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mardi 18 novembre 2025

    VII  -   CHERCHER   -  VOIR où TROUVER.     (VII   BIS )

   Le goéland sur son nuage
gardien du sable
gardien de l'eau
son oeil glauque et perçant
reflète les incertitudes 
du monde.
Petit Pouvoir
au-delà des luttes intestines
Sa solitude vulnérable
n'en fera qu'une bouchée
sous les incisives grotesques 
de l'Univers
ensorcelé
combat des chefs
yeux révulsés
par l'appât du vide
du rien qui servent tout
Il s'accroche à la certitude du ciel
à sa noirceur qui n'existe 
que par l'aiguille de Lumière
qui traverse les nuages
 de la nuit
L'Aiguille-Espoir.


 

 

lundi 30 juin 2025

L'oeil et la source /5 bis/ Ineffacé

 



Le regard, porté par le désir d’un ailleurs, s’amarre loin sur la ligne d’horizon dont on sait depuis longtemps qu’elle reste inatteignable, mais on ne se résout pas, malgré tout, à la quitter des yeux. C’est un songe qui flotte alors, entre passé, présent et avenir dont on n’a pas les clés. En soi l’ineffacé. Au loin ce qu’il reste à découvrir de soi. Cette étendue profane, au silence épais en surface, mais où, par en dessous des rumeurs étranges dont on ne peut palper la teneur, grondent et s’amplifient. Ces sons, car on ne peut réellement parler de voix, s’épanchent, se diffusent, s’éparpillent sous l’eau, sans que l’on ne puisse les recueillir afin qu’ils nous révèlent ce quelque chose qui nous attend. Mais on se tient prêt à accueillir une prémonition, à se confronter à ce qui pourrait devenir vision. Au fond de soi des signes et des traces se condensent en superpositions de plis telles des pages saturées de messages, de dessins , de pensées serrées au sein d’un livre, que l’on pourrait déplier pour délivrer ce qui fut une vie :des archives que l’on ne consulte qu’avec distance, avec même parfois une certaine appréhension, car il y a toujours le risque de remuer ces souvenirs de l’intime et peut-être même des secrets bien enfouis, comme un chant muet ; et est-ce vraiment bon de les propulser à une lumière vive. Certains jours pourtant, on ressent cette nécessité d’outrepasser le danger et de rallumer le brasier de la mémoire, et l’on s’enfouit dans ce qui resurgit, progressant par ricochets ou à saute-moutons des rives d’un passé à un autre, qui donne tout son sens à ce que l’on est devenu. Et l’on ne peut s’empêcher d’observer, en éprouvant sans doute un sentiment de pitié ou de désarroi selon les moments, face à la vaste étendue du ciel, que notre vie est si minuscule et que ce que l’on a accompli a si peu d’intérêt, qu’il serait préférable de disparaître rapidement de la surface de la terre. Mais on tente malgré tout de sauver quelque chose, on se sent comme une mouche en train de se noyer dans une goutte d’eau, on s’agite en tous sens, on bat des ailes, et dans un éclair de lucidité ou d’amour-propre, on se tient face à quelque chose de soi que l’on trouve émouvant. C’est infime, mais cet infime, lui, brillant d’un étrange éclat, nous regarde et nous redonne des yeux, en un souffle venu de nos errances. Et nous voilà en chemin encore.

 

Pour la version 1 à partir des trois images liées à Marguerite Duras, voir ici 

lundi 23 juin 2025

 CHERCHER - VOIR où  TROUVER  ( IV- bis)

 Le moucharabieh de la peur
sur fond de mur de pierres
petits carrés-mouchoirs
voilage de l'indifférence
de la liberté emmurée
mot pernicieux déchiré refoulé
mot enterré dans la profondeur d'un
couloir
aux cris lugubres de l'oubli
des idéaux meurtris sous les pieds
lacérés des pertes ajoutées
froid tremblement lumière sourde
aux cris mouroirs
aux cris miroirs
d'un échappement impossible
seul le labyrinthe des jours 
vide de l'enfermement
du retour impossible
tourner tourner tourner
ne pas sombrer 
être le derviche de son ombre
d'une autre vie imaginée

 

lundi 5 mai 2025

CHERCHER - VOIR (8)


 

 CHERCHER - VOIR où TROUVER (8)

 Engrillagées  derrière les murs
de lave de feu de sang
et derrière l'impudeur de la
folie humaine le regard battu
par les lignes-frontières
les diagonales du crime
femmes accusées molestées dépecées
dans leurs chairs leur corps
anéanti nié renié
petit carré bleu jeté dans le reflet des vagues
fantasmes engloutis
les pieds liés
les poings meurtris
dans l'eau sournoise
clepsydre de la liberté
il n'y a pas de rivage pour entreposer ses rêves
pas de relief pas de possibles
pouvoir tourner la tête
suivre l'oiseau des yeux
s'enfuir trouer les murs
déchirer les tentures découper les tissus
tissus-habits tissus-mensonges
oser penser à un ailleurs
pour reconstruire l'ici

mardi 18 février 2025

 CHERCHER - VOIR (6)

 


 VOIR - CHERCHER où TROUVER (6).

Exister
d'un élan frondeur
tel le paille-en-queue
à l'horizontale des éléments
être la figure géométrique du paysage
aller de l'avant
tracer sa route
en équilibriste de la houle
et du vent
persister
sans se laisser distraire
même si quelquefois
les nuages abondent dans le ciel laiteux
savoir poser son bagage sur une barque
aspirée
par les strates du ciel
quand les verts charpentés entrent en correspondance
et que les bleus marins acceptent de répondre
la nuit épistolaire
continue
s'y meurt le jour
en spirales ajourées
viennent y naître les étoiles
comme autant de projets autant de certitudes
voguer de l'une à l'autre
se pelotonner dans leurs branches
faire de leur aura un châle-protection
et écouter
écouter la complainte 
qui s'élève des maisons endormies
aimer
aimer la lumière-confusion
blottie dans un croissant de lune
pour encore espérer

 (photo d'un paille-en-queue, La Réunion
"un ciel à Honfleur" de Nicolas de Staël
"Nuit étoilée" de Van Gogh)