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jeudi 23 octobre 2025

Des images à y regarder à deux fois

V2 du 10 (pour les images voir la V1)

(Des images à y regarder à deux fois)

 

Nicolas Bouvier

arbre espalier

Bibliothèque de bouffe amazon

 

Comment choisir sa route parmi tous ces méandres ?

Tous ces chemins qui ne mènent qu'à Rome

surtout si on ne veut pas y aller

Tous ces fleuves qui mènent à la mer

quand on préfère la montagne

Toutes ces données codées dans les entrepôts amazoniques

dans la boue dans la fange de la jungle googlelienne

dont un oeil émerge parfois au-dessus de la vase

un troisième oeil ? un big brother ?

Une voix sourd d'entre les pages

du manuel de survie

mais le monde est muet

liquéfié dans sa glaise

les récits de voyage immobiles ou lointains

l'oeil se perd, se méprend, voit double

dans la mangrove où se tissent

les racines aériennes qui remontent à la source

les branches arrivent au tronc plutôt que le contraire

Et dans des bibliothèques calibrées

chaque produit mort dans son étagère

de la nourriture en briques

on nous prend pour des poires dans nos espaliers

codebarrés indicés qrcodés

et jamais ne pouvoir cocher la bonne case

 

Comment se repérer parmi tous ces mensonges

l'oeil crie, le nez sature de pourriture glacée

"suis devenu bizarrement allergique aux choses qui se décomposent trop vite"

Comme (un) Bouvier traçant son sillon parmi des routes affreuses

On n'est plus sûr que le dehors guérit

"On se sent inférieur au voyage"

 

on est parfois las d'aller voir là-bas si on y est

 

 

"Chaque jour

Je reçois de moi-même

Ce que l'usage est d'appeler de mauvaises nouvelles...

Chaque aube

Dans la forêt que j'avais plantée

Je m'égare...

Chaque matin

Je me porte en terre

Mais je suis le seul à marcher derrière moi" (Nicolas Bouvier)

lundi 2 juin 2025

10 V1 Des images à y regarder à deux fois (V2 en dessous)

 

 

 

 

 

 


 

 D'un monde à l'autre

à lire l'écrivain voyageur comme si on y était

"Je suis follement visuel"

embarqués sous sa plume et son œil d'oiseau migrateur

De ces voyages immobiles

à tourner les pages comme on battrait des ailes

De ces livres-cadeaux tant aimés

qui font de nous des "récits""piendaires"*

qui à notre tour les offrons

et nous rassemblent dans une sorte de confraternité du plaisir


De ce qui est caché

De ce qui reste dans la marge

de ce qui semble être mais est bien plus que ça

Des images à y regarder à deux fois

 

Et l'arbre déploie ses ramures à perte de vue

l'œil se perd dans les bibliothèques

s'habitue aux tranches sur les rayonnages

ne comprend plus

à perte de sens dans un pays inconnu un paysage 

sage à première vue

l'œil se sent usurpé

ce ne sont pas des livres

ce ne sont pas des manuels de survie

ni des atlas ni des cartes

ce sont des données plus ou moins alimentaires

pas forcément nourrissantes


Quel en est le classement ?

pourquoi tant de hauteur perdue sous plafond ?

 

Sous les branches domptées à chaque nœud de l'arbre

une promesse de fruit

un ancêtre

un paquet de café

le gros lot

 

l'œil regarde accommode éprouve l'inconnu

Puis s'accommode du rouge érodé des briques

de la géométrie inhumaine de l'entrepôt

du menu proposé

"Faites rêver vos invités dès la première bouchée"


*récits-piendaires : merci au lapsus d'oreilles de Solange

**********************************************

V2 du 10

(Des images à y regarder à deux fois)

 Comment choisir sa route parmi tous ces méandres ?

Tous ces chemins qui ne mènent qu'à Rome

surtout si on ne veut pas y aller

Tous ces fleuves qui mènent à la mer

quand on préfère la montagne

Toutes ces données codées dans les entrepôts amazoniques

dans la boue dans la fange de la jungle googlelienne

dont un oeil émerge parfois au-dessus de la vase

un troisième oeil ? un big brother ?

Une voix sourd d'entre les pages

du manuel de survie

mais le monde est muet

liquéfié dans sa glaise

les récits de voyage immobiles ou lointains

l'oeil se perd, se méprend, voit double

dans la mangrove où se tissent

les racines aériennes qui remontent à la source

les branches arrivent au tronc plutôt que le contraire

Et dans des bibliothèques calibrées

chaque produit mort dans son étagère

de la nourriture en briques

on nous prend pour des poires dans nos espaliers

codebarrés indicés qrcodés

et jamais ne pouvoir cocher la bonne case

 

Comment se repérer parmi tous ces mensonges

l'oeil crie, le nez sature de pourriture glacée

"suis devenu bizarrement allergique aux choses qui se décomposent trop vite"

Comme (un) Bouvier traçant son sillon parmi des routes affreuses

On n'est plus sûr que le dehors guérit

"On se sent inférieur au voyage"

 

on est parfois las d'aller voir là-bas si on y est

 

 

"Chaque jour

Je reçois de moi-même

Ce que l'usage est d'appeler de mauvaises nouvelles...

Chaque aube

Dans la forêt que j'avais plantée

Je m'égare...

Chaque matin

Je me porte en terre

Mais je suis le seul à marcher derrière moi" (Nicolas Bouvier)


mardi 15 juin 2010

"Ecrire, ainsi que partir..."

Faisons d'une pierre plusieurs maries confites d'admiration
  1. Dans le dernier N° d'EUROPE juin-juillet 2010 N° 974-975, disponible à l'emprunt bientôt à la bibliothèque de l'ENISE (Brise-ES)
  2. NICOLAS BOUVIER (et Kenneth White)
  3. et dans Nicolas Bouvier, Lionel Bourg
  4. et dans Lionel Bourg,  "C'est mourir un peu", Pierre-sur-Haute
  5. et dans Lionel Bourg, sad-eyed lady of the Lowlands
Comprenne qui peut
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mercredi 16 décembre 2009

La légende de la géographie (1)

"Je nomme et l'obscur s'illumine. Les mots créent le territoire, le badigeonnent, le fixent, l'immobilisent, le fourrent dans une géographie. Il arrive qu'ils soient dépassés par les événements et que l'obscur demeure car toute terre, au fond, est innommable. Le plus vaillant des écrivains voyageurs, Nicolas Bouvier, enrage quand il rencontre un paysage si beau qu'il n'arrive pas à lui mettre des mots dessus. Un paysage qui déborde tout vocabulaire. Bouvier essaie et il essaie encore. Il rate. Une couleur, un pli de paysage le narguent. Le mots ne ramènent aucun gibier. Nicolas Bouvier est énervé. Il rage. Parfois, j'ai l'impression qu'au fond de sa colère, il y a comme de la jubilation : il a la conviction d'avoir atteint le bout des choses, non pas le bout de la route ou la dernière station de chemin de fer, [...]Ce que Bouvier a trouvé, c'est le vrai bout des choses, le point où règne la Terre, solitaire, dédaigneuse, intouchée, une Terre qui demeure inviolée. Une Terre qui précède et qui achève toute géographie. Une Terre au large de toute géographie, non par ce qu'il est difficile d'y atteindre mais parce que le langage défaille à son approche. Une Terre qu'aucun dictionnaire, et par conséquent aucune mappemonde ne peut désigner. Le Graal du géographe, de l'écrivain."