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mercredi 21 mai 2025

5/ V2 Le son du coeur et des images

  V2 du texte 5

 images : 

  • Harold Whittles 
  • Le coeur ne cède pas GB
  • Mon enfant tenant un coeur entre ses bras

Tant de coeur à l'ouvrage

        tant de voix contenues

        tant de souvenirs exfiltrés

        qui n'avaient plus servi

Des scènes de liesse

Des sons sensibles

        qui font battre le coeur

        pourtant à l'agonie

Tant de correspondances

Tant de coïncidences

Tant de révélations

        a posteriori

Les larmes montent aux yeux

        Quand le printemps frémit

Le passé conjugué à tous les temps présents

Quand mon regard se brouille

        mes oreilles aux aguets

        la bouche grande ouverte

Les écrits crient

        La parole reste

samedi 18 janvier 2025

5 /V1 Dans le secret des images 5/


      


Le texte s'ouvre sur des secrets, sur un portrait métaphore. La métaphore de la connaissance et de la reconnaissance. Entendre pour la première fois et ne pas en croire ses oreilles. Et moi la re-découvrir et ne pas en croire en mes yeux.

Harold Whittles ouvre les siens, presque effrayé, devant ce miracle en même temps qu'il nous est révélé, car le photographe a anticipé l'image ; il a appuyé sur le déclencheur de lumière au moment précis où l'enfant de 5 ans sourd de naissance, entend pour la première fois.

Harold c'est moi lisant Le Coeur ne cède pas, suivant l'auteur dans les méandres de son enquête à la recherche du journal d'agonie de Marcelle Pichon, moi qui n'en crois pas mes yeux de ces phrases qui m'enchaînent et font écho à mon histoire, pas mon histoire de sourde, pas mon histoire de femme qui se laisse mourir de faim, mon histoire nourrie d'une faim insatiable, de coïncidences, de synchronismes. Cette photo comme un signe de celui qui me l'avait montrée pour la première fois et l'avait mise en vitrine, celui dont j'ai accompagné l'agonie. Celui dont la Grand-mère, celui...

Scène de liesse. Cette photo retrouvée par hasard 40 ans plus tard sur le mur de crime du site web qui prolonge le livre et ne correspond à rien dans l'histoire. Alors j'écris à l'auteur pour lui demander ce qu'elle fait là, et nous correspondons un temps. Il m'explique que c'est vrai elle ne correspond à rien si ce n'est à l'enfance, si ce n'est qu'elle est sur son bureau depuis  20 ans. Nous correspondons jusqu'au jour où je ne corresponds plus. Quelque part, le coeur a cédé, quelque part du côté d'une poésie non partagée. Un malentendu, un mauvais appareillage.

Alors je mets dans mon sac une photo de mon enfant qui vient de naître et dort contre moi, et je retrouve celle-ci où grande jeune ado avec des bagues sur les dents, elle tient ce gros coeur blanc entre ses mains. "Mon P'tit Coeur" je l'appelle. Celui-ci non plus ne cède pas.