est-ce le doigt de Dieu ou le sexe du Diable?
métaphore du plaisir!
8h15, mon réveil sonne, strident, agaçant,
parfois il sursaute, souvent se redresse, toujours s’étire ;
hume l’air du matin, le temps qu’il fait, son herbe, quelques brins, croque ;
matin, la souris grise gît dans mon lit,
midi, elle nage dans son bol d’eau ;
un perchoir, au soleil, longtemps, se toilette le pelage, longtemps ;
chaleur, sur le dos, les quatre pattes en l’air, temps de la sieste ;
sitôt déchaussée, il enlace mes souliers, tente d’y entrer le museau puis la tête ;
sous sa cabane de peluche mauve, il se cache ... «où il est ? il est où le minou ?» :
il aime quand je le cherche ;
en ronronnant sur le fauteuil, il tricote des deux pattes ;
je le caresse, les mains embaumée d’huile d’argan, vite il lèche son beau poil bleuté,
une odeur d’eau de javel, le voila fou ! il me dévorerait les mains ;
s’il dépose sa souris à mes pieds, nous jouons au «lancé .. rapporté .. lancé ..» ;
soir, l’heure de ma mini-glace, vite il vient me renifler le nez, la bouche,
voudrait-il la partager ?
rebord de ma fenêtre, nuit d’été, tête en l’air, il guette son amoureuse,
la petite chatte-oiseau qui se balade sur les toits, entre ciel et terre ;
je m’endors, une patte, deux pattes, il m’escalade,
vient s’installer sur moi ;
on dirait que je lui appartiens
une brise légère soulève mes cheveux
un campari au soleil
pieds nus sur le sable, juste après la vague
lire, écrire, l’amour, l’après-midi
les vapeurs humides du hammam
rouler à vélo à travers les villes, marcher dans des espaces déserts, ou l’inverse
les fou rires à l’improviste
partager la création, l’inspiration, les respirations
la nage de long en large
dormir tard, s’éveiller dans un rayon de lumière
le ronronnement du chat gris
s’envelopper de couleurs
foin,
frisson,
fugue,
fantasme,
fabuler,
fessée,
les mots de juin,
m’entraînent à fabuler ;
tu m’inspires,
une fable,
érotique,
une fugue sensuelle ;
si je l’écrivais,
la lirais-tu dans le foin de ta grange ?
dans le foin,
à plat ventre allongée,
sentir tes mains effleurer mon dos,
à la naissance du frisson,
juste avant l’effeuillage d’un marcel rouge,
entendre que tu m’aimes de dos,
attendre ta fessée tendre mais ferme,
«et mes fesses, tu les aimes mes fesses ?»