Les vagues affleurent sur
l'échine
des galets-coquillages
frissonnantes elles
bâillent
à la frange du sable
craquelure des formes
l'écume soupire
au soleil naissant
de pâleur habillé
le ciel tisse ses embrases-enveloppes
rêve de soie d'un matin perceptible
sur lit de nuit-pénombre
plaidoyer mouvant
d'aquatintes arborées
bulles d'opales
étoffe gris-moiré
va et vient d'une respiration
barcarolle timide d'une aube
inconsciente du temps.
lundi 24 octobre 2022
ENTRE CIEL ET EAU. (I)
dimanche 23 octobre 2022
Klasma du temps qui passe
Silence d'un dimanche dans un petit village / déchiré par le passage d'une moto / Un homme en tenue de chasseur / penché en avant / Encore le silence envahissant / Pensées absentes, simplement à l'affût / temps distendu, minutes d'éternité / sensation de l'air autour de moi, bien qu'immobile / Ni nuage, ni soleil, ciel uniformément gris / Sensation de paix, de temps arrêté / baignant dans un espace-temps infini / consciente de l'immensité / joie pure du moment vécu. (10h11)
Contraintes : 77 mots / Idées séparées par des / Pas de verbes / Juste des constats
Klasma du temps qui passe/ semaine 1 jour 4
jeudi 20 octobre 2022
Klasma du temps qui passe/ semaine 1 jour 3
mardi 18 octobre 2022
Interlude 1.1 p.5 Soupirant comme un dormeur la mer Entre ciel et mer
à partir de la phrase : "...sighing like a sleeper whose breath comes and goes inconscioulsy" The sea was indistinguishable from the sky"
Soupirant comme un dormeur
la mer et le ciel vaguement
l'un après l'autre -le rêve
au fur et à mesure -le souffle
la mer et le ciel indissociables
une ligne sombre indéchiffrable
violetée
la barre du ciel blanchissant -s'évasant
fugitivement la mer
perpétuellement le ciel
un fin voile de vague
graduellement ondoyant
le vent en va-et-vient
en salves indétectables
repoussant vainement
cet espace froid, vide
des lieux concis
dépourvus d'adverbes
qui laisse sur le sable
qui laisse à l'horizon
vaguant à sa guise
une vénusté douce
une douleur écumée
évanouie dédaigneuse
la mer et le ciel inconsolables
un amour inutilisable
ma traduction
Les vagues traduction premier fragment. MPR 12/10/2022
Le soleil n'était pas encore levé. La mer ne se distinguait pas du ciel à ceci près que celle-ci ondulait légèrement comme si elle contenait un tissu plissé.
Au fur et à mesure que le ciel s'éclaircissait, une ligne sombre s'étendait à l'horizon, séparant la mer du ciel, tandis que la toile grise se striait de puissants mouvements, qui s'avançaient l'un après l'autre, sous la surface, se succédant, se poursuivant, perpétuellement.
En approchant du rivage, chaque bande s'élevait, se ramassait, se cassait laissant un fin voile d'eau blanche sur le sable. La vague s'arrêtait et se retirait à nouveau, soupirant comme un dormeur dont la poitrine se gonfle et s'abaisse inconsciemment.
Les vagues traduction premier fragment. MPR 12/10/2022
Le soleil n'était pas encore levé. La mer ne se distinguait pas du ciel à ceci près que celle-ci ondulait légèrement commesi elle contenait un tissu plissé. Au fur et à mesure que le ciel s'éclaircissait, une ligne sombre s'étendait à l'horizon, séparant la mer du ciel, tandis que la toile grise se striait de puissants mouvements, qui s'avançaient l'un après l'autre, sous la surface, se succédant, se poursuivant, perpétuellement. En approchant du rivage, chaque bande s'élevait, se ramassait, se cassait laissant un fin voile d'écume blanche sur le sable. La vague s'arrêtait et se retirait à nouveau, comme le souffle d'un dormeur dont la poitrine se gonfle et s'abaisse inconsciemment.
Petit à petit la ligne sombre à l'horizon s'éclaircit comme lorsque la lie se dépose au fond des vieilles bouteilles de vin et rend au verre sa translucidité verte, ou comme si le bras d'une femme allongée sous l'horizon levait une lampe et que des barres droites blanches, vertes et jaunes se déployaient à travers le ciel comme les nervures d'un éventail. Puis le bras leva la lampe plus haut et l'air devint fibreux, et se déchira de la surface verte en flammèches et lueurs tremblotantes aux fibres rouges et jaunes comme les flammes fumantes et crépitantes d'un feu de joie.
lundi 17 octobre 2022
à grande eau
à grande eau,
la mer se chiffonnait comme une étoffe pleine de plis
la mer se chiffonnait comme un mouchoir bien serré
l’étoffe craquelée de plis serrés
la fourrure de l’étoffe des flots
pour emprisonner les rêves
la mer chiffonnée d’eaux sombres
ou des plis des habitudes
là où se glissent des grains de sable
au sein de périls vagues
Contraintes: travail sur un détail de la traduction des Vagues de Virginia Woolf/ commencer par à ( lien avec mes autres klasmas)/ utilisation de la lexithèque/ pas de ponctuation/ pas de majuscule/ dix vers/ 60 mots/ recherche sur la notion de répétition
vendredi 14 octobre 2022
Nouvelles
Une nouvelle page s'ouvre dans le
travail sur les klasmas celle d'écrire en résonance d'un
texte d'écrivain·e. Et comme la difficulté nous pousse
toujours plus loin, l'autrice choisie est Virginia Woolf, et le
texte est en langue anglaise ( bien sûr!). Dans un premier temps,
nous nous frottons à la traduction d'un passage , then nous
écrirons un klasma en écho avec le fragment étudié... Travail
passionnant (au vu de la première séance) et l'entrée dans la
langue plus intense. Le chantier démarre avec The waves.
En outre, nous tentons d'écrire un" klasma du temps" chaque jour, avec une contrainte d'heure, de mots... et d'autres plus personnelles. Ils apparaîtront bientôt sur ce blog...
vendredi 7 octobre 2022
RIVES (revisitées.)
Les interstices s'immobilisent
les intervalles se taisent
Le SILENCE attend
fiévreux
La source chuchote
alcaline
Les notes dorées
sur les pierres alanguies
piquées de fleurs
et d'herbes folles
Dans l'air flotte
la poésie des brins de mousse
fébriles
noyés de l'ombre des grands pins
S'ASSEOIR
ATTENDRE
les yeux fermés
que glissent en moi les atermoiements
de l'écorce poreuse
Elle qui vit
au rythme du Soleil et du coeur de la Lune
ATTENDRE
et respirer l'humeur
de la rivière
perpétuer le mouvement
de l'eau
d'un battement de cils
ATTENDRE
laisser son coeur déambuler
COMPRENDRE
que de là s'élève le sacré.
lundi 26 septembre 2022
Skurril
..."elles se servaient toutes deux d'un mot, skurril, désignant "un petit détail fibreux, une tension visuelle, un frisson. Skurril, ce sont les mains qui, en cachette, se tendent vers les jetons sur les tables de jeu dans Le Joueur, de Dostoïevski. Une patte d'araignée est skurril. Une fissure. L'idée d'une queue de rat. Une caresse, aussi, peut être skurril. "
In TdM. Il est avantageux d'avoir où aller. Emmanuel Carrère.
vendredi 23 septembre 2022
à quatre épingles
à quatre épingles
sur ce mouchoir de poche
de la carte
happée par les étendues de genêts
se retrouver dans un berceau pierreux
aiguillonnée par ce plaisir
du retour à la source
entre les deux pans de la pancarte
ses formes et ses contours
d'un côté cailloux pignes et pins
une collection de clochers
et les cousins cousines des cimetières
de l'autre côté
quelques fleurs
-- une solitaire --
une herbe folle cabriolant
toute en pointe de seins
se gave d'air et de vent
et de rêves et de mer
l'amer où s'arrimer
dans les vêtements du cœur
en son sacré moi
dimanche 18 septembre 2022
étrange équarrissage
habillé de grisaille de feu de flèches de
dentelles
horloge dépèce temps
odeur de pain chaud
silence déterré
monde où l'on se tait
escalier
un homme se tient là dans un manteau sans âge
depuis le vide impénétrable
traverser la fenêtre
cliqueter les fuseaux
la fillette animal recroquevillée
capharnaüm mou terrifiant
esquisse un sourire qui ne sourit pas
tamis du songe
incandescence
irruption de sa mère -tant à faire-
un monde où l'on ne parle pas
pas encore la nuit déjà plus le jour
un homme en redingote
un chant secret
sur la page d'un livre qui vient pour
l'emmener
jeudi 15 septembre 2022
à l'ombre
Texte qui s'insinue dans les écrits de Cartographie de Linette et Lin, avec une pointe d'Emaz piquée quelque part et des emprunts à la lexithèque fournie par Linette. Il devrait y avoir cent mots et les contraintes demandées pour cette série de klasmas...
jeudi 8 septembre 2022
Eclaboussement de joies
"C'était comme un éclatement d'étoiles à la volée. Sur ses épaules comme des draps de brume. Quant aux mots, en agiter la poussière, lui semblait plus que vain. Noués comme des pelotes de fils que sa langue n'aurait su délier. La mémoire de ses joies se conservait en suspens dans les particules de la brume. Arpenter, vagabonder, bondir, vagabondir pour exister. Elle fonçait en rhinocéros de pierre. Et soudain, la caisse claire quand les galets cassent, les graviers rissolent sur la roche et débordent. Lorsqu’elle atteignit le sommet, ce fut comme toujours l'éblouissement. Elle adorait cette sensation de n'avoir plus de poids. Le serpent droit du temps perdait ses écailles dans un aquarium."
A l'aide des mots de Damasio
dimanche 4 septembre 2022
vendredi 17 juin 2022
RIVIERE
La Rivière
procrastine
insoumise
hérétique Divine
Lance comme un Chant secret
Impertinente
En réponse à l'oiseau
funambule
qui congratule
ses courbes élégantes
Née quelque part
dans un Ailleurs
de Verts et de Marron mêlés
La forêt Les futaies
Son BERCEAU
Son Lit de draps mouillés
de Renoncules-Libellules
bordée
Son vague à l'âme
m'invite
Caresse
emmenée
par son Fil qui coule
Passionné -Amoureux
Musicien
jouant du clapotis
Glisser un Bruit de grain de Sable
dans le Frisson
de son Silence
Seule - Sensuelle
Roucoulements éphémères
elle s'endort
cligne d'un rond dans l'Eau
LE CIEL TOURNE SUR LUI-MÊME
JE GLISSE A
L'HORIZONTAL DE SA FUITE.
dimanche 22 mai 2022
jeudi 12 mai 2022
à la lisière
Codicille: Ce texte revisite le premier texte de Pierres collectées dans Cartographie 5 avec les mêmes contraintes que précédemment
samedi 7 mai 2022
à travers
Codicille : Ce texte revisite trois petits textes de Cartographie /4 autour de la rivière l’Ance. Il devrait prendre en compte toutes les contraintes demandées pour ce cycle: 100 mots/ le travail avec les blancs de la page/ l'absence de ponctuation ( hormis le tiret)/ un mot dans une autre écriture ( ayin) / une contrainte qui perdure au long de mes klasmas, à savoir de toujours commencer par à/ une contrainte secrète que je révélerai peut-être un jour...
Ayin est la seizième lettre de l’alphabet hébreu et signifie « œil », Le sens de Ayin est aussi la « source », ainsi il est la « vision de la source », l’aptitude à percevoir toutes choses. Ayin est le passage dans le domaine limité du visible, et montre des apparences, qui dans certains cas, sont trompeuses. C’est le symbole de : vision, perception, point de vue, révélation, théorie, réflexion de l’âme, passage de l’invisible au visible.
vendredi 6 mai 2022
Tamier commun dans notre assiette
En cette saison, en bordure de chemin ou dans les bois, pousse une plante grimpante (genre de liane) aux feuilles vernissées et luisantes en belle forme de coeur : le tamier sauvage ou "herbe aux femmes battues" car sa racine a la réputation de guérir les bleus.
![]() | ||
| Tamier sauvage (dioscorea communis) |
Maintenant, est la seule période où l'on peut consommer ses jeunes pousses en forme d'asperges qui sont la seule partie comestible de cette plante qui produit plus tard de petits fruits rouges toxiques.
Hier, lors d'une promenade entre deux averses, et alors que nous rentrions bredouille d'une recherche d'ails des ours, nous avons ramassé de ces petites "asperges" délicieuses que j'ai délicatement liées en 4 bottes pour les cuire à la vapeur.
... et dans une clairière ... miracle des muguets ! Je n'en avais pas trouvé dans les bois depuis mon adolescence.
Mais ce n'est pas tout, nos bras étaient chargés de genêts jaunes, de marguerites, de narcisses au parfum entêtant, d'ancolies bleu comme le ciel, et d'autres fleurs des champs dont j'ignore malheureusement le nom.
C'était le petit intermède "botanique" à l'attention de mes amis de coeur stéphanois ... et les autres bien sûr





