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mardi 22 décembre 2015


après la mer
après la vague, un peu lasse
y aller en trainant les pieds
si tu ne sais pas où tu vas, souviens toi d’où tu viens
dans la cour de l’école
désertée pour l’été, se rassembler
avec des inconnus faire une ronde
quand dans un village les gens marchent sur la tête, marche sur la tête
entendre un air qui entraîne
rythme chants d’ici cadence
se prendre par les bras 
dessus dessous
s’attraper aux petits doigts
regarder les souliers d'autres
s’emmêler les pinceaux
si tu vois un serpent à bicyclette c’est qu’il sait pédaler sans les pieds
point par point essayer
à tout petits pas
être connectée aux pieds 
planter déplanter planter les choux 
comme égarée dans un manège
prise dans la farandole
les jambes font toutes seules
la roue tourne
les mains se serrent les bras se soulèvent
laisser aller
les regards croisés
le soleil grandit rétrécit s’ouvre parfois
le sentir s’élargir à force d’y passer
flux et reflux 
des marées
déferlantes vagues
l’amitié est une trace dans le sable, si tu cesses de la refaire elle disparaît
j’entre dans la danse




* en italiques des proverbes béninois, burkinabés, ivoirien et gabonais dépliés avec nos papillotes 



vendredi 18 décembre 2015

une autre manière d'entrer dans la danse

sortir des eaux  du lac
faire un Cygne
en direction des jetés du port
sable chaud, à Petipa marcher sur les pointes
s'allonger sur le sol
simplement
oublier les pirouettes, les arabesques et les poses de plage
s'écarter des codes du langage
retrouver la voix du nouveau-né
Babilé
fermer les yeux et
arrêter le petit manège
mariner, (dé)bauscher, et même bejarter
sentir le fouetté de la brise
sur le corps déplié
assembler les pensées
échapper aux idées noires
accueillir la glissade des nuages qui cachent les étoiles
réinventer le jeu des petits rats entre (les) chats
regarder du côté du bois dormant et
donner sa chance à l'adage des sens.


Merci pour le contexte :Magie rose*



Dernier atelier 2015 - Vive le prochain, Mercredi 13 janvier chez Natô.

Les absentes étaient aussi représentées : 1 couple de cochons à la queue remuante, offert par Linette.
L'absent planait au-dessus de tout ça : les papillotes avec leurs proverbes africains, les biscuits roses de Reims, le vin rose pétillant de mon colis de Noël, le jus de grenade, les dattes moelleuses, l'émotion de notre nouvelle amie, la fatigue des journées de travail, la nouvelle chaudière ronronnante. Les textes toujours à la hauteur de nos (re) sentiments. 


* (un vieux spectacle de Diane Dufresne à Montréal)
** **(Grand Glaïeul, t'es passé où ?)

jeudi 17 décembre 2015

Entrer dans la danse

"Entrez dans la danse
Voyez comme on danse
Sautez, dansez
Embrassez qui vous voulez"

Sans hésiter, se jeter dans le tourbillon
Attraper une main à droite et une 
à gauche.
Se laisser entraîner, tirée, poussée, ballotée.
La longue chaîne humaine
colorée
serpente autour de la place.
Elle rit, elle chante, elle ondule, elle vacille, 
des pancartes passent de mains en mains
"Cop 21 Mensonges"
"Le climat c'est l'affaire de tous".
Des chants fusent, d'autres mains s'accrochent
Ouvrent la chaîne, se joignent
Des sourires éclatent, la joie perle, des mains
se tendent et ...
Tout à coup, je décroche. Je lâche deux mains, la chaîne se reforme, le maillon manquant n'apparaît plus, absorbé le trou. Je me jette dans une rue adjacente, une rue vide presque déserte, silencieuse, un peu triste après le feu d'artifice. Besoin de repos, de silence, de pas lents, d'entendre mes pas sur le trottoir, de me faufiler, de quitter les cris et les rires.

Prise dans la danse
Tu ne peux plus échapper au tourbillon
Tirée par devant
Poussée par derrière 
Tes pas ne t'appartiennent plus
La direction t'échappe
Tu n'es plus qu'un maillon
Et sans les autres tu n'es plus rien.

Je marche seule un long moment et décide de rentrer à pied, il me faudra une heure mais je choisirai de petites rues, la lumière et la foule me blessent, le bruit et les slogans m'assourdissent. Il me faut fuir et me réfugier dans la nuit, ré-installer le silence dans ma tête et la lenteur dans mon corps.