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jeudi 17 avril 2025

8/V1 qu'est-ce qui partage ? qu'est-ce qui rassemble ?

 8 V1 ou 4V2 à partir de 2 images déjà utilisées et une inédite


Dans la boue dans la fange dans le sel dans le sable des nuages

dans la mangrove d'où s'échappent les palétuviers

on marche sur la tête avec eux depuis bien trop longtemps

il n'y a jamais eu de paradis c'est du pareil au même

il suffit d'éprouver la sensation du merveilleux au moment où on le vit

Parfois il y a eu de l'eau

Maintenant la mer est morte

Parfois il y a eu la paix du renoncement

et maintenant il y a le manque

Parfois il y a eu l'été

Le bateau a jeté l'ancre

sans écrire son histoire

la barque stoppée net au bord des troncs pourrissants

le bateau a coulé au large des occurrences

Tout cela prendra fin

et les larmes et la peur

plus d'icebergs : tous fondus

des serpents venimeux

une croûte saumâtre

Horizon fracturé dans un jardin de plâtre

l'art du trait à l'ombre des abysses

Il y avait un toit au-dessus de ma tête

Une incroyable cathédrale gothique

Qu'est-ce qui partage ?

Qu'est-ce qui rassemble ?

L'expression de nos sincères adorations

mardi 8 avril 2025

7 /V1 prendre des vessies pour des lanternes

 

       

     



 Le nid que je vois n'est pas un nid, le nid est un boa le boa engloutit l'oiseau que je croyais venir nourrir ses petits dans son nid qui n'est pas un nid. L'image du chapeau n'est pas un chapeau mais un éléphant dans un boa.  De chaque côté de l'arbre où s'enroule la liane qui n'est pas une liane, il y a trois nids de caciques qui pendouillent. Des nids qui ne sont pas des nids, je ris, ce sont des arbres. Ils ne pendouillent pas, ils s'élèvent.

Comme mon kikiwi que j'ai vu exécuter un salto arrière pour rentrer dans son nid qui n'était pas un nid mais une liane qui n'était pas une liane mais un serpent, qui n'était pas un salto arrière mais un enroulement dans les plis du boa.

Je crois ce que je vois, ou je vois ce que je crois C'est en fonction de ce qui me raconte ; ce qui m'arrange, comme des lapsus visuels. Je vois midi à ma porte, même s'il n'y a pas de porte et même s'il est 7 heures moins dix. Comme le Petit Prince qui fait semblant de dormir sur le sable alors que par une magie quantique il s'est envolé rejoindre sa rose, je suis par mes yeux dans l'image qui est l'enveloppe de mon histoire à plusieurs dimensions. Je suis celle qui croque dans l'inconnu grâce à une pomme tendue par une liane à tête d'ange et à queue de flèche Et si j'ai envie de prendre des vessies pour des lanternes qui ne sont pas des lanternes c'est que j'ai décidé ainsi d'éclairer différemment mon chagrin mon chemin.

mardi 18 février 2025

6 /V1 Ces endroits dont on ne revient pas 6/

          


Le vent soulève le sable de la plage et le fait danser, empêche les moustiques de se manifester, ils ont pourtant leur réputation à tenir car ici c'est leur royaume.

Des cocotiers balancent leurs palmes, à la saison, les tortues luth viennent pondre.

Presque une carte postale

Aucun bateau au large ni même au bord, dans les eaux boueuses, l'eau marron de l'embouchure du fleuve du même nom. A quelques kilomètres de là, le Suriname, Les fleuves et les rivières d'ici, des cimetières de forêts englouties.

"Un morceau de bois a beau séjourner dans l'eau il ne deviendra jamais un caïman", dit un proverbe. Mais une tête de girafe, si.

Un petit carbet désossé, un bâtiment de bagne taggué, croupissant ; des personnes devinées à l'abri dans leurs cabanes de tôle rouillée attendent les touristes pour leur vendre de l'artisanat.

Suis-je une touriste ? Suis-je un fantôme ? Suis-je un grain de sable ?

Les fantômes sont partout. Fantômes d'esclaves, de bagnards morts de maladie, fantôme de Raymond Maufrais sans doute englouti digéré par la forêt ou dans l'estomac d'un boa géant, à la poursuite de son rêve présomptueux.Voyage infernal mais choisi. Contrairement aux autres.

L'érosion gagne. On dit que d'ici quelques décennies, cette terre n'existera plus, la forêt transformée en savane, puis en désert ; les gens mourront de chaud. 

L'érosion gagne et les souvenirs restent. Les images se superposent, pourrissent, se transforment en chablis qui laissent pousser d'autres images sur leur tronc moisi.

Moi aussi j'ai choisi, et moi aussi je resterai sur la plage des Hattes, à Awala Yalimapo, avec le fantôme du jeune homme, Marron Guyane sans retour.

dimanche 22 décembre 2024

4 /V1 L'image fige un temps révolu 4/

 

   


Du bateau à aubes sur le Rio Magdalena au paquebot le France comme échoué sur des rivages craquelés de sécheresse, du canot dans les bras morts des affluents-rivières sur l'Amazone, de la savane du Soudan au Parc de la Tête d'Or, un parcours à la recherche de temps révolus, de migrations forcées et de paradis retournés au néant.

Dans ma collection de livres cultes, j'ai plusieurs fois erré dans cette forêt littéraire, baroque et musicale, cette forêt-piège avec ses zones interdites qui ne se laisse pas facilement spolier de ses trésors.

Dans les méandres du fleuve un indice à 3V sur un tronc indiquait le passage. Mais c'était sans compter ici avec les inondations, là avec la sécheresse ou les incendies. Avec les chasseurs, les chercheurs d'or, les braconniers, les producteurs de viande intensive. Les paysanges changent et deviennent des pays-démons.

Un jour le paradis ne suffit plus, il faut retourner faire provision de richesses qui n'existent que dans la civilisation des villes, un jour la girafe capturée sera privée de la course en bande dans la savane du Kordofan et exposée à l'ennui de l'enclos du zoo.

Mais il n'y a pas de retour possible. La route est redéfaite, le passage est perdu, sous les eaux, la girafe pleure dans son parc lyonnais, le France reste à quai.

Le texte se referme sur ses secrets et la symphonie de la forêt reste inachevée.

mercredi 11 décembre 2024

3/V1 l'Odeur des images 3/

  • La photo sur laquelle on voit Solange ne sent rien mais le souvenir de tous les parfums de la boutique qui n'existe plus me prend à la gorge, me fait mal à la tête (oui les souvenirs aussi peuvent faire mal à la tête). Une autre femme nous regarde et nous invite à la humer avec son parfum Dolce Vita qui nous fera succomber. Dans l'Amour au temps du Choléra, les parfums servaient de médicaments ; de médic'Amant ? L'amant offre à sa maîtresse, et pourquoi pas à son amante religieuse ? A Celle qu'il aime et le fait mourir d'amour, de l'eau de Cologne Farina. J'ai longtemps cherché cette eau de Cologne, moi dans la vésicule ne supporte plus les parfums chimiques, je pensais que celle-ci, en souvenir d'une autre, Extra-vieille, ne me provoquerait pas d'allergie. Il y a peu, par hasard comme toujours, comme les livres dans les boîtes à livres, qui arrivent à point nommé, je suis tombée dessus et l'ai achetée. Comprar en espagnol. Je l'ai comprise, mais elle ne sent pas comme dans le livre de Garcia Marquez. Peut-être ont-ils copié l'authentique mais ont supprimé la substance chimique, qu'ils extrayaient de la Dame de Malacca et pouvait s'avérer dangereuse, ou trop bien soigner. Gift, cadeau et poison à la fois. Le souvenir des parfums nous enchaîne à un moment précis de notre vie, odeur de métal, parfum d'un être aimé, odeur de mer, odeur de vase et de diesel, de bananes pourries et de citrons, dans les méandres de l'Amazone. Les souvenirs ne rouillent jamais.

mardi 26 novembre 2024

2/V1 Quartiers de Lunes 2/

 


  
  

 La dame de Malacca ne fleurit que quelques heures pendant la nuit, on l'appelle aussi Dame de Lune. Son parfum subtile entrait jadis dans la composition de parfums très chers puis les instances ont décidé d'en réduire son usage car l'un de ses composants chimiques provoquait des allergies.

cette photo est faite par ma soeur, celle qui tricote des pulls en coton rose perle (éclipse) mais a aussi la main vert foncé et fait beaucoup de boutures et beaucoup de photos ; elle guette dans la nuit la floraison merveilleuse et éphémère, et si elle ne peut m'offrir son parfum, elle m'offre la photo. Je ne veille jamais aussi tard pour voir la dame éclore.

Malheureusement les images n'ont pas d'odeur, quoique...

En revanche je visite beaucoup les BAL et après avoir choisi la photo précédente je tombe sur cette dame de Malacca de Francis de Croisset, car ma vie n'est que digressions, coïncidences et sérendipité. Cette dame de Malacca-là ne sent pas le bentozate d'épipiphylum oxypelatum mais plutôt le grenier et la vieille cave.

(les images ont donc bien une odeur)

Et s'il y avait des BAF (boîtes à films) , peut-être pourrais-je y glaner la version Edwige Feuillère qui a un nom de plante non ? et joue l'héroïne qui épousa le sultan. Je pourrais dérouler la pellicule et chercher les images où la fleur éclot et l'amour aussi mais dure plus longtemps heureusement pour les amants.

La troisième image montrent des pains en train de faner à la fin de la nuit. C'est une photo prise sur une péniche pour les 20 ans d'une amie qui vivait beaucoup la nuit et qu'on appelait Lune et eut une vie très courte (et sa mère en mourut le jour de son enterrement, et son fils en mourut quelques années plus tard)

Quelle idée ce cadrage !

Immortaliser cette instant, cette scène de fête de 20 ans avec des pains en train de flétrir dans leur carton au premier plan ? à côté du sac plastique*. Les personnes derrière les pains sont à peine identifiables, de profil, de 3/4 dos. De la dame au bandeau, j'ai hérité d'une aquarelle - un bout ensoleillée de temple grec avec trois pierres entre les colonnes, placée en face de mon lit, en lieu et place des angelots (de la dernière fois).

Quant à l'homme** à ses côtés, il est originaire de presque Malacca, la péninsule d'or sur nos atlas

(**A partir d’un seul mot donné, il prononce un discours entier.)

*Pendant longtemps la chasse aux sacs plastique sur les photos a été l'obsession

dimanche 13 octobre 2024

1/V1 Regarder être regardé 1/


V1 

Regards éclipses lunettes

Regards interrogation

qu'en dites-vous voyeurs ?

ma vie pendant les anges

la musique et les fleurs

regarder au-delà

interroger le spectateur

 

j'ai découpé l'image j'ai viré le Jésus

Dehors cueillir faire des colliers de fleurs

Regarder le ciel avec des millions d'autres au même moment

Je les regarde me regarder

Son regard de déshabillée souriante

franc sourire

et son regard à lui,  gêné

Une autre presque hors cadre, coupée , cueille aussi des fleurs

pour faire style que tout est normal

de dos par rapport à nous

nous offrant sa croupe

 

(cartel au musée du puy, les ramasseurs de patates)

(expliquer aux enfants comment il faut regarder, ce qu'il faut voir - deux images supplémentaires)

 

plus la main d'un autre homme, comme un pouce levé, un like de facebook

alors que là-bas, l'image y serait sans doute censurée

 

à travers nos lunettes nous regardons l'éclipse solaire du 11 août 1999

la lune qui passe devant le soleil, l'éclipse donc

dans ce jardin près d'Avignon, pas trop fini

Je me souviens précisément de la lumière sombre lorsque le phénomène commence à se produire

je me souviens du silence effrayé des bêtes

F. n'a pas de lunettes, il ne regarde pas la lune éclipser le soleil

il regarde C

Les anges baissent les yeux,

perdus dans leurs pensées

cueillant des fleurs, jouant de la musique

douceur chromo de ces bambins blonds

qui égayaient la chambre de mes parents

Maintenant ce bout dans la mienne, un peu caché

l'un des chérubins, hors cadre, pensif et mélancolique a longtemps habité mon portefeuilles

 

La femme nue regarde le peintre

pourquoi se retrouve t-elle en couverture d'un livre sur l'amour et l'histoire de France ?

Ce qu'on appelle l'amour...

ma préoccupation du moment 

et je constate en lisant différents écrits qu'amour et sexe, amour et reproduction, y compris chez les mammifères selon par exemple Rémy de Gourmont, se confondent souvent

alors qu'au Moyen âge amour et amitié se confondaient sans qu'il y ait forcément sexualité

va comprendre

Donc un déjeuner sur l'herbe peint par homme

une femme nue au milieu d'eux, 

qui va la déguster ?

qui dégustera-t-elle de son regard gourmand ?

Les images nous regardent les regarder

autant que nous les regardons nous regarder

l'objectif !

pour le Déjeuner sur l'herbe c'est flagrant

pour l'Eclipse elle me renvoie à cet événement à lunettes unique dans une vie

et toutes ces lignes dans cette image, tous ces courbes, tous ces regards

je suis sur la photo, je porte une robe tricotée par ma mère

qui me valut bien des regards

le léger froid soudain du moment de l'éclipse m'a fait enfiler un pull de coton rose perle, tricoté par ma sœur, en ce 11 août dans une banlieue d'Avignon

un jour où si l'on veut voir il faut se protéger les yeux

voir ce qui assombrit, obscurcit

et fait silence

voyeurs aussi à regarder cette lune qui couvre le soleil, est-ce que ça nous regarde ?

Ne vaudrait-il pas mieux, comme F regarder celle qui regarde et constater le changement de lumière sur la peau des bras dorés de C ?

En recherchant l'image et en tapant différents mots-clés dans le moteur de recherche chromo chérubins, j'arrive enfin à l'image d'origine et ô scandale de la mémoire sélective et du découpage intempestif, ce n'était pas un Jésus mais une Vierge Marie que j'ai censurée, une vierge Marie avec son Jésus enfant sur ses genoux et un petit mouton près d'eux

la mémoire fait ce qu'elle veut des images.






 

jeudi 4 août 2016

l'orchidée à la fenêtre


L'autre jour je relisais mes textes qui allaient avec les photos de V. O. ; ça me plaisait plutôt avec le recul ; et puis il y a deux jours, j'ai pris cette photo sur la plage de Bocadasse (à côté de Gênes): le contraire du glacé de l'époque, mais quand même les orchidées ont un côté tellement humain, on peut leur faire dire ce que l'on veut.



vendredi 1 juillet 2011

chute d'anniversaire (en rose)




les fleurs de cerisiers

sont tombées

roses

«rose rose est amoureuse»

sous la pluie chaude

comme des nippons

nous marchons

cheminons

«j’ai envie d’y retourner»

des fumées blanches

de nos lèvres

s’échappent

«malgré tout»

des mots

nonchalants

dans nos bouches

petites brumes

légères

des roses roses roses

sur mes épaules

bruine tropicale

la pomme a noirci

le temps passé

lune noire calcinée

il a deviné

«tu écrivais un roman ?»

il sait

malgré tout

voir en rose

pomme noire empoisonnée

recrachée

«je ne pars pas»

se revoir

se regarder

s’entendre

faille

défaille

soudain là

comme par magie

face à face

derrière nos sourires

tout près

mon beau papillon

rêve éveillé

réveillé



mardi 24 mai 2011

chute d'O

«tu vas dans ton jardin ?»

ce sont

ses derniers mots

pour amortir ma chute

liquide

s’il avait dit

«o

aurais-je dit

«oui»

quelle belle paire de on

nous ferions

à l’improviste

«c’est un secret»

j’ai dit

oui

mon jardinet secret

une porte s’entre-baille

bat au vent

oscille

vacille

se fendille

lattes disjointes

déclavetée

éclatée

blessée

plaie ré-ouverte

encore

tout cacher

en rire

son désir

dormir à la cabane

«en diagonale peut-être»

moi à même le sol

contre la terre

près des pissenlits

cheveux dans l’herbe

ne craindre pas

la rosée

du matin

nuit avec lu luit

au coeur de mon jardin

secret


jeudi 24 février 2011

chute des corps



mon lapin

envie de caresser

ton poil

d’où ?

aperçu

à l’encolure

sous

l’édredon givré

brrrrrrrr

décongelons

mon lapon


tu rentres ?

ou

tu restes ?

on danse ?

a

prendre ta main

toucher ton bras

sentir

et

dire

«dansez les pattes»

à 4 pattes

pattes de chat

pattes d’oiseau

pattes d’oie

pas d’ours

ils ont valsés

tournoyés

furetés

flairés

...

mon lupin

lu

envie de caresser

tes cheveux

tignasse

folle

comme l’herbe

chien fou


avant

ou

après

?

la tentative

de tuer ma muse

pan ! pan ! pan !

raté


lapins

toutes tripes à l’air


juste contempler

l’ampleur de ta chasse

de ma chute



mardi 8 février 2011

PHOTOS 11 & 12.

Petits pois
dans le ciel...
Points fermés
Traits tirés
Virgules ouvertes courant
à l'infini
qui se répètent en suspension.
Une phrase
dans le ciel
comme ça, pour rien.
Peut-être qu'il y a quelque chose
derrière le rideau blanc-bleu...
On entend des murmures...
et la branche qui se tord
arthritique
touche du doigt l'essence
du message
qui palpite,
l'indignation avant que de mourir
en pattes veules et difformes.
Le trait s'est épaissi, la matière racornie.
Petit oiseau frondeur
il a piqué du nez
avant que de gésir
flasque et grisâtre comme la main
d'un mort!
Peau boursouflée,
ongles désincarnés,
monstres
prêts à violer ces petits riens d'éternité
sur un coin d'arcopal
qui
s'est octroyé le délire
de
se parer des fleurs du ciel.

mardi 1 février 2011

Last but not least : patte à trac

Du pigeon ne reste qu’une patte
Vaisselle des petits jours
Myosotis d’Arcopal
De l’immaculée tâche de neige, que quelques conceptions
………………………………………………………….De traces
envoyées du ciel et qui s’arrêtent ………………………………
………………………au milieu de nulle part.................................
Des détails,
des morceaux,
des lambeaux,
Des univers marins qui ont perdu leur eau
Des univers célestes qui ont perdu leur bas

ooooooo
 
La lune a fait son plein, une fois deux fois trois fois
La guerre qui ne fait pas la difficile a ravagé quelques portions de paysage
Une blessée, une absente, quelques égratignées,
Le joli manège pourtant continue de tourner
Sous la brise tour à tour tourmentée et légère les mots s’alignent
Comme des petits paquets  ||||||||||||||IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII||||||||||||||

Dont chacun guette à son écran, l’apparition

^-^-^-^-^-^ Et pourtant ^-^-^-^-^-^-
Quel calme lumineux ce soir, quelle accalmie, quelle douceur, quel silence ronronnant 

Chacun dans sa lumière, dans ses couvertures, dans ses peluches, à l’ombre du cerf blanc
Protection des matières,
Concentration extrême
Seul le chat Totoro explore tous les continents de nos sacs et me donne son regard pour m’y noyer

Le fantôme de la photographe, à intervalles réguliers
Nous a délivré ses clichés singuliers
Ses natures empaillées, ses espaces en suspens
Ses glaçures roses
De la glace, beaucoup de glace, comme du sucre sur un gâteau anglais

Et nous tous nageant, barbotant, marmonnant dans ses pièces intranquilles, glacées,
Glacées à l’air des musées des solitudes
Nous débattant dans ces images comme la photographe se débattra dans nos mots
Mais toujours essayant –toujours- de remonter à l’air libre
Des images ou des mots lequel aura le dernier ?

lundi 31 janvier 2011

Elle n'aime pas que les pattes, ce coeur de pigeon, a été mangé par Ange-Gabrielle, devant moi, je vous jure




Photo 11 et 12

Au menu : poule bouillie
Nous étions trois, trois enfants pour trois morceaux de choix. Qui obtiendrait la tête et les pattes ? ces mets les plus rares et les plus savoureux ?
Nous notions pour la prochaine poule, qui avait obtenu quoi, pour que notre mère ne commette aucune injustice.
Ce que je préférais était les pattes, et bien sûr je ne pouvais en avoir qu'une seule. Je sens encore couler dans ma bouche le bouillon aux yeux gras, le contact sur ma langue de la peau aux écailles croquantes. Point n'était besoin de se servir de couteau ni de fourchette, cela se dégustait à la main. Je pouvais faire s'ouvrir et se fermer la patte, étirer la palme pour en examiner le centre, me piquer les lèvres avec les ergots pour en éprouver le tranchant. Je différais le plaisir de la dégustation.
J'aimais particulièrement arracher la peau squameuse avec les dents pour atteindre l'os, le racler et faire apparaître les tendons blancs, durs et élastiques qui permettaient aux articulations de plier. J'observais longuement comment tout cela s'emboîtait pour enfin les croquer d'un coup de dents, sucer le jus puis arracher les ergots qui alors sortaient tout seuls de la chair très cuite. Ces longs ongles recourbés eux ne cuisaient jamais, alors je pouvais les conserver longtemps comme amulettes dans de petites boîtes.
J'ai lu récemment que dans tout mariage chinois, doivent être servis des pattes de poulet, considérées comme un plat de choix et un garant de bonheur. Je n'ai jamais été particulièrement attirée par la Chine mais je reconnais là de véritables gourmets et une marque de grand goût.

Sont-ce là des poules dans le ciel, toutes alignées sur une ligne horizontale ? Auquel cas, quel nombre de pattes ! Plus besoin de se battre, on pourrait en avoir une dizaine chacun … Quel festin !
Faire un gigantesque bouillon rien qu'avec des pattes. Les décortiquer, les trier, s'en lécher les babines.
Soit il se prépare un grand mariage et elles se rendent toutes au rendez-vous, flattées d'être reçues pour un festin princier, soit ce sont tout simplement de minuscules caractères chinois inscrits sur un parchemin de soie et dont le peintre n'a pas omis de dessiner avec son fin pinceau, l'inévitable branche à l'encre de chine. Certainement des voeux de longue vie, bonheur et prospérité - s'il faut bien accepter de lier les deux photos -

Photos 11 et 12

encore couverts de nuit
ruisselant de la source
les oiseaux balbutient
des mots porteurs de jours
ils désertent l'azur
tiennent en lisière
les nuées infécondes
pénètrent la fenêtre
et dissertent à mi souffle

la main aux étoiles écrit

quand le vol se fracasse
l'essentiel se brise
la main  de nuit trébuche
sur un songe sans langue
la main nue écharnée
ne délivre plus rien
la main de chardon sec
s'achemine tranchante
 vers son puits de mutisme

dimanche 30 janvier 2011

point de chute




.

point

points

................................


point ...................................... ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, virgule

;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;



deux petits points


:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::


en pointillés

en suspension

décrire des lignes


.

..

...


1 point

2 points

3 petits pois

sans point

aucun


préférer



trempe pas tes doigts dans ton assiette

ma poulette

point d’exclamation

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

tu aurais pu couper tes ongles

dit-elle

sans contre-point


queue de comète

trainée d’oiseaux

en partance

à la queue leu leu

vers où

?????????????????????????

point d’interrogation



loin

trait ________________________________________________________loin

vers un lieu

où il n’y aurait point de chute