
pour vous, un chemin serein, sur des ponts, mais sans chaussures
chut chut un bus prisonnier, des des
pauvre bus immobilisé contre la maison «regarde il a le flanc tout égratigné, on dirait qu’il est blessé»
murs-murs, bus sandwichs. Gris gri-
«c’est sa première sortie» le jeune chauffeur novice balaie le rosier jaune accroché au balcon
-llages dans le village. Un bus rosier, arrach arrach-
le voici qui quitte le navire en détresse «il va avoir des problèmes avec son patron» et il photographie son engin coincé entre les parois
-eurs et sueurs, en soupes et en hires le chauffeur de bus, attent attent-
sans prévenir il déplace nos vélos (là au moins il maitrise), replie le grillage .. nous, on a juste peur que sa roue arrière tombe dans le trou du palier d’entrée, peur qu’il nous bloque dans la maison
-ion mauvais ions, bus vélos va tomber dans, trou trou-
«allez envoie ! envoie le bus !» : heureusement que le voisin est là pour nous tirer d’affaire
-trouilles, ouilles, et moque et ris du voisinage, nage nage... Elles sur leur bal-con con le chauf euh... rrrr
accoudées au bastingage, deux chamoiselles un brin moqueuses, de cette scène inédite se délectent, en riant, du spectacle, vivant, riant
Episode 3 … suite... in « Train de nuit pour Lisbonne » P Mercier
Parfois, je m'endors par pure satiété. S'endormir est dangereux, il est rare que je me réveille rafraîchi et heureux des changements. En règle générale, ce que je trouve à mon réveil, en moi et à l'extérieur de moi me contrarie. Parfois, je sursaute avec effroi et je pense : le train peut dérailler à tout moment. Oui, la plupart du temps cette idée me fait peur. Pourtant, en de rares moments chauffés à blanc, elle me traverse comme un éclair bienheureux... Le voyage est long. Il y a des jours où je souhaite qu'il n'ait pas de fin. Ce sont des jours rares, précieux. Il y en a d'autres où je suis content à la pensée qu'il y aura un dernier tunnel, où le train s'immobilisera pour toujours.
les fleurs de cerisiers
sont tombées
roses
«rose rose est amoureuse»
sous la pluie chaude
comme des nippons
nous marchons
cheminons
«j’ai envie d’y retourner»
des fumées blanches
de nos lèvres
s’échappent
«malgré tout»
des mots
nonchalants
dans nos bouches
petites brumes
légères
des roses roses roses
sur mes épaules
bruine tropicale
la pomme a noirci
le temps passé
lune noire calcinée
il a deviné
«tu écrivais un roman ?»
il sait
malgré tout
voir en rose
pomme noire empoisonnée
recrachée
«je ne pars pas»
se revoir
se regarder
s’entendre
faille
défaille
soudain là
comme par magie
face à face
derrière nos sourires
tout près
mon beau papillon
rêve éveillé
réveillé
Episode 2 ...suite... in « Train de nuit pour Lisbonne » P Mercier
Peut-être le train tourne-t-il en rond, sans relâche, sans que quelqu'un s'en aperçoive, pas même le chauffeur de la locomotive ? Je n'ai aucune idée de la longueur du train... L'éclairage dans le compartiment change sans que ce soit moi qui aie pu en décider. Soleil et nuages, crépuscule et encore crépuscule, pluie, neige, tempête... Dehors les choses semblent suivre leur cours habituel, raisonnable. Peut-être est-ce pareil dans les compartiments des autres ? Dans le mien, en tout cas, cela se passe autrement que je m'y serais attendu, tout autrement. Le constructeur était-il ivre ? Ou fou ? Ou un charlatan diabolique ? Dans les compartiments, il y a des brochures avec le plan de la ligne. Je veux regarder où nous allons nous arrêter : Les pages sont vides. Aux gares où nous nous arrêtons manquent les panneaux portant le nom de la ville … Que peut-on faire pendant le voyage ?
Ranger le compartiment. Fixer les objets pour qu'ils ne cliquettent pas. Mais ensuite je rêve que le vent de la course folle enfle et enfonce la vitre....
... à suivre ...