"On ne peut écrire que contre les siens, on ne peut qu'être extracomunitario dans l'écriture.
Et je veux prendre pour mienne une langue que je ne possède pas totalement, qui se dérobe sous mes pieds, qui m'empêche une certaine facilité, vernis, bravoure et pirouettes, et m'oblige à aller vers l'essentiel. Et il faudra bien - et c'est ça qui est difficile- que je finisse par trouver mon ton dans cette nouvelle langue. Un ton ou, mieux encore, un son, un pas, ma façon de marcher ; d'ailleurs, l'écriture tient du fonctionnement du corps, du souffle, de la façon de se mouvoir, il suffit d'observer les corps des écrivains autour de soi pour s'en convaincre. Alors je veux bien continuer à m'enfoncer dans ma forêt de doutes ; c'est ça écrire, et ce dans n'importe quelle langue, maternelle ou non."
