mercredi 28 avril 2010
Eric Chevillard se prend pour Ennio Flaiano
"[261] L'impertinence de l'orage qui s'obstine à revenir comme si nous n'avions pas compris que l'été était fini"
"[263] C'est un poète si mauvais que 6 villes se reprochent le déshonneur de l'avoir vu naître"
Ennio, Flaiano, Journal des erreurs, 1988
lundi 26 avril 2010
je me prends pour Eric Chevillard
jeudi 22 avril 2010
Firminy, bibliothèque Louis Aragon : petites annonces 3
Bref, reçu de mon camarade Firminois l'annonce suivante :
mercredi 21 avril 2010
mercredi 14 avril 2010
LETTRE A UN POETE, UN AMI.
EN REPONSE A. G. (de Sophie-Linette)
Lorsque j'attends un courrier de vous je ne calcule plus le temps qui entre dans sa démesure la plus cuisante. "J'attends", je viens d'écrire"j'attends", alors que votre lettre m'apprend qu'il me va falloir écrire"j'attendais"! L'imparfait, le temps de notre rencontre? Non! Même si imparfaites étaient nos retrouvailles trop brèves, trop espacées puisque vous ne m'autorisiez pas à pénétrer dans votre oeuvre. Mai en attente sur le bord de votre écriture combien j'ai aimé ces moments fragiles qui nous laissaient exangues dans l'urgence du moment. Nous n'étions plus qu'un seul corps à deux respirations, qu'une seule peau frémissante, qu'une seule voix qui murmurait"je vous aime"comme vous m'aviez appris ce vouvoiement qui je croyais scellerait notre histoire.
Dans les moments de DISTRACTION que je me fabriquais à vous attendre avec pour seul viatique l'espoir que vous me reviendriez, je me répétais"longtemps, toujours", et puis je balayais aussitôt l'inocuité de leur mensonge. Vous m'aviez appris à apprivoiser"maintenant, demain"
Malgré le DARD de la douleur qui me crève le ventre, à l'instant je sais que vous m'avez rendue plus forte. Depuis que je vous ai connu, je sais que je peux cohabiter avec moi-même, peut-être même vivre.
Il me faudra longtemps pour gommer la douceur de vos yeux qui se posaient sur mes paupières à demi-closes, pour murer votre voix, étouffer votre odeur sous l'épaisseur des oripeaux que je vais devoir revêtir. J'ai froid de votre absence annoncée mais chaud du respect que je vous ai inspiré. Vous êtes un de ces rares amants qui osez dire votre inconstance et comme je ne veux pas la partager je dois en accepter et l'augure et l'issue douloureux.
Merci pour ne pas me prêter à la mascarade, pour ne pas me faire DEFILER dans les couloirs de vos autres conquêtes. J'ai voulu être la seule et même si j'ai perdu, je vous en aime ainsi.
Il m'est trop tôt pour que je vous souhaite d'être heureux mais je n'ai pas de place pour un quelconque désamour qui remplacerait le"vous" par le"tu".
Sophie-Linette.
mardi 13 avril 2010
dimanche 11 avril 2010
MOTS DU DICTIONNAIRE
Je n'ai plus envie d'écrire,
je le faisais parce qu'un DARD m'avait piqué,
et par DISTRACTION son venin je ne l'avais pas enlevé,
j'étais contaminée,
je vais encore une fois,
me DEFILER,
et dire qu'à ma place
d'autres n'ont qu'à continuer.
Publié par Jeannine
vendredi 9 avril 2010
Mots en C
Carrière : Ce sont les yeux qui s’insinuent dans la terre, et alors c’est chercher, gratter, fouailler les entrailles qui importe. Il faut que la peau se frotte à cet épiderme rugueux, que les ongles se cassent sur un grain de cette pierre qui continuera sa vie, posée sur une étagère. Elle entame alors une nouvelle carrière.
Célibat: il y a celui qui le subit et qui recherche vainement l’âme soeur.
il y a celui qui le revendique et l’honore comme un totem; pour rien au monde, il ne s’apparierait.
il y a celui qui l’intercale entre deux unions, comme un passage à vide.
il y a celui qui n’a pas le choix, ou ne l’a plus, enfin c’est ce qu’il a choisi un jour.
il y a celui qui en rêve et qui s’accorderait bien, de temps à autre, des plages de saint célibat.
Corriger: c’est le stylo rouge qu’il faut pour cela, pour bien souligner la faute, l’enfoncer dans l’orbite, la tatouer sur la pupille.
Quant à corriger une trajectoire, ce serait empêcher une dérive, redresser le cours d’une vie, arracher les herbes folles, casser les lignes brisées, pour tracer une ligne droite.
J’aime les herbes folles.
jeudi 8 avril 2010
Phantom landscape
cadavre S exquis
mercredi 7 avril 2010
Des mots, des ménages
mardi 6 avril 2010
jeudi 1 avril 2010
Lettre de réponse à G
Je vous remercie de cette franchise envers moi et je la reçois comme dernier gage de ce qui fut entre nous et restera unique. Mon seul regret : vous avez été mon seul amant qui m'ait vouvoyée du début à la fin. J'en rêvais, j'en avais toujours rêvé, sans vous l'avoir jamais confié. Je n'imagine pas plus grand bonheur et plus grande intimité que ce vouvoiement dans l'amour. Je le reçois comme une offrande. J'ai choisi la règle et je préfère la certitude de cette rupture à l'appréhension que j'en avais depuis le début de notre relation. D'ignorer où vous êtes et ce que vous faîtes me sera moins douloureux que de ne plus vous entendre murmurer "Je vous aime" dans le creux de mon cou. Ce vouvoiement m'a été infiniment sensuel. Quelque chose au fond de moi rêvait à une forme d'engagement que ce "vous' consacrait. Il donnait à notre amour à la fois de la profondeur, une immense douceur et je le ressentais comme un respect incommensurable de ce que j'étais et de ce qu'était cet amour. Inlassablement votre énergie créatrice a nourri mon oeuvre et ma vie de toute nouvelle manière, je sais que vous comprendrez sans plus de développement. Un corps qui m'inspire autant, certes vous n'étiez pas le premier, mais une interpellation qui résonne aussi fort en moi et suscite aussi profondément mon inconscient, ça jamais. Ma peau, vos lèvres, votre ventre vibraient, s'impatientaient lorsque vous murmuriez ce "vous" à mon oreille. Du corps contre corps me restera cet infini dont nous nous sommes enveloppés, cette oeuvre à deux que nous avons écrite.
J'aime l'idée de ce livre que vous me dédiez et qui sort le jour où vous m'annoncez notre rupture.
Cadavres exquis
Lettre C
Chaque nuit, la terreur.
"Bonsoir papa, bonsoir maman"
Interminablement répété.
Une nuit, le père frappe
fort.
Des semaines durant
la main imprimée sur la cuisse
de la même couleur que la glycine
sous laquelle se cache la fillette
pour se repaître
de toutes les nuances arc-en-ciel
de l'ecchymose.
CELIBAT
Longtemps, j'en ai eu un pour voisin. Le soir, de ma fenêtre je le voyais servir deux verres de vin sur la table en formica. Il trinquait. A tour de rôle, il buvait à l'un ou l'autre verre, discutant âprement avec son invisible interlocuteur.
CARRIERE
Tous assis pour tenter de se réchauffer, dans les flammes crépitaient leurs souffrances et leurs égarements. La lueur des flammes éclairaient avec la certitude de la mort les brûlures et les déchirements de leurs muscles. Parfois, quelqu'un entonnait une faible monodie, sa voix de sable effaçait alors toute trace de mal. Au loin, la lueur faisait un tremblement dans la nuit, comme un appel lancinant.


