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vendredi 15 janvier 2021

Collage avec Lapouge et Hugo

quand l’obscur demeure

un pli de paysage

le bout des choses

une Terre au large

les mots créent une géographie

comme une torche qu'ils secouent

ils nomment et l'obscur s'illumine

des ombres que lui jettent

les choses qui seront un jour

 

mardi 12 janvier 2021

Collage avec Victor Hugo 2

Chanteur inutile

On le raille

Homme des utopies

Il est doux comme une femme à son âme

Comme aux forêts

Comme une torche qu'il secoue


Tout ce qui couvre le monde

Ce que la foule n'entend pas

 

Des ombres que lui jettent

pour feuillage l'avenir

 

Les pieds ici

Les choses Dans sa main


 en silence

 il pense

lundi 11 janvier 2021

La fonction du poète

La Fonction du poète

Dieu le veut, dans les temps contraires,
Chacun travaille et chacun sert.
Malheur à qui dit à ses frères :
Je retourne dans le désert !
Malheur à qui prend ses sandales
Quand les haines et les scandales
Tourmentent le peuple agité !
Honte au penseur qui se mutile
Et s'en va, chanteur inutile,
Par la porte de la cité !

Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
ll est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C'est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
Comme une torche qu'il secoue,
Faire flamboyer l'avenir !

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d'amour,
Sont faits des ombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.
On le raille. Qu'importe ! il pense.
Plus d'une âme inscrit en silence
Ce que la foule n'entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

Peuples ! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l'avenir.

Il rayonne ! il jette sa flamme
Sur l'éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l'âme
D'une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d'en haut il la dévoile ;
Car la poésie est l'étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs !


Victor Hugo, Les Rayons et les ombres
 

                                                     

Collage avec Victor Hugo

perçant les ombres

malgré les épines

le passé pour racine

la poésie pour étoile

jeudi 7 janvier 2021

Le ciel avait un sourire rose et tendre (vu hier soir et écrit avec vos mots à vous)

 



La main tendue de nuit

affamée de lumière, de frisson d'aile

toute en fragilité lucide et apaisée

paraissait sourdre d'un silence.



L'éphémère presque éteint

sa robe est devenu le jaspe et le rubis

en ce lieu comme une source

la nuit frileuse accroche ses serments.



Folles tendresses cachées du jour

vagabondant au sein des songes

les gouttes de mauve et de violine

avant la respiration de la nuit.







mercredi 6 janvier 2021

entre bruissements et chuchotis

Le givre cligne aux fenêtres

j'ouvre mes volets

fourreau de silence

promesse de rêves infinis

Un frisson coloré glisse le long des paupières

des 

ah ! 

et des 

oh !

ruban de mots

face à l'immensité du ciel

 l'espace s'ouvre

 

mardi 5 janvier 2021

hommage à mes amies

 Voilà, j'ai pris vos mots et j'en ai fait des colliers pour vous


Si peu de jours rougeoyante

face à l'immensité du ciel

éphémère

quelle langue se glisse dans notre voix

?

 

 *

Gangue de givre, fourreau de silence

Pinceaux d'arbres, champs de soie

lassitudes écrasantes

clairières-berceaux

 *

le mot « recueillement » monte aux lèvres

les douces courbes des méandres

On voudrait pouvoir voler

là où l’on sait la faille

 *

Du ciel, rien que du ciel

Tant de temps, tant de chemins, tant de vies

bien à l'abri sous les ruines de ses châteaux

eaux froissées comme tissus

 *

Au sommet les prémisses

teintes délicates d'un autre siècle

Les branches
écoutent le ciel

Dansent leurs bras échevelés

 *

Le prestige d’un ciel d’été

l'âme épouse les courbes

Couronne traditionnelle de sapin frais

Mon corps un jour reposera

face à l'immensité du ciel

Jardins, paradis perdus

miroir de mes turbulences

 *

le cerf a bramé

plumes et plomb, endosser les routines

promesse d'une nuit paisible

 *


se replier apaisé dans les plis

lumières-lucioles

vitres-caillebotis

Point de défeuillaison annoncée

*