jeudi 18 mars 2010

lettre

Je viens vous remercier, un peu tardivement, je l'avoue, d'avoir acheté la maison de Tiranges où j'ai vécu un petit paradis d'enfance ,, pendant les vacances je vous promets d'en prendre soin. Je n'ai rien à faire et c'est  cela qui prends tout mon temps. Les flocons tombent depuis des jours sur cette immensité répendant sur moi, la plus belle des lumières et moi si fatiguée à mon arrivée ici, si peine de bruits , et de fureurs je reprends  peu à peu  le chemin immobile de la paix.. Je ne sais pas en écrivant quand cette lettre pourra vous parvenir, je l'écris un peu à fond perdu mais c'est parce que du fond de ma solitude blanche et encore douillette mes pensées vont aller vers vous. Vous avez ét si souvent retranchée dans la solitude vous aussi vous avez été coupée du monde vous avez ressenti ce que je ressents  vous me demandez comment je peux  rester plusieurs  mois totalement seule dans cette maison de bourg située dans un village éloignée de toute ville où seuls régnent le silence et la lumière. Je vais essayer de vous expliquer pourqoi il est si important  d"etre solitaire et attentif  lorsqu'on est triste l'instant apparemment immobile où je pense que les grandes pensées viennent du coeur. Je pense aujourd'hui fermement qu'avoir chacun son nez dans sa propre valise est la seule augure d'un bon voyage avec l'autre. Voyez vous peut- ççetre faut-il avoir atteint, comme moi le terme du voyage pour découvrir les photographies que nous avions prises , y observer les postures que nous ne souvenions pas avoir adopté compter les effets personnels qu'il ne nous semblait pas avoir emporté.Il ne faut pas s'offenser que les autres nous cachent la vérité puisque nous nous la cachns si souvent à nous meme Mais pour vous le billet est encore validé. Je peux vous proposer d'etre la gare de consignes déployer vos affaires sur les étagères  de ma chambre, les défroisser, les aérer à ma fençetre les suspendre  aux cintres de mes armoires si vous vouliez bien entrecouper votre périple effréné de quelques pauses dans ce sac de délestage y accopmplir les yeux fermés avec une grande respiration une incursion intérieure, peut
etre  pourrez vous reprendre  la course avec des valises moins lourdes.
Pour avoir moi-même
 voyagé trop chargée  ma destinaton c'est soudain annulée je n'ai plus les jambes et il me reste le regard.
Je range vos paroles avec soin.Je n'hésite  pas à venir  les visier de temps en temps.
J'ai besoin que vous me rassuriez que je n'ai pas révé que je vais lutter.
Je vous embrsse aec mon affection

mercredi 17 mars 2010

Lettres : cinquième consigne

La séance vient de s'achever où nous avons oeuvré ainsi que des fourmis: armés de ciseaux, nous avons découpé dans la chair des lettres que nous avions écrites depuis quatre séances! Découper encore et encore au coeur des textes de chacun et d'autres aussi qui s'y sont mêlés . Réécrire une nouvelle lettre avec les mots des autres en y incluant parfois nos propres mots. Nouvel exercice et travail très studieux et concentré!

mardi 16 mars 2010

j'ai réécrit ma moitié

Bon, elle ne va pas tarder à apparaître ici même.

clocher

Pour parler de clocher, j'ai voulu m"élever et c'est sur un escalier que j'ai envie de parler de clocher.
C'est un clocher  banal celui du village de mon enfance et celui là il a du me voir pour la première fois emmailloté dans des langes car il y a 60 ans on ne badinait pas  lorsqu'on avait un nouveau né  il fallait le baptiser dans les huit jours d'ailleurs  on ne rentrait pas tout de suite dans l'Eglise il fallait passer par les fonds baptismaux  c'est seulement  par ce passage obligé  qu'on était considéré faisant partie  de la famille des élus, sans cela si on mourrait  c'était dans les limbes  qu'on allait, les limbes c'était pour moi, et je l'avais appris au catéchisme, une sorte d'endroit où on flottait , ce n'était ni bien ni mal c'était tiède pas le paradis, pas l'enfer non plus on n'en sortait jamais.
A onze ans un autre clocher en Auvergne belle église romane et là  j'ai vécu cela un peu comme une promotion une horloge sonnait les heures et les demi. Dans la froidure des draps, il n'y avait pas de chauffage dans ma chambre, je trouvais que cela faisait chic d'entendre égrener les heures le sommeil venait très vite en comptant les coups de gong c'était magique. Le sacristain s'appelait Rémy le matin il passait en courant devant la boulangerie à midi et le soir il allait actionner les cloches pour l'Angélus, c'était tout manuel. Il y avait d'autres moments où il s'activait lorsque quelqu'un était était mort, dans les minutes qui suivaient,on voyait le curé avec sa soutane et son surplis, l'enfant de choeur en aube qui agitait le goupillon, on n'osait pas demander à l'homme d'église qui avait "trépassé" mais on essayait de voir où il se dirigeait.
Lorsque je suis partie en pension, c'est près de la cathédrale que j'ai vécu Il y avait des tours des tourelles des clochers des clochetons des pigeons nichaient dans les cavités de tous ces petits clochers et projetaient leurs fientes sur les fidèles  quand ils rentraient à l'office et tant pis si je risque les damnations éternelles un jour qu'on allait accomplir une de nos innombrables dévotions un de ces volatiles à souillé le voile de la religieuse qui nous accompagnait j'ai ri tout haut cela faisait  comme une grosse verrue sur le couvre chef de mère Marie des Oliviers devant mon hilarité la sanction a été immédiate : "ma fille vous viendrez me voir à la sortie de la messe" et j'ai été privée  quinze  jours de sortie.
Puis cela a été la ville,  et dans ma tour, j'ai beau prendre garde je ne vois plus de clocher et je peux vous dire que lorsque souffle un certain vent j'entends des cloches de quel clocher proviennent elles je ne sais? mais une nostalgie s'installe et j'aime les écouter.
La semaine prochaine je pars à Barcelonne Gaudi va me faire voir d'autres clochers et il me semble que je vais apprécier.

lundi 15 mars 2010

Nuit,

Nuit, je te ressens, tu m'enveloppes, tu me calmes, tu me faits me replonger dans mon enfance, je me vois juchée sur les épaules de mon père lorsque nous revenions à pieds de veiller d'une ferme amie, le ciel était constellé , il gelait , j'entends les pas crisser sur la neige, je revois notre arrivée au village, j'entends le bruit de la clé dans la serrure, il me semblait que la maison était un palais de glace, le charme du moment était interrompu par l'interrupteur mon père me posait sur le béton, et ma mère disait "vas te coucher" adieu nuit.
Je pense aussi à ce film Paris Texas je revois la voiture sur l'autoroute  tous les phares éclairés ces lumières rouges qui scintillent et la fille qui roule vers un destin qu'elle n'a pas choisi.
Nuit je me revois dans ce train qui filait sur Lyon et j'entends la voix de cette personne  qui me disait "Vous ne trouvez pas que c'est joli toutes ces lumières des HLM éclairées Je répondais oui, mais j'avais mal, ma campagne était loin et la lumière blafarde de mon village me manquait.
En venant aujourd'hui chez notre  hôtesse, j'ai lu  son magnifique texte sur le parrain, et le tableau de Quentin de la Tour me revient je revois la flamme de la bougie tenue par la fillette: brisait-elle la nuit cette pale lueur ?
Alors je le redis haut et fort la nuit  est un théâtre dans lequel des personnages se détachent il suffit de lever le rideau.Entrez - y et vous verrez que la pièce se jouera il suffit de s'asseoir et de croire en la nuit.
Nuit de Chine, nuit câline, nuit d'amour est ce  qu'en Chine les nuits  sont plus belles ? C'est vrai que la nuit les amours se font plus pressants , plus forts.
La nuit est peuplé de tant de choses, la nuit lorsque tout dort il me  semble parfois que l'univers m'appartient, non ce ne sont pas des fadaises  croyiez moi, je l'ai expérimenté les insomnies sont quelquefois riches en illusions.

vendredi 12 mars 2010

Lettre à un jeune poète


Voici l’extrait de la lettre en date du 23 décembre 2003 dont nous n’avions que la moitié Natô et moi et qu’il nous fallait compléter. Rendons à Rilke ce qui lui appartient!
Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir. Etre seul comme l'enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l'enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s'en affairent et que l'enfant ne comprend rien à ce qu'elle font. S'il n'est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d'être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays. Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d'évènements auxquels vous pouvez prendre part. Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien.
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jeudi 11 mars 2010

Lettres à un jeune poète

Cher monsieur,

                                           J'ai un ami qui prétend là que, toujours à minuit, il se fait une fente minuscule entre le jour qui finit  et celui qui commence , et qu'une personne très adroite qui parviendrait à s'y glisser sortirait du temps et se trouverait dans un royaume indépendant de tous les changements que nous subissons; à cet endroit sont amassées toutes les choses que nous avons perdues...
Je vous le dis avec force, glissez-vous dans cette faille que vous commencez d'apercevoir, même si vous vous écorchez les doigts et que votre peau est brûlée, même si vous sentez le sang couler, continuez d'avancer. Vous êtes sur la bonne voie.
Allez un peu plus loin encore, forcez votre corps, n'écoutez rien d'autre que ces gémissements qui vous  attirent et qui vous effraient dans le même élan. Il est des zones d'ombres où sont amassées les lumières qui vous aideront à progresser. Creusez toujours plus avant et laissez remonter à la surface ces mots qui vous donneront ce surcroît d'être. Là et seulement là est la vie qui vaut d'être vécue.
Avancez. Fouillez. Défrichez. Inventez, découpez, taillez la vêture qui correspond le plus à votre être. Sacrifiez la joliesse pour la beauté.

Et soyez joyeux et confiant !
 

mercredi 10 mars 2010

au secours ! la publicité est revenue !!

je parle de Murakami, écrivain japonais dans mon dernier billet ; et à l'étape : publier le message, un pop up s'affiche et me propose de rencontrer la femme japonaise de mes rêves.
quelle chance, mais je la connais déjà.

Mots en B. Dictionnaire

Biais, Biais, disait le mouton, dans sa langue étrange. Il avait un défaut d’élocution. Il avait un défaut de locomotion. Il partait toujours sur le côté, sur la gauche de préférence, badinant, essayant de nouvelles recettes d’herbe folle qui ne le rendait pas fou pour autant, tandis que l’ensemble du troupeau allait tout droit tête baissée. « Il faut avancer », disait le chef, « sinon on recule » mais lui savait bien ou pressentait plutôt qu’à force d’obéir à l’ordre, certains de ses compatriotes s’étaient retrouvés en charpie au bas de la falaise.. D’aucuns avaçaient une autre hypothèse : Dans sa jeunesse sa mère avait fréquenté des moutons sauvages élevés dans les livres d’Haruki Murakami, l’écrivain coureur japonais au regard si triste. Ça n’expliquait pas tout, mêêêêhhhh…

Boulevard
“On the Boulevard on broken dreams”… “I walk alone »...
se disent ces milliers de manifestants (quelques centaines suivant la police) qui arpentent depuis tant d’années l’asphalte, sans qu’aucune de leur chanson ne devienne jamais un tube.

Brasser

Du vent, des idées, des idées, du vent. Parfois ça finit en choucroute ; ou en bière ; car, qui trop brasse, trop vite s’éteint.

lundi 8 mars 2010



lettre avec rilke


Cher A,


voici que pour la première fois je choisis la solitude. La grande solitude qu’est à mes yeux l’absence de l’amour ; m’éloigner, et ne rencontrer des heures qui passent que le souvenir de nos heures passées ; le détachement, c’est à cela qu’il faut parvenir. Etre seul(e), un peu chancelant(e) au bord du flot tumultueux tandis que les grandes personnes vont et viennent avec des allures pleine de certitudes qui semblent grandes à l’enfant que je suis redevenue ; je n’ai jamais pu me tenir comme les grandes personnes s’en allant par la vie avec des liens rassurants, sans doute parce que je ne comprends rien à ce qu’elles font. S’il existe autre chose que la liberté entre les hommes et vous, essayez de m’en convaincre ; le mariage comme une assurance qu’ils ne vous abandonneront pas. Il y a bien ces choses, mais je ne sais m’y résoudre ; si je regarde les vents qui agitent les arbres, ils me parlent du désir qui a chaque instant peut nous traverser ; il y a le monde des choses et celui des sens, de la sensualité, des sentiments auxquels vous pouvez juste faire semblant d’échapper ; aujourd’hui je préfère, toujours comme l’enfant que je redeviens me laisser porter par le vif courant et si vous pensez à votre tranquille sérénité ou si je nous manque, retournez aussi parmi les enfants secrets. Les seuls êtres vraiment libres et qui n’ont peur de rien, parce que leur dignité ne répond à rien.

Je vous embrasse.
N.

(avec les mots de Rainer Maria Rilke)



samedi 6 mars 2010

Solitude

La consigne consistait à inclure la phrase suivante de Rilke dans le texte:

« Voilà pourquoi il est si important d'être solitaire et attentif lorsqu'on est triste : l'instant apparemment immobile où... »

Tu me demandes comment je peux rester plusieurs mois, totalement seule dans cette maison de bourg située dans un village éloigné de toute ville, où seuls règnent le silence et la lumière. Je vais essayer de t'expliquer pourquoi il est si imprtant d'être solitaire et attentif lorsqu'on est triste.
En restant chez moi, je reprends chaque jour les mêmes chemins qui me conduisent irrémédiablement aux mêmes lieux, me font croiser les mêmes gens. Tout ce tissu de dépendances, d'accoutumances me carapaçonne, m'asphyxie. Je n'ai plus accès à mes émotions.
Mais ce n'est pas tout : en quittant tout le confort que m'offre ma maison habituelle, pour vivre dans ce lieu plus rude, je retrouve au fil des semaines une vie plus simple. La solitude, le silence dont je suis entourée, l'absence de paroles échangées sans réelle nécessité, l'absence de spectacles, réhabilite peu à peu chaque acte qui se densifie, s'amplifie. Ici, le temps apparemment immobile donne tout son poids à chaque geste. Solitude et immobilité du temps me rendent attentive au moindre mouvement des feuilles, des nuages et à ceux de mon âme. Je vois ce que mes yeux ne voyaient pas parce qu'ils ne prenaient pas le temps de regarder. Ce que je vois parfois me met à nue mais sans ce risque-là, que vaut la vie ? Le monde s'entr'ouvre : je me glisse dans une fente et peu à peu les amarres sautent, je suis délestée et légère. Non seulement la tristesse me quitte mais l'intimité avec moi-même est retrouvée.
A la tristesse dont je peux être submergée quand je suis plongée dans la foule des gens et des habitudes qui me constituent, succède une conscience paisible. Je ressens physiquement tomber une vieille peau, je n'ai plus besoin de lire tant de livres, deux phrases peuvent alimenter toute une journée.
Levée avec l'aube, sans toilette ni petit déjeuner, j'écris face à la fenêtre. Il faut faire vite avant que le grand jour arrive. Alimentée par la nuit, la ballade de la veille, les mots glissent aisément. Suivent un repas pris sur les genoux sans aucun temps de préparation, une longue ballade. Ma seule entorse au monde du dehors : la radio le soir. Non pas pour les nouvelles, dans ces moments-là, des nouvelles je m'en fiche, je ne veux pas savoir ce qui se passe dans le monde. Je suis débranchée, dé-préoccupée. Seulement capter une émission où je glanerai quelques mots pour rêver, bifurquer ; ou bien quelques lignes de lecture ou un peu de musique.
Là ne sont sans doute pas toutes les raisons du bonheur que je retrouve à vivre chaque instant – l'un après l'autre -, là n'est pas une recette pour tous. J'approche seulement l'essentiel qui me manque et le vacarme se tait.

vendredi 5 mars 2010

Solitude


(La consigne d’écriture était de compléter une lettre de Rilke dont je ne possédais que la moitié gauche! Natô avait l’autre moitié….Il a donc fallu écrire “entre” les mots de Rilke. Exercice périlleux mais très enrichissant! Surveillez la mise en ligne de Natô pour vous faire une idée ; ensuite nous mettrons le texte réel!) . Les mots de Rilke sont en italique.


Une seule chose est nécessaire: accepter la béance de sa solitude intérieure. Aller en soi-même, – n’accepter de ne voir des jours durant personne – c’est à cela seulement que vous verrez votre écriture creuser son sillon. Soyez seul, comme l’enfant est seul quand ses pensées se rangent en lui et qu’alors des certitudes lui viennent, mêlées à des choses futiles, intimes et importantes du seul fait que tous autour de lui s’affairent et que l’enfant ne comprend rien à ce tournoiement du monde. Il est certain qu’il n’est pas de communion entre les êtres sans cette solitude intérieure qui nourrit et qui permet d’être prêt des choses: elles ne vous susciteront que si elles se sont insinuées dans le silence des jours. Dans la solitude encore des nuits, il y a encore des pensées nouvelles qui se dénichent et courent sur les pays. Dans le règne des songes et des rêveries toutes bêtes, tout est plein d’évènements auxquels il est aisé et utile de prendre part. Les enfants sont habiles et brillants à ce jeu là, mieux que vous  fûtes: tristes et heureux, ils font briller de mille feux les récits de leur enfance, vous revivez parmi eux, et vous réalisez que les propos des grandes personnes ne sont rien, rien d’autre que paroles bien ternes et sans âme.

jeudi 4 mars 2010

Lettres à un jeune poète


Bip nous a concoctés une série de consignes issues de "Lettres à un jeune poète" de Rainer Maria Rilke. Elle a dépecé le livre pour nous alimenter de petites phrases que nous devions glisser dans nos lettres. Lettres par nous adressées à ce jeune poète à qui parle Rilke, ou à la personne de notre choix. Une autre consigne était proposée à partir de deux lettres de Rilke dont nous n'avions qu'une moitié ( découpée verticalement) et la difficulté consistait à réécrire la moitié qui nous manquait. Exercice périlleux mais très intéressant à faire!

mercredi 3 mars 2010

dictionnaire B

Brassée: que ce soit de feuilles ou de mots, ce n’est  rien qu’un  peu de vent que l’on enserre. Tout s’est déjà envolé lorsqu’on pose le tout .

Biais: c’est un regard qui n’ose pas; un de ces regards de malaise. Une manière de ne pas voir, de ne pas être vu , mais regardant. Un truc pas franc du collier.

Boulevard: c’est un mot qui est laid. Avenue a une autre classe quand même!

Comme je regarde parfois de biais, au lieu de boulevard , j’avais lu bouleverser! Alors je vous livre ma brassée de mots pour celui-là!

Bouleverser: conduire l’être au delà de lui-même, dans cette zone si fragile où l’on ne peut aller qu’avec d’infinies précautions. Un livre ou quelques lignes peuvent réussir ce transport.

lundi 1 mars 2010

Lettre B

Biais :


Face à leur conscience et à leur culpabilité, nombreux sont ceux qui prétendent ne pas biaiser et tentent de s'en persuader. Mais sournoisement, dans quelles directions sont-ils écartelés jusqu'au démembrement ? Et sinon, pourquoi tant de douleurs ? Le raisonnement inverse tient la route : et si au lieu d'y aller tout droit, de foncer dans la chair, on y allait parfois de biais, est-ce que ça ferait moins mal ?

Boulevard :

Je tourne en rond.Voilà des heures que je suis les feux arrières des voitures qui me précèdent sur ce boulevard périphérique. Comment vais-je en sortir ? Par quelles bretelles ? Je mets la radio.
Tout à coup, un grand coup de frein, je percute la voiture avant, reçois un grand choc à l'arrière. La nuit est tombée. Mon ange gardien qui somnolait à l'arrière, saute sur la banquette avant, pose ma tête délicatement sur son épaule et me berce. Tout est fini.


Brasser:

Ce matin, ça me brasse dans les tripes. Je crois être malade. Plus la journée avance, plus je me rends compte que ça brasse. La répétition des mêmes idées s'enroule en spirale. Les pensées se vrillent comme les viscères, désirs et regrets se mêlent, tout se noue, m'étouffe, un cordon ombilical autour du cou se resserre, noeud coulant.
La rupture devra venir du dehors pour retrouver un peu de sérénité, remettre un peu d'ordre dans tout ce merdier, faire cesser les bruits, desserrer les noeuds


Lettre A

Avaler :

A force d'avaler des couleuvres -école, église, société- et d'avoir trop peu vomi, j'ai avalé ma langue. Aujourd'hui, je voudrais régurgiter mais les mots restent coincés, accrochés aux anneaux.

Ailleurs:

Avec la fuite de la jeunesse, mes ailleurs sont plus souvent liés à l'inaccessible du temps passé, au paradis à jamais perdu, aux chants de l'enfance. Le champ de mes ailleurs s'étale dans une temporalité révolue, irréversible et inatteignable, ou sur les pages des livres aimés et dans mes rêves nocturnes.
Subsistent quelques champs bien réels et palpables : l'éden de mon jardin, la campagne drômoise.
Il m'apparaît soudain que jeune femme pleine d'énergie, tous mes ailleurs s'étalaient devant moi, dans l'action, sous forme de perpétuels projets se bousculant.

Lent basculement du ciel et de la terre par les ans.