Pour parler de clocher, j'ai voulu m"élever et c'est sur un escalier que j'ai envie de parler de clocher.
C'est un clocher banal celui du village de mon enfance et celui là il a du me voir pour la première fois emmailloté dans des langes car il y a 60 ans on ne badinait pas lorsqu'on avait un nouveau né il fallait le baptiser dans les huit jours d'ailleurs on ne rentrait pas tout de suite dans l'Eglise il fallait passer par les fonds baptismaux c'est seulement par ce passage obligé qu'on était considéré faisant partie de la famille des élus, sans cela si on mourrait c'était dans les limbes qu'on allait, les limbes c'était pour moi, et je l'avais appris au catéchisme, une sorte d'endroit où on flottait , ce n'était ni bien ni mal c'était tiède pas le paradis, pas l'enfer non plus on n'en sortait jamais.
A onze ans un autre clocher en Auvergne belle église romane et là j'ai vécu cela un peu comme une promotion une horloge sonnait les heures et les demi. Dans la froidure des draps, il n'y avait pas de chauffage dans ma chambre, je trouvais que cela faisait chic d'entendre égrener les heures le sommeil venait très vite en comptant les coups de gong c'était magique. Le sacristain s'appelait Rémy le matin il passait en courant devant la boulangerie à midi et le soir il allait actionner les cloches pour l'Angélus, c'était tout manuel. Il y avait d'autres moments où il s'activait lorsque quelqu'un était était mort, dans les minutes qui suivaient,on voyait le curé avec sa soutane et son surplis, l'enfant de choeur en aube qui agitait le goupillon, on n'osait pas demander à l'homme d'église qui avait "trépassé" mais on essayait de voir où il se dirigeait.
Lorsque je suis partie en pension, c'est près de la cathédrale que j'ai vécu Il y avait des tours des tourelles des clochers des clochetons des pigeons nichaient dans les cavités de tous ces petits clochers et projetaient leurs fientes sur les fidèles quand ils rentraient à l'office et tant pis si je risque les damnations éternelles un jour qu'on allait accomplir une de nos innombrables dévotions un de ces volatiles à souillé le voile de la religieuse qui nous accompagnait j'ai ri tout haut cela faisait comme une grosse verrue sur le couvre chef de mère Marie des Oliviers devant mon hilarité la sanction a été immédiate : "ma fille vous viendrez me voir à la sortie de la messe" et j'ai été privée quinze jours de sortie.
Puis cela a été la ville, et dans ma tour, j'ai beau prendre garde je ne vois plus de clocher et je peux vous dire que lorsque souffle un certain vent j'entends des cloches de quel clocher proviennent elles je ne sais? mais une nostalgie s'installe et j'aime les écouter.
La semaine prochaine je pars à Barcelonne Gaudi va me faire voir d'autres clochers et il me semble que je vais apprécier.
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mardi 16 mars 2010
jeudi 7 janvier 2010
En voeux tu du clocher?
Ce clocher de cristal qui irradie ma nuit vous distille mes mots d'amour et de lumière pour l'année en devenir. Des mots démodés doux à remettre en forme, des mots drapés dans leur dignité de mot et dans l'indignité de leur force, des mots jubilatoires, des petits mots ou des gros mots, des mots qui fondent sur mes lèvres à l'approche de leur écriture, des mots de jour mais aussi des mots de nuit, des mots tricotés pour mieux vivre les maux, des mots qui résonnent de toutes les passions pour atteindre les ciels de transparence et éclabousser de leur sens les quatre chiffres des douze mois futurs.
jeudi 17 décembre 2009
le beffroi de Bourdeaux
Cet après-midi, nous avons traversé une dizaine de villages des environs de Noirétable, à la recherche d'agences immobilières. Bien avant le panneau d'entrée des villages, se découpant en silhouette contre le ciel lourd de nuages, à chaque fois : le clocher de l'église. Souvent carré, massif et non pas fin et élancé comme dans d'autres régions. Ce n'était pour nous qu'un repère, nous savions que près de lui se presserait le centre avec sa place, ses boutiques et que, par conséquent nous y trouverions vraisemblablement l'unique agence immobilière. Le clocher comme panneau de signalisation dans un monde rural horizontal.
Un seul , pour moi, résonne différemment : le beffroi de Bourdeaux.
Le dictionnaire m'apprend :"beffroi : tour de guet dans une ville servant autrefois à sonner l'alarme pour rassembler les hommes d'armes de la commune. Origine germanique : Bergfrid. Je me fiche des hommes d'armes. J'entends "Friede" et je pense à "paix". Cette origine germanique met en branle tous mes neurones de proche en proche.
Il domine la viale, il est mon image-refuge. Yeux ouverts ou fermés, quand je suis un bateau en haute mer, quand tout tangue autour de moi, quand je prends l'eau, il est mon amer.
D'ailleurs, chaque nuit, dans cette chambre qui donne sur le beffroi, et où je ne ferme jamais les volets, j'ai si souvent ouvert les yeux sur sa tour noctiluque, qu'il est tatoué derrière mes paupières.
L'été, quand il se découpe sur le ciel criblé d'étoiles, j'ai peine à croire être dans le monde éveillé. L'hiver, quand je le devine derrière l'incessante danse des flocons de neige, je suis persuadée de tourner les pages d'un de mes livres d'enfant et d'être arrêtée sur cette page justement où je revenais sans cesse.
De jour, hors de la chambre, il est plus un repère qu'une émotion : où que l'on se trouve, où que l'on se perde, il suffit de le chercher pour se remettre dans ses pas et de dresser l'oreille pour savoir si cette journée encore a volé des heures à notre vie. Car c'est une spécificité de ce beffroi : il vole les heures. Je me lève, disons il est huit heures, à peine mes tasses de thé bues, je me retourne, il est dix heures et c'est ainsi jusqu'au soir. Est-ce pour cela que les villageois prétendant avoir soixante-dix-sept ans ont l'air si jeunes et qu'au dernier repas offert par la mairie aux plus de soixante-dix ans, ils étaient une centaine à table ?
Certains -de passage-(que le Dieu de Janine leur pardonne) se plaignent qu'il sonne. Oui, il sonne, les heures, en double ET les demies. Moi, ce qui m'affole, c'est quand il ne sonne pas. J'entends les trous. Le guetteur s'est tu et je pense à Cracovie et à ses cloches dans la nuit de Noël. Sans guetteur, on est foutu. Qui va surveiller le monde pendant qu'on dort ?
mercredi 16 décembre 2009
Clochers
Je connais un clocher de l'intérieur. Celui de Saint-Didier-en-Velay. Nous étions deux ou trois garnements (qui pouvaient bien être les autres ?) à emprunter l'escalier à la rembarde trouée, à nous glisser entre deux barreaux trop lâches, et à monter sur le coup des moins cinq (de préférence celui de 4) pour aller nous faire sonner les cloches en direct et en privé. Nous nous tenions les mains, nous tremblions lorsque le mécanisme annonciateur se mettait en route,et nous redoutions et craignions autant que nous les attendions les 4 coups fatidiques, qui nous broyaient, les oreilles, le coeur et les jambes. Les oiseaux s'envolaient en ribambelle par les orifices au premier son, nous laissant pétrifiés sur nos poutrelles et après cet orgasme géant, nous reprenions nos esprits et l'usage de nos jambes, nous éloignant au plus vite du péché véniel d'avoir osé regarder le dessous des jupes des cloches. Une revanche pour toute l'arrogance des clochers des Béatrice.
jeudi 10 décembre 2009
mon beffroi
En attendant un texte qui, probablement ne verra le jour que pendant les vacances de Noël, je vous le repropose "mon" beffroi bourdelois. C'est la vue que j'ai de mon lit, avouez que le paysage est de rêve... Vous avez droit à la version de nuit, sous la pluie, il ne manquera plus que la version "neige"
lundi 7 décembre 2009
chapeaux-clochers
dong, dong, dong,
les clochers sont des chapeaux,
des zébulons pointus,
ding, dong,
«turlututu chapeaux pointus»,
les clochers portent des couvres-têtes,
en forme de parapluies entrouverts,
prêts à se déployer,
à s’envoler ?
dong, ding, ding,
les clochers sont coiffés de bonnets élancés,
comment souvent chez les fées,
ding,
des tortillons enroulés,
qui voudraient bien décoller,
et flotter,
planer,
vers les petits nuages qu’ils regardent passer,
ding, dingue, dong
Clochers
ils n'évoquent plus rien
ou des souvenirs usés
mais leur hérissement
dans une ville
l'entaille dans le ciel
ainsi consumée
traversent mon regard
qui balaie l'espace plein
et malgré des fragments d'absence
délivrent une sève
qui se dissipe
dans les ombres
je vois j'entends
je reste au seuil
ou des souvenirs usés
mais leur hérissement
dans une ville
l'entaille dans le ciel
ainsi consumée
traversent mon regard
qui balaie l'espace plein
et malgré des fragments d'absence
délivrent une sève
qui se dissipe
dans les ombres
je vois j'entends
je reste au seuil
vendredi 4 décembre 2009
jeudi 3 décembre 2009
Clochers
Après avoir erré sur les chemins, couru dans les prés , arpenté les collines, folatré dans les clairières, tutoyé les sommets, s'être rafraîchi sous une cascade, reposé sur une plage, et laissé enveloppé de nuit, la nouvelle consigne concoctée par Linette et MPB nous élève vers les clochers.
Qu'il soit à bulbe, à dôme, à peigne ou octogonal; qu'il soit surmonté d'un coq ou d'une girouette aux quatre vents voire plus si affinité; qu'il soit appelé campanile ou qu'il serve de beffroi, le clocher élément architectural de l'église est indissociable de nos paysages ruraux ou urbains. Qu'il abrite encore des cloches sonnantes et trébuchantes ou qu'il se soit presque tu "enfin tu" aux dires de certains, il appelle les uns au rassemblement, aux sacrements, il rappelle à l'heure les retardataires et pour les autres il est un repère dans le paysage: sur le littoral, il est un amer pour la navigation.
Qu'il prenne par usurpation le nom de clocheton, on le voit de loin comme le minaret sur sa mosquée (lui-même plus discret souvent!) n'en déplaise aux Suisses et autres suivants étriqués; on s'approche de lui, on cherche à savoir à quelle époque remonte sa construction, on évoque son style, on parle de ses bâtisseurs et puis on lui donne un nom, une apparence dans la brume ou sous le soleil; il nous parle de nous, peut-être de notre avant s'il nous a bien connus ou il nous invente une vie...
Qu'il soit unique dans le paysage ou que du haut de la Tour Montparnasse vous dominiez tout un champ de clochers, et même de minarets, parlez d'eux, de ce qu'ils sont pour vous, esthétiquement, poétiquement, dans le domaine de la pensée; inventez leur une histoire, partagez vos émotions ou simplement vos impressions.
Extrait de "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust illustré par Stéphane Heuet (Delcourt)
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