dimanche 29 mai 2016

Cartes postales du retour

balade dans les gorges du Fier (74)








Pour les photos du lac d'Annecy, il faudra aller voir jfb-mon.oeil. Une belle semaine de marche, vélo, ... bien sportive.

vendredi 20 mai 2016

Aujourd'hui une consigne

... Depuis bientôt vingt ans, chaque fois que je la découvre : le vide, le blanc. Mais que peut-on bien tirer de ça ? Et puis, la plume part, court toute seule sur le papier, guidée par la main, sans pilote apparent : elle écrit, elle écrit encore et bientôt les mots s'accrochent les uns aux autres, la sonorité les entraîne, le rythme les emballe. Toujours la même surprise lorsque chacun lit, découvrir tant de différences dans les textes offerts ; et un étonnement encore plus grand lorsque jaillissent sous ma plume des mots me révélant une histoire inconnue, les mots seuls ayant écrit le sens :« Mais d'où ça sort ? » ai-je pensé cent fois, abasourdie. Etonnant de regarder ses doigts écrire. »

lundi 16 mai 2016

Mont blanc (Brésil)

Morro Branco région de Fortaleza qui a bien pensė aux ami-es de l'atelier car lieu propice à l'écriture.







jeudi 5 mai 2016

Paix



« Aujourd'hui je pourrais tout aussi bien finir ma vie ici dans ce petit village calme où apparemment rien ne se passe, rien si ce n'est le plus important « bien vivre ». Plus les jours s'écoulent, plus l'intensité du silence, la beauté des paysages révélée par la lumière du ciel tout au long des différentes heures du jour, la lumière de ce printemps s'immiscent en moi et colorent mes jours et mes nuits. Marcher, respirer, admirer en silence les changements constants de couleurs des champs, vallons, cols, chaînes montagneuses, suffit à combler la journée et mon âme. Nul besoin d'écrans, à peine de musique, quelques pages de lecture avant de m'endormir. Oui, je devrais tout aussi bien ... »







vendredi 29 avril 2016

Envie de vous faire un cadeau








Ces photos viennent de me parvenir, de quelqu'un qui m'est très chère, j'ai eu envie de les partager avec vous. Je ne sais si ce sont aux ciels, aux fleurs ou à l'océan que vont mes préférences. Sans doute la réunion des trois.

jeudi 28 avril 2016

Se saisir des petits riens

coeurs de Marie
Ma douce, avoir 60 ans, qu'en penses-tu, est-ce un petit rien ?
Les petits riens de la vie, tu es toujours prête à tous les affronter, et même les gros malheurs. Pour toi, rien n'est insurmontable et la facilité n'est pas ton lot de chaque jour. Ta devise pourrait être « Si l'épreuve est dure, le succès sera grand » tant je te trouve courageuse. Avec un coeur grand comme une maison, tu surpasses ton homonyme, la Soubirous dont Zola disait – mais en fait il parlait de toi, j'en suis convaincue - « Ses beaux yeux de visionnaire où, comme les oiseaux dans un ciel pur, passait le vol des rêves ». Alors, des rêves parlons-en, des rêves immenses faits de petits rien que tu sais tricoter dans ta vie, dans tes textes si émouvants. Rêves de départ, rêves de poissons de lune bleus, rêves de petite fille dans les champs et d'une maison quelque part en Haute-Loire. Depuis que je te connais, je ne cesse d'admirer ton courage, la joie de tes yeux bleus, l'élégance de ta vie, tes émerveillements de petite fille et ton coeur si vaste. Tous ces petits riens que tu sais saisir et transformer en pépites : un sillon labouré dans la brume d'un matin d'automne, un après-midi de silence partagé sous la glycine, un chat sur un mur dans une ruelle, quelques larmes versées par un coeur trop sensible, un livre sur l'amour dégusté dans un pavillon japonais et même l'angoisse d'une copine que tu arrives à muer en sourire.
J'ai cherché d'où venait ton prénom : De « B E R » qui signifie « ours », que ses origines soient germaniques n'est pas pour me déplaire. Il te sied bien : force intérieure, courage de se battre contre l'adversité sans agressivité, calme, persévérance … A ton contact, je ressens ce calme et la puissante force que tu insuffles. Le totem de l'ours est vénéré pour ses pouvoirs gérisseurs et sages car il montre comment survivre dans des conditions difficiles et offre soutien et force morale. Il est une puissance de modération.
Sais-tu que la première femme à avoir reçu la Légion d'Honneur – et ce ne fut qu'en 2007 – portait ton prénom ? Je te la donne moi la Légion et même bien plus.
Alors tous ces petits riens qui font nos vies de tous les jours, mis bout à bout, font un grand collier que tu tresses à chaque instant, c'est avec tout mon amour que je les cueille pour te faire une belle auréole arc en ciel.
… Que nous nous retrouvions autour d'un verre, un crayon et un cahier à la main dans 10 ans.

mercredi 27 avril 2016

se saisir de l'instant pour

lui offrir un soleil dans ses cheveux courts
                            et un gâteaux aux fraises

lui souhaiter une décennie DELICIEUSE


lui prédire des petits riens et de grands bonheurs

l'honorer avec l'épée et la balance pour sa justesse

lui écrire ces lignes en mauve

lui lancer nos mots à tour de rôle pour la fêter
                           et ne pas corriger nos fautes de français pour l'a fer sursauté

lui lâcher nos bulles de champagne
dans un ciel clément

bulles détestées des doux souvenirs qui emprisonnent la nostalgie

bulles sur lesquelles seraient inscrites des pensées magiques exhaussant tous ses rêves
                           et l'a-venir des petits rires

mercredi 20 avril 2016

Aujourd'hui rouge

 Pas de pouvoir, pas de luxe donc pas de révolte ni de colère contre eux sans le rouge : rouge du feu, rouge des fastes du pouvoir, rouge des délices de l'interdiction et de l'érotisme et rouge aussi du sang, du danger, de la guerre. Passions, émotions, tentations de quelque côté de la barrière sociale où l'on se trouve c'est avec le rouge qu'on les exprime. Le faste, les spectacles ne savent pas non plus se passer de rouge : le rideau de théâtre a même contaminé celui du cinéma. Pour ma part, jardinière passionnée, c'est le rouge des tulipes et des camélias qui réjouit mes yeux chaque matin dans la lumière printanière, et le rouge orangé derrière mes paupières quand je lézarde au soleil pour un repos bien mérité. »

Enise Cult' : Guillaume Vissac à la bibliothèque de l'ENISE : 28 avril 2016 18Heures


lundi 11 avril 2016

invitation



C’est le titre du livre d'Emmanuelle Pagano, Ligne et fils, qui a inspiré aux quatre complices le thème de cette exposition. À la lumière de ces deux mots aux sens pluriels, ils explorent ensemble les correspondances entre leurs pratiques de la photographie, de la céramique, du papier plié ou de la création textile.  En croisant les fils de leurs imaginaires, ils ouvrent des voies poétiques et ludiques pour entrer en dialogue.

Laurent S. : Je sème des lignes de galets, pour ne pas me perdre ; c'est une cordée ; de 50 bestioles ; la dernière a en ligne de mire les 49 autres, et la première mène la danse.
Catherine D.R. : Un à un les points, je tire l’aiguille. Un chemin se dessine, deux sentiers, trois routes, autant de pistes où m’égarer. Un tour après l’autre, je déroule le fil. Sur la toile les lignes s’élancent et se combinent, traçant les contours d’un plateau de jeu.
Nathalie C. : Temps suspendu, un battement de manche, «Le kimono bruissant» déplie ses ailes, des oiseaux bleus se croisent, des poissons volants tournoient, je tends des lignes, déroule un ruban, je trace «Les infinis», un crépitement, «L’arbre s’évapore» doucement, dans une pluie de fils, mille grues se balancent, «L’archipel» dessine ses contours, au soleil levant, temps mouvant.
Jean-François B. : Revisiter mes images avec une nouvelle paire de lunettes. Commencer par rechercher ces aplats de paysages que j'ai toujours affectionnés, ceux que mon œil aime caresser du regard. Puis, ayant tiré ce premier fil, saisir les jeux de lignes et de mots qui se sont bientôt présentés à moi...


jeudi 7 avril 2016

Aujourd'hui laisser passer les petits papiers

 Et aussitôt me trotte en tête, la chanson de Serge Gainsbourg «  Les p'tits papiers », chantée, reprise par de nombreux artistes. Laissons parler ces p'tits papiers, papiers-chiffons, papier-buvards, papier de riz et d'arménie, papier-chagrin, papier-dessin, papier-glacé, papier-carbone et de musique, et virevolte. Pourquoi laissez passer ce p'tit papier ? J'aime tellement ces ritournelles qui s'incrustent dans nos têtes et nous tiennent compagnie des jours entiers. Il nous en passe tellement entre les mains d'ces p'tits papiers bien inutiles, tout chiffonnés et crayonnés, au fond des poches et dans nos sacs. Alors « les p'tits papiers » moi je m'les garde, pour la journée et pour le fun. »

lundi 4 avril 2016




Il neige
devant la fenêtre elle chute
il regarde en haut elle en bas
un blanc
dans la cour
la petite statue fondante
le tapis clair luisant
quelques silhouettes glissent
les hommes ont les pieds froids
elle, mal aux pieds
debout au balcon jardin
regarde les pas se dessiner
énigmatiques motifs
voit le jour tomber l’air geler
au fond de la cour
fondu au noir
il neige
comme tomber
dans le puits




dimanche 3 avril 2016

Fenêtre sur au-delà


c'est l'au-delà déjà, le seuil d'un néant d'une douce densité, l'orée d'un bleu peut-être ou d'une sombre déchirure, un plain-chant d'ombres aux fragments de voix frissonnantes et oubliées.

c'est l'au-delà clos de hauts murs de granit, recouvert d'une blanche épaisseur où des pas, dans l'effort de la marche, écrivent le poids de leur vie et les doigts s'ensanglantent sur les murs d'enceinte. 

c'est l'au-delà où des noms desséchés et oubliés sont criés d'une voix rauque.

je suis de l'autre côté de la fenêtre, du versant de l'intérieur, et je suis dans l'attente que mon nom soit crié.

vendredi 1 avril 2016

Carte postale



Un coucou de l'OT de Chamonix pour un accès wifi rapide jusque vers chez vous. Le temps n'est pas super mais les montagnes magiques...




... et puis on en profite pour visiter les musées : un tour en Suisse à la Fondation Gianadda par une route, toute en lacets, superbe (col des Montets, de la Forclaz) avant de descendre sur les vignobles de Martigny et de passer une journée devant les tableaux de Zao Wou-ki




Et le reste de l'après-midi dans le jardin aux sculptures




Je vous embrasse très fort et ce n'est pas un poisson d'avril


PS : toutes les photos sont de JF Barthale

vendredi 25 mars 2016

Turlurette


« Aujourd'hui un air en tête qui ne me quitte pas, dansant la gigue, tournant et retournant inlassablement en ritournelle du soir au matin, quelque chose qui s'enroule et dont je ne peux sortir. Ou d'autres jours un air de malheur tournant en boucle dès le lever, jouant sa rengaine de pipeau et agissant comme un appât pour mieux m'attirer dans l'ornière, quelque chose d'irrémédiable comme une condamnation. Dans les deux cas, l'étrange sensation de ne plus être ce que je croyais être : D'où vient ce décalage ? Qui remonte ce ressort ? Que sont ces entrelacements intérieurs involontaires et incontrôlés ? Un marionnettiste s'est-il emparé de mon corps et de mon esprit pour me faire chanter et ressentir à sa guise ? Ne suis-je qu'un jouet chantant, dansant, virevoltant ou un corps pesant, sachant d'avance que la journée ne m'appartiendra pas ? Qu'est-ce qui, de mon passé remonte et m'interpelle ? »

mercredi 23 mars 2016

Aujourd'hui toucher ...


... la vie, toucher les coeurs ; toucher et être touché par la beauté d'un regard, par un appel de désespoir, touché comme un bateau qui va couler ou un avion s'écraser. Touché en plein coeur et presque dans un cri de joie comme lorsqu'enfant, nous jouions à la bataille navale et que nous atteignions notre but. Toucher du bout des doigts, effleurer ta peau et reconnaître ton visage dans le noir, touché par ton odeur qui s'est incrustée en moi et n'a jamais quitté mon souvenir. Emu par la caresse d'un regard qui va tout droit à l'âme. Ne pas se contenter de frôler la vie mais la prendre à pleines brassées, la mordre à pleines dents, être ébranlé par sa beauté et la souffrance. Fondre de plaisir quand tu me touches. »

samedi 19 mars 2016

Berlin bleibt doch immer Berlin

Une cour intérieure dans Berlin-est. Vue de ma fenêtre : trois immeubles de briques rouges. Le mien identique aux trois autres referme la cour. Des immeubles de huit-dix étages, austères, sans crépi, dans un parfait alignement comme on en a tant vus dans les films, ces immeubles que l'on voyait dans tous les pays de l'Est et qui n'ont, de lieux de vie que le nom. Fenêtres alignées, sans linge qui sèche, sans fleurs ni plantes, on n'est pas à Naples tout de même.
Le regard plonge au fond de la cour comme dans un puits. Tri sélectif oblige, un grand espace propre et rangé où s'alignent les poubelles aussi nombreuses que les types de déchets. De nombreuses bicyclettes, noires toutes, sans fioritures ni multiples vitesses sont stationnées le long des porches.
C'est pourtant dans un appartement d'un tel immeuble que nous avons choisi de passer notre semaine de vacances à Berlin. Nous logeons dans la Bernauerstrasse, cette rue qui a été coupée en deux par le mur. Nous sommes tout à côté de la Zionskirche, église tristement célèbre : ses salles paroissiales furent perquisitionnées par la Stasi dans la nuit du 25-11-87 car ses sous-sols abritaient une fameuse bibliothèque bien connue de l'opposition. On y disait des poèmes, on y organisait des débats, les livres officiellement interdits y circulaient sous le manteau. Des jeunes gens qui s'y trouvaient furent arrêtés ce qui allait susciter une incroyable vague de solidarité dans le pays. Nuit et jour, des jeunes faisaient brûler des cierges devant la Zionskirche afin d'obtenir la libération de leurs amis. Les habitants du quartier apportaient du café chaud et des sandwichs -tradition qui se perpétuait lors de notre séjour, pour les sans-abris -. Nous sommes tout près de la Rosa Luxemburgplatz, de la Volksbühne (célèbre théâtre populaire de style Art Nouveau où fut fondé le théâtre politique, héritier de Bertold Brecht) et de Karl Liebknechtstrasse. Aujourd'hui encore, lors des manifestations ce sont encore et toujours les mots de Rosa Luxemburg que les manifestants brandissent sur des pancartes « La liberté c'est d'abord la liberté de penser des autres ». Que pouvions-nous faire d'autre à Berlin qu'arpenter ces arrière-cours, ces rues ?
Les appartements de ces immeubles ont été rachetés pour une bouchée de pain par de jeunes étrangers débrouillards, courageux et inventifs. Notre logeur, un jeune espagnol, s'exprime encore mal en allemand et dans un anglais presque pire. Lui et sa famille ont entièrement refait plusieurs de ces appartements, les rendant spacieux en faisant tomber quelques cloisons, les éclaircissant par le choix de murs et carrelages clairs et les rendant confortables par des meubles modernes légers.
Lorsque nous rentrions de nos visites, frigorifiés – cet hiver-là, les températures frisaient les moins dix-sept à Berlin- nous devions monter à pied nos neuf étages. Tout en comptant machinalement les marches de l'escalier « eins, zwei, drei, vier, fünf, sechs, sieben », me revenaient en tête chaque jour, à chaque étage, de petites comptines que me chantait mon grand-père allemand et dont j'avais totalement oublié l'existence. Ce sont les mélodies qui revenaient en premier, je commençais par les fredonner, et au fil des jours et des étages, les paroles incomplètes d'une strophe surgissaient. Le lendemain, je l'avais en entier et un second couplet venait s'accrocher au premier. C'est ainsi qu'au fil de la semaine, je redevins bilingue : tout un passé que j'ignorais posséder m'avait rattrapé.

jeudi 17 mars 2016

FENETRE SUR COUR-S

Cours, cours ! ni ne trébuche, ni ne vole en éclats
Cours, cours ! turbo sur ton coeur
le danger à tes trousses, mais loin déjà
les jonquilles se fanent dans l'air que tu déplaces, la route du tremblement de terre qui s'élargit derrière toi
Cours, cours ! avale ton haleine
recrache tes poumons en feu
Ton visage écarlate à portée de fusil, ce n'est que le sang qui te bat, tes tempes tamponnées de douleurs scintillantes, ajournés les sons dans tes oreilles assourdies.
Cours ! le salut est dans la ligne de fuite. Plus de distance tu mettras et plus de chance de respirer encore d'autres fois. Cours ! Loin devant
Cours ! prends tes jambes à ton cours, prends ton coeur à ton pouls. Cours ! Laisse derrière toi le velours des mensonges, les mobiles immobiles, les pannes d'oreiller.
laisse derrière toi les nuits sans rebours, les neiges sales amassées sous le lit, les repas de petite vieille à la coque, les attentes inutiles entre 2 pages de livre.
Cours !
Agrippe toi au paysage, aux arbres qui n'attendent rien de toi, à cet écureuil tendre. Cours !
Ne pense plus à cette maison aux fenêtre sans jour, aux fenêtres qui emmuraient ton regard. Ne pense plus à cette femme à sa fenêtre, qui dévoilait à peine le rideau pour épier l'ombre d'un événement, la venue du printemps.
Ils ont coupé le cerisier, ils ont cisaillé le printemps.
Cours ! oublie la fenêtre, oublie la porte, oublie la cabane douillette, oublie le jardin, oublie la cour.
Cours ! courage ! Cours !