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jeudi 17 avril 2025

8/V1 qu'est-ce qui partage ? qu'est-ce qui rassemble ?

 8 V1 ou 4V2 à partir de 2 images déjà utilisées et une inédite


Dans la boue dans la fange dans le sel dans le sable des nuages

dans la mangrove d'où s'échappent les palétuviers

on marche sur la tête avec eux depuis bien trop longtemps

il n'y a jamais eu de paradis c'est du pareil au même

il suffit d'éprouver la sensation du merveilleux au moment où on le vit

Parfois il y a eu de l'eau

Maintenant la mer est morte

Parfois il y a eu la paix du renoncement

et maintenant il y a le manque

Parfois il y a eu l'été

Le bateau a jeté l'ancre

sans écrire son histoire

la barque stoppée net au bord des troncs pourrissants

le bateau a coulé au large des occurrences

Tout cela prendra fin

et les larmes et la peur

plus d'icebergs : tous fondus

des serpents venimeux

une croûte saumâtre

Horizon fracturé dans un jardin de plâtre

l'art du trait à l'ombre des abysses

Il y avait un toit au-dessus de ma tête

Une incroyable cathédrale gothique

Qu'est-ce qui partage ?

Qu'est-ce qui rassemble ?

L'expression de nos sincères adorations

dimanche 22 décembre 2024

4 /V1 L'image fige un temps révolu 4/

 

   


Du bateau à aubes sur le Rio Magdalena au paquebot le France comme échoué sur des rivages craquelés de sécheresse, du canot dans les bras morts des affluents-rivières sur l'Amazone, de la savane du Soudan au Parc de la Tête d'Or, un parcours à la recherche de temps révolus, de migrations forcées et de paradis retournés au néant.

Dans ma collection de livres cultes, j'ai plusieurs fois erré dans cette forêt littéraire, baroque et musicale, cette forêt-piège avec ses zones interdites qui ne se laisse pas facilement spolier de ses trésors.

Dans les méandres du fleuve un indice à 3V sur un tronc indiquait le passage. Mais c'était sans compter ici avec les inondations, là avec la sécheresse ou les incendies. Avec les chasseurs, les chercheurs d'or, les braconniers, les producteurs de viande intensive. Les paysanges changent et deviennent des pays-démons.

Un jour le paradis ne suffit plus, il faut retourner faire provision de richesses qui n'existent que dans la civilisation des villes, un jour la girafe capturée sera privée de la course en bande dans la savane du Kordofan et exposée à l'ennui de l'enclos du zoo.

Mais il n'y a pas de retour possible. La route est redéfaite, le passage est perdu, sous les eaux, la girafe pleure dans son parc lyonnais, le France reste à quai.

Le texte se referme sur ses secrets et la symphonie de la forêt reste inachevée.