bleu et son jardinet potager impeccablement entretenu, son faux puits, sa petite brouette en bois et ses carrés tracés au cordeau y côtoie une grosse maison bourgeoise entourée de son immense parc arboré, avec sa porte de service ayant servi dans d'autres temps et sa longue allée élégante en arc de cercle conduisant en voiture jusqu'aux portes de la demeure ; aisé d'imaginer la vie telle qu'elle se déroulait dans ces deux maisons, deux façons d'habiter le monde.
HLM des années 70 – cinq/six étages- se dressent au milieu de maisons individuelles, HLM sans jardin mais avec « Espaces verts », vocabulaire et usage ont changé avec le temps.
Les noms de rues, noms de métiers « Rue des Verriers », « Rue de la Lithographie » nous parlent de métiers aujourd'hui presque disparus et il m'a été impossible de trouver l'histoire de ces rues ni la moindre trace dans le quartier de ces métiers, excepté un nom sur une plaque. Ils nous rappellent aussi les rêves sociaux d'un XIXième siècle : Rue de l'Egalerie, Rue Proudhon …
Voie ferrée et TER flambant neufs et petits chemins de terre. Poules dans un jardin et Lavomatic au karscher. Friches d'un ancien squatt et piscine aux formes modernes. Jardins ouvriers et casse automobiles. Parkings payants automatiques disputant leur place à un terrain vague. Tags s'infiltrant dans des hangars abandonnés de la SNCF et l'arrière d'une gare repeinte de neuf en façade. Tout cohabite en une seule mosaïque, s'enchevêtre.
Nous sommes derrière le décor, dans ces derrières attachants. Un monde est là, vibrant, fait de juxtapositions et de chevauchements de territoires, hors de l'exposition de marchandises à consommer qui achalandent les vitrines des magasins de la Grand'Rue, cinquante mètres plus bas.
Envers du décor où se déroule la vie, non son spectacle.
Lieux où sont venus s'installer diverses populations, se juxtaposer, cohabiter, sans réel partage mais sans heurts non plus. Je n'y sens aucune violence, aucun communautarisme.
L'aujourd'hui, le contemporain se résume à ces diverses couches d'hier. Traces d'un monde entrain de disparaître (?) comme on constate aujourd'hui la disparition d'un certain monde rural, ou seul monde vivable ?
Il semblerait que ce qui est entrain de se faire, de se défaire, de se déliter ici, se reconstruit plus loin, essaime ailleurs, comme les jardins sauvages. J'y pressens, de plus, toutes sortes de choses secrètes qui palpitent. Jean-Christophe Bailly, lui, écrit « clapot », petites vagues qui forcément laissent des sédiments qu'il faut découvrir en examinant les strates.
Sont-ce ces petits secrets que nous révèlent les « urbiers » et les « herbains » de soeurs Natô et MPB, le minuscule nous transmettrait-il ces messages-là ?
L'expérience menée à cinq, d'emprunter ensemble le même itinéraire a bien mis en évidence la multiplicité des points de vue, des approches. Quand on s'empare du trajet à dix pleines mains et dix yeux dévorants, avec des rires, des histoires et des déguisements inventés sur place avec les rebuts délaissés, quelle richesse et comme on se sent bien, chez soi, dans un monde où la vie, la créativité, l'humour sont possibles, où toutes sortes de portes sont grandes ouvertes et où l'air circule dans tous les sens et non selon une signalétique pré-établie.
Oui, je vais y retourner, ne serait-ce que pour le parcourir à rebrousse-poil et écrire sur le retour puisque chacun sait qu'on voit pas différemment quand on change de « sens ». Et puis, je n'y ai pas cherché les animaux sauvages : lombrics, araignées, chenilles, … ni les plantes, tous ces êtres vivants qui ne connaissent pas les frontières.
mercredi 7 mars 2012
La Petite Marandinière
Ce qu’ils ont dit avant, tu ne l’as jamais oublié. Ca restera tapi sous le chemin de ta peau et ton sang Monchovet, de cogénération en cogénération ne se régénèrera jamais assez pour que s’efface de la surface de ta vie ce qu’ils t'ont fait. Depuis toujours lorsque tu marchais sur le boulevard de la P. pour aller faire des courses, poster une lettre, te rendre à l’arrêt de bus, les hommes sifflaient sur ton passage. Ça, c’était il y a longtemps. Après, les hommes ne surent plus siffler, ils te jetaient les mots qui entravaient ta marche, parfois tu ne comprenais rien à leur vocabulaire aigre et gras, tu sentais seulement la pesanteur gluante de leur regard sur ton être découpé en morceaux choisis. Un jour, tu as clairement entendu « La petite Marandinière, elle voit les choses en grand ! » C’était un type élégant, un peu bizarre, qui l’avait prononcée. Autant de mots à la fois, c’était rare ! Ce type, tu le voyais parfois dans le bus, les gens l’appelaient « le Prophète. Bizarre mais pas méchant, presque distingué. Dans le bus il avait joué pour d’autres à être ton fiancé. Tu t’étais prêtée au jeu, sachant que tu descendais à la prochaine et avant lui. Et puis tu n’y avais plus pensé.
Ce soir-là, tu revenais de l’une de ces réunions où l’on espère changer le monde de son vivant, tu étais de bonne humeur, il n’était pas encore très tard. La soirée pourrait se poursuivre en lecture, en solitude tranquille.
Elle s’était poursuivie. Les types ont surgi en grappe de la galerie marchande et ne t’ont laissé aucun choix. Ils ont dit toutes ces choses gravées mais imprononçables maintenant. Et puis le prophète a lancé sa sentence : « le plus important pour moi, c’est que les mecs que je forme assurent et que mes pairs disent, avec lui, ça déchire ».
Ça avait déchiré.
en vert italique : les phrases de la boîte
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mardi 7 février 2012
lundi 23 janvier 2012
A l'angle
C'est à l'angle, à l'angle de la langue, enfin sur l'angle qui n'est pas du côté de ma rue, quand on arrive par le haut – ce qui est bien sûr contraire à toutes les habitudes - . On arrive par la rue que l'on prenait dans l'autre sens pour aller à l'école l'après-midi main dans la main du père. La rue qui longe l'hôpital de la Charité, donc qui longe le père, cerné de murs qui le cachent au regard pour le faire oublier – mais comment peut-on oublier - , et là , à l'angle, une galerie de peintures, abandonnée peut-être, avec des murs vert sombre, écaillés, où d'éphémères collages se désintègrent, se décollent, donnant à chaque passage une texture différente, une lecture à renouveler. L'envie, bien sûr, est de toucher, d'aider à l'usure du temps, d'enlever à son tour quelque morceau de peinture pour voir derrière, comme sur les platanes qu'on écorçait dans la cour de l'école et où se dessinait une cartographie de songes. Une main posée là, comme une invitation à pénétrer au centre, même avec les inévitables éclaboussures, le passé en palimpseste, les traces à déchiffrer, un ciel à gratter, des enchevêtrements à démêler. Et ces points rouges qui pointent ce qu'on ne veut pas voir, ce qu'on souhaiterait enfoui à tout jamais et qui ressurgit, alors qu'on voudrait choisir ce que l'on regarde, maintenant qu'on le peut.
Probablement, il devait y avoir un bras, une tige sous cette main pour pouvoir la relier, la tenir, non comme un étendard mais comme une fleur qui, dans un geste d'apaisement, effleurerait les peaux, leur dirait enfin à quel point il est bon d'être en vie. Et si le sens de cette main posée là, était plutôt la main d'un avertissement : STOP ! Ne t'aventure pas plus loin, regarde ailleurs et tiens si tu partais dans l'autre sens, cela pourrait être sympa...tu pataugerais un peu dans la vie, la nouveauté, tu allégerais un peu ta besace . Pourquoi toujours revenir ici, moi dedans, dans cette histoire des sédiments, avec ce poids dont on ne se déleste jamais. Et puis la couleur verte associée pour toujours à cette rue et qui ressurgit là au premier regard. Le vert des petits placards sous la fenêtre où étaient rangés les trésors d'un enfant, enfin rangés est un mot particulier pour dire entassés ce qui était à moi et auquel personne n'avait accès. Le secret du sacré.
mercredi 18 janvier 2012
ça change un peu
"Des Lettres. Alphabet de ciment. De briques. De parpaings. De ferrailles. Les murs se vendent. S’occupent. Comme on occupe un territoire conquis. Check-point rouge. Coup de tampon. Frontière. Les murs construisent des murs. Les murs construisent des mots. Des laissez-passer. Des tickets de rationnement. Des terres libres."
Toute cité est un état d’âme. Berlin est féconde, à ce que l’on m’a dit, en vastes murs aveugles dressant dans la ville des pans semblables à celui-là qui obséda Bergotte dans la vue que Vermeer fit de Delft. Peut-être la ville s’érige dans ces mystèr... à suivre sur PUBLIE.NET
"L'horizon, c'est ce que tu dessines sur ce qui te résiste – les murs construisent des murs."
publie.net - 22/08/2011
Collection Art & portfolios
Langue Français
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| photos MPB, itinéraire AngeGabrielle - Bellevue |
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mardi 17 janvier 2012
Un trajet entre Cotonne et Bellevue : retour
Photos Jean-François Barthale
Qu'en aurait pensé l'infréquentable et antiféministe Pierre-Joseph Proudhon que Zola décrit comme "libertaire, anticapitaliste et antimarxiste"
D'ailleurs qui se souvient de lui en ces temps de capitalisme débridé ?
Qu'en aurait pensé l'infréquentable et antiféministe Pierre-Joseph Proudhon que Zola décrit comme "libertaire, anticapitaliste et antimarxiste"
D'ailleurs qui se souvient de lui en ces temps de capitalisme débridé ?
Sur l'ange de l'itinéraire il y a
En quelques centaines de mètres on passe d'un presque palais, équivoquement appelé "grande Beausseigne" -il me revient que je travaillais avec sa propriétaire, grande dame bien mal attifée, toujours frigorifiée, bien sûr que pour chauffer cette bâtisse ! il devait falloir en jeter des sous par les courants d'air - à l'ancien entrepôt Tadduni -je croyais que c'était un pseudo !-, tagué, brûlé, ouvert aux vents colorés des défricheurs de ruines. C'est dimanche, la promenade de l'après repas, si copieux, si bien mitonné. Le ciel est sans amertume, la lumière sans faux-col, et plus je regarde et plus tout m'émerveille, encadré dans le viseur de l'appareil photo. On partage. on se regroupe, on se gêne, on se disperse, on se fait des grimaces, on s'immortalise. On fait des récoltes, il en sortira des mille feuilles et des salades. Le noeud, ce sont ces voûtes. On pourrait se croire dans un tuyau d'évacuation, à un coude sous le lavabo. C'est crade pareil, et ça débouche. Pas loin des 2 "maisons sans escaliers". Plus loin, on fait école buissonnière, on dévie ; on téléphone d'une oreille, on photographie d'un oeil, on avance des 2 jambes, on grimpe à califourchon, sans peur d'abimer les vêtements. Comme des enfants dans leur terrain de jeux secret, sans les parents pour surveiller. Sans transition, on passe de la marge à la civilisation, c'est le quai de la gare, les passagers en attente de train rare. Nous, nous sommes toujours de l'autre côté de la barrière, du bas-côté, entre voies abandonnées se perdant dans les herbes sèches, et maisons en contrebas qui jouent aux Cyclades avec leurs volets peints en bleu, les messages secrets excluant les néophytes, tout est peint et repeint, même l'herbe.
Sur l'ange de l'itinéraire, il y a une capuche, c'est le nom de la rose.
à suivre
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