Dans le plafond il y a des loirs
dans les loirs il y a un cou
dans le cou, de la lumière
on l'appelle la lumière dans le couloir
les loirs couinent dans le plafond, le soir,
car ils sont nocturnes
en couinant leur lumière s'allume
on voit des étoiles couinantes au plafond
Tous ces Gliridae
qui vivent dans les climats tempérés
partagent en fait ce trait
ils mangent les livres en papier
non non, pas les ziboux
seulement les journaux, les pléïade, les polars et les illustrés du grenier
Heureusement, l'hiver arrive
ils vont dormir comme des loirs
les petites lumières vont s'éteindre
les petites lumières des couloirs.
mardi 3 novembre 2015
lundi 2 novembre 2015
La
lumière dans le couloir s'est éteinte alors que je n'avais parcouru qu'un tiers
du chemin entre les deux extrémités où se trouvaient les interrupteurs.
Maugréant en silence, je tâtonnais le long du mur en revenant sur mes pas,
essayant de me remémorer l'emplacement des obstacles, caisses, bouts de
ferraille, dangereusement en équilibre, que j'avais contourné machinalement à
l'aller. Me cognant la tête contre ce qui me parut être une tuyauterie
brulante, je jurais à mi-voix, pourtant personne ne risquait apparemment de
m'entendre, le type que j'avais suivi jusqu'ici avait dû prendre du champ et
disparaître au coin de la prochaine rue depuis belle lurette. J'en étais là de
mes cogitations silencieuses, lorsque je me pris les pieds dans je ne sais quoi
et m'étalais de tout mon long dans ce qui me semblât une terre huileuse et
grasse comme on en trouve autour des garages et dans les casses de voiture.
C'est alors que j'entendis, à l'autre bout du couloir, grincer la porte de la
rue et retentir le clac-clac lent d'une kalachnikov. Un bruit assourdissant,
ponctué par le claquement des balles lorsqu'elles passent tout près, des bouts
de bois sans doute, qui giclent de la porte sous les impacts et viennent
picoter mes mains qu'instinctivement j'ai mis sur ma tête, comme un fragile
rempart, puis plus rien, une porte qui bat, le silence où flotte une odeur de
poudre.
dimanche 1 novembre 2015
La lumière dans le couloir
Un long couloir sombre dont on n'aperçoit ni début, ni fin, peut-être un tunnel. Un martèlement lointain, régulier qui va très vite se révéler être des pas.
Des bottes frappent le pavé, se rapprochent, le son s'amplifie. Dans l'obscurité profonde l'image se précise à peine. Je devine la forme d'un homme et d'un chien, sans doute un soldat et son chien. La résonance des pas emplit tout l'espace, ce sont maintenant les murs, le sol, le plafond qui réverbèrent le bruit des bottes. Une seule attente : le bout du couloir, un seul espoir : qu'une lueur enfin apparaisse. Il doit y avoir une fin à ce couloir, il faut qu'il y en ait une. La régularité, l'obstination de ce pas impérieux devient insupportable, le chien grogne. L'image s'éclaircit encore. C'est bien un soldat, botté, harnaché, arme à la hanche, pas martial et son chien prêt à bondir mais fortement retenu par une laisse. Tout au bout, là-bas apparaît une lueur. Les pas continuent à avancer, le martèlement à s'amplifier. Brusquement jaillit la lumière au bout du couloir. L'homme lâche son chien qui court vers la clarté, se jette dans la lumière. Le son martelé s'arrête aussitôt.
Le chien n'a plus ni laisse ni muselière et gambade au soleil. Toute rage tombée, il se roule dans l'herbe et court rejoindre des enfants qui font une ronde dans les cerisiers en fleurs.
Aujourd'hui la terre
Un besoin vital de me relier à elle plus ou moins incoercible selon
la saison. Avant même l'arrivée du printemps, j'entends son appel.
Surgi je ne sais de quel tréfonds de moi, un besoin atavique d'y
mettre mes mains, de la pétrir, la retourner, l'ensemencer me
saisit. Pendant l'été, cet état perdure, le repos dans le jardin
m'est difficile, toujours un coin de terre réclame mes soins. Avec
l'apothéose de l'automne, toute balade se transforme en cueillette,
j'engrange, je nettoie, je la hume tant les odeurs fortes qu'elle
exhale me ravissent. Quand arrive l'hiver, j'aime alors qu'elle soit
recouverte de neige pour la protéger. En ce jour de Toussaint, elle
m'est encore plus chère, par tous les corps amis qu'elle renferme. »
la lumière dans le couloir #2
Tronçon bouché
ampoule déplafonnée
aucune résistance
Peur du rien
des idées qu'on se fait
des secrets qui dépassent
Quelques pas pour oser
-pointure 29-
ombres dans ma poche sous le mouchoir
confort provisoire
Derrière les portes peintes
des histoires défuntes
éboulements quelque part
La lumière mesquine
révèle des bouts de sale
fleurs en plastique dans les tombes-placards
Ampoule, Néon, Appliques
Led spot guirlande électrique
Bougies, réverbère,
Je reste un allogène dans le territoire.
ampoule déplafonnée
aucune résistance
Peur du rien
des idées qu'on se fait
des secrets qui dépassent
Quelques pas pour oser
-pointure 29-
ombres dans ma poche sous le mouchoir
confort provisoire
Derrière les portes peintes
des histoires défuntes
éboulements quelque part
La lumière mesquine
révèle des bouts de sale
fleurs en plastique dans les tombes-placards
Ampoule, Néon, Appliques
Led spot guirlande électrique
Bougies, réverbère,
Je reste un allogène dans le territoire.
vendredi 30 octobre 2015
c'est reparti ! La lumière dans le couloir
La lumière dans le couloir...
Une chanson, le reflet de la lune dans une mare, la portée d'ombres chinoises, un néon pâle, des lampions descendant l'avenue un soir d'Halloween, la lampe d'un téléphone portable, l'ampoule du 3ème étage
Ou bien une métaphore ressassée sur la mort, une croyance mystique, illusion d'optique, erreur de langage, faute de goût, quiproquo
Ou bien encore une caméra saisissant la portée des ombres chinoises dans un couloir projetées par une lampe de téléphone portable, on entend une chanson, les cris joyeux d'enfants défilant dans l'avenue avec des lampions ce soir d'Halloween, on distingue à peine la silhouette qui monte les étages, elle s'arrête un instant devant un poster mural d'une lune se reflétant dans une mare, on la devine inquiète, elle vérifie le numéro de la porte, monte encore, arrive au 3ème étage où l'ampoule du plafond grésille, elle s'arrête, hésite, la main sur le loquet. Elle l'ouvre cette foutue porte ! La caméra la montre aveuglée par un néon pâle.
On sait qu'on va lui tirer dessus. Elle aussi, certainement. Elle se dit que peut-être le destin lui permettra de vérifier si la métaphore de la lumière au bout d'un tunnel est vraie, à moins qu'il s'agisse d'illusions d'optique sur le chemin de la dé-naissance, d'une croyance mystique issue d'une faute de goût, d'une erreur de langage, d'un quiproquo Hitchockien ?
jeudi 29 octobre 2015
dimanche 25 octobre 2015
Aujourd'hui parti
-->
"Quelle
drôle d'idée que ce changement d'heure : voilà que l'heure d'été
est partie. Elle s'était, paraît-il, cachée entre le chiffre 3 de
3h du matin et le chiffre 2. Mais il y en a qui veillent et qui ,
lorsque 3h sonnaient, ont subrepticement récupéré cette heure et
-ni vu ni connu, facile en pleine nuit- ont remis l'aiguille sur le
2. Pas sans dégâts cependant, car la population souffre de
chronorupture. Et la chronorupture c'est grave ; elle a des effets
globalement négatifs sur la santé : trouble du sommeil, de
l'attention, augmentation du nombre de suicides. Et quand je dis
« population » c'est toute la population d'un pays, y
compris les animaux, baisse de la production de lait, qualité de ce
lait altérée par le stress... J'en passe. Et pas moyen d'y
échapper, les trains n'attendent pas, les horloges gouvernent. Tant
pis pour les humains"
vendredi 23 octobre 2015
Aujourd'hui il me faudrait un mot pour désigner
... la
texture et les formes de ces nuages qui ont accompagnés notre
journée d'hier. Ronds, exhalés par un fumeur de cigares ou ovoïdes en
amande, parfois allongés en banc de poissons, ils ne se déforment
qu'à peine malgré le fort vent du nord qui nous rougit les joues.
Ces énormes lentilles stationnent sous le vent, faites d'ouate
épaisse, immobiles, mamelonnées, elles ne fuient pas en troupeaux,
contrairement à beaucoup de leurs semblables. Edredons bordés
d'argent et pesant lourdement, ils s'étalent dans tout le ciel
depuis le matin et ont sensiblement le même emplacement au coucher
du soleil qui, brusquement les colore d'orange, de rose, d'ocre. A
force de recherches obstinées, ça y est, je l'ai le mot
: altocumulus
lenticulaire . »
dimanche 18 octobre 2015
Lampedusa
« Aujourd'hui, des centaines
de milliers d'ombres se sont aggrippées sur mon dos en écoutant
Rachida Brakni lire « A ce stade de la nuit » de M de
Kérangal. Longtemps je me suis demandée et toujours la même
question me taraude « Mais comment ont pu faire les gens pour
prétendre ignorer ce qui se passait à l'époque dans les camps de
concentration ? Comment, surtout, ont-ils pu continuer à vivre en se
le cachant ? ». Or, aujourd'hui, nous sommes face à la même
horreur : des centaines de milliers de cadavres dans la méditerranée,
on le sait et on continue à vivre, à rire, à bouffer. Comment
fait-on ? Comme eux. »
vendredi 28 août 2015
La troisième personne
"La troisième personne pour s'affirmer contre le défaut de la première. Il est ce que je fus, non ce que je suis qui n'a pas de présence réelle. A moins d'y voir l'unique et dernier recours pour se décharger de sa propre personne.
Non, ce n'est ni lui ni moi, c'est le monde qui parle. C'est sa terrible beauté."
Louis-René Des Forêts "Ostinato"
Non, ce n'est ni lui ni moi, c'est le monde qui parle. C'est sa terrible beauté."
Louis-René Des Forêts "Ostinato"
vendredi 21 août 2015
chemin, oeuvres éphémères : Les jardins d'Erik Borja (3)
| chemin conduisant au Jardin de Méditation |
Le Jardin de Méditation est une métaphore d'un espace maritime dans lequel on ne pénètre que par le regard : conçu par les moines zen pour la pratique méditative, il impose le silence et prépare notre esprit à la découverte des autres parties du jardin.
Comme quelques caïrns s'élevaient ça et là, j'ai eu envie de faire oeuvre éphémère avec une pensée émue pour Roger "Le chemin des grands jardins" et j'ai égréné quelques constructions et offrandes.
| Offrande |
mercredi 19 août 2015
L'eau, les fleurs, les animaux : Les jardins d'Erik Borja (2)
L'eau, les sources, les étangs, les lacs, les cascades sont des éléments très importants des jardins.
Qui a écrit que le monde est souvent en désordre mais que, dès qu'on le regarde à l'envers se refléter dans l'eau ou dans un miroir, tout semble ordonné et à sa place ?
Qui a écrit que le monde est souvent en désordre mais que, dès qu'on le regarde à l'envers se refléter dans l'eau ou dans un miroir, tout semble ordonné et à sa place ?
| Terrasse Méditerranéennes |
| Source et bassin |
Outre les reflets, le ciel dans l'eau, les lentilles, les mousses, les lichens ... où que l'on soit au jardin on entend le murmure de l'eau.
En quittant le Jardin de promenade, on traverse la bambouseraie qui suit la rivière nommée l'Herbasse. Au sortir de la bambouseraie, comme une échappée s'ouvre un large espace occupé en son centre par un lac où des centaines de nénuphars et de hauts lotus s'épanouissent. Véritable apparition d'air, d'espace, de couleur après les épais bambous : ces longues tiges et larges feuilles qui se balancent doucement dans la brise et le soleil. Rare apparition : je crois n'avoir jamais vu de lotus en France. Après un long moment de contemplation, on découvre à flanc de coteau une petite maison de thé.
| Lotus : Lac Jardin du Dragon |
| Fleur de lotus |
![]() |
| Héron pêchant dans l'Herbasse |
J'ai saisi, ici plus qu'ailleurs, la grande fragilité, l'exigence de ces jardins qui sont un hommage à la nature.
mardi 18 août 2015
Les jardins d'Erik Borja (1)
Cinq heures passées dans le Jardin zen d'Erik Borja* dans un sentiment de quiétude, de sérénité. J'ai choisi pour ce soir ces arbustes taillés en courbes douces.
Ce jardin n'est pas un jardin d'agrément mais un jardin de contemplation.
* Ce jardin se trouve dans la Drôme, non loin de Romans. Pour s'y rendre voir le site d'Erik Borja
Merci Natô
Ce jardin n'est pas un jardin d'agrément mais un jardin de contemplation.
| Jardin du dragon |
| autour du Jardin de méditation |
* Ce jardin se trouve dans la Drôme, non loin de Romans. Pour s'y rendre voir le site d'Erik Borja
Merci Natô
lundi 10 août 2015
samedi 8 août 2015
Carte postale d'Arles (Rencontres de la photographie)
écritures insolites, un lecteur averti...
samedi 1 août 2015
Londres quand le phallique domine
En regardant de plus près les photographies de Londres, il apparaît qu'en marge du calme et de la verdure de la ville, se dessine un lieu où le pouvoir s'exprime sous des formes phalliques variées, comme autant d'habits symboliques que revêt le capitalisme qui y a trouvé son terrain de jeu?
il y a bien ces canaux féminins, mais comme dissimulés sous un voile...
des parcs immenses et des arbres qui semblent toutefois montrer la direction des lieux du pouvoir
le fleuve et ses eaux calmes couvertes de limon comme autant de sédiments...
du pouvoir économique et religieux
culturel
pouvoir des symboles
de la consommation et de la mode
il y a bien ces canaux féminins, mais comme dissimulés sous un voile...
des parcs immenses et des arbres qui semblent toutefois montrer la direction des lieux du pouvoir
le fleuve et ses eaux calmes couvertes de limon comme autant de sédiments...
du pouvoir économique et religieux
culturel
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| Tate |
de la consommation et de la mode
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