... que tout est aussi beau dans le monde que ce que nous avons
observé pendant la balade botanique de ce matin. Familles diverses
(astéracée telle la lampsane commune, apiacée tel le céleri,
fabiacée comme l'acacia, poacée que sont toutes les graminées ...)
poussaient à profusion avec ce temps magnifique d'alternance de
pluies bienfaisantes et de chaleur. Nous avons admiré la porcelle
enracinée et même elle, qui pourtant envahit nos jardins était
belle. Nous avons également constaté que le charme a des dents et le
hêtre des poils (autour des feuilles). Oserais-je vous parler du
nectar, de l'azote, des nodosités au goût de noisette et des
pinacées ? Et de ces plantes qui cohabitent, chacune utile à l'autre et au terrain, et qui de plus, font bon
ménage avec les insectes, oiseaux … ? Et de ces dames maghrébines
qui cultivent un jardin partagé avec qui nous avons longuement
herborisé ? Non, vous croiriez que le monde est une merveille. »
samedi 11 juin 2016
vendredi 10 juin 2016
Vendre à l'encan tous mes rêves broyés
En puisant dans la boîte
à mots, m'est tout à coup apparue la solution pour ne pas finir ma
vie trop à l'étroit avec retraite de misère.
Des
rêves, j'en ai eus, en veux-tu en voilà et l'on m'a dit qu'ils sont
le bien le plus précieux …
Depuis
celui de la petite enfance où lorsque rien ne me convenait, je me
consolais d'être l'enfant trouvée dans une poubelle, recueillie par
de méchants parents, mais, en réalité l'authentique enfant
abandonnée d'une très belle actrice qui survenait pour me sauver et
m'emmener avec elle. Puis, il y eut celui de m'enfuir, loin, si loin
- sans que quiconque ne soit prévenu - que toute trace de moi
disparaissait et qu'une toute nouvelle vie recommençait. J'ai
ensuite failli être femme de ministre : un lointain correspondant
gabonais ayant un jour, inopinément, déboulé chez mes parents pour
venir me chercher, en vue de m'épouser. Je
passe tous les rêves de sensualité, polissonneries diverses, tous
les rêves érotiques et les folles passions qu'ils ont engendrés,
ceux d'ivresse et de désir pour des rencontres passagères.
Plus prosaïquement, j'ai aussi
rêvé d'être journaliste, courant le monde et parcourant tous les
continents, le monde entier me suffisant à peine. Et puis, il y eut
le rêve fou de vie à la campagne, à l'écart de toute activité,
vie au jour le jour à cultiver mes légumes et celui, encore plus
fou, d'être nonne et de méditer toute la journée, sans enfant ni
mari, sans travail ni passion.
Inutile
de poursuivre puisque tous ont été broyés, laminés par une
réalité aiguisée comme une lame de rasoir, dans un monde sans
merci et qui se délite de plus en plus, devant lesquelles il a bien
fallu plier l'échine. Et de déboires en désillusions, la vie
cahin-caha m'a menée par le bout du nez alors que je pensais la
mener à la baguette.
Donc,
ma boîte à mots me suggère de vendre tous ces rêves à l'encan :
dès la semaine prochaine, je les apporte bien emballés à la salle
des ventes de Sotheby's et les mets aux enchères.
Comme
le monde dans lequel nous vivons semble bougrement en mal de rêves,
sans doute ferais-je d'excellentes affaires avec mes rêves en prêt
à porter. Et puis, aujourd'hui, geignante comme un vieux meuble à
quoi me serviraient-ils ? Je constate que la vie est brève et le
désir sans fin, et que je n'ai plus, ni les forces pour les mener à
bien ou la naïveté, de simplement y croire. L'inétouffable
espérance qui m'animait, s'amenuise de jour en jour. Prévoyante, je
me suis fait un manteau de mes fictions, peut-être me tiendra t-il
le corps au chaud pour ce qui me reste à vivre ?
jeudi 9 juin 2016
"Vendre à l'encan mes rêves broyés" (boîte à mots)
C'est une brocante, en haut de la colline
On y vend, à l'encan, des rêves broyés
des rêves de coccinelles, des rêves d'instants.
A l'infini, leurs échos clapotent, mais ne remontent pas à la surface de la conscience, qui n'existe pas.
Bulles d'air cherchant leur source, ne la trouvant pas sous la cendre du temps, les rêves-brocantes sont retenus par le crépuscule du fond de l'océan.
Et pourtant un rêve-crabe s'ébat comme le guerrier solitaire, sans armes ni ennemis à combattre
puis est mangé jusqu'aux pattes par le rêve-piranha égaré entre deux-eaux.
Le rêve-sardine s'ennuie sur l'étagère de sable et patiente en comptant et recomptant les rêves-bulots entassés dans une vieille caisse posée sur un tabouret comme un lapin sous la pluie.
"L'art est-il scandaleux" philosophe le rêve-corail qui rêve qu'il se promène dans le musée de l'innocence en baillant aux corneilles.
C'est l'heure ! dit le brocanteur en se réveillant de sa longue sieste oublieuse de rêves. Il passe un coup de balai sur la poussière de sa léthargie, éteint les lampes-étoiles de mer, pousse un dernier rêve étourdi vers la sortie, sort son trousseau de clés et le laisse tomber au pied du rocher couvert de vieux rêves-d'algues.
On y vend, à l'encan, des rêves broyés
des rêves de coccinelles, des rêves d'instants.
A l'infini, leurs échos clapotent, mais ne remontent pas à la surface de la conscience, qui n'existe pas.
Bulles d'air cherchant leur source, ne la trouvant pas sous la cendre du temps, les rêves-brocantes sont retenus par le crépuscule du fond de l'océan.
Et pourtant un rêve-crabe s'ébat comme le guerrier solitaire, sans armes ni ennemis à combattre
puis est mangé jusqu'aux pattes par le rêve-piranha égaré entre deux-eaux.
Le rêve-sardine s'ennuie sur l'étagère de sable et patiente en comptant et recomptant les rêves-bulots entassés dans une vieille caisse posée sur un tabouret comme un lapin sous la pluie.
"L'art est-il scandaleux" philosophe le rêve-corail qui rêve qu'il se promène dans le musée de l'innocence en baillant aux corneilles.
C'est l'heure ! dit le brocanteur en se réveillant de sa longue sieste oublieuse de rêves. Il passe un coup de balai sur la poussière de sa léthargie, éteint les lampes-étoiles de mer, pousse un dernier rêve étourdi vers la sortie, sort son trousseau de clés et le laisse tomber au pied du rocher couvert de vieux rêves-d'algues.
mercredi 8 juin 2016
Eclosion
L'un s'est épanoui dans la nuit, l'autre m'attendait ce matin pour sortir de sa coque.
Au plaisir d'écrire ensemble ce soir et "Heureux Anniversaire" à Jean-Pierre
dimanche 29 mai 2016
Cartes postales du retour
vendredi 20 mai 2016
Aujourd'hui une consigne
... Depuis bientôt vingt ans, chaque fois que je la découvre : le vide,
le blanc. Mais que peut-on bien tirer de ça ? Et puis, la plume
part, court toute seule sur le papier, guidée par la main, sans
pilote apparent : elle écrit, elle écrit encore et bientôt les
mots s'accrochent les uns aux autres, la sonorité les entraîne, le
rythme les emballe. Toujours la même surprise lorsque chacun lit,
découvrir tant de différences dans les textes offerts ; et un
étonnement encore plus grand lorsque jaillissent sous ma plume des
mots me révélant une histoire inconnue, les mots seuls ayant écrit
le sens :« Mais d'où ça sort ? » ai-je pensé cent
fois, abasourdie. Etonnant de regarder ses doigts écrire. »
lundi 16 mai 2016
Mont blanc (Brésil)
Morro Branco région de Fortaleza qui a bien pensė aux ami-es de l'atelier car lieu propice à l'écriture.
jeudi 5 mai 2016
Paix
« Aujourd'hui je pourrais tout aussi bien finir ma vie ici dans ce petit village calme où apparemment rien ne se passe, rien si ce n'est le plus important « bien vivre ». Plus les jours s'écoulent, plus l'intensité du silence, la beauté des paysages révélée par la lumière du ciel tout au long des différentes heures du jour, la lumière de ce printemps s'immiscent en moi et colorent mes jours et mes nuits. Marcher, respirer, admirer en silence les changements constants de couleurs des champs, vallons, cols, chaînes montagneuses, suffit à combler la journée et mon âme. Nul besoin d'écrans, à peine de musique, quelques pages de lecture avant de m'endormir. Oui, je devrais tout aussi bien ... »
mercredi 4 mai 2016
dimanche 1 mai 2016
vendredi 29 avril 2016
Envie de vous faire un cadeau
Ces photos viennent de me parvenir, de quelqu'un qui m'est très chère, j'ai eu envie de les partager avec vous. Je ne sais si ce sont aux ciels, aux fleurs ou à l'océan que vont mes préférences. Sans doute la réunion des trois.
jeudi 28 avril 2016
Se saisir des petits riens
![]() | |
| coeurs de Marie |
Ma douce, avoir 60 ans,
qu'en penses-tu, est-ce un petit rien ?
Les petits riens de la
vie, tu es toujours prête à tous les affronter, et même les gros
malheurs. Pour toi, rien n'est insurmontable et la facilité n'est
pas ton lot de chaque jour. Ta devise pourrait être « Si
l'épreuve est dure, le succès sera grand » tant je te trouve
courageuse. Avec un coeur grand comme une maison, tu surpasses ton
homonyme, la Soubirous dont Zola disait – mais en fait il parlait
de toi, j'en suis convaincue - « Ses beaux yeux de
visionnaire où, comme les oiseaux dans un ciel pur, passait le vol
des rêves ». Alors, des rêves parlons-en, des rêves immenses
faits de petits rien que tu sais tricoter dans ta vie, dans tes
textes si émouvants. Rêves de départ, rêves de poissons de lune
bleus, rêves de petite fille dans les champs et d'une maison quelque
part en Haute-Loire. Depuis que je te connais, je ne cesse d'admirer
ton courage, la joie de tes yeux bleus, l'élégance de ta vie, tes
émerveillements de petite fille et ton coeur si vaste. Tous ces
petits riens que tu sais saisir et transformer en pépites : un
sillon labouré dans la brume d'un matin d'automne, un après-midi de
silence partagé sous la glycine, un chat sur un mur dans une ruelle,
quelques larmes versées par un coeur trop sensible, un livre sur
l'amour dégusté dans un pavillon japonais et même l'angoisse d'une
copine que tu arrives à muer en sourire.
J'ai cherché d'où
venait ton prénom : De « B E R » qui signifie « ours »,
que ses origines soient germaniques n'est pas pour me déplaire. Il
te sied bien : force intérieure, courage de se battre contre
l'adversité sans agressivité, calme, persévérance … A ton
contact, je ressens ce calme et la puissante force que tu insuffles.
Le totem de l'ours est vénéré pour ses pouvoirs gérisseurs et
sages car il montre comment survivre dans des conditions difficiles
et offre soutien et force morale. Il est une puissance de modération.
Sais-tu que la première
femme à avoir reçu la Légion d'Honneur – et ce ne fut qu'en 2007
– portait ton prénom ? Je te la donne moi la Légion et même bien
plus.
Alors tous ces petits
riens qui font nos vies de tous les jours, mis bout à bout, font un
grand collier que tu tresses à chaque instant, c'est avec tout mon
amour que je les cueille pour te faire une belle auréole arc en
ciel.
… Que nous nous
retrouvions autour d'un verre, un crayon et un cahier à la main dans
10 ans.
mercredi 27 avril 2016
se saisir de l'instant pour
lui offrir un soleil dans ses cheveux courts
et un gâteaux aux fraises
lui souhaiter une décennie DELICIEUSE
lui prédire des petits riens et de grands bonheurs
l'honorer avec l'épée et la balance pour sa justesse
lui écrire ces lignes en mauve
lui lancer nos mots à tour de rôle pour la fêter
et ne pas corriger nos fautes de français pour l'a fer sursauté
lui lâcher nos bulles de champagne
dans un ciel clément
bulles détestées des doux souvenirs qui emprisonnent la nostalgie
bulles sur lesquelles seraient inscrites des pensées magiques exhaussant tous ses rêves
et l'a-venir des petits rires
et un gâteaux aux fraises
lui souhaiter une décennie DELICIEUSE
lui prédire des petits riens et de grands bonheurs
l'honorer avec l'épée et la balance pour sa justesse
lui écrire ces lignes en mauve
lui lancer nos mots à tour de rôle pour la fêter
et ne pas corriger nos fautes de français pour l'a fer sursauté
lui lâcher nos bulles de champagne
dans un ciel clément
bulles détestées des doux souvenirs qui emprisonnent la nostalgie
bulles sur lesquelles seraient inscrites des pensées magiques exhaussant tous ses rêves
et l'a-venir des petits rires
mercredi 20 avril 2016
Aujourd'hui rouge
Pas
de pouvoir, pas de luxe donc pas de révolte ni de colère contre
eux sans le rouge : rouge du feu, rouge des fastes du pouvoir, rouge
des délices de l'interdiction et de l'érotisme et rouge aussi du
sang, du danger, de la guerre. Passions, émotions, tentations de
quelque côté de la barrière sociale où l'on se trouve c'est avec
le rouge qu'on les exprime. Le faste, les spectacles ne savent pas non
plus se passer de rouge : le rideau de théâtre a même contaminé
celui du cinéma. Pour ma part, jardinière passionnée, c'est le
rouge des tulipes et des camélias qui réjouit mes yeux chaque matin
dans la lumière printanière, et le rouge orangé derrière mes
paupières quand je lézarde au soleil pour un repos bien mérité. »
lundi 11 avril 2016
invitation
C’est le titre du livre d'Emmanuelle Pagano, Ligne et fils, qui a inspiré aux quatre complices le thème de cette exposition. À la lumière de ces deux mots aux sens pluriels, ils explorent ensemble les correspondances entre leurs pratiques de la photographie, de la céramique, du papier plié ou de la création textile. En croisant les fils de leurs imaginaires, ils ouvrent des voies poétiques et ludiques pour entrer en dialogue.
Laurent S. : Je sème des lignes de galets, pour ne pas me perdre ; c'est une cordée ; de 50 bestioles ; la dernière a en ligne de mire les 49 autres, et la première mène la danse.
Catherine D.R. : Un à un les points, je tire l’aiguille. Un chemin se dessine, deux sentiers, trois routes, autant de pistes où m’égarer. Un tour après l’autre, je déroule le fil. Sur la toile les lignes s’élancent et se combinent, traçant les contours d’un plateau de jeu.
Nathalie C. : Temps suspendu, un battement de manche, «Le kimono bruissant» déplie ses ailes, des oiseaux bleus se croisent, des poissons volants tournoient, je tends des lignes, déroule un ruban, je trace «Les infinis», un crépitement, «L’arbre s’évapore» doucement, dans une pluie de fils, mille grues se balancent, «L’archipel» dessine ses contours, au soleil levant, temps mouvant.
Jean-François B. : Revisiter mes images avec une nouvelle paire de lunettes. Commencer par rechercher ces aplats de paysages que j'ai toujours affectionnés, ceux que mon œil aime caresser du regard. Puis, ayant tiré ce premier fil, saisir les jeux de lignes et de mots qui se sont bientôt présentés à moi...
jeudi 7 avril 2016
Aujourd'hui laisser passer les petits papiers
Et aussitôt me trotte en tête, la chanson de Serge Gainsbourg «
Les p'tits papiers », chantée,
reprise par de nombreux artistes. Laissons parler ces p'tits papiers,
papiers-chiffons, papier-buvards, papier de riz et d'arménie,
papier-chagrin, papier-dessin, papier-glacé, papier-carbone et de
musique, et virevolte. Pourquoi laissez passer ce p'tit papier ?
J'aime tellement ces ritournelles qui s'incrustent dans nos têtes et
nous tiennent compagnie des jours entiers. Il nous en passe tellement
entre les mains d'ces p'tits papiers bien inutiles, tout chiffonnés
et crayonnés, au fond des poches et dans nos sacs. Alors « les
p'tits papiers » moi je m'les garde, pour la journée et pour
le fun. »
lundi 4 avril 2016
Il neige
devant la fenêtre elle chute
il regarde en haut elle en bas
un blanc
dans la cour
la petite statue fondante
le tapis clair luisant
quelques silhouettes glissent
les hommes ont les pieds froids
elle, mal aux pieds
debout au balcon jardin
regarde les pas se dessiner
énigmatiques motifs
voit le jour tomber l’air geler
au fond de la cour
fondu au noir
il neige
comme tomber
dans le puits
dimanche 3 avril 2016
Fenêtre sur au-delà
c'est l'au-delà déjà, le seuil d'un néant d'une douce densité, l'orée d'un bleu peut-être ou d'une sombre déchirure, un plain-chant d'ombres aux fragments de voix frissonnantes et oubliées.
c'est l'au-delà clos de hauts murs de granit, recouvert d'une blanche épaisseur où des pas, dans l'effort de la marche, écrivent le poids de leur vie et les doigts s'ensanglantent sur les murs d'enceinte.
c'est l'au-delà où des noms desséchés et oubliés sont criés d'une voix rauque.
je suis de l'autre côté de la fenêtre, du versant de l'intérieur, et je suis dans l'attente que mon nom soit crié.
vendredi 1 avril 2016
Carte postale
Un coucou de l'OT de Chamonix pour un accès wifi rapide jusque vers chez vous. Le temps n'est pas super mais les montagnes magiques...
... et puis on en profite pour visiter les musées : un tour en Suisse à la Fondation Gianadda par une route, toute en lacets, superbe (col des Montets, de la Forclaz) avant de descendre sur les vignobles de Martigny et de passer une journée devant les tableaux de Zao Wou-ki
Et le reste de l'après-midi dans le jardin aux sculptures
Je vous embrasse très fort et ce n'est pas un poisson d'avril
PS : toutes les photos sont de JF Barthale
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