Grimper par le « rif »pour s'élever peu à peu
admirer l'or des cornouillers en fleurs
rencontrer la vipère qui se dore sur les pierres.
Dans le lointain, la vallée dans une brume de chaleur.
Grimper par le « rif »pour s'élever peu à peu
admirer l'or des cornouillers en fleurs
rencontrer la vipère qui se dore sur les pierres.
Dans le lointain, la vallée dans une brume de chaleur.
Seules deux échancrures permettent
de traverser le synclinal perché de la forêt de Saoû
souvent comparé à une coque de navire :
Le Pas de Lauzun et le Pas de Lestang.
Quelque soit l'heure ou la saison, la beauté de cette entrée
dans la forêt de Saoû,
toujours entourée d'un voile de brume
regorge de mystère.
Mais un jour, je vis une image
qui me dicta les premiers mots
je compris bien plus tard
que c'était un poème.
Des kilomètres de montée en S
enfin cesse le chemin
au bout du bout, une île japonaise
la mer à portée de vent.
Naïade, ondine, mélusine ?
Son regard courroucé s'accroche au mien.
Ces pupilles exorbitées, cette bouche entr'ouverte
Colère ? Détresse ? Appel de l'au-delà ?
Et maintenant qu'allons-nous faire
De tous ces moutons paresseux
des fleurs en tourbe sur les toits
du chat qui gratte à la porte
de la truite dans la musette
des hirondelles qui ne reviennent pas ?
Et maintenant qu'allons-nous faire
des absences à l'horizontale
du héron échoué
de l'espoir qui se dérobe dans la neige qui tombe
comme de la nuit ?
Et maintenant qu'allons-nous faire
Des petites filles envolées
Dans leurs bulles de savon
De toutes les feuilles mortes
Qui s'entassent devant la porte
Et enferment le chat dehors ?
Et maintenant qu'allons-nous faire
de la déesse ?
Des papillons de nuit
du noir et de l'or de son corps
des sept anneaux
de sa poussière ?
Et maintenant qu'allons-nous faire ?
Dans l'ordre de nos métamorphoses
Nous partirons sans bruit
Nous attendrons dans le noir de la page
Dans l'ombre et les méandres
Nous guetterons dans les cendres
Une dernière braise de pluie.
C'est le grondement qui surprend.
Les yeux sont émerveillés :
blancs des calcaires, vert-pâle des marnes
couleurs d'huitres.
Dernier jour de janvier : ciel d'été
des couples piquent-niquent sur un banc
une jeune femme lit dehors au soleil
seraient-ce les prémisses d'un printemps ?
En ce petit matin encore tout sombre, de retour dans notre vieille maison, aux gros murs, dans le petit village de Bourdeaux, face aux vieux village (Viale) et au beffroi, assise près du poêle qui ronfle, les sons et les gestes dans lesquels je baigne sont les mêmes que ceux de mon enfance. Je suis dans un cocon de bien-être, et de sécurité, un cerneau de noix dans sa coque.
La chatte s'étire, les mêmes gestes ancestraux, chercher du bois, se vêtir d'un gros pull de laine car la maison n'est pas chaude en cette saison, aller au petit marché, préparer amoureusement un plat au four : une couche de patates, une de champignons, j'alterne en chantonnant, je recouvre le tout de crème, tout va mijoter plusieurs heures au four, des livres attendent, quelques rangs de tricot ... l'après-midi le soleil est rarement absent, c'est l'heure de la balade. Des paysages chaque heure changeants, la rivière, les montagnes, les champs vert-clair du blé naissant, les sillons marrons de ceux fraîchement labourés, les sommets enneigés …
Que peut-il bien manquer ? Chaque jour, une immense gratitude m'emplit, chaque jour se suffit, me suffit et me comble.
quand l’obscur demeure
un pli de paysage
le bout des choses
une Terre au large
les mots créent une géographie
comme une torche qu'ils secouent
ils nomment et l'obscur s'illumine
des ombres que lui jettent
les choses qui seront un jour
Un paysage si beau
Un paysage qui déborde tout vocabulaire
Une terre, solitaire, dédaigneuse, intouchée,
Une Terre au large de toute géographie.
L'obscur s'illumine / la mine d’un crayon le badigeonne
le verre est transparent
Mais Les mots ne ramènent aucun gibier
nos habitats intelligents comme une lame de rasoir
une tasse de thé / mille anecdotes / bien
des mystères
Une Terre innommable
Succès mondial / Passion du papier journal
un paysage si beau qu'on n'arrive pas à lui mettre des mots dessus
l’histoire insoupçonnée du
plastique / l’apparition des alliages
le vrai bout des choses entièrement constituée de diamant /
dans une planète cinq fois plus grande que la Terre
Le béton qui nous abrite précède et achève toute
géographie
Chanteur inutile
On le raille
Homme des utopies
Il est doux comme une femme à son âme
Comme aux forêts
Comme une torche qu'il secoue
Tout ce qui couvre le monde
Ce que la foule n'entend pas
Des ombres que lui jettent
pour feuillage l'avenir
Les pieds ici
Les choses Dans sa main
il pense
perçant les ombres
malgré les épines
le passé pour racine
la poésie pour étoile