jeudi 30 juin 2011
bipe de brise et d'àlabrise au rize
Feuilleton (suite)
mercredi 29 juin 2011
Feuilleton
Je vous le propose sous forme d'épisodes sur 4 jours. Le premier est très court, juste à méditer. Le reste est un tout dont il faudra, avec impatience, attendre la suite.
"Sur mille expériences que nous faisons, nous en exprimons tout au plus une par le langage. Parmi toutes ces expériences muettes sont cachées celles qui donnent secrètement à notre vie sa forme, sa couleur et sa mélodie."
mardi 28 juin 2011
mots de Erri de Luca
" quand il se mit à mourir rapidement, bien des années plus tard, ce fut parce qu'il avait cessé d'être au centre de son corps"
Erri de Luca, Tu, Mio, Gallimard, 2001 (1998)
jeudi 23 juin 2011
a la brise de
Devoir de vacances pour les mouches
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| La nuit dernière, est apparu dans mon jardin, ce mystérieux message, ce matin, il est encore là et je pense même qu'il pourrait se transformer, d'autres lettres traînent de ci de là |
dimanche 19 juin 2011
une mouche sur ta bouche, une mite sur ...
600 messages
vendredi 17 juin 2011
mercredi 15 juin 2011
une hirondelle à chaque fois
mardi 14 juin 2011
Heureux anniversaire Mr. Mathieu
dimanche 12 juin 2011
Une mouche à la fois, encore : en attendant la version vivante
Pus de 3000
On discutait
On faisait pas 35 heures
le rayon pêche, le rayon coutellerie, le rayon librairie
dans le temps il fallait travailler
ça a pas servi à grand chose
samedi 11 juin 2011
on ne s'en lasse pas, même quand on s'enlace
vendredi 10 juin 2011
L'envers de l'envers de tous les envers
Je suis en pleine détresse, c'est pourquoi je tente de glisser cette lettre entre les barreaux de ma prison.
Mon système intérieur se porte mal, comme s'il refusait de collaborer avec moi, et pourtant j'ai eu les plus émouvants dialogues avec mes organes les plus intimes.
J'étais entrain d'épier la vie et, soudain, le "j'étais" devient un "je ne suis pas" ... On voulait dire ce qu'on n'a jamais dit, comme si on n'avait jamais su vivre la vie, qu'on avait été mort avant de mourir.
La grande surprise ... l'envers de l'envers de tous les envers en une fraction de seconde incommensurable ... le parachute qui s'ouvrira au moment de tomber dans les abîmes insondables, le parachute qui ne trahira pas, qui se déploiera comme une méduse dans l'eau, et on se rendra compte subitement qu'on vit dans un autre élément dont on était sorti sans le savoir et auquel on retourne enfin."
Extrait de "lettres aux hirondelles et à moi-même" de Ramon Gomez de la Serna - André Dimanche Editeur - seconde partie : Lettres à moi-même
Prédestinée
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| J'étais dans le ventre de ma mère, ou m'apprêtais à naître, ou étais née, puisque l'amour était passé par là. |
mercredi 8 juin 2011
europe du Bouchet
lundi 6 juin 2011
mardi 31 mai 2011
Assises Internationales du Roman 2011
Les Assises Internationales du Roman (Subsistances, Lyon du 23 au 29 mai 2011) sont closes.
Comme chaque année, j'y étais aussi souvent que possible pour … y découvrir de nouveaux auteurs … mieux comprendre ceux que j'aime déjà … m'enrichir des débats...
Cette année, P. Quignard, déjà beaucoup lu et aimé, nous a montré comment chacun de ses livres étaient « attaché » à une musique, et pour chaque ouvrage abordé nous a proposé l'écoute d'un extrait musical, démontrant ainsi, une fois de plus, que chaque créateur « bricole » ses propres méthodes.
Une découverte pour moi, l'éthologue, primatologue F. de Waal qui nous a parlé avec beaucoup d'images et d'humour de ses travaux. Pour hyper-simplifier : nous sommes des animaux même si nous nous croyons supérieurs. Lorsque nous voulons qualifier un acte humain de cruauté ou de torture, nous le qualifions de bestial et d'autres qualificatifs issus du vocabulaire animal, alors que l'animal connaît l'empathie, la réconciliation …
L'écrivain David Grossman (Israël) s'est engagé depuis longtemps en faveur de la paix dans le conflit israélo-palestinien. Ses livres sont traversés par des réflexions sur l'identité israélienne et sur la peur de l'autre qui alimente la violence. La conviction de ce pacifiste nous a fait partager l'horreur de vivre depuis 64 ans en état de guerre perpétuelle.
Mais, comme d'habitude, ce ne sont ni les découvertes d'auteurs, ni les débats, ni rien de prévu au programme qui ont, tout à coup, ouvert une large brèche en moi, une déchirure, un long zébrage d'éclairs, au détour d'un mot, d'une phrase totalement inattendus.
L'acteur, Martial Di Fonzo Bo est venu nous lire des passages de « Lettres aux hirondelles et à moi-même » de Ramon Gomez de la Serna (Espagne 1888-1963), et brusquement, la salle s'est ouverte, les hirondelles zigzaguaient sous la verrière.
« Vous glissez sur le zéphyr bleu et quand vous effleurez les eaux lisses de l'étang vous le faites vibrer comme si une note de musique parcourait la sensibilité du monde.Vos ailes s'étirent dans leur vol et vous vous imprégnez d'aube et de crépuscule, au point d'arriver au soir, volant plus bas, sifflant presque au ras du sol, comme faisant vos adieux aux soleils couchants ; vous serrant ensuite dans vos nids, car vous refusez qu'on vous confonde, ne serait-ce qu'un instant, avec les chauves-souris. Déchainez encore votre joie et ne cessez de nous offrir ce si joli spectacle de celles qui courent comme pour se jeter dans les bras de quelqu'un »
Et depuis, je chavire, matins et soirs, je guette le vol des hirondelles (moi qui croyais avoir oublié Manufrance, me voilà encore avec « les hirondelles »). Samedi après-midi, yeux clos, allongée sur une chaise longue aux Subsistances, entre deux tables rondes, j'entends de très jeunes enfants qui s'égaient, rient, courent et produisent exactement les mêmes cris de joie, allégresse et vivacité.
Puis, l'acteur commence à lire des extraits de « Lettres à moi-même ».
Mais d'abord, pourquoi la lettre ? Qu'y trouve l'auteur ? Dans sa présentation du livre (André Dimanche Editeur), Jacques Ancet écrit : « parce que la distance fictive instaurée par la lettre lui permet d'établir un dialogue avec le monde (les hirondelles) et avec soi (moi-même), d'accéder à une vérité plus profonde que dans tout autre écrit, puisqu'elle permet d'échapper à l'identité qui vous colle à la peau et vous claquemure dans la boîte d'os de votre propre cerveau, réaffirmant, après beaucoup d'autres, l'essentielle altérité du sujet de l'écriture. Ramon réussit par là, temporairement du moins, à échapper à l'angoisse de la solitude et de la claustration en lui-même »
Extraits :
« Aujourd'hui c'est encore et encore le même jour, car le monde ne connaît qu'un seul jour, qui se répète et se répètera jusqu'à la fin du monde. Ce qui fait la différence de ce jour unique ce sont les pensées, les événements politico-guerriers, les faits divers crapuleux. …. Ne crois pas que j'ignore qu'il me faille aller vers cette vallée ultime, où il n'y a personne et où l'on n'entend pas siffler le train. Dès que je perdrai l'équilibre et tomberai à la renverse dans le fauteuil où j'écris, je sais bien que j'entrerai dans cette vallée solitaire, et son jour plein de crépuscule. Je veux retarder l'événement et donc je prends des médicaments, je prends le soleil dans un patio, je prends des cours de langue pour parler avec le néant du trajet, le temps d'arriver au lieu où il n'est pas besoin de mots, où l'on a l'éloquence de la lumière. Je lézarde et lézarderai longtemps avant d'arriver à cette vallée ultime, mais je sais bien que je suis en chemin – je l'ai été dès ma naissance ; tout vient à point à qui sait attendre. Les images me distraient pour m'empêcher de trouver la non-image, qui est la véritable image. »
Que n'avons-nous connu ce livre l'an passé en atelier sur les lettres ?
Autre éclair : F. Noiville interview D. Grossman et lui demande « Quel est votre noyau dur, ce qui vous tient debout ? » et ajoute « Est-il vrai qu'en hébreu, noyau dur, se dise, vertèbre cervicale ? ».
D. G. acquiesce et mon esprit explose. Que sont ces maux depuis deux ans, cette hernie discale-cervicale dont je souffre ? Pourquoi ? Quel noyau dur est atteint ? Et mon corps, mon cerveau mâchent, ruminent, triturent ce qui m'a soudain assaillie : l'écriture de Ramon, les lettres, le noyau atteint …
Qui rédigera le programme où j'aurais pu trouver cela pour ces 5èmes Assises ?
Fatiguée, saturée d'informations et d'émotions, des piles de livres et des titres pour une année, deux moments magiques m'ont retournée comme un gant, chair à vif. De la vie, c'est ce que j'attends, des instants tels que ceux-ci.















