mercredi 4 janvier 2012

du beau du bon du bonne année


Pour celles qui travaillent du chapeau et pour les autres... 
BONNE A NEZ

mardi 3 janvier 2012

lundi 2 janvier 2012

Un trajet entre Cotonne et Bellevue : 3° partie

 
Aller : de la rue du Mont aux tags de la gare Bellevue


Je décide d'aller directement aux tags par la voie la plus directe : la rue de l'Egalerie

Rapidement, face à moi, le nouveau parking de la gare ; tout au fond, sur les murs à l'arrière de bâtiments désaffectés, d'immenses tags colorés que je n'avais encore pas vus, puisqu'ils sont en permanence renouvelés. Traversant le parking, je suis vite coincée par des grilles qui me séparent des tags, isolés et très éloignés de moi ; ce qui, de terrain vague est devenu parking payant, empêche quiconque de s'approcher à pied ou en voiture. En recherchant une issue, je lève la tête et aperçois deux tagueurs descendant d'un toit le long d'une cheminée, accès clairement impossible à mon arthrose.

Entêtée, je ressors du parking et avance un peu dans la rue Buffon qui ne m'amènera qu'à la passerelle qu'empruntent les passants pour se rendre rapidement à la gare, passerelle fourmillante de monde en semaine, mais désertée en cette fin de dimanche après-midi. Forcée de constater qu'il n'y a plus d'accès direct aux tags, je contourne le parking par la gauche, à travers un terrain vague envahi de ronciers : de ce côté-là peut-être trouverai-je une voie d'accès, piétinant les orties, tessons de bouteilles et autres « détritus », je trébuche, bifurque, reviens en arrière, mais finis par avancer, non sans m'arrêter pour une belle récolte de photos : charriots rouillés de supermarché ayant appartenu à Rosetta ou à ses soeurs, pierres irisées des couleurs échappées des bombes de peinture …

 
A ma gauche, un chantier à l'arrêt depuis toujours, abandonné aux herbes folles et dont les murs ne seront sans doute jamais montés, ferrailles rouillées, briques, tuyaux, boudins de plastique ... décor d'arrière-monde figé. Tout ce fatras isolé par un mur de béton de la rue de l'Egalerie, qu'en fait en m'égarant, je suis entrain de remonter.

 
Demi-tour, je prends sur ma droite et repère une ancienne voie ferrée désaffectée mi-recouverte de ronces. Face au soleil couchant je marche dans ses rails longeant de loin la gare, la dépasse pour enfin accéder aux tags, du bon côté des grilles.

 

la invencion de Marienbad


Le parc étendait sa sépulture de ramures murmurantes et d’ombres sombres. Après les dédales du château, cadencé de couloirs en pièces vides, de souvenirs encadrés en gerbes de fleurs confites, le semblant de perspective apaisant le regard reposant le souffle. Je n’étais plus sorti de ce labyrinthe depuis 1983 et les histoires d’eau. Je ne savais pas si le monde existait encore, au-delà de ces frondaisons, de ces fontaines coulant en vases clos et vasques visqueuses, au-delà de ce ciel immobile. Mon itinéraire était toujours le même, j’empruntai tout d’abord la longue allée bordée d’arbres majestueux, peuplés de carouges à épaulettes blessés, mais rescapés de la grande épidémie du 4 janvier, abritant ça et là une créature élégante et diaphane, sensuelle, comme pénétrée par ses souvenirs de pierre. Puis, arrivé près de la petite statue fondante, je fondais. Elle me rappelait tant cette jeune fille connue jadis dans l’autre monde, un peu danseuse, un peu biche, qui posait toujours sur moi ses regards étonnés lorsque j’allais jeune homme acheter une baguette bien cuite dans le magasin de ses parents. Je fondai quelques minutes puis m’étant reconstitué, je reprenais ma marche inutile vers l’horizon sans fin –où l’œil jamais de l’homme n’apaisera décidément sa faim- Parfois à l’abri des buis, à l’habit des bruits, je remarquai des ombres, et leurs poses lascives évoquaient un couple après les ébats amoureux ou après les débats a-mourants. Selon. Mais leur intimité m’était fatale car ma douloureuse solitude suintait de mes yeux, alors que je n’avais plus les moyens de pleurer, j’étais à sec, et puis, j’étais encore un homme : que diable ! charpenté et droit comme du Giacometti charnu. Je devais contenir mes larmes, sangler mon cœur et reprendre ma marche sans but et sans issue qui me reconduirait inévitablement dans les mêmes couloirs, sur les mêmes tapis, les mêmes allées, les mêmes avenues. Puis un jour le froid de la pierre me figerait à mon tour, sans crier gare, et le prochain promeneur solitaire, s’arrêterait devant moi, essayant de déchiffrer mon improbable posture tandis que son chien se soulagerait.

bon itinéraire 2012

samedi 24 décembre 2011

(elle lui) au fond de la cour



au fond la cour

leurs poses

belle allure

lascives

me rappellerais toujours

(elle & lui)

chevaux bleus

évoquaient

(lui)

nuit nuit et jour

un couple

polissons au mal assis

après des ébats

toutes directions

amoureux

en vie

(elle)

la créature

écureuil

élégante

anémone

et diaphane

laurier

(lui)

rouge carmin

sensuelle

(elle)

comme pénétrée

le mange comme ça

par ses souvenirs

découverte

la petite statue

roulé de canard

fondante

rêve des voyageurs

du giacometti charnu

sous doudoune noir

entre 1983

le jour orange

et les histoires

de jeux

d’eau

(elle lui)

au fond de la cour





composé avec :

des mots glanés sur mon itinéraire du 7 novembre 2011

les mots de christian soleil dans «une auréole d’acier bleuté» promenade au coeur du patrimoine stéphanois (ed. édilivre)

(elle et lui)

friandise

"à la ruée, ruons
La ruelle est profonde et le lieu tout au fond"

Guy Goffette, La ruée vers Laure

jeudi 22 décembre 2011

Georg Baselitz - Sculpteur






Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris : 30-09-11 / 29-01-12


L'exposition propose une lecture rétrospective de la sculpture de Georg Baselitz. D'abord peintre et graveur, cet artiste allemand né en 1938 près de Dresde accorde une place croissante à cette pratique. La quasi-totalité de son oeuvre sculptée (plus de 40 pièces exécutées entre 1979 et 2010) montre le cheminement d'un artiste qui a contribué au renouvellement du langage de la sculpture contemporaine. Baselitz travaille le bois à la tronçonneuse et à la hache, une technique au caractère abrupt qui permet une radicalité particulière.
Erudit et collectionneur, il s'inspire de différents primitivismes (art tribal, art populaire, iconographie du réalisme socialiste obligé de la RDA ...) et de la tradition picturale occidentale.
Le gigantisme de ses sujets, les emblèmes insolites permettent à l'oeuvre d'échapper au pathos.

"Si nous sommes fascinés par les sculptures africaines, ce n'est pas parce que nous avons pris conscience de leur finalité, mais parce que nous sommes enthousiasmés par la solution esthétique, la forme comprimée qu'elles présentent."

(Il existe un "Beaux Arts" extrêmement bien fait sur Baselitz)



Devinettes de papillotes

Flanquées de chaque côté de l'escalier monumental de la grande entrée de l'Hôtel de Ville, deux immenses statues : si l'on est face à la mairie, à main gauche "La Métallurgie", à droite " La Passementerie".





















Devinettes :

1) Que signifie l'expression stéphanoise bien connue "Dormir sous l'homme de bronze" ?

2) Qu'est-ce que ce cylindre de section carrée sur lequel s'appuie "La Passementerie" ?

3) Près de ce cylindre la tête d'un personnage. Qui est-ce ?

4) Où se situe la statue bien particulière qui suit ? Et que représente-t-elle ?

 
Réponses dans un prochain commentaire (après les vôtres, bien sûr)


Cette "statue" me rappelle les "Raucher" en bois de mon enfance envoyés de RDA par Oma et Opa.
De petits hommes de bois creux appelés "fumeurs". A hauteur de fesses, ils se déboîtent, apparaît un petit socle sur lequel on dépose un cône d'encens, on réinstalle le corps et par la bouche, toute ronde, sortent de merveilleuses volutes de fumée parfumée. J'en suis toujours émerveillée.

mercredi 21 décembre 2011

sapin collectif

pluie sur mon itinéraire

19h 8mn et 3secondes, des sueurs froides glissent sur les deux statues charnues de la place Jean-Jaurès
des flocons de neige dessinent leurs silhouettes fondantes
cette nuit, ils quittent leur pose lascive et s'animent l'un vers l'autre frissonnants.
Pénétrée par cette eau d'hiver, je les observe, j'ai froid sur mon itinéraire
Retour de courses de Noêl
Moment sans histoire ouvert au monde des souvenirs
d'autres corps s'ébattent avec leurs paquets
Chantons sous la pluie
Danse sous la pluie, Pina
sauts, jets, glissades
sur le rocher noir et luisant
Pluie-confetti diaphane
Giacometti, il n'y a pas de place pour toi maintenant.
(cliquer sur le titre)

lundi 19 décembre 2011

Magie rare naît de rien

 


Une nappe blanche,
sur les assiettes des huitres vert-océan.
Couverte de buée
une bouteille de vin blanc.
Deux verres.
Une table presque vide.


Ils sont de retour
à nouveau face à face.
Une fête simple
pour un événement impensable.
C'est lui qui saisit la première huitre,
Une créature élégante et diaphane, sensuelle
comme pénétrée par ses souvenirs.


Il la regarde longuement,
puis contemple sa femme
qui déjà avale l'animal cilié
du Giacometti charnu.
Te souviens-tu, lui dit-il
lorsqu'entre 1983 et les histoires d'eau,
nous avons passé cette semaine à Arcachon ?
Déjà les coquilles vides s'entassent,
entremêlées, leurs pauses lascives
évoquaient un couple après des ébats amoureux.


Vin et paroles circulaient
Seul le temps était éternel.


En fin de repas
Elle n'était qu'une petite statue fondante.



"Bellevue/La Terrasse/Bellevue", un aller-retour de plus d'une heure pour un peu plus d'un Euro

"Bellevue/La Terrasse/Bellevue", un aller-retour de plus d'une heure pour un peu plus d'un Euro. La traversée de Saint-Etienne en tram, c'est un peu notre "Grand canal en vaporetto, mais en beaucoup moins sinueux qu'à Venise. Ce sont pourtant bien des architectes-urbanistes italiens, les Dalgabio qui, dès 1792, ont tracé le fameux damier fondateur de la plus grande ville industrielle de France, ville champignon à l'américaine dont la colonne vertébrale reste toujours cette Grand'rue rectiligne.
[...]
Le promeneur du coeur de ville, descendu du tram, se trouve maintenant au centre de ce damier, au creux de la vallée d'où il peut percevoir les hauteurs avoisinantes. A tout instant et dans quelque direction qu'il regarde, il a toujours au bout de la rue étroite, parallèle au cardo ou au decumanus locaux, la vue sur un morceau de colline verdoyante qui clôt le paysage urbain et lui offre la présence permanente d'une nature proche. Ici, ce sont les crassiers qui dominent le parc/musée de la mine, en face le Crët de Roch et son célèbre cimetière. Là, la colline des Beaux-Arts, celles de Montaud ou de Beaubrun, celle de Villeboeuf avec son Jardin des Plantes, ou encore celles de la Cotonne ou de Montferré. Encadrant la fameuse Grand'rue, au sud, la colline du Guizay avec sa vierge et son antenne, et au nord, le piton résidentiel de St Priest. Saint-Etienne est dans un écrin vert. [...]

Daniel Vallat-Fabre
à suivre...
Guide d'architecture Saint-Etienne Firminy

dimanche 18 décembre 2011

Exposition Walter Benjamin - Archives 12-10-11 / 5-02-12


Walter Benjamin (1892-1940), philosophe, écrivain et critique, a construit une oeuvre au sein de laquelle l'archive constitue tour à tour, l'objet, la méthode et la finalité. Son audacieux projet, qui mêle la pensée, l'histoire et la réflexion sur l'art, se ferme à toute classification.
Cette exposition montre Benjamin en collectionneur ; son travail y est appréhendé comme un édifice composé d'innombrables archives qui rassemblent des images, des textes, des signes à voir et à comprendre, mais aussi des expériences, des idées et des espoirs que l'auteur a consignés et analysés. Tel un archiviste, Benjamin a établi les bases du sauvetage du fonds qui allait lui survivre ; il a appliqué avec passion les techniques de l'archivage et elles ont marqué de leur empreinte le processus même de son écriture : systématiser, reproduire, classer avec des sigles, extraire et transférer


Du petit au tout petit / Micrographies

Benjamin avait une prédilection pour la forme miniature, pour ce qui est à première vue insignifiant et secondaire. C'est dans ce contexte que son écriture micrographique peut être appréhendée. Jusqu'aux alentours de l'année 1918, le geste graphique est encore ample, le penchant de Benjamin pour la micrographie se développant principalement dans les années vingt. Le tracé est la plupart du temps minutieux et fin, rarement négligé. Les lettres mesurent environ un à sept millimètres. On retrouve cette écriture minuscule, fort serrée, aussi bien dans ses textes que dans certaines lettres. A la densité spatiale de l'écrit répond l'économie de l'expression, un style précis, laconique. Les micrographies se dérobent à toute lecture rapide. Seule leur image scripturale, leur expression graphique s'offrent au premier regard, leur teneur se révélant seulement après un effort de déchiffrage.(C'est moi qui souligne)


Constellation
« Je sentais en marchant mes pensées se bousculer comme un kaléidoscope – à chaque pas une nouvelle constellation ; de vieux éléments disparaissent, d'autres se précipitent ; beaucoup de figures, si l'une d'entre elles persiste, elle s'appelle une phrase »
(sur Proust, « Journal parisien » 11 février 1930)

Collection / Collectionneur
« Le collectionneur se plaît à susciter un monde non seulement lointain et défunt mais en même temps meilleur ; un monde où l'homme est aussi peu pourvu à vrai dire de ce dont il a besoin que dans le monde réel, mais où les choses sont libérées de la servitude d'être utiles »
(Ecrits français, « Paris, capitale du XIX° siècle »)

Femmes
« J'ai connu dans ma vie trois femmes différentes, et trois hommes différents en moi. Ecrire l'histoire de ma vie, ce serait présenter la formation et la décadence de ces trois hommes, et les compromis entre eux »
(G. Scholem, Walter Benjamin, Histoire d'une amitié)

Ange de l'histoire
« Il y a un tableau de Klee dénommé Angelus Novus. On y voit un ange qui a l'air de s'éloigner de quelque chose à quoi son regard semble rester rivé. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche est ouverte et ses ailes sont déployées. Tel devra être l'aspect que présent l'Ange de l'Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où à notre regard à nous semble s'échelonner une suite d'évènements, il n'y en a qu'un seul qui s'offre à ses regards à lui : une catastrophe sans modulation ni trêve, amoncelant les décombres et les projetant éternellement devant ses pieds »
(Ecrits français, « Sur le concept d'histoire »)

Paris
« ...Je pense à une après-midi à Paris à laquelle je dois des lueurs sur ma vie qui m'ont frappé comme l'éclair avec la violence d'une illumination. (…). Je me suis dit que Paris, où les murs et les quais, l'asphalte, les collections et les décombres, les grilles et les squares, les passages et les kiosques nous apprennent une langue si singulière, devait nécessairement être le lieu où, dans la solitude qui nous étreint, absorbés que nous sommes dans ce monde d'objets, nos relations avec les êtres atteignent la profondeur d'un sommeil où les attend l'image de rêve qui leur révèle leur vrai visage. »
(Ecrits autobiographiques, « Chronique berlinoise »)

La Seine
« … toute nouvelle collection de photographies intitulée Paris s'achève par l'image de la Seine. C'est elle le grand miroir toujours vivant de Paris. Chaque jour la ville jette dans ce fleuve les images de ses solides édifices et de ses rêves de nuages. Il accepte de bonne grâce les offrandes de ce sacrifice et, en signe de sa faveur, il les brise en mille morceaux. »
( Images de pensée, « Paris, la ville dans le miroir »)

Petit bossu
« Ma mère me le laissait deviner, sans le savoir. « Avec les compliments de Monsieur Maladroit » me disait-elle toujours lorsque j'avais cassé ou laissé tomber quelque chose. Et je comprends maintenant ce dont elle parlait. Elle parlait du Petit Bossu qui m'avait regardé. Celui que le Petit Bossu regarde ne fait pas attention. Ni à lui-même, ni même au Petit Bossu. Il se tient, effondré, devant un monceau de débris (…).
Le Petit Bossu était donc souvent là. Seulement je ne l'ai jamais vu. C'était toujours lui seul qui me regardait. Et plus son regard était perçant, et moins je me voyais moi-même. »
(Enfance berlinoise, « Le Petit Bossu »)

Proust
« J'admire sa manière stupéfiante (…), de retrouver l'usage probablement général des grands poètes qui tirent leurs métaphores de tout ce qui est proche et paraît futile, et de rendre comme mobile tout un ensemble enchevêtré de situations banales et rebattues au bénéfice d'une expression plus profonde, d'introduire dans les perceptions les plus labiles, en les coulant dans l'expression d'une image, une densité magnifique et percutante. »
(Correspondance – 28 décembre 1925, à H. von Hofmannsthal)

mercredi 14 décembre 2011

atelier 14

1983 ou plus tard, je ne sais plus - Ta venue dans ce chez moi de la Grand’rue, sombre appartement aux odeurs de chocolat - Tu as mis un baiser fondant sur ma bouche - Alors, petite statue de 20 ans aux joues charnues je l’ai serré ce corps si fin, presque, diaphane à la Giacometti - Je l’ai serré ébahie par le sentiment amoureux.
Nous nous sommes mis à glisser de ma rue à ta colline, sans luge - Lascifs, sensuels, enfantins - Durant combien de mois ? Je ne sais plus.
Nous avons voulu goûter aux eaux fortes de la Casamance fondante - trépignants nus sous les pluies soudaines et chaudes - Loin des neiges engloutissant notre ville dans l’étang du néant.
On est revenu - on ne s’est plus vu.
Silencieuse histoire de voies, de monts, d'impasses et de demi-tours, creusée par les marées de nos vies - J’ai évidemment changé de rue, dix fois - Tu es parti de la colline vers des monts joyeux remplis d'enfants.
Il y eu parfois des clairs de lune impromptus et festifs, des rencontres fortunes et pudiques, sans mot - Nous émergions l’un à l’autre comme deux élégants souvenirs - Ces lunes, grâce auxquelles on ne s’est jamais perdu de vue.
Je ne sais plus quand je suis venue sur ta nouvelle colline - Tu es descendu dans ma ville - Pour quelques nouveaux cheminements...

atelier d'écriture du 14 décembre

Nous poursuivons sur les itinéraires imaginaires, avec ces mots d'emprunt que nous filerons à la volée :
Leurs poses lascives évoquaient un couple après des ébats amoureux.
La créature élégante et diaphane, sensuelle, comme pénétrée par ses souvenirs.
La petite statue fondante.
Entre 1983 et les histoires d’eau
Du Giacometti charnu.

Avancer

Une colère qui suinte et s'écoule à tous les coins de rues, lorsque le pied forçant la marche bute, écrase ce que chacun vomit, crache ,éructe à la place des mots qu'il ne possède plus. On a beau chercher le bleu, on ne rencontre que des immeubles gris, des arbres esseulés, aux rameaux dépecés sur le trottoir sale, des feuilles d'automne que même les enfants - les écouteurs sertis dans ce qu'il reste d'oreilles - ne ramassent plus sur le chemin de l'école.
 Comme une cicatrice, un peloton de laine jaune trace soudain sur la place une ligne de désir qui serpente ainsi entre les crottes de chiens, les paquets de cigarettes froissés et les crachats du jour. Un fil qui suscite le regard, murmure que les couleurs existent, qu'elles sont là prêtes à reprendre de leur vivacité dans l'inculte d'un matin abandonné. Ayant trouvé le début de l'histoire, il suffirait de bien tenir le fil, ne pas perdre la couleur des mots qui se mettraient à chuchoter contre le sens du vent, et, dans ce tremblement de présence, marcher vers la fleur qui ne peut qu'être là, plantée entre deux pavés, étendard fragile des rêves oubliés. Et puis, devant une allée, qu'ici l'on nomme traboule, le voir ce petit bouton nacré, légèrement brillant qui nargue l'œil averti. Et réaliser alors que oui, c'est là, on a trouvé l'entrée: il suffit de pousser la porte entrebâillée et même les yeux fermés, on trouverait le chemin, on l'a emprunté tant de fois...Mais planté sur ce seuil , un quart de seconde de trop, on hésite comme toujours, on se penche pour cueillir ce qui brille et l'on  ramasse un vieil élastique trop grand qui claque entre les doigts et casse brutalement le songe.