lundi 27 décembre 2010

au secret







le constat
qu'au premier plan
de notre vision
se pavanent les phénomènes
d'incurable cupidité

les feux
dans le ciel indigo
de la pupille
des bientôt morts

l'envie d'agir
sans arrêt

je ne sais trop
pourquoi

l'usage
de jeter un couteau
liquide
dans l'abîme
avant d'y sauter
soi-même

les détails

qui ne peuvent
condamner
à jamais

les récréations
sibyllines





extrait de "au secret"
de franck andré jamme


dimanche 26 décembre 2010

Message important de Jeannine de Dallas

Noël  2010 chaussée encapuchonnée
Jeannine s'en est allée
A la messe de la Nativité à Sainte Thérèse du Rond Point.
La chaussée était glissante,
mais elle savait qu'elle était missionnée A l' Église le divin enfant
lui a dit clairement entre deux
Jouez hautbois résonnez  musette
que l'année serait plus douce
pour ses amis écrivains du mercredi soir
Oh douce nuit,
Oh Sainte nuit,
Elle a remercié
Et s'en est allée réveillonner.
Elle était  heureuse de transmettre  le message.
Enfin la lumière  brillera au cours de cette nouvelle année.

mardi 21 décembre 2010

Ho vomitato l’anima ieri (fin)

Ho vomitato l’anima

ieri

ma tu mi sei rimasta dentro

Eravate nella stessa cella

ma lei se n’é andata senza dirti nulla

o sei voluta restare :

tim manca poco per uscire regolarmente

perché scappare, dunque ?

No, tu mi sei rimasta dentro

dentro come sempre.

E’ uscito di tutto dal mio corpo

Umori, bestemmie, sogni, raffreddori;

denti da latte

Adesso anche l’anima,

E’ uscito di tutto, dicevo,

tranne te

e tranne me

Ho vomitato l’anima

ieri

sembrava un mazzo di rose sul pavimento

come uno di quelli

che mi facevano arrossire al ristorante

perché non sapevo cosa dovevo fare

e ti avrebbe tenute le mani occupate

tornando a casa

Quelle mani, ahimé solatanto due,

che avrei voluto sanguisughe da salasso

su di me

dieci, venti soffici centose tiepide sulla

schina

a togliere umidità, vuoto ed amarezza.

Ho vomitato l’anima,

ieri.

 

Claudio POzzani (Saudade e spleen)

lundi 20 décembre 2010

Roche Baron



lieu historique de mon enfance, 
de mes vies moyennâgeuses
longues dames aux chapeaux d'astrologues
oubliettes
des échappées adolescentes
en route vers la gloire en détour initiatique par l'amour tout court
6 2CV dans une courbe boueuse
on avait bivouaqué
aujourd'hui la courbe est goudronnée
monte dru et fait suer
j'avais perdu quelque chose
ma mère avait dit : "Y-aura qui comme filles ?"
Une autre fois
avec un jeune homme au regard franc et doux
on avait compté les étoiles
on s'était endormi à 100 millions et avec le torticolis
dans nos sacs de couchage sur la première photo, juste à la place du spot
en ce temps-là c'était gratuit, il n'y avait ni crêpes ni musée
ni spots, ni barrières et beaucoup moins de chèvres
Une autre fois, dans la dernière vie, on s'est fait enfermer derrière les lourdes portes et grilles
il a fallut affronter les orties et les ronces
un souvenir bon  à presque 100%
Hier, une symphonie de cloches de gouttes d'eau sur une tôle ondulée abritant des bonbonnes de gaz
des lumières en guerre pour le plaisir du regard
et tout au fond vers la droite, au Sud de la frontière, la Renarde à sa fenêtre, peut être,
et dans le rond de la lune le jeune homme depuis longtemps mort déjà, sûrement
on n'a pas voulu visiter le musée.




dimanche 19 décembre 2010

Photos 7 et 8

Haie de poissons
Friture palissade
Sur front de céramique sable
Cette diablesse aime les animaux morts

Alignés comme des Caran d’Ache
Tous argentés
Leur œil ne lui dit rien qui vaille
Qu’en faire ?
Dans quelle histoire les fourrer ?

Seront-ils friturés ce soir dans l’appartement vide ?
Dans la solitude de la ville hivernée ?
Sera-t-elle seule ?
Son amant viendra-t-il ?
Ou sera-t-il avec l’autre ?
Il reste de son dernier passage
Cette fleur véritablement artificielle
Guindée comme le sexe d’une poule de luxe
Cherchant la lumière fantôme de cette ville fantoche,
Toute hérissée de tours ce que ses collines ont de creux

Elle risque à peu de frais la fraîcheur maritime,
L’odeur du large et de l’oubli
L’odeur de l’ordre et de l’alignement
L’odeur du rien qui dépasse, du lisse, du temps présent sans passé

De toute façon qu’il vienne ou pas que lui importe
Elle vient de se rendre compte qu’elle déteste sa voix de téléphone
Et que depuis quelques temps, elle est sensible aux voix comme elle l’est aux odeurs
Et que la sienne lui soulève le cœur

Elle voit passer l’heure
Et jette la palissade de poissons dans le vide-ordures
Elle épargne la fleur, qui périra seule dans peu de temps
Retenant ses effluves, comme on se retire, à reculons
Sur la pointe des pieds
Tire les rideaux jusqu’au printemps.

chute libre




anchois ou sardines

j’ai le choix

contre les autres serrés

(rayures)

l’orchidée nénuphar

en lotus

veille sur-veille

planquée derrière ses carreaux

(observation)


ai-je le choix ?

de ne pas choir ?


les anchois

(j’ai décidé que c’en était)

me scrutent


(entre parenthèses)


des yeux des yeux des yeux ..

au nombre de 19

déployés en éventail

mon chat y goûterait-il ?

arrêtes !

et toujours cette neige derrière la baie

blancheur de fleur

l’antenne parabolique scrute le paysage

comme je contemplerais des anchois


(sans voix)


en ligne sur un cylindre jaune

troués de leur regard cerné d’argent

quelqu’un a écrit : ‘la ville est un trou’

vide de la ville

mise en abîme

(colonne vertébrale de poisson)

dans les portes-écran

transparence

projection du grand vide



pour chute libre







samedi 18 décembre 2010

Vision de loin, vision de près ... suite



A peine les 7ème et 8°ème photos sont-elles apparues sur mon écran, qu'aussitôt me voilà dans un double temps où le passé empiète sur le présent. Légère hésitation pour savoir où je suis, où j'en suis …

Cette bulle à transformations multiples me transporte dans des espaces qui sont tout autres que ce qui était supposé apparaître : je tourne la tête et … ou tout est oublié ou tout a disparu, qu'en sais-je …

Devant mes yeux une orchidée albâtre veinée de rose, à l'intérieur un minuscule masque comme en peignait Ensor - encadré de deux grosses moustaches à la Dali, fuchsia les moustaches - entouré de deux petites ailes palpitantes, transparentes, fragiles, prêtes à faire prendre son essor à la fleur entière aux cinq pétales veinées. Bien qu'attachée à une branche épaisse, elle est bien entrain de prendre son envol … franchit le lourd rideau de théâtre sur le point d'être tiré. Je heurte sans m'en rendre compte les battants sombres de la fenêtre fermée, ce qui la fait s'ouvrir, alors que j'aurais pu chercher en vain pendant mille ans en le voulant, l'ouverture. La scène entière bascule, saut dans un autre univers, changement de plan, bousculade, les immeubles s'envolent, se disloquent en petits pointillés et s'alignent bien sagement rangés en ligne parallèles, tels des sardines dans une boîte, chaque fenêtre est un petit oeil brillant, ce qui était blanc devient sombre, l'orangé a pris la place du rose. Le rideau a joué son rôle : séparer les univers.


Fragment, éclat, brisure, diffraction, éclatement, fulgurance, déchirure, prisme, dépliement, mosaïque, puzzle, défiguration, permutation, lambeau, haillon, bribe, loque, rupture, fulguration, métamorphose, condensation, révélation...


Mon stylo-poisson, mince, froid, brillant se faufile sous mes paupières, je soulève délicatement cette paupière boursouflée, la retourne. Surprise par sa couleur orangée je fais vite, me saisis du stylo et le brandis comme une arme contre ma feuille de papier qui n'a qu'à bien se tenir, j'ignore si le poisson va lui écrire dessus ou la trouer à petits coups, car à chaque fois que j'essaie de prévoir quelque chose, c'est autre chose qui advient. Cet univers m'échappe, je ne contrôle plus rien depuis que je suis dans l'espace de cette histoire, ce ne peut être la mienne, je n'y vois que le chemin sinueux et sans cesse à la dérive d'une vie que je ne reconnais pas.


Le stylo à écailles se contente de se faufiler et de me filer habilement d'entre les doigts pour se réfugier dans les pétales de l'orchidée, se cacher dans les replis du masque qui n'était là que pour ça, je ne le comprends que maintenant, en fait le tout immense se cache dans le coeur minuscule, tout était contenu depuis le début dans le moindre petit repli et il y a longtemps que je ne suis plus dans la boule ...



Photos 7 et 8

Ils étaient là bien rangés, la mine bien affutée prête à remplir son office. Ils avaient tous la même couleur, c'était juste le détail incongru dans cette boîte de crayons de couleurs, mais peut être avaient -ils des nuances dans les gris allant jusqu'au noir profond. Ils étaient dans l'attente de servir enfin à quelque chose: ils l'avaient vue dans le miroir se mirant et s'admirant, redressant un pli, en froissant un autre, à la recherche d'une lumière égarée qui saurait lui donner ce reflet de nacre vers lequel elle tendait tous ses efforts. Ils attendaient le signal, donné par je ne sais quel maître du jeu, et imaginaient en patientant, les traits qu'ils poseraient.

Elle était là, au phénix de sa beauté, respirant l'air qui entrait dans la pièce et fixant son regard sur les lointains dont elle ne connaîtrait que les lumières qui glissent et attisent les couleurs. Elle les savait prêts sur la table à dégainer leurs dards et attaquer leur mission de destruction, c'était une question de minutes. Les soldats de plomb avaient sans aucun doute reçu l'ordre de détruire la beauté qu 'elle semblait représenter. Elle ne s'y opposerait pas, ils étaient trop nombreux, elle profitait juste de ses derniers instants pour se contempler dans le miroir.

Le signal fut donné: les crayons gris s'emparèrent des ombres et ne dévoilèrent que l'envers du mirage. Peut être un affleurement du réel. Les soldats de plomb l'encerclèrent, l'enlacèrent, débordant d'ivresse face à ce qu'elle cherchait à cacher tout en le dévoilant par un pli de pétale. Au delà de la fenêtre ,que l'on tenait fermée, on pouvait lire la page blanche de l'écriture des songes.

vendredi 17 décembre 2010

dernier départ

Dernier départ
Emma lui parla de la ville de son enfance qu'elle regardait par la fenêtre du
dernier étage de l'immeuble sur la colline, des hivers enneigés de la guerre
qui n'en finissaient pas , des longs après-midis de solitude quand sa mère la
laissait pour rejoindre l'homme qu'elle connaissait à peine, ce père traqué,
cet homme fuyant, cette silhouette qui quelquefois se penchait sur elle au
milieu de la nuit, chargée des odeurs troubles de la clandestinité. Elle lui
parla toujours de cette même histoire, de ces hommes qui se penchent sur
leurs enfants endormis et s'en vont ,comme son homme, tout à l'heure,
dans le silence de la chambre. Elle revivait sans cesse ce déchirement
silencieux des corps qui se répète à l'infini.
Puis elle parla enfin de ce jour où sa mère lui annonça qu'il ne reviendrait
plus, qu'il était monté dans un train en partance pour une destination
inconnue, quelque part vers l'est, là où le froid est plus vif et la neige plus
profonde,un pays de grandes plaines sous le ciel bas .Ce jour-là, le front
appuyé contre la vitre glacée, Emma s'était efforcée de fixer son visage,
mais elle ne voyait qu'une figure inconnue traversée par l'éclat métallique
des rails, noyée dans la lumière froide des lampadaires. Elle avait entendu
sa mère chuchoter à la voisine qu'on les avait poussés dans le wagon,
qu'elle n'arrivait pas imaginer comment ils pouvaient tenir aussi
nombreux,qu'ils devaient être serrés comme des sardines dans leur boîte.
Elle avait répété plusieurs fois: comme des sardines et cette image ne la
quitta plus pendant ses années d'enfance. Presque chaque soir,avant de
s'endormir,elle voyait derrière ses paupières apparaître le corps brillant de
son père,allongé sur le côté, parmi d'autres corps identiques, l'oeil
globuleux, parfaitement rond, la fixant avec un air de reproche.
Il ne revint pas, on lui révéla plus tard, qu'il mourut quelques jours avant la
libération du camp.
Puis son image s'estompa encore un peu, il n'avait laissé aucune photo et
seul resta gravé dans son souvenir l'oeil rond tellement humain de la
sardine au milieu du wagon.

hibernation monstre

photos 7 t 8 Valérie Orgeret Jeannine de Dallas

Le deuxième Régiment d'infanterie basé à Orange est en place,
Il est commandé par le lieutenant : oeil d'argent.
Les rangs sont serrés, tous les soldats sont en garde à vous.

La ville semble pétrifiée, endormie, pas d'âme qui vive.
Il a neigé, les bruits sont encore plus étouffés.
Personne dans la rue, les balcons sont vides.
Ce n'est pourtant pas encore l'heure du couvre feu.

Mais quelle est donc cette fleur ?
Une orchidée.
L'ennemi se rend , il n'y a pas eu de sang.
La seule tache rouge, c'est le coeur de la fleur.

On entend "oeil d'argent" ordonner :
"Rompez les rangs"

l'hymne national est entonné.
C'est l'huile qui grésille dans la poêle
Les soldats peuvent aller se faire dorer
La guerre est finie

Publié par Jeannine De Dallas

jeudi 16 décembre 2010

Jardin d'hiver



Et pour vous souhaiter de bonnes fêtes un peu plus légèrement, bien ou mal orthographiées, mon jardin sous la neige

Ecriture de travers

Mots mal couchés sur la page comme le gras du ventre dépassant légèrement du pantalon

Verbes conjugués au petit bonheur comme l’emprunt d’un chemin non balisé

Adverbes choisis par inadvertance comme l’on saute, de dos, sur le vieil ami que l’on croit reconnaître dans la rue

Virgule, point d'interrogation, point-virgule placés maladroitement comme un maquillage oublié de la veille

Ecrit de la fragilité comme acceptation de ma vulnérabilité qui résonne avec la tienne

Mots non conformes comme le sont les émotions spontanées

Lapsus scintillant comme les gouttes d’eau d’un robinet qui fuit

Puis-je accueillir tes maux, ce que tu « et » « es » pense, ici et maintenant ?

Orthographe malhabile, je t’aime bien malgré tes imperfections scolaires et sociales, quand (ou car?) tu es l’encre invisible de l’écriture de soi sans stratégie de séduction

Dans l’abandon de toute manipulation.

Felix Nussbaum




"Consolation" de Mireille Calle-Gruber éditions de la différence

"La main tend le rectangle clair lisible nom d'un arbre-dans-la-langue-allemande, prénom de félicité, désignation majuscule JUIF-JOOD lettres rouges barrant l'espace au-dessus de la photographie d'identité qui reproduit en miniature le portrait de celui qui tend le rectangle de la carte lisible nom prénom JUIF-JOOD regard biais nez busqué sous le rabat du chapeau mou ..."



Et bien avant l'horreur, l'enfance heureuse, les vacances en famille au bord de la mer du Nord, le portrait de son père ...

Une superbe exposition actuellement à Paris au musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Egalement une rétrospective intégrale des films de Werner Schroeter à la cinémathèque du Centre Pompidou


mercredi 15 décembre 2010

désilluminations


Maigre récolte cette année, illuminations particulièrement ratées. Pas merci Marie

samedi 11 décembre 2010

Jeannine de Dallas et les madeleines

Dans le cocon de la Pinède Mercredi prochain.
Nous mangerons une Madeleine  faite par mes blanches mains.
Ce n'est pas le Carême, nous avons le droit Monsieur Proust nous contrariera pas Nous sommes dans le temps de l'avant Béatrice  c'est-à-dire dans l'attente.
Tout peut arriver

Soyez pas bégueules, c'est une bonne idée, même américaine...

On se lève tous pour Jeannette de Dallas !!

cliquez, et Allez Loup YA !

jeudi 9 décembre 2010

Poulpe et poupée à la manière de.... JC Lalumière

écrit à partir de deux photos, l'une présentant un poulpe dans une bassine, l'autre une poupée ancienne brune en porcelaine délicate.

Sujet : chute de poulpe

Cher Monsieur, je viens par ce mail vous prévenir qu’un poulpe est tombé du plafond de mon appartement, cette nuit, et habite maintenant la bassine rose que tante Anna m’avait donnée et que ceci est bien embarrassant. J’aimerais donc savoir si l’assurance marche et comment, et si vous pouvez m’envoyer une personne d’entretien pour enlever la bête de mon machin. Bien à vous. Madame Z.

Re : chute de poulpe

Chère Madame, l’assurance pour laquelle vous cotisez comprend les dégâts des eaux mais pas les dégâts de poulpes. Je suis donc au regret de vous dire qu’il n’est pas en mon pouvoir de faire intervenir un professionnel. Veuillez agréer, Chère Madame, mes respectueuses salutations. R. Y, pour l’assurance M...F.

Re. Ref : chute de poulpe

Je suis vraiment scandalisée par votre réponse, depuis des années que je cotise chez M....F, je vais changer d’assurance ! je pense que si j’étais une jolie poupée aux yeux brillants et au teint de rose vous auriez trouver une solution, car assureur ou pas, les hommes comme vous, sont tous les mêmes. Pas cordialement. Madame Z.

Re. Re ; Réf : chute de poulpe

Chère Madame, votre dernier mail n’est guère compréhensible. Vous m’aviez parlé de chute de poulpe mais pas de poupée. Si vous avez un problème de poupée, j’ai le plaisir de vous dire qu’un complément « assurance corporelle de la vie quotidienne et de désagrément pour rupture de poupée » vous coûtera 135 euros par an et couvrira les accidents de poupées, mais ne pourra en aucune manière être rétroactif. Dites-moi ce que vous décidez. Cordialement. Renée Y., pour l’assurance M...F.

Re.Re.Re. Réf. : chute de poulpe

Non seulement je suis scandalisée par le non remboursement des dégâts suite à ma chute, mais en plus je vois qu’il y a usurpation d’identité sexuelle puisque, monsieur, vous vous nommée Renée. Je suis donc doublement irritée par votre assurance et je vous annonce dès maintenant mon interruption de contrat. Pas cordialement. Madame Z.

Re. Re. Re. Re. Réf. : chute de poulpe

Chère Madame, pour rompre le contrat vous devez nous adresser une lettre recommandée trois mois avant la première échéance du contrat suivant le dernier mois de l’année en cours et ceci à condition d’avoir cotisé au moins pendant 24 ans à compter du premier jour du premier mois de la nouvelle année précédent le premier contrat à la M...F. Cordialement. Renée Y., pour l’assurance M...F.

Re. Re. Re. Re. Re. Réf : chute de poulpe

Vous m’énervez, si j’étais une poupée brune je dirais même que vous me casser les pieds ! Je suis adhérente de curé en fille depuis au moins... (attendez je réfléchis) dix lustres. Pendant ce temps mon poulpe pue et ma bassine rose est devenue toute verte à l’intérieur, que même ma voisine qui m’a apporté mon courrier m’a dit que ça sentait bizarre. Je vais aller me plaindre à la police et vous serez bien content ou contente puisque vous faites partie de ces gens opérés apparemment. Pas cordialement. Madame Z.

Re. Re. Re. Re. Re. Re...... Réf. : chute de poulpe

Chère Madame, je ne comprends pas votre allusion à une opération. Je vous rappelle que votre cotisation comprend le Pacte assurance-opérations-diverses-sauf-de-poulpe et qu’un complément peut être versé à votre Mutuelle en cas d’hospitalisation de plus de 32 jours à partir du 3ème jour que ne prend plus en charge la Sécurité sociale et avant le 40ème jour du complément de votre Mutuelle pour « grave maladie ». Je vous prierai donc de me renvoyer par courrier recommandé l’ordonnance de votre médecin, la facture de votre hôpital et le devis pour enlèvement de poulpe que vous pourrez demander à l’une des entreprises avec lesquelles nous travaillons et dont la liste est jointe en pdf contracté à ce mail, puisqu’en cas d’opération l’enlèvement de poulpe devient possible. Cordialement. Renée Y., pour l’assurance M...F.

Fin : Madame Z a fini par faire une grave dépression tandis que le poulpe prenait ses aises chez elle et demandait en mariage l’une des poupées disposées dans la vitrine du meuble de salon. Renée Y. se pose désormais des questions existentielles et sexuelles, et culpabilise de ne pas avoir agi plus vite pour l’enlèvement du poulpe.

mardi 7 décembre 2010