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samedi 16 mai 2026

On pense à partir de ce qu'on écrit

 

 

 

 

 


 

« On pourrait tenir le texte fragmenté qui suit pour un ensemble d’aphorismes, mais si le lecteur peut certes toujours en juger comme il l’entend et que les apparences sont contre moi, je me permets de prétendre qu’il n’en va pas exactement ainsi. L’aphorisme, que je sache, formalise et résume une pensée qui le précède et le justifie au lieu que ce que je propose ici procède du principe inverse qu’Aragon a formulé en ces termes : « Je crois encore qu’on pense à partir de ce qu’on écrit, et pas le contraire ». Il peut y avoir similitude de forme mais la différence est de nature. La simultanéité d’émergence – la co-naissance – du mot et de la pensée qui dénie donc sa préséance au concept est évidemment le fait de la poésie. Ce que j’ai écrit n’est pas l’effet de la longue élaboration d’une pense systématique et construite dans une cohérence scrupuleuse, cela relève dans son origine de l’irruption, de l’intuition, du surgissement, du pressentiment, de l’émotion même, du hasard un peu aussi. Nommons cela, si vous le voulez, des pensées-poèmes où la liberté fait loi, où l’emportement, l’éclat de la voix, le tremblement du sens, le doute et l’enthousiasme ont leur part revendiquée. C’est dire aussi qu’il n’y a dans ces propositions du coeur à vif ni leçons données, ni mots d’ordre : les mots plutôt d’un vivant désordre amoureux de la vie, envers et contre tout »

« Un non pour un oui » Pensées-poèmes de Jean-Pierre Siméon nrf Gallimard

samedi 2 mai 2026

2 mai


 

Muguets des bois, narcisses et ancolies pour vous les ami(e)s et tout particulièrement pour Laura, pour la naissance de son site.

Beau et long chemin à lui, à vous, à nous .

mercredi 31 décembre 2025

Heureuse année 2026

 


Un avant-goût de la belle salle commune de notre habitat participatif que le groupe vient de terminer en auto-construction : on pourrait y écrire un jour toutes et tous ensemble ?

C'est mon voeu pour 2026 qui sera aussi celle de mes 80 ans !!!

Que le bonheur soit avec nous ... et que la paix règne 

mardi 24 décembre 2024

LE CHAUFFEUR DE BUS par Elizabeth Gilbert

"Il y a quelques années, j'étais coincée dans un bus de New York à l'heure de pointe. La circulation était à peine fluide. Le bus était rempli de personnes froides et fatiguées, profondément irritées les unes contre les autres, contre le monde lui-même. Deux hommes s’engue... à propos d'une bousculade qui aurait pu être intentionnelle ou non. Une femme enceinte est montée et personne ne lui a proposé de s'asseoir. La rage était dans l'air ; il n'y aurait pas de pitié ici.

Mais alors que le bus s'approche de la Septième Avenue, le chauffeur prend la parole. Je sais que vous avez eu une journée difficile et que vous êtes frustrés. Je ne peux rien faire contre la météo ou la circulation, mais voici ce que je peux faire. Lorsque chacun d'entre vous descendra du bus, je lui tendrai la main. En passant, déposez vos problèmes dans la paume de ma main, d'accord ? Ne ramenez pas vos problèmes à vos familles ce soir, laissez-les moi. Mon itinéraire passe juste à côté de la rivière Hudson, et quand je passerai par là tout à l'heure, j'ouvrirai la fenêtre et je jetterai vos problèmes dans l'eau ».


C'est comme si un sort s'était levé. Tout le monde éclate de rire. Les visages s'illuminent d'une joie surprenante. Les gens qui, depuis une heure, faisaient semblant de ne pas remarquer l'existence de l'autre, se mirent soudain à sourire en se demandant si ce type était sérieux.

Oh, il était sérieux.

Au prochain arrêt, comme il l'avait promis, le conducteur a tendu la main, paume vers le haut, et a attendu. L'un après l'autre, tous les usagers qui sortaient ont placé leur main juste au-dessus de la sienne et ont mimé le geste de déposer quelque chose dans sa paume. Certains riaient, d'autres avaient les larmes aux yeux, mais tout le monde le faisait. Le chauffeur a répété le même rituel à l'arrêt suivant. Et au suivant. Jusqu'à la rivière."

Joyeuses Fêtes à toutes et à tous

Les 3 becs, Le col de la Chaudière & la chaîne de Couspeau

 

 

Les mêmes vus de ma chambre se reflétant dans la vitre des voisins d'en face

 

Que nos esprits et nos âmes soient aussi paisibles en 2025 que ce paysage.

Des mimis à vous toutes-s
 

jeudi 19 décembre 2024

Balbutiement d'une pensée (4)


 

Je suis une baleine boréale, je navigue depuis très longtemps dans les eaux de l’Arctique, j’approche les 200 ans, je frôle les orques et les otaries à fourrure, d’un coup de queue ou de fanon, je les évite élégamment ; elles sont inquiètes comme moi. Et pourtant, est-il de plus grand bonheur que le nôtre ? Danser avec nos baleineaux sous la lumière presque irréelle d’une aurore boréale.

Mais plus rien n’est pareil dans nos profondeurs jadis si silencieuses où seuls nos chants résonnaient, on ne s’entend plus. Parfois un tel tintamarre retentit dans nos eaux que nous n’entendons plus les signaux de nos congénères. On ne peut plus danser et admirer les prouesses de nos danses, les enseigner à nos petits, l’eau n’a plus la transparence d’autrefois. Là où la nourriture abondait, souvent nous ne trouvons que détritus. Malgré tout, dans les eaux profondes et froides, de mon front, je brise la glace et continue à chanter.

Nous composons de nombreuses mélodies que nous renouvelons constamment et plus l’adversité nous menace plus nous chantons, surtout en hiver quand le soleil ne se montre jamais et que la glace couvre presque la totalité de la surface de l’eau.

Nous sommes chassées depuis si longtemps que nous ne sommes plus très nombreuses, allons-nous disparaître ? C’est fort possible. Alors nous déployons notre symphonie désespérée dans les profondeurs de l’océan. Nos chants sont puissants




samedi 7 décembre 2024

Balbutiement d'une pensée (3)






 

Un monde circulaire, assez statique où les choses changent lentement et reviennent avec une certaine circularité, régularité. Monde harmonieux, naturel.

Voilà ce que m’évoquent ces fleurs séchées sur couronne d’osier. Une vie où l’homme est encore très près de la nature, plante, récolte, fait sécher puis fabrique de ses mains la plupart des objets qu’il utilise. Lieu de vie et lieu de travail, temps de vie et temps professionnel se chevauchent voire se confondent. Je fabrique mes paniers de l’osier que j’ai récolté puis trempé dans l’eau avant de le tresser, assis près du feu dans ma cuisine, l’hiver quand aucun autres travaux extérieurs n’est possible. Je me chauffe avec le bois que j’ai coupé, tronçonné, transporté, et me nourris de ce que j’ai semé, du lait et de fromages que j’ai transformés. C’est mon voisin qui fabrique lui-même les pâtes et baratte le beurre. Mon cousin, lui, modèle l’argile des marmites, assiettes dans lesquels je mange et je chante sous l’effet du petit vin que nous donnent les vignes.

🌏

Quel contraste avec cette rue-tunnel, où l’homme n’a plus du tout de contact avec la nature, les arbres, le ciel, la terre ; où il foule le béton, ne voit plus les saisons se profiler, mais y est subitement plongé, cerné de toutes parts de murs verticaux qui l’étouffent, le font paraître minuscule et tellement insignifiant. Monde totalement artificialisé où circulent des hommes tous identiques, entourés de machines, voitures, vitres, béton. L’être humain a t-il développé une maladie auto-immune, est-il devenu son propre ennemi ? Pour s’échapper, il leur faudrait grimper le long de ces hautes murailles sans aspérités. Je les imagine suffoquant à la recherche d’un peu d’air, d’un peu de fraîcheur, d’un peu de silence aussi ; mais où se cacher ? Tout y est lisse, fonctionnel. Où est le cercle, la courbe , la couleur , la niche ? Un brin d’herbe, au secours je cherche un seul brin d’herbe qui aurait échappé au béton, ne vois qu’arbres en pots, mutilés, alignés, au garde à vous le long de trottoirs rectilignes. Je ne vois nulle trace de vie, de bonheur. Nos coeurs vont-ils devenir aussi secs que ce béton ?

🌏



De l’espace, de la verdure, des enfants, tout un groupe d’enfants dans une vaste étendue regardant le ciel et souriant à la vie, la saluant. L’espoir, l’air respiré à plein poumons, les bras grands ouverts près à accueillir tout ce qui se présente, les couleurs explosent comme un arc en ciel, seul l’adulte à droite, statique, ne participe pas à la liesse, immobile, spectateur passif. Ils saluent le ciel, ils crient leur joie d’être ensemble, d’être vivants, de n’être pas enfermés, libres de pouvoir courir. De très jeunes enfants semblant nous interpeler « Vous avez vu, on est là, on exulte, on jubile, la vie est en nous, bouillonnante. Laissez-nous agir, rêver, avoir des utopies. On n’en veut pas de votre vieux monde, laisser nous arpenter l’espace, ouvrir des brèches, nous seuls avons le pouvoir de sauver le vivant » Ils sont aussi beaux et fragiles que notre planète, ils sont la seule aventure qui nous reste.

jeudi 14 novembre 2024

Balbutiement d'une pensée (2)

 





Ouverture du coeur vs « Les tueurs »

Jacques Ellul a écrit "L'illusion politique" en 1977, il pourrait avoir été écrit aujourd’hui. Nous vivons dans une société de sur-consommation et de spectacles ; dans cette arène, plus le clown est grotesque, grossier, ridicule et méchant, plus il fait rire ; plus la blague est grosse et la tarte à la crème salée, plus on l’aime. Ce qu’on oublie, c’est qu’il est aussi dangereux. Le spectacle qui est constamment servi aux foules donne l’illusion que nous avons un pouvoir : pouvoir de voter, de dire non, d’élire, de s’opposer … alors que ce qu’il faut c’est sortir du spectacle, faire un pas de côté, refuser d’y entrer.

Nous sommes entrés dans la pire conjonction géopolitique envisageable. Ns sommes en droit de ns demander jusqu’où ira le monde dans l’horreur ? Notre avenir s’annonce noir. Doit-on pour autant désespérer ?

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Fabien se prosterne devant la biche, humblement au même niveau que l’animal qu’il respecte. Quiconque s’est déjà trouvé nez à nez avec un animal sauvage, piégé par les phares de sa voiture la nuit, a vécu l’émotion de ces yeux dans les yeux, de ce regard échangé, puis a vu l’horrible peur qui s’empare de l’animal, car oui les animaux ont peur de nous, êtres humains. Ils vivent tout près de nous, constamment, se cachent, ils sont là tout près dans les buissons, nous les ignorons mais nous cohabitons sans le savoir, sans vouloir le savoir car nous les terrorisons. Voilà ce que l’homme a fait de tous les autres êtres vivants sur terre tous ceux qui permettent sa propre vie. Aussi innombrables que soient les êtres vivants, je dois faire voeux de les sauver tous, là est notre seul salut.

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… Nous essayons si souvent de comprendre, d’intellectualiser notre expérience, mais nous pouvons apprendre à entendre, à ressentir, à sentir et à goûter le monde sans avoir besoin de le comprendre. Si nous arrivons à faire disparaître notre fixation sur la pensée conceptuelle, alors les perceptions de nos sens deviennent plus claires. C’est comme une fenêtre dont la surface aurait été recouverte de poussière pendant longtemps : Petit à petit, au fur et à mesure que le verre est nettoyé, toute chose devient plus claire ... Lorsque nous sommes dans ce moment de perception directe, la pure musique d’un oiseau résonne à travers tout notre être. Elle nous met en contact avec le vide, d’une part, c’est à dire l’espace de notre esprit et une vie d’une expressivité sans cesse renouvelée.

Beaucoup de textes mettent l’accent sur le silence, la solitude et la nécessité de s’éloigner de la stimulation de la vie quotidienne pour permettre à l’esprit de se poser et de se détendre. Mais le monde peut faire beaucoup plus que nous offrir un environnement tranquille. Si nous développons notre attention, le monde naturel nous donne la possibilité d’avoir accès à l’intérieur de nous-mêmes et de demeurer dans la véritable nature de l’esprit...

🌍


Le changement est la seule constante de nos vies, même si parfois nous le détestons.

Tout change continuellement : Les saisons se succèdent, les feuilles tombent, les bourgeons ré-apparaissent, les arbres portent des fruits et s’assoupissent en hiver, le jour alterne avec la nuit ; nous naissons, nous grandissons, nous mourons ; nous sommes nés, le soleil se lève et se couche, le vieillissement, la maladie et la mort font partie du paysage.

Malgré tout, nous brûlons de satisfaction de savoir ce qui va se passer. C’est pt-être la raison pour laquelle nous sommes si attachés à remplir notre agenda, cela nous donne la sensation de la prévisibilité.

J’aime que ma santé soit stable, pourtant je continue à vieillir, c’est vraiment nul de vieillir mais cette résistance ne change rien à certains faits fondamentaux. Ce changement dans ma vie ne cesse pour autant, je ne peux l’éviter, il est inéluctable. Et pourtant, j’accepte et j’intègre le fait que je ne suis là que pour une courte période ;

Plus je l’accepte et l’intègre, plus j’apprécie tout : la vie, les nuages, les arbres, les rivières, les montagnes … ma famille et mes amis … même les moustiques

Et si TOUT change continuellement, je ne peux m’empêcher de savoir que la situation actuelle, elle aussi ne durera pas, je ne peux m’empêcher de voir tous ceux qui font un pas de côté, refusent ce monde et construisent d’innombrables alternatives invisibles aujourd’hui, et d’aimer ce qui se profile même si je ne peux en imaginer la forme.

dimanche 14 juillet 2024

Vieille ? Vous avez dit vieille ?

 


Afin de rasséréner celles et ceux qui se feraient du souci car ça fait si longtemps qu'on ne s'est pas vu(e)s ... et à quelques jours d'un Xème de mes anniversaires, ce clin d'oeil.

Je me régale des albums de Baudoin, cet extrait tiré de l'album "Les essuie-glaces"     Edit  Aire Libre Dupuis et vous offre cette phrase qui me convient parfaitement bien et colle à ma peau et à mon état d'esprit

Bises à toutes et à tous.

dimanche 30 juin 2024

La peur des autres

 Ce matin, plus que jamais, il me semble URGENT de lire et relire Michel AGIER "La peur des autres  Essai sur l'indésirabilité" où il analyse nos peurs aujourd'hui et la peur de l'autre avec une clarté foudroyante.

... Et comme bibliothèques, librairies sont fermées ce matin, je vous propose un court extrait de la conclusion p 91 Payot-Rivages (poche). Conclusion intitulée "Le courage de la vie commune" :

"... La prégnance et la contagion médiatiques et politiques des climats de peur, de rejet de l'autre et leur obscur horizon, l'enfermement et l'atmosphère de guerre permanente appellent une réponse qui doit s'imaginer sur d'autres bases. Y verra t-on une utopie ? Dans ce sens certainement, car il n'y a pas de compromis possible avec les récits mortifères de la fermeture sur soi, de l'encampement du monde, avec l'idée d'indésirabilité des autres, une construction imaginaire et politique fondée sur les peurs, et destructrice de notre monde présent et de tout espoir. Il faut donc partir d'une autre description de la réalité à partir de laquelle d'autres horizons sont possibles. Mais bien sûr, les peurs sont ressenties individuellement, intimement, c'est ce qui fait leur force sidérante. Il faut donc du courage pour vivre avant même d'avoir supprimé les peurs.
Voici des pistes pour renverser la situation, en acceptant la présence de la peur mais en agissant contre les politiques de la peur. ..."

J'ai entendu hier M Agier lors d'une conférence, dans le cadre du Festival Concertina, qui a lieu chaque année à Dieulefit dont le thème général est "Les marges", ai dévoré son petit livre cette nuit. Il n'est jamais trop tard pour relever ses manches.

samedi 23 décembre 2023

Joyeux Noël à vous toutes et tous

" Coeur :

organe

                central

                situé entre les deux

                poumons


Sur le lac, le vent saisit mes lèvres.

L'imperceptible pulsation du sang

mon souffle heurté, le ciel, la neige, l'ombre

avec la lumière se confondent.

Je ne reconnais rien du paysage

à l'intérieur de moi

 

je cherche le centre."

 

Hélène Dorion "Coeurs comme livre d'images" Edit Bruno Doucey 





Que ce Noël nous soit doux et paisible comme ce paysage de pleine lune

que nous approchions "le centre", au plus près, au plus loin

et toujours en recherche. en accord avec

chaque pulsation de notre coeur.

Je vous embrasse

vendredi 1 décembre 2023

Poésie québécoise : Hélène Dorion

 

Je découvre "Mes forêts" d'Hélène Dorion et plutôt que de vous envoyer un de ses poèmes, voici un lien qui vous permettra de l'entendre, dire ses poèmes, en entretien ... ; des vidéos ; des sites ; des porte-folios ; de quoi passer des heures en sa compagnie, de rêver de poésie, d'être embarqué(e)s pour supporter ces heures grises, le long hiver qui s'en vient.

https://lettres-lca.ac-mayotte.fr/IMG/pdf/dorion_helene_ressources_et_prolongements_pour_lire_mes_forets.pdf

 

 

                "Les forêts creusent parfois une clairière au-dedans de soi"
 

vendredi 24 novembre 2023

Coup de coeur : envie de partager

Ai commencé et bien avancé hier « Les livres prennent soin de nous, pour une bibliothérapie créative » de Régine Détambel.

 


 

 Le mouvement enveloppant de l’écriture et de la lecture est capable de nous arracher à nous-même et à nos souffrances (et bien sûr, je pense à la phrase de mon père à propos du dernier livre que je lui ai offert « Ca parle de moi » ? A ma réponse négative et mon air égaré, il a rajouté « Hé bien, ça ne m’intéresse pas » ; et aussi naturellement à notre atelier d’écriture aux Moyens du Bord, à mon besoin de venir me confier à un journal dès le matin, faute de paroles possibles et d’échanges avec d’autres personnes).

 Le livre, écrit-elle "permet d’élaborer un espace à soi, face à la passivité, la perte d’autonomie (vieillesse, handicap …), il a le pouvoir de favoriser la reconquête de soi du lecteur". 

Mais pas n’importe quelle lecture, pas des thèses de médecine sur le pouvoir de la lecture ou ces livres de développement personnel qui fleurissent sur tous les rayons des librairies et des quais de gare, mais la littérature. Bref, elle recommande des livres qui permettent « d’entamer un dialogue identificatoire avec un alter ego, narrateur ou personnage ayant déjà éprouvé tel ou tel sentiment, et rendant compte utilement de ses réussites et de ses fêlures  … Le livre permet de rendre le monde intelligible, il dénoue les conflits psychiques : m’identifiant au personnage, je comprends que je ne suis pas seul dans cette situation. … Ainsi agit l’histoire de chaque soir, qui répare le psychisme des enfants et les prépare aux inévitables anicroches du lendemain. » 

 Mais il me faudrait recopier tout le bouquin. Il y a aussi les pages 59 et 60 Edit Actes Sud :

« Chacun de soi, ne devrait-il pas, au plus tôt, se consacrer à ce que Michel Foucault nommait « le souci de soi », sachant que « souci » et « soin » ont la même étymologie ? Pour Foucault, il faudrait consacrer chaque jour un temps à « la culture de soi ». A l’instar des philosophes stoïciens, il préconise de réserver, le soir ou la matin, quelques moments de recueillement, à l'examen de ce qu'on a à faire, à la mémorisation de certains principes utils, à l'examen de la journée écoulée. Sénèque, Epictète, Marc Aurèle ont tous 3 fait référence à ces moments qu’on doit consacrer à se tourner vers soi même ».


Pour cela mémoriser, recopier, relire pour s’approprier mieux encore. Vraiment un livre passionnant et qui me parle au coeur.


lundi 25 septembre 2023

Fin d'été sur la Drôme

Hier, nous avons exploré une nouvelle balade drômoise : Le Chemin de Péquimbert au-dessus de Poêt-Celard. Là, tout au sommet, la vue est à 360°

A l'Est, la forêt de Saoû de la pointe de Roche-Colombe jusqu'au Pré de l'Ane, le Col de la Chaudière et la belle chaîne de Couspeau

 

Forêt de Saoû

 

 


 

A l'Ouest la montagne d'Angèle, Miélandre. Et à un plan plus rapproché, Combs, sa merveilleuse chapelle romane et son château.

 

A gauche le Mont Angèle, à droite Miélandre


 

 

Dans le lointain, à gauche le château, à droite la chapelle

 

Sur le chemin on peut s'en mettre plein la vue, rêver, grappiller des mûres, chercher vainement des champignons mais le sol est si sec ... rencontrer de drôles de zèbres.

 

 


 Toutes ces photos pour le plaisir du partage

samedi 23 septembre 2023

La musique du monde

J'ai  sept, huit ans peut-être. Cesont les "grandes vacances". Je les passe entièrement chez ma grand-mère, dans une ferme isolée. Deux mois pour une petite fille c'est l'éternité, cette éternité-là m'est disponible du matin au soir, la chaleur, les prés qui attendent la fauche, le bassin qui coule, les feuilles des arbres qui bruissent, les nuages qui filent ... Et la petite fille dans ce silence qui observe, enregistre, vit tout intensément.

A chaque nuit des étoiles, je me remémore une expérience très forte vécue pendant ces vacances-là. J'aimais particulièrement m'allonger le matin dans les hautes herbes du pré devant la maison, sentir leurs odeurs, les graminées me chatouiller les joues. Ma rêverie se perdait dans les nuages qui se formaient, se déformaient et là ... j’entendais la « musique du monde » comme je l’appelais, une espèce de bruissement sonore incessant et apaisant ; cette musique était encore + forte, allongée sous le ciel étoilé, là c’était les étoiles dont j’entendais le scintillement et c’était la même musique « planante » zzzz. Parfois, je sentais réellement tourner la terre.




"parfois, on peut aussi la voir"

Pendant une lecture ce matin, j'ai été saisie et figée par le passage suivant :

« Quelqu'un a décrit le son du silence comme un murmure cosmique, un fond sonore scintillant, quasi électrique. Bien qu’il soit présent tout le temps, en général nous ne le remarquons pas, sauf quand l’esprit est ouvert et détendu … le son du silence est comme un flot continu, une rivière infinie … Dans cet état, l’esprit est un peu comme un radar. La conscience est très vaste, en expansion ; elle inclut, elle est ouverte et réceptive … comme si c’était le chant des anges, un son cosmique primordial … Il est partout et pas seulement dans les oreilles ... »*

Le chapitre s'intitule "Le son du silence" pour moi, ce son reste et restera la musique du monde 


* Extrait de "La conscience intuitive" de Ajahn Sumedho


mardi 8 août 2023

Un été avec Jankélévitch

 "Nous avons tous expérimenté, comment la vie, la grâce, le charme, le je-ne-sais-quoi se faufilent, malgré nous, comment ils surgissent alors même qu'il nous faut combattre l'ennemi, ou quand nous connaissons un immense chagrin : comme un signe, une lueur, un répit qui peut s'apparenter à un sourire, déjà évanescent, et pourtant si profond, nous le ressentons, intensément, d'ailleurs parfois il est immédiatement suivi d'une mauvaise conscience : comment avons-nous osé accepté ce répit, ce pas de côté, cet enchantement, alors que le désenchantement gronde.

C'est la preuve même que les principes du pur et de l'impur ne sont pas si simples à démêler, qu'ils s'entrelacent sans cesse, pour faire vivre leur tension, leur opposition et révéler la valeur morale et métaphysique de l'ambiguïté ...

... Celui qui sait saisir le printemps au milieu des pires hivers a l'âme pure, non à cause de sa pureté mais tout simplement parce qu'elle fait son travail d'âme, saisir le je-ne-sais-quoi."


Cynthia Fleury " Un été avec Jankélévitch   p 173 Edit Equateurs parallèles

samedi 18 mars 2023

Lectures

"... Co-naître implique de rencontrer, de vivre avec. Cela impose une relation, un engagement, une prise de risque. Cela implique d'être vécu ... Le marin peut connaître la mer, la ressentir, la comprendre intuitivement, sans pour autant savoir grand chose sur elle. A l'inverse, l'intellectuel peut savoir beaucoup de choses, sa salinité, sa température, la circulation océanique, sans jamais être allé en mer, sans la connaître. Ce savoir distancié, hors sol, s'il n'est pas mis au service de la connaissance, du vivre avec, ne m'intéresse pas. Plus important encore, alors que la connaissance m'inclut dans le monde, qu'elle me fait comprendre que je lui appartiens et qu'en conséquence je ne peux pas en disposer, le savoir, lui, me laisse croire que je suis extérieur à la nature que j'étudie de loin et que je peux exploiter à ma guise. La connaissance ouvre sur le vivre ensemble, c'est une relation dynamique, un enrichissement réciproque sans cesse renouvelé, qui ne se nourrit pas nécessairement de chiffres. "

 François Sarano, entretien Actes Sud "Réconcilier les hommes avec la vie sauvage"

F Sarano est océanographe, plongeur professionnel, conseiller scientifique du ct Cousteau, co-fondateur de l'association Longitude 181 dont l'objectif est la protection des océans. 

vendredi 3 mars 2023

Chemins de traverse

Pour me rappeler à vous et partager des moments de tendresse, quelques mots écrits hier soir, de ma fenêtre. Il me faut reprendre l’écriture, lentement, laborieusement, laisser remonter les images, les impressions fugitives comme ces bourgeons qui « savent » le printemps bien avant que nous nous en apercevions. Désolée pour cette longue absence, l’hiver de la saison et de l’âge m’avaient « gelée », recroquevillée, je ne savais plus que lire vos mots pour m’y réchauffer.

« Une belle lumière du soir, non plus une lumière d’hiver,

celle-ci est plus bleue, plus vibrante que les violets, orangés d’un coucher de soleil hivernal

dont on sent la dureté annonciatrice de la morsure de la nuit.

Aucun souffle d’air, une lumière douce, difficile à définir.

Ici, derrière la fenêtre de chambre ouverte,

(rue J d’Arc, c’était au-dessus du cerisier que j’écrivais mais toujours collée à une fenêtre, sur ma gauche), je ne ressens pas du tout de froid, les t° glaciales le matin se sont beaucoup radouci en journée.

Le long du Roubion, pâquerettes, primevères, bourgeons des arbres ... tout sort timidement, rien n’explose encore mais sort à peine la tête pour se protéger des nuits froides, pas folles les plantes.

Je viens de m’accouder à la fenêtre pour tenter de découvrir les mots et écrire cette lumière.

Rien à faire, « j’entends » les oiseaux pépier, je perçois comme une sorte de « rumeur », des ondulations au-dessus des cheminées, pas de la fumée, de la chaleur qui irradie, mais rien sur la lumière.

Ou peut-être si : transparente,

oui, ciel blanc traversé d’une lumière transparente comme de l’eau claire qu’on peut entendre dans le silence.

Le soleil doit être sur l’horizon, là-bas, derrière la ligne du vieux village, au-delà des collines, mais sans rougeoyer.

C’est tendre, paisible et fait du bien ».

 

 


 PS : la photo est aussi pauvre que mes mots, tout est beaucoup plus bleu et lumineux, plus beau quoi !


samedi 24 décembre 2022

mardi 29 novembre 2022

Les oiseaux

 

Les oiseaux, parfois masqués par les nuages / 

se déployaient en vol ample /

 dans le ciel grésillant des couleurs /

du couchant /

Ils brodaient de leur vol /

les lueurs du crépuscule / 

puis brusquement viraient d’angle / 

la nuée prenait une tout autre direction / 

Leur vivacité était telle que je croyais / 

les entendre pépier bruyamment / 

alors qu’ils traçaient leur broderie nocturne / 

dans un parfait silence /

 Systématiquement surprise / 

dans mon attente de leur prochain subit changement de direction / 

mon coeur vacillait d’un plaisir délicieux / 

à l’idée du prochain étonnement / 

Dépourvue de mots / 

l’espace intérieur se dilatait / 

se transformait / 

atteignant l’horizon / 

là où commençait la Joie /

 

 (consigne 100 mots / klasmathèque de Linette)