jeudi 22 novembre 2012

quoi faire en cas de retard


Ciel gris de novembre

Le chat regarde

Des avions passent dans sa tête


la fille n'avait pas compris la consigne

désolée du retard

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haiku ou tanka

tiges sèches et grues fleuries

fabriquent un pont vertical vers l'indicible


pourquoi ces sons secs comme des brindilles

épousent-ils la douceur?

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elle a cru à une ronde

ronde de mots en trois lignes

chacun lirait à son tour


tu n'avais qu'à être présente

bêtasse !

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Où s'en vont-elles pour leur dernière migration

rougies par le feu de l'enthousiasme ?

elles ne se savent pas plantées dans un vase


et dans son souffle suspendu

le chat attend son heure, longtemps

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mercredi 21 novembre 2012

[les]faux haikus [de Grandglaïeul]


1/ Bouquet d'étoiles survolées
    d'oies sauvages.
    L'une est ensanglantée.
                                                          
                                               2/ Trois oies se sont perdues
                                                    dans un bouquet d'étincelles.
                                                    Mais où donc est passé Nils ?

                 3/ L'Automne survient.
                   Alors commence la migration
                   de courageux oiseaux.

4/ L'ombellifère séchée
    porte des fleurs vivantes
    en forme d'oiseaux.

                                               5/ Le parasol s'incline
                                                   en retenant ses tiges,
                                                   que fleurissent les oies sauvages.

                                      6/ Quand passent les cigognes
                                 l'ombellifère s'émeut
                                 de tant de bruissements.

7/ Cinq  nous sommes ce soir
    à regarder l'ombellie,
    et agiter le stylo.

                                               8/ Bip aime les chats,
                                                   mais Solange les craint,
                                                   et le décor de Nato est superbe !

                       9/ L'ombellifère d'étoiles a ressurgi
          d'un vieux tronc étoilé de rouge                                                         
 qui a déteint sur une oie.                                            

10/ Quand l'oie rouge s'est posée
      sur le parasol d'araignées
      des amanites ont poussé sur le vieux tronc.

          11/ Du puits sans fond émerge une ombrelle.
                                      Des oies sauvages s'y posent.
                                                           Où s'en vont-ailes ?

                                               12/
                                   Une oie, deux oies, trois oies, c'est toi,
                                               qui l'a blessée, ensanglantée,
                                                           les a forcées à se  poser
                                                                       ETERNITE ...                       

atelier du 21 novembre 2012

voici la consigne pour l'atelier du 21 novembre : à partir de cet objet, une pierre de rêve, qui inspire les peintres chinois, écrire un texte de style épistolaire, commençant par "Cher ou Chère"....
daté, situé entre juillet 2012 et 3 janvier 2013 (on choisira chacun une date sans l'évoquer par avance), et signé.
Le style épistolaire était très prisé au XIXème siècle, puis a perdu de sa vigueur. On pensera à l'exception récente du "cercle littéraire et des amateurs d'épluchures de patates" !

Tri et recyclage (Maison d'Animation et Médiathèque de la Cotonne)






Dans le cadre de la semaine sur le recyclage des déchets, animation ludique pour les 3-6 ans

lundi 19 novembre 2012

là-bas si j'y suis Lìn





Origami

d'où viennent les oiseaux
innocents inquiets
posés aux branches du vent

ils gardent tout mystère
sans poser de question
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pourquoi quand et où
coagulant la lumière
une fleur séchée

sous ce parasol bleuté
se faufile une vérité
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du rouge tapi
entre les rais d'ombelle
rouge lumineux

serait-ce l'amour éperdu
épousant le crépuscule
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d'un air cabossé
le vase sans artifice
fragile et secret

il enfouit l'obscurité
et les ombres de soi
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trois oiseaux au bord du vide
secouent du ciel rouge
on dirait qu'il pleut des fleurs

demain on ira cueillir
la fleur de rêve aux oiseaux

dimanche 18 novembre 2012


Une fleur séchée
Illuminée du rouge
D'une grue d'origami,

Fait la lumière du temps.
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Sur la table, où répond
Au rouge de l'oiseau,
La couleur rouge du vin dans les verres,

Les oiseaux de papier plié semblent
Picorer les graines de l'ombelle sèche

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Le vase de carton
Comme un canon dressé,
Crache un feu immobile,

Image figée, ailes ouvertes
D'oiseaux prêts à s'envoler

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Le ballet des grands oiseaux
Rosi de leur plumage,
Immobile, arrêté,

N'évoque rien,
Sinon le rêve.

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Sur le vase,
Des étoiles répondent
Aux étoiles des fleurs sèches

En un jeu de lumière,
Lumières multipliées.
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De quoi ai-je l'air,
À contempler cet objet sec,
Et ces oiseaux d'origami,

D'un papier plié?
Peut-être?

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De quoi ai-je l'air,
À contempler ce vase de carton
Et cette fleur séchée.

D'un bouquet sec?
Ou d'une bourrasque frêle?

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Qu'est-ce que j'attends,
Immobile à contempler
Ces oiseaux de papier.

Qu'ils s'envolent?
Qu'en esprit, je les suive?

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"Méfie-toi de son costume rose et voyant."
Dit une oiselle à l'autre.
"Et de ses belles manières.

Ce mâle n'est pas fiable."

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"Je le connais."
Dit la seconde à l'autre.
"C'est le cousin, d'un copain de ma belle-sœur:

il est con!"

samedi 17 novembre 2012

origamis tankanés sur leur branche de fenouil

Etoiles dessus, étoiles dessous
le fenouil desséché
refleurit en oiseaux

Sec, creux, abandonné
Décoré décorant
Je ne sers à rien qu'à faire beau

Trônant humblement sur la table ovale,
exposé et penchant
Vous dardez vos regards acharnés sur mon rien

Chacun de vous s'interroge
"Que se disent les oiseaux ?"
Et moi je ne pipe mot

Ce n'est pas parce que l'on me tripote
Que je livre mes secrets
Je n'en ai pas

Quelle indélicatesse
Me regarder le cul !
Il n'y a même pas d'étiquette

Cette année encore
les grues ont refleuri
je trempe dans le vide

Mes branchies en étoiles
Ma tige tachetée
Je suis mort et je vis encore

samedi 10 novembre 2012

La main du destin

"L'amour est une main douce qui écarte lentement le destin"
     
                         Sigfrid Siwertz



lundi 5 novembre 2012

dimanche 4 novembre 2012



tu as choisi des carrés de couleurs en papier imprimé
tes doigts patients ont tracé des plis trois grues se sont posées
au coeur d’une fleur ronde 


à la cime de la boule d’herbes sèches ailes étirées
sur le fragile squelette d’une tige à pompon
je les regarde butiner


yeux dans les yeux bec contre bec en suspension
à peine un battement juste le frisson
de la rencontre


sous le pointillé rouge d’une spirale d’étoiles  
la bobine de carton vide devenu vase se demande
où est passé mon fil ?


en automne je t’ai cueilli au pied des falaises pourpres 
fleur de fenouil hérissée d’aigrettes brulées  
là haut planent les vautours 






jeudi 1 novembre 2012

"Tankas bourdelois"

Tandis que tu mourais, les grues survolaient
le Rhône ... Toi si menue
t'envolais sur leur dos.



La blancheur des ailes de neige
la rouge cerise de son vol
chassent les ténèbres.


Ailes de plumes, étoiles sanglantes,
étamines de printemps 
d'un souffle s'échappent.


Elles craquètent dans le ciel. De loin,
je les entends. 
Elles m'appellent.


Akènes, carpelles,
frémissantes aigrettes,
tout prêt de s'envoler.


Fruits indéhiscents qui attendent 
le vent ... Vous accompagnez
les grues dans leurs vols saisonniers.


Etoiles en haut, étoiles en bas
bouquet d'oiseaux et de fleurs, si fins,
si légers. Qui vous retient ici ?


Leurs cous immenses et les dentelles
 des ombelles dessinent une sphère
immatérielle.


Un monde aérien, tout en rayons
de fils arachnéens, m'invitent à 
m'élever.


Tout en marchant, les images en tête,
les tanka se sont scandés au rythme
de mes pas

atelier du 31 octobre


hier soir, j'ai proposé que l'on écrive en s'inspirant de manière libre des tanka de Tawara Machi


'Lorsque Tawara Machi, modeste professeur de littérature au lycée Kanagawa, fait paraître en 1987 L’anniversaire de la salade, elle n’a sans doute aucune idée du phénoménal succès que va connaître son recueil de poèmes. Il révolutionne pourtant le genre du tanka, la forme de poésie la plus ancienne et la plus sophistiquée de la tradition japonaise. Tout en préservant les qualités propres au tanka, concision, pouvoir d’évocation, musicalité, Tawara Machi y raconte les menus événements de sa vie de jeune femme d’une vingtaine d’années -la musique, la mer, les voyages, la cuisine, le base-ball, l’amour-, y introduit un langage familier, des bribes de conversation, des icônes du monde moderne. Célèbre du jour au lendemain, elle va recevoir plus de deux cent mille tanka, envoyés par des lecteurs de tous âges et de tout milieu, dont ses poèmes ont profondément touché le coeur.'


Marie-Pierre et moi avons lu quelques tanka de Tawara Machi


Franchie cette côte le chemin
qui conduit à la mer... Je passe mine de rien
au feu orange 


Le persil en pot et moi C’est à ces rapports 
que tu compares les nôtres
quand je suis avec toi


Les cerises sont un peu aigres 
sur la terrasse Mais plus que quiconque aujourd’hui
me voilà donc aimée


Les choux chinois dans leur bel obi rouge
à la devanture s’étalent béats béats
épaule contre épaule


grâce à la promesse de se revoir demain
avec quelle sérénité je tombe
dans le vert du sommeil 


En rinçant les pinceaux dans l’évier
les camaïeux grossiers qui s’en écoulent
ont fascinés mon coeur


A l’aise et comme prise dans tes bras
dans mon chandail vert
voici l’hiver


ensuite, j'ai été chercher l'objet dans mon atelier




à la fin, sur une idée de jean-pierre, nous avons lu nos tanka un par un en faisant circuler la lecture en rond ; nos compositions en 3 lignes, s'enchaînaient à la façon d'un cadavre-exquis mélodique ; ce fut un très joli moment...





mercredi 31 octobre 2012

Chaufferettes en blog

Il y a des gens qui aiment vraiment ça : voici un blog spécial chaufferettes

Chaufferettes

incroyable, non ?

dimanche 28 octobre 2012

là-bas

"Là-bas,
Dans la Muraille
Dans les pierres,
Je vois
Un Visage -




forêt-totems au Guizet (42)

Non, ma chérie,
Regarde par ci, regarde-moi, le visage
Est là, le corps
Chaud
Vivant,
Et là-bas -
Là-bas il n'y a
Que des illusions
Nées de la nostalgie".*

David Grossman "Tombé hors du temps", Seuil, 2012.


jeudi 25 octobre 2012

Et je réchauffe leur nuit

Mon métier n'était pas un métier d'homme, mon métier était un métier d'amoureux, j’étais un objet de désir, que dis-je ? De convoitise ! Et ce n'était qu'au prix d'âpres batailles que l'élue pouvait se transformer de tigresse-en-froidure en douce chatte ronronnante.
Mon métier n'était pas un métier d'homme, c'était pourtant un métier de mélancolie. A l'époque de ma conception -et je n'en dirai pas plus, n'ayant jamais connu mon père- on mettait du cœur à l'ouvrage, et le moindre objet domestique avait ses décorations, ses volutes, ses angelots, ses bas-reliefs. Le sens du détail ne s'appelait pas design, mais la moindre fente était pensée, la moindre poignée chantournée. Avec l'usure plus ou moins normale d'un usage plus ou moins intensif suivant les plus ou moins rigueurs du climat, venait le temps des rafistolages, le remplacement à la main de la pièce défectueuse, pas toujours dans la bonne forme ni dans le bon matériau, mais l'imprimante 3D n'avait pas encore été imaginée.
De mélancolie et de survie. Quand arrivait l'hiver avec sa robe de bure (ah non ! je me trompe c'est l'automne) quand arrivait l'hiver et son grand manteau blanc (l'ai-je bien descendu cette fois !), les braises chauffées au rouge rejoignaient mon intérieur accueillant, et les petits petons de se pelotonner sur ma carapace ajourée, tandis que leurs propriétaires prolongeaient la veillée, agitant frénétiquement mains et langue pour repousser la nuit ; et les petits enfants de s'asseoir à côté, pour rejouer sous les jupes de leur mère, comme jadis dans le ventre liquide, la tendre berceuse des rumeurs du dehors.
Je suis d’un temps révolu ou pas encore devenu. La mélancolie est contraire aux indicateurs de compétitivité et le développement durable ne m’a pas encore repérée.
Cependant, à présent, je fais un métier de patrimoine recyclé. Maintenant que les bouillottes et les coussins chauffants servent de doudous dans les lits à une place, car les hommes frileux préfèrent garder leur chaleur pour eux, maintenant que les chauffages centraux et les écrans plats ont déplacé le centre de gravité des veillées vers la périphérie des solitudes, mon incandescence hivernale oubliée, je trône au plus fort de l’été, sur une table de jardin, garnie de lumignons dont les flammes brillottent entre les fentes ouvragées, repêchée en deuxième noce (noce de rouille si vide- grenier, noce d’or si antiquaire, les vieilleries ne sont pas toutes logées à la même enseigne lexicale), replacée au centre des conversations, je renvoie leur lumière aux humains qui m’ont redonné vie.