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mardi 16 novembre 2021

à tout instant

à tout instant – tout est dans l’œil – vif ou

délavé – de qui regarde – ce mouvement de vie

qui se cristallise – mouvant et inachevé – là

– ébauche d’une caresse – valses sur le tapis

– lueurs vagabondes et incertaines – vague de

temps qui avance – à l’esprit il faut bien un

ailleurs – un geste de détour – une invisible

quête – en quête d’invisible – alors l’enfant

– sa main – elle tente de saisir – quoi – une

trace déjà enfuie – ne reste qu’un réel terne

et confus – puis la danse reprend – jusqu’aux

bout de ses yeux – et ses doigts se referment

sur ce leurre de reflets blanc telle une page

 

Codicille concernant la forme: vers justifiés, cent mots, débute par à, pas de majuscule, ponctuation uniquement par tirets, titre ou ce qui peut en tenir lieu à la fin

jeudi 11 novembre 2021

a capella

a capella on pourrait dire – parce que dans la

chapelle – le corps à l’intérieur – & l’esprit

dans cet au-delà – l’au-delà des murs – ce qui

surgit et happe – ce qui submerge par la porte

béante – les voix du vent enchevêtrées dans le

feuillage – la houle qui se trémousse – hésite

tergiverse s’entortille – étincelles rouges et

jaunes – échardes vives dans l’œil – puissance

de vie de rêve – longue ondulation de lumière

mouvante – à la fois sombre et vive – dorée et

terne – chaîne et trame – et au sol le linceul

de feuilles mortes – aux voix sèches cassantes

– partition ultime de tons au seuil de l’hiver

 

mardi 9 novembre 2021

à la croisée


à la croisée des sentiers – enchâssé dans

la terre – serré fort entre – l’usure des

mots – ce qui fait trace – ce qui résiste

– au corps à corps – austères et sèches –

aux voix basses de mousse et de lichens –

granuleuses et tristes – tachetées noires

– ancrées dans une sorte de disparition –

les pierres de ce mur écroulé – au bord –

entre tristesse et déchirures – entre une

fraction de seconde et une autre – écarts

comme des plaies – aux blessures ouvertes

- pas de sang sur l’herbe rase – ni pleur

– pierre dégringolée du mur qui gît ici –


codicille: ai gardé la préposition à pour commencer, les tirets, l'absence de majuscule, le titre ou ce qui pourrait paraitre tel en dernier. Ai rajouté la présentation en vers justifiés et donc n'ai plus les cent mots pile. Envie d'une forme carrée. Ce n'est pas encore au point ...

mercredi 9 décembre 2020

Dehors /8

 

des diagonales d’ombres où s’accrocher




dans les rituels d’un quotidien

qui dicte la balade essentielle

aller là où l’on sait la faille

où se fondre entre les fissures

d’un paysage que l’on reconnait

comme sien se découpant discret

entre bruissements et chuchotis

des eaux froissées comme tissus

paraissant sourdre d’un silence

se replier apaisé dans les plis



des diagonales d’ombres où s’accrocher

mercredi 2 décembre 2020

Dehors 7

en ce lieu comme une source*



c’était comme une échappée belle

sur les territoires de l’enfance

avec le prestige d’un ciel d’été

avec des arbres secs, effeuillés

rien d’autre que les troncs, les

branchages dansants et le lichen

pour nourrir la paume de la main

et j’aime tellement cette âpreté

cette sensation étrange de riens

essentiels enfin à portée de soi

 

en ce lieu comme une source

 

*Thierry Metz

vendredi 27 novembre 2020

Dehors 6

lorsque l’impalpable vient vers nous



quelle langue se glisse dans notre voix

et nous fait enfin congédier les ombres

quels mots se dictent pour dire le bleu

de l’inaccessible , les quelques traces

entre rêves et réalité, plumes et plomb

entre grâces et fatalité d’un quotidien

dont il faut bien endosser les routines

les gênes, l’ennui, le dégoût,la nausée

les lassitudes écrasantes, douloureuses

alors qu’une seule chose est importante



lorsque l’impalpable vient vers nous

mercredi 25 novembre 2020

Dehors 5

dans le signe, le vide où nous croissons*



laisser ses pas aller là où ils doivent

jusqu’au sommet d’une des sept collines

et chaque jour grimper encore et encore

pour le souffle pour la vue et l’effort  

pour la quiétude et la sérénité du lieu

pour l’écho des questions sans réponses

pour la sensation étrange d’être vivant

scruter le coeur des soleils silencieux

ne pas se lasser de chercher des signes

et de reprendre l’écriture pour trouver



dans le signe, le vide où nous croissons

 

*Edmond Jabès

lundi 23 novembre 2020

Dehors 4

silence au sein du songe




dans un détail d’éden laisser

délirer délicieux ce qui doit

lentement adoucir les pensées

chercher à écoper  mains nues

le cri franc de mots émaillés

éclatant d’un monde invisible

jusqu’au visible de mon monde

et faire corps dans la fusion

avec les chuchotis d’un poème

il épure la peau un peu comme



silence au sein du songe






 

samedi 21 novembre 2020

Dehors/3

veilleurs de l’incertain



figés à regarder leurs lointains

leurs visions, leurs révélations

le regard sur les arbres sobres

sur l’éphémère presque éteint           

ce jardin quand tout s’éveillera

dans le printemps d’un monde

ils s’éternisent puis se ferment

dans de bien sombres pensées

face à l’entreprise d’effacement

et à la calme disparition de ces



veilleurs de l’incertain

mercredi 18 novembre 2020

Dehors/2

épuiser les ombres



des plis de lumière sur le chemin

folles tendresses cachées du jour

un aubier d’ombres, de ténèbres

un choeur  de  présages obscurs

de simples murmures de gravier

des brassards de nuit assemblés

vagabondant au sein des songes

les images accouplées en éclats

quelques gouttes  de ces   rêves

sur les lèvres et cheminer  pour



épuiser les ombres




lundi 16 novembre 2020

dehors

 

se risquer sur le seuil du dehors



à bas bruits sous les ramées de vent

sur les sillons d’une terre de silence

affamée de lumière de frisson d’aile

de ballets d’ombres légères égarées

des brassées de feuilles chiffonnées

des bouquets d’oiseaux s’effeuillant

de cette délicate éloquence d’arbre

de ces signes essentiels et masqués



se risquer sur le seuil du dehors