vendredi 28 juillet 2017

Festival International des Jardins : Chaumont-sur-Loire

Thème 2017 : Le pouvoir des fleurs


Eternelles éphémères : méditation sur la force et la fragilité

Apis vertigo

Les belles aux eaux dormantes : rencontre improbable des roses et des nénuphars

Les belles aux eaux dormantes - 2
Monochrome blanc : célébration du pouvoir de la couleur
Monochrome blanc : célébration baroque et théâtrale

Puissantes immobiles




Pendant deux journées et une soirée insolite, nous avons vagabondé de jardins en jardins et d'émerveillements en émotions. Fantaisie, luxuriance, abondance, parfums, éclats, saveurs nous ont ensorcellés à chaque pas ... Et ce n'est pas tout ... dans les prés du Goualoup on passe du "Jardin des nuées qui s'attardent" au jardin chinois, coréen, anglais, japonais, miroir ... ce sera pour une prochaine publication.
Belles vacances à toutes et à tous

jeudi 20 juillet 2017

Aubrac

" Une attraction sans violence, mais difficilement résistible, me ramène d'année en année, encore et encore, vers de hautes surfaces nues - basaltes ou calcaires - du centre et du sud du Massif: l'Aubrac, le Cézallier, les planèzes, les Causses. Tout ce qui subsiste d'intégralement exotique dans le paysage français me semble toujours cantonner là: c'est comme un morceau de continent chauve et brusquement exondé qui ferait surface au-dessus des sempiternelles campagnes bocagères qui sont la banalité de notre terroir. Tonsures sacramentelles, austères, dans notre chevelu arborescent si continu, images d'un dépouillement presque spiritualisé du paysage, qui mêlent indissolublement, à l'usage du promeneur, sentiment d'altitude et sentiment d'élévation."
Julien Gracq "Carnets du grand chemin"

samedi 3 juin 2017

Pour les 90 ans que tu n'as pas eus

" Ce qui m'apparut rapidement évident était que la clé, je la trouverais en me plongeant dans ce livre dont le titre m'avait si fortement attirée. Je me mis donc à étudier le sommaire, avec lenteur, studieusement, comme pour résoudre une équation très ardue. Les titres de chapitres "La petite fille sans bras", "En finir avec la rage", "Revenir chez soi" me donnèrent une violente envie de me plonger dans la lecture, sur le champ. Je lus plusieurs heures d'affilée, passionnée par ces contes me dévoilant les souffrances, les blessures, les guérisons, les forces et l'endurance de ces femmes. J'entrevoyais une piste, une femme plus âgée offrait à une plus jeune ce qui lui était le plus cher : les découvertes de toute une vie données par la voie du livre. Je n'avais aucune idée de leur lien de parenté réel, peu importait : ce qui les liait allait bien au-delà du seul lien de parenté. C'était une filiation puissante, deux femmes fortes, se parlant au-dessus des années, au-dessus des hommes et s'échangeant tout ce qui existe de plus vital. Le livre ne me livrerait sans doute pas les épreuves qu'elles pouvaient avoir vécues - était-ce l'important ? - mais je savais l'essentiel : il allait perpétuer en moi le chemin entamé par ces deux femmes, la route n'était pas coupée, la voie était ouverte et m'appelait. Ce qui est étrange est la façon dont il m'avait hélée sur l'étal où je n'avais vu que lui."


Par delà les mois qui ne s'écoulent plus, bien au-delà du manque, bien en deça de mon amour,  pour la transmission qui continue. HEUREUX ANNIVERSAIRE

jeudi 18 mai 2017

Anniversaire





Quelques photos en souvenir des lectures à la médiathèque de Saint Etienne pour nos 20 ans et demi!!!! 
Merci à tous lecteurs, musicienne, public, personnel de la médiathèque qui ont fait que ce fut une belle soirée....

samedi 15 avril 2017

Hymne au printemps



douceur des paysages cantalous


site de La Bécarie face au village de La Vinzelle

sérénité




jeudi 13 avril 2017

Le jeudi 13 avril 2017

Rencontre musicale à la Médiathèque Louis Aragon à Firminy


Rencontre entre deux univers musicaux celui d’Ali Boulo Santo (kora et chant) dont le grand-père Soundioulou Cissoko était surnommé le roi de la kora et qui après son diplôme du
conservatoire de Dakar de musique traditionnelle enchaîne les expériences dans les musiques actuelles et celui de Dominique Lentin (batterie, sampler,objets) qui commence à Paris dans les années 1970 puis continue à Saint-Étienne dans différentes formations de musiques innovatrices rock tordu et de nombreuses pièces de théâtre. Les deux musiciens se sont déjà produits en France et au Sénégal.
18h30 - Tout Public

mercredi 12 avril 2017

mardi 11 avril 2017

Pène Dormant


Le pêne

Et le pêne dormant au long des artifices
Exulte sa rancœur en des propos duplices
L'huile dont il est enduit s'écoule-t-en rivière
Détruisant les cactus au sein des fondrières

Rien ne bouge, tout est nuit

Et le feu dévoré d'une ivraie rouge et or
Bouleverse un chien errant qui hurle-t-à la mort
Photographe amateur, un nain debout, dressé
Se bouche les oreilles avec du thym séché
Les narines ornés de persils en bouquets
Un veau énamouré le regarde et se tait.

O nature étonnée, que dis-tu de ces scènes
En rêve imaginées, en dormant, par le pêne.


In Humeurs alexandrines

jeudi 6 avril 2017

3 TOURS 140 C.

CONSIGNE DU 29/ 03   2017.
Ecrire à partir de ce que le tampon encreur a laissé comme titre sur la page. 

"Trois petits tours et puis s'en vont..."
trois tours de cour
trois tours de cou
trois tours d'écrou...
volent, s'envolent les paroles
et pourtant elles s'installent
dans les têtes
dans celle de l'enfant
qui n'arrête pas de tourner
dans celle de la victime
étendue sur le plancher
dans celle du prisonnier
pour ses visites minutées.
Mots de stupeur
mots de frayeur, de déshonneur
mots de la rue
mots révolus
mots dévolus
tout le tour de la Terre
de rotation en révolution.
"Trois petits tours et puis s'en vont"...
3 tours 140 C
"C"de quoi?
Un -20 est annoncé
sur l'échelle des sentiments
bien mal assis le cul serré
le cœur blessé
le sang gicle aux entournures
et dans l'âme des fourvoyés
il fait chaud il fait soif
une tequila bien frappée
pour des lèvres désenchantées
qui bousculent qui granulent
la lettre "C"
que je dois moi désarticuler
pour décacheter mon courrier
au libellé empoisonné.

vendredi 31 mars 2017

La fillette aux oreilles de silence

Devant la devanture s'arrête la fillette aux oreilles de silence. Son voisin, un homme aux oreilles ciselées, n'est autre qu'un pompier, toujours prêt à étreindre sa bouche d'étincelle.
La fillette écrase son nez malin sur la vitrine, fixant intensément de ses yeux de fer ce qui se passe à l'intérieur.
Elle observe tour à tour un indien aux mains de crocodile, une fille grande comme une basketteuse, un grand type habillé comme un croque-mort et aux mains immaculées.
Tout au fond de la pièce, elle voit son amour aux épaules monastiques remuer les lèvres ainsi que d'autres usagers aux pieds besogneux et taurins, d'autres aux chevilles ouvrières. Ce qui se passe dans ce magasin réaffecté, elle n'en a pas la moindre idée. Ses oreilles de silence ne lui laissent pas entendre la symphonie crapoteuse qui se joue là. Ses oreilles immaculées du péché lui rapportent un silence épinglé de mouches et farci de secrets.
Elle voudrait entrer, se jeter dans les bras de son amour au front des Dardanelles; lui faire comprendre ses sentiments de métronome. Une femme aux mains de coquille s'interpose devant sa vision. Elle est corpulente comme une dame pipi vissée 24/24 sur son siège. Sa bouche berchue laisse échapper des gerbes d'étincelles appétissantes. C'est alors que l'explosion se produit. La fillette béé de la bouche le pompier toujours prompt déclenche sa lance à incendie portative et entre en trombe dans le local éphémère déjà presque réduit en cendres.
Je vous l'avais bien dit que ça sentait le mazout ! crie quelqu'un à la voix de crécelle enfumée.

mercredi 29 mars 2017

je vous écris de ma crainte de la voir disparaître sans connaître son prénom

Alors, je me suis arrêtée sur son passage protégé et je lui ai donné ma lettre. On allait en rester là, car elle était un peu interloquée, alors je lui ai demandé son prénom et je lui ai donné le mien. 
J'ai failli entendre de la tôle froissé, juste après.......

dimanche 26 mars 2017

printemps des poètes, une semaine déjà

Je vous écris du jardin, colère rouge plantée. Reverdira en multiples saveurs. Je vous écris des primevères à la prise de pouvoir éphémère. Je vous écris de mon enfance, haut perchée au paradis terrestre, avalant tout, cerises et noyaux. je vous écris depuis ces arbres d'où je n'ai rien vu venir mais desquels tout à découlé.
Je vous écris du chemin quotidien qui va de l'aube à l'aube : "est-ce que Marcel avait eu une réponse, lui ?". Je vous écris de ma tendresse dont personne ne veut.  Je vous écris  du "pire qui n'est jamais sûr" ou "du bonheur dont on n'est jamais à l'abri". Je vous écris de toutes ces maximes contradictoires, des humeurs tumeurs, des  humeurs lymphatiques qui contrôlent nos gestes et nos foies.
Une odeur de prunus, de narcisse et voilà que bourgeonne un sourire et qu'est gommé le rictus de la bile noire.
Tout peut arriver, toi, moi, les méchants en prison, les diables en Tasmanie. ça aussi je vous l'écris, l'optimisme fataliste, les boulangeries disparues, les magasins de bouche fermés, la vie à taille humaine.
Tout peut arriver : une maison de glace en plein printemps, une façade de vagues gelées instantanément. Tout peut arriver et d'ailleurs tout arrive, comme un New-York permanent. "Je veux qu'on m'arrête de pleurer".
Je vous écris de la vitrine d'un magasin de ma ville en recyclage, de Santiago de Cuba sur Furan, où l'art brut designé a remplacé les robes de mariage, les boucheries chevalines, les charcuteries  à cochons rigolards, les pantoufleries, les clinquailleries bien rangées comme des musées, les épiceries comestibles.
Je vous écris depuis une foirfouille où l'on peut se procurer des drapeaux français made in China, bleu/blanc/rouge/ frénétiques aux 100 000 mains de la France insoumise, aux 250 millions de mains de Les Républicains (registred mark). Je vous écris montée sur le cheval de Joan of Arc  Seberg.
Tout peut arriver, une épicerie poétique, un site miroir, une liste d'indicateurs, des compétences et des potentiels, des cheveux blancs qui repoussent des cheveux noirs, des douleurs dans des parties du corps inédites, des tortures inimaginées perpétrées par des femmes sur d'autres femmes, un printemps débordant de tellement de fleurs que ça fait peur.
Je vous écris du trajet 4 fois jours qui me conduit de chez moi à chez moi, il arrive que je confonde les 2. Je dis bonjour à la jeune femme au gilet jaune fluo qui garde le passage piétons. Je vous écris de nos sourires partagés de nos mains qui s'agitent. Je vous écris de ma crainte de la voir disparaître un matin sans lui avoir demandé son prénom. Je vous écris de ma joie de voir des enfants traverser la route protégée pour aller à l'école, de ces mamans en boubou, en foulard, en mules. Je vous écris de mes bonnets multicolores dans le matin de mes rêves pas tout à fait digérés.
Il arrive qu'une voiture ne s'arrête pas au stop. Il arrive que je klaxonne et entende le bruit des tôles froissées.

Je vous écris de la réponse qui est en moi, dans mes poumons et mes intestins, mes 2 cerveaux disponibles. Je vous écris du sentiment du temps qui fuit, du temps perdu sans joie. Je vous écris, Je vous écris, Je vous écris pour qu'adviennent encore des choses minuscules.

mercredi 22 mars 2017

L'OUBLI.

Monte en moi la douceur d'une étoffe
la respiration du drapé
que tu enroulais autour
de mes hanches
quand s'annonçait la nuit.
Mes mains orphelines
pleurent l'oubli
de tes mains
et ton regard
sur les choses.
La pomme verte qui souriait sur l'arbre

La jument blonde que coursait le vieux chien
Le soir respirant l'aubépine
et le soleil farceur.
L'oubli des mots
que tu disais
à moi et à tu
que je recherche quand
flotte la brume sur
mes souvenirs en charpie.
Sombrent les heures grises
des jours de pluie
à mes instants fanés.
L'absence devient ma passerelle entre le vide et toi.
Le ciel de vagues souffle la vacuité
des deux syllabes de l'oubli.


dimanche 19 mars 2017

Printemps des poètes Saint-Etienne


Tout peut arriver, les morts apparaître, s'asseoir auprès de nous, nous prendre par la main, rencontrer ceux qu'ils n'ont pas connus, tout peut attirer en une seule nuit et au réveil nous ne reconnaissons rien, ni le lieu, ni l'époque et le soleil est posé sur la pelouse, le ciel couvert de jonquilles, tout peut arriver, tu peux me quitter ou l'inverse et chacun vivre une autre vie, le sucre peut refuser de fondre dans la tasse et les rivières se remplir de vagues et peut-être même la terre de tourner; tout peut arriver le meilleur et le pire, j'en suis bien persuadée, il suffit d'ouvrir les yeux et le coeur pour voir les miracles surgir, la cendre redevenir flamme et le ver de terre prendre son envol, tout peut arriver, la mère dévorer son enfant, l'enfant déchirer le sein qui l'a nourri, le père donner naissance et le chant retourner dans le violon, les cerisiers donner des fruits en hiver, tout peut arriver, trouver un beau matin les ancolies et les coquelicots pousser dans mon lavabo, le lierre grimper au long du miroir et les poissons me tresser un collier, tout peut arriver, les océans nous inonder, faire disparaître l'humanité, nos habitations flotter et nous, avoir le pied marin, tout peut arriver les blessures cicatriser, les enfants cesser de grandir et rester pour toujours innocents, nos coeurs s'ouvrir et accueillir tous les migrants, tout peut arriver si nous nous donnons la possibilité.

Je vous écris depuis toujours, je n'ai jamais fait que ça, m'adresser à vous qui ne me connaissez pas, où que je sois, devant ma fenêtre face au cerisier, dans mon lit les nuits d'insomnie, dans ma voiture au coin d'un bois, assise au coin du feu bercée par un air de blues. Je vous écris du fond de mes songes, depuis mon enfance je m'adresse à vous. Ma poupée c'était vous, encore plus loin mon ours, toujours vous. Ballotée par la fièvre, dans les affres de la souffrance, je vous écris. Dans un jardin que je cultive avec amour, du parfum des tilleuls quand en juin je me lève tôt, des brassées de narcisses cueillies au col de Vesc et des paniers de champignons d'automne trouvés sous la mousse drômoise. Je vous écris du haut du châtaigner où je me réfugie avec les corbeaux, de la neige immaculée et des raquettes crissantes dans la blancheur et le silence. Je vous écrit par coeur et avec déraison, sur les murs, les planchers et les plafonds, du plus profond de mon âme et du bout des doigts, je vous écris un peu, beaucoup, passionnément, sur la vitrine, avec les coquillages de la plage de Fécamp, du bord de la rivière qui charrie mes mots les prenant pour des poissons. Je vous écris d'un discours ininterrompu, de mon ventre, des frissons qui me labourent le crâne, du creux de mes os, de ma moelle, avec mon sang. Je vous écris indéfiniment.

Ces textes ont été écrits le 19 mars dans l'atelier de Florentine Rey.  Deux consignes nous étaient proposées "Tout peut arriver ... " d'après Albane Gellé "Bougée"     et "Je vous écris ..." d'après Seamus Heaney