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mardi 18 novembre 2025

VIII  -  VOIR  -  CHERCHER où TROUVER.     (VIII  BIS )


   La grille rouillée roule ses yeux ardents sous leurs semelles meurtries. La longue marche a épuisé leur légèreté et leurs pas sont les larmes des coups reçus enfouis sous leurs cicatrices à corps ouvert. Le silence emmure les lèvres vrillées par la souffrance et le temps accélère la douleur des non-dits. Plus rien n'affleure à la surface des sentiments. Même la haine a suivi l'envol des oiseaux . Elle s'est muée en une traversée diagonale de la frayeur pour échapper à la résurgence du mal. 

    VII  -   CHERCHER   -  VOIR où TROUVER.     (VII   BIS )

   Le goéland sur son nuage
gardien du sable
gardien de l'eau
son oeil glauque et perçant
reflète les incertitudes 
du monde.
Petit Pouvoir
au-delà des luttes intestines
Sa solitude vulnérable
n'en fera qu'une bouchée
sous les incisives grotesques 
de l'Univers
ensorcelé
combat des chefs
yeux révulsés
par l'appât du vide
du rien qui servent tout
Il s'accroche à la certitude du ciel
à sa noirceur qui n'existe 
que par l'aiguille de Lumière
qui traverse les nuages
 de la nuit
L'Aiguille-Espoir.


 

 

 VI  - VOIR  - CHERCHER où TROUVER.   (VI  BIS)


    L'horizontal
entre le ciel et l'eau
Figure géométrique
Figure équilibriste
mais maintenir
se maintenir
sous les ciels laiteux
Ne pas poser bagage
Fendre les vagues
Guider sa barque
sur les strates de l'eau
Elire la nuit épistolaire
pour réécrire sa vie
Pouvoir encore rêver
et voguer, voguer
sans vague à l'âme 
à l'abri des maisons endormies
Enfin pouvoir aimer
à portes grandes ouvertes.



 

 

 

V - VOIR - CHERCHER où TROUVER.  (V  BIS)

(pour les photos, voir Version 1)

   Vouloir s'évader des eaux troubles confondant les rochers, les poissons, les ombres des grands fonds et tous leurs démons de l'oubli relève de la magie du corps à vouloir vivre à tout prix, surgir, émerger, prendre les vagues dans ses bras et se traîner sur le rivage. Le sable offre sa couche profonde, tendresse, caresses assurées. Un bras se lève et la main pointée vers le ciel la falaise s'entrouvre, laisse passer une silhouette étonnée, remplie d'une rage joyeuse. Les pieds nus flottent au-milieu des grains blonds-cendrés, entonnent une valse silencieuse d'abord étourdissante ensuite de la tête et du coeur. Dès lors, elle ouvre les portes des rocs engrillagés et le chemin dans la campagne hospitalière sinue sous la lumière d'un matin prêt à offrir le gîte à un corps révélé. Fermer les yeux, respirer, savoir que l'on peut exister.

mardi 24 juin 2025

 CHERCHER  -  VOIR  où  TROUVER.  /12/

 



Derrière les spirales closes entre les cercles de métal la matière du temps s'enfuit ignore la réalité du présent. La géométrie du carré s'est effacée dans la topographie du rond. Illusion de douceur. L'enfermement est le même et les années se meurent à rechercher l'issue du labyrinthe. Froideur de la matière sous sa couleur de plomb. 
Ainsi les veines du parquet mimétisme des raboteurs veines saillantes sous le poids de l'outil. Leur prison est la même à genoux. Dur labeur encerclé de par les lignes droites. Temps imparti pour la perfection d'un rendu les yeux chargés des copeaux de fatigue. 
Soulever les paupières ou du moins essayer apercevoir le ciel. La verticalité des murs les fenêtres étroites empêchent la lumière mais l'Esprit la devine. Et par-delà les cheminées par-delà les nuages abscons une étoile l'étoile de la Liberté. Où se cache la Vérité?

CHERCHER  -  VOIR  où  TROUVER.  /11/


 

 

 

 


 

 

 

 

 

La vie la mort créées
entre deux temps
entre des murs suintant 
la douleur d'exister
larmes-grêlons piétinées 
à pas lents 
sur la glaise mouvante
s'en aller
greffons multipliés à l'empathie
d'un mur
candélabre implorant 
aux bras fendus de joie
"Entre vidas" pour légende
"Entre muerte" en direction
repos du corps
abandon
souplesse de la main-nonchalance
 sur papier déchiré
le monde du visible
derrière les paupières closes


 CHERCHER   -  VOIR   où   TROUVER.  /10/





       Virgules de sang
apostrophes posées sur la berge
en attente d'un peut-être départ
langues de feu
lutte extrême
souffle du chaud et du froid
aux frontières de la mer gelée 
la glace-baldaquin pour les corps immolés
pour les corps pétris
sous le bleu profond 
des lignes de la nuit
en attente d'une île
réversion des couleurs
émergence d'un souffle
dans le vert sombre de la 
pierre dressée
de l'horizontal au vertical
l'effort de vivre et de créer
                                                                                                                                                                                         
 
 
 

lundi 23 juin 2025

 CHERCHER - VOIR où  TROUVER  ( IV- bis)

 Le moucharabieh de la peur
sur fond de mur de pierres
petits carrés-mouchoirs
voilage de l'indifférence
de la liberté emmurée
mot pernicieux déchiré refoulé
mot enterré dans la profondeur d'un
couloir
aux cris lugubres de l'oubli
des idéaux meurtris sous les pieds
lacérés des pertes ajoutées
froid tremblement lumière sourde
aux cris mouroirs
aux cris miroirs
d'un échappement impossible
seul le labyrinthe des jours 
vide de l'enfermement
du retour impossible
tourner tourner tourner
ne pas sombrer 
être le derviche de son ombre
d'une autre vie imaginée

 

mercredi 21 mai 2025

 CHERCHER - VOIR où TROUVER  (III bis)

Sur un bateau les arbres
arche de Noé impérieuse
défiance du monde
avaleur du temps sur les vagues atones
au-dessus
le ciel déverseur de nuages
ils crient les arbres
avalés par le gris
happés par les grands fonds
et leur incantation
est notre incantation
notre âme nos cris
nos corps
dans la nuit épouvante du monde
nous engager à résister
ne pas finir en cage tressés ligotés
nous en indifférence
prisonniers de nos calculs erronés
l'incarcération de notre conscience





CHERCHER - VOIR où TROUVER (II bis)

 Approfondir l'espace
repousser les maisons
creuser le ciel
redessiner ses reflets endormis
les coquelicots explosent
paysage de sang taches de feu
le phare baigne sa tour
dans l'eau inversée du matin
des maisons alignées
espace démantelé espace obstrué
une fenêtre solitaire
ouverture-douceur ouverture-couleur
dans le règne de l'horizontal
les abscisses et les ordonnées
du règne de la construction
l'essence de la ville
la réflexion de l'architecture urbaine
lever les yeux
et confronter la courbe des nuages
découvrir cachées
les alvéoles des feuilles du tilleul
redessiner du pied les vaguelettes
la douceur de leurs accolades
les angles de notre vie brouillée
par la mathématique des éléments
redéfinir notre façon de voir


mardi 20 mai 2025

CHERCHER - VOIR où TROUVER  /1bis/

Dans le brouillis des cheminées obscures, les oiseaux noirs errent dans le ciel de fumée. Le voile blanc qui s'élève les enseigne sur leur direction à vivre, eux aux ailes calcinées, eux aux ailes veinées de sang, eux aux corps concupiscents des corps brûlant dans la folie humaine. Leurs chairs enchevêtrées débordent l'espace-feu, salissent l'herbe foulée des pattes ordurières d'avoir tué encore tué. La forêt adjacente transpire l'odeur des âmes en lambeaux. Fétide, elle souffle la purulence  de leur dislocation se ralliant aux couleurs ombrées des corps décomposés. Verticale, elle rallie la fumée vers le ciel; verticale elle rallie la douleur, la laideur, ne laisse aucun espace à une rédemption. Pourtant, pouvoir s'échapper de cette spirale infâme, pouvoir poser son corps de cendres sur un tapis cardé aux couleurs d'existence. Le transformer en urne funéraire en pointillés de coeur. Lui voler quelques grains pour pouvoir les semer. Ainsi réinfanter la Vie.

lundi 5 mai 2025

 CHERCHER - VOIR  (9)




 

VOIR - CHERCHER où TROUVER  (9)

Ici de l'eau 
accouchée d'une étoile
encense la journée de
ses  soupçons dorés
perles d'amour au passant esseulé
gouttes de vie au chat
sur la margelle
enchantement étonnement
aux limbes des étés
lignes perpétuelles des bleus
réinventés
Là-bas des points tellement petits
tellement vivants
bras levés offrande impénitente
à l'eau-de-vie l'eau-de-là
sous-jacente  par-delà les nuages
courbure des corps
dédoublement des sens
dos de livres épinglés
sur lignes de la connaissance
ne pas courber l'échine devant le
poids des mots
prendre le temps
le temps de les apprivoiser
le temps de lire et de comprendre
pour aimer
aimer le feu qui coule sous la braise
aimer l'eau pour attiser
le feu
le feu du savoir tapi à l'angle des vagues
virgules cognitives du pouvoir des mots







 

CHERCHER - VOIR (8)


 

 CHERCHER - VOIR où TROUVER (8)

 Engrillagées  derrière les murs
de lave de feu de sang
et derrière l'impudeur de la
folie humaine le regard battu
par les lignes-frontières
les diagonales du crime
femmes accusées molestées dépecées
dans leurs chairs leur corps
anéanti nié renié
petit carré bleu jeté dans le reflet des vagues
fantasmes engloutis
les pieds liés
les poings meurtris
dans l'eau sournoise
clepsydre de la liberté
il n'y a pas de rivage pour entreposer ses rêves
pas de relief pas de possibles
pouvoir tourner la tête
suivre l'oiseau des yeux
s'enfuir trouer les murs
déchirer les tentures découper les tissus
tissus-habits tissus-mensonges
oser penser à un ailleurs
pour reconstruire l'ici

lundi 7 avril 2025

 CHERCHER - VOIR (7)

 

 VOIR - CHERCHER où TROUVER  (7)

Espérer des au-delà
Attendre
à l'horizon du monde
Derrière la ligne droite
franchir le bleu pour
découvrir
se découvrir
seul mais le regard vivant
Avoir envie de percer
les mystères-sorciers
Ensorcelée
mais refuser pour ne pas se laisser
dévorer
mais refuser la peur
Victoire cachée
dans les yeux de la nuit
ou du jour
Lichen sur la peau
manteau des certitudes
maladie acnéique
rongeuse du temps
Se faufiler tout de guingois
au tréfonds de la gueule
ouverte
S'accrocher aux dents comme
on s'accroche aux branches
S'ébrouer
jeter le masque du vivant
Percer la carapace de cuir
tendue
Et  saluer le ciel
toile de maître de gris drapée
rayons divins s'échappant
d'un espoir nébuleux
Et saluer le ciel
miroir de lumière

mardi 18 février 2025

 CHERCHER - VOIR (6)

 


 VOIR - CHERCHER où TROUVER (6).

Exister
d'un élan frondeur
tel le paille-en-queue
à l'horizontale des éléments
être la figure géométrique du paysage
aller de l'avant
tracer sa route
en équilibriste de la houle
et du vent
persister
sans se laisser distraire
même si quelquefois
les nuages abondent dans le ciel laiteux
savoir poser son bagage sur une barque
aspirée
par les strates du ciel
quand les verts charpentés entrent en correspondance
et que les bleus marins acceptent de répondre
la nuit épistolaire
continue
s'y meurt le jour
en spirales ajourées
viennent y naître les étoiles
comme autant de projets autant de certitudes
voguer de l'une à l'autre
se pelotonner dans leurs branches
faire de leur aura un châle-protection
et écouter
écouter la complainte 
qui s'élève des maisons endormies
aimer
aimer la lumière-confusion
blottie dans un croissant de lune
pour encore espérer

 (photo d'un paille-en-queue, La Réunion
"un ciel à Honfleur" de Nicolas de Staël
"Nuit étoilée" de Van Gogh)

 

mercredi 29 janvier 2025

CHERCHER - VOIR/5

                                 


VOIR- CHERCHER TROUVER (5)

S'évader
Nager à contre-courant
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
Prendre son corps par la main
Et avancer
Insidieusement
Lancer son cri avec ses bras
Précipiter l'ondulation
des vagues
Les yeux rivés sur le sable
si loin
Mais l'espérer
Jouer des pieds
Se traîner jusque vers les falaises
entrouvertes
miraculeusement
Telle la Mer Rouge devant Moïse
Puis valser valser jusqu'à
l'étourdissement
De la tête et du coeur
Valser jusqu'à l'oubli
des grilles
Alors découvrir un chemin
La liberté à fleur de la campagne
A fleur de la rivière
A fleur des gouttelettes sur
Les roseaux mouillés
A fleur de la lumière
De ses matins ourlés
Pour enfin se laisser tomber
Fermer les yeux
Respirer s'autoriser à
Exister

jeudi 19 décembre 2024

CHERCHER-VOIR/ 4

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

VOIR – CHERCHER    TROUVER  (IV)

Des poumons oppressés.
Le souffle envahi par la solitude du gris.
La souffrance du silence obligé, emmuré dans un grillage rafistolé au plomb des sévices.
Liberté. Le mot gommé, foulé, refoulé, écrasé sous les semelles des prisonniers martelant les couloirs. Relégué sous les langues, au fond des gorges humides des émanations du chagrin.
L’avenir. Il se meurt dans le couloir aux lignes nauséabondes. Long tunnel étriqué. Grilles-mâchoires. Lumière falote des impossibles sur le sol de terre battue. Tunnel où se fourvoient les idéaux avalés par la porte entrouverte. La porte des incertitudes, du temps maudit qui déglutit l’envie de vivre.
 S’échapper dans le labyrinthe des jours Se soustraire à la peur des matins qui succèdent aux soirs.
 Le Rien.
Le Vide.
Palper les murs. Tourner, tourner, tourner. Devenir le derviche de la désespérance. Vouloir croire en la liberté incarnée.


LINETTE.

mardi 17 décembre 2024

CHERCHER-VOIR / 3

 



VOIR -  CHERCHER    TROUVER  (III)

Unis sur le même bateau, les arbres droits, fiers défient le monde. Leur Arche de Noé impériale, impérieuse vogue sur l’univers sombre du Temps qui passe et déroule ses vagues atones.
Le ciel chargé déverse ses nuages comme pour engloutir le cri qu’ils jettent, hébétés, dans le gris.
Le bateau tanguera, il se renversera mais les grands végétaux resteront droits. Ils sont notre âme que le destin  appelle. Ils sont nos cris dans la nuit noire du monde. Ils sont nos corps qui veulent résister ne pas finir en cage, tressés, ligotés, épuisés par la sourde colère des vaisseaux ennemis.
Ils sont le chat, le chien, le lémurien qui nous disent leur amertume, là où est notre indifférence.
Ils seront la prison de nos calculs erronés, l’incarcération de notre conscience.


LINETTE.