dimanche 28 février 2021

Balade de la Viale de Crupies

 



Grimper par le « rif »pour s'élever peu à peu

admirer l'or des cornouillers en fleurs

rencontrer la vipère qui se dore sur les pierres.

Dans le lointain, la vallée dans une brume de chaleur. 

 



 

vendredi 19 février 2021

Balade du Pas de Lestang

 



Seules deux échancrures permettent

de traverser le synclinal perché de la forêt de Saoû

souvent comparé à une coque de navire :

Le Pas de Lauzun et le Pas de Lestang.

mardi 16 février 2021

Balade de Saoû



 

Quelque soit l'heure ou la saison, la beauté de cette entrée

dans la forêt de Saoû,

toujours entourée d'un voile de brume

regorge de mystère.

lundi 15 février 2021

Balade de Mornans



 

Mais un jour, je vis une image

qui me dicta les premiers mots

je compris bien plus tard

que c'était un poème.

mercredi 10 février 2021

Balade entre Pont de Barret et Soyans

 



Plissements volcaniques

Turbulence du ruisseau

Eau et terre se confondent

en un tumulte grondant.

dimanche 7 février 2021

Balade du Col d'Espréaux (Vesc)


 

Des kilomètres de montée en S

enfin cesse le chemin

au bout du bout, une île japonaise

la mer à portée de vent.



samedi 6 février 2021

Balade au Gour du Saut (2)


 

Naïade, ondine, mélusine ?

Son regard courroucé s'accroche au mien.

Ces pupilles exorbitées, cette bouche entr'ouverte

Colère ? Détresse ? Appel de l'au-delà ?

vendredi 5 février 2021

hier j'ai fait un petit atelier d'écriture avec 3 étudiantes avec des mots empruntés

 Et maintenant qu'allons-nous faire 

De tous ces moutons paresseux

des fleurs en tourbe sur les toits

du chat qui gratte à la porte

de la truite dans la musette

des hirondelles qui ne reviennent pas ?


 Et maintenant qu'allons-nous faire 

des absences à l'horizontale

du héron échoué

de l'espoir qui se dérobe dans la neige qui tombe 

comme de la nuit ?


 Et maintenant qu'allons-nous faire 

Des petites filles envolées

Dans leurs bulles de savon

De toutes les feuilles mortes

Qui s'entassent devant la porte

Et enferment le chat dehors ?


 Et maintenant qu'allons-nous faire 

de la déesse ?

Des papillons de nuit

du noir et de l'or de son corps

des sept anneaux

de sa poussière ?

Et maintenant qu'allons-nous faire  ?


Dans l'ordre de nos métamorphoses

Nous partirons sans bruit

Nous attendrons dans le noir de la page

Dans l'ombre et les méandres

Nous guetterons dans les cendres

Une dernière braise de pluie.



Balade au Gour du Saut (1)

 



 

C'est le grondement qui surprend.

Les yeux sont émerveillés :

blancs des calcaires, vert-pâle des marnes

couleurs d'huitres.

dimanche 31 janvier 2021

31 janvier

 

 

Dernier jour de janvier : ciel d'été

des couples piquent-niquent sur un banc

une jeune femme lit dehors au soleil

seraient-ce les prémisses d'un printemps ?

jeudi 28 janvier 2021

Retour en pays d'enfance

 En ce petit matin encore tout sombre, de retour dans notre vieille maison, aux gros murs, dans le petit village de Bourdeaux, face aux vieux village (Viale) et au beffroi, assise près du poêle qui ronfle, les sons et les gestes dans lesquels je baigne sont les mêmes que ceux de mon enfance. Je suis dans un cocon de bien-être, et de sécurité, un cerneau de noix dans sa coque.

La chatte s'étire, les mêmes gestes ancestraux, chercher du bois, se vêtir d'un gros pull de laine car la maison n'est pas chaude en cette saison, aller au petit marché, préparer amoureusement un plat au four : une couche de patates, une de champignons, j'alterne en chantonnant, je recouvre le tout de crème, tout va mijoter plusieurs heures au four, des livres attendent, quelques rangs de tricot ... l'après-midi le soleil est rarement absent, c'est l'heure de la balade. Des paysages chaque heure changeants, la rivière, les montagnes, les champs vert-clair du blé naissant, les sillons marrons de ceux fraîchement labourés, les sommets enneigés … 

Que peut-il bien manquer ? Chaque jour, une immense gratitude m'emplit, chaque jour se suffit, me suffit et me comble.

 



 

vendredi 15 janvier 2021

Collage avec Lapouge et Hugo

quand l’obscur demeure

un pli de paysage

le bout des choses

une Terre au large

les mots créent une géographie

comme une torche qu'ils secouent

ils nomment et l'obscur s'illumine

des ombres que lui jettent

les choses qui seront un jour

 

Gilles Lapouge et Nicolas Bouvier : "Parfois la défaillance du langage"

 



Un paysage si beau

Un paysage qui déborde tout vocabulaire

Une terre, solitaire, dédaigneuse, intouchée,

Une Terre au large de toute géographie.




jeudi 14 janvier 2021

Collage avec Lapouge et les matériaux : L'obscur s'illumine

L'obscur s'illumine / la mine d’un crayon le badigeonne

le verre est transparent

Mais Les mots ne ramènent aucun gibier

nos habitats intelligents comme une lame de rasoir

une tasse de thé / mille anecdotes / bien des mystères

Une Terre innommable

Succès mondial / Passion du papier journal

un paysage si beau qu'on n'arrive pas à lui mettre des mots dessus

l’histoire insoupçonnée du plastique / l’apparition des alliages

le vrai bout des choses entièrement constituée de diamant /

dans une planète cinq fois plus grande que la Terre

Le béton qui nous abrite précède et achève toute géographie


mercredi 13 janvier 2021

La légende de la géographie : nouvelle publication pour consigne et un autre en dessous qui n'a rien à voir

 

La légende de la géographie (1)

"Je nomme et l'obscur s'illumine. Les mots créent le territoire, le badigeonnent, le fixent, l'immobilisent, le fourrent dans une géographie. Il arrive qu'ils soient dépassés par les événements et que l'obscur demeure car toute terre, au fond, est innommable. Le plus vaillant des écrivains voyageurs, Nicolas Bouvier, enrage quand il rencontre un paysage si beau qu'il n'arrive pas à lui mettre des mots dessus. Un paysage qui déborde tout vocabulaire. Bouvier essaie et il essaie encore. Il rate. Une couleur, un pli de paysage le narguent. Les mots ne ramènent aucun gibier. Nicolas Bouvier est énervé. Il rage. Parfois, j'ai l'impression qu'au fond de sa colère, il y a comme de la jubilation : il a la conviction d'avoir atteint le bout des choses, non pas le bout de la route ou la dernière station de chemin de fer, [...]Ce que Bouvier a trouvé, c'est le vrai bout des choses, le point où règne la Terre, solitaire, dédaigneuse, intouchée, une Terre qui demeure inviolée. Une Terre qui précède et qui achève toute géographie. Une Terre au large de toute géographie, non par ce qu'il est difficile d'y atteindre mais parce que le langage défaille à son approche. Une Terre qu'aucun dictionnaire, et par conséquent aucune mappemonde ne peut désigner. Le Graal du géographe, de l'écrivain."

Pourquoi le verre est-il transparent? Pourquoi un trombone en métal se plie-t-il alors qu’une lame de rasoir est tranchante? Pourquoi une tasse de thé, la mine d’un crayon ou une semelle de basket ont-ils l’aspect qu’on leur connaît et se comportent-ils comme ils le font? Nous avons créé les matériaux qui nous entourent et n’y prêtons guère attention. Ils recèlent pourtant bien des mystères et ont beaucoup à nous apprendre.
Avec passion et humour, Mark Miodownik dresse le portrait intime de dix d’entre eux et révèle leurs secrets à travers mille anecdotes. On découvre ainsi l’histoire insoupçonnée du plastique de nos appareils ménagers, du papier journal de nos petits matins et du béton qui nous abrite. Saviez-vous que l’apparition des alliages a changé l’histoire de l’humanité? Qu’une planète cinq fois plus grande que la Terre est entièrement constituée de diamant? Que le graphène, le matériau le plus fin et le plus solide qui existe, rendra un jour nos habitats intelligents?
Dans La vie secrète des matériaux, Mark Miodownik dévoile un quotidien bien moins banal qu’il n’y paraît!
Succès mondial traduit en vingt-deux langues, La vie secrète des matériaux a reçu le Prix du livre de sciences décerné par la Royal Society of London.

mardi 12 janvier 2021

Collage avec Victor Hugo 2

Chanteur inutile

On le raille

Homme des utopies

Il est doux comme une femme à son âme

Comme aux forêts

Comme une torche qu'il secoue


Tout ce qui couvre le monde

Ce que la foule n'entend pas

 

Des ombres que lui jettent

pour feuillage l'avenir

 

Les pieds ici

Les choses Dans sa main


 en silence

 il pense

lundi 11 janvier 2021

La fonction du poète

La Fonction du poète

Dieu le veut, dans les temps contraires,
Chacun travaille et chacun sert.
Malheur à qui dit à ses frères :
Je retourne dans le désert !
Malheur à qui prend ses sandales
Quand les haines et les scandales
Tourmentent le peuple agité !
Honte au penseur qui se mutile
Et s'en va, chanteur inutile,
Par la porte de la cité !

Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
ll est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C'est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
Comme une torche qu'il secoue,
Faire flamboyer l'avenir !

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d'amour,
Sont faits des ombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.
On le raille. Qu'importe ! il pense.
Plus d'une âme inscrit en silence
Ce que la foule n'entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

Peuples ! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l'avenir.

Il rayonne ! il jette sa flamme
Sur l'éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l'âme
D'une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d'en haut il la dévoile ;
Car la poésie est l'étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs !


Victor Hugo, Les Rayons et les ombres
 

                                                     

Collage avec Victor Hugo

perçant les ombres

malgré les épines

le passé pour racine

la poésie pour étoile