samedi 22 juin 2019
samedi 1 juin 2019
mardi 28 mai 2019
La planète déshabillée (Le Monde des livres 23130 24 05 2019)
"Les cartes géographiques nous dissimulent l'essentiel :
la beauté nue du monde. "
L'invention de la Terre (l'invenzione della Terra) Franco Farinelli
jeudi 23 mai 2019
Littérature en quête d'enquêtes
Après s'en être éloignée, la littérature a retrouvé le chemin de l'enquête. Désormais loin des modèles du XIXe siècle, et forte de dialogues avec les sciences sociales et le journalisme, elle contribue à en renouveler la méthode et la forme. Avec Laurent Demanze et Emmanuelle Pireyre.

Philippe Artières, François Beaune, Antoine Bello, François Bon, Eric Chauvier, Jean Hatzfeld, Nathalie Quintane, Olivia Rosenthal, Joy Sorman, Philippe Vasset... Qu'ont en commun tous ces écrivaines et écrivains contemporains, outre le fait d'être venu au moins une fois, et souvent plusieurs, au micro de La Suite dans les Idées ? Toutes et tous mènent, chacun et chacun à sa manière, des enquêtes littéraires. La prolifération des enquêtes littéraires est l'objet d'un essai qui paraît ces jours-ci aux éditions Corti et son auteur, Laurent Demanze, est cette semaine l'invité de La Suite dans les Idées. Il est rejoint en seconde partie par l'écrivaine Emmanuelle Pireyre, dont le nom et l'œuvre figure aussi au sommaire d'Un nouvel âge de l'enquête.
- INTERVENANTSprofesseur de littérature à l'Université de Grenoble
-
-
Journaliste, professeur associé à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du journal AOC et producteur de l'émission "La Suite dans les idées" sur France Culture
vendredi 3 mai 2019
date du prochain : on reste au mercredi, même heure que d'habitude et chez Ange
Désolée pour notre Roi des Causses sans kilt, quoique je suis certaine qu'il lui siérait fort bien.
On en reste à notre jour habituel, c'est à dire le mercredi 17h45.
vendredi 26 avril 2019
M'en lasserais-je un jour ?
![]() | ||||
| Lieu-dit "Le Calme" à Bourdeaux |
Entre les deux, le Col de la Chaudière.
Cette nuit est tombée "La neige du coucou", nommée ainsi parce qu'elle est la dernière après avoir entendu le chant du "coucou". Ce qui n'empêche pas une grande douceur et de minutes en minutes des ciels changeants, certains à fondre de beauté.
![]() | ||
| Couspeau et son "têton" lui aussi saupoudré pendant la dernière nuit et la douceur des innombrables verts printaniers |
Photo prise durant la même balade à quelques minutes d'intervalle et à quelques mètres des deux premières. Le printemps est une merveille de tous les instants.
samedi 20 avril 2019
Cartographie 23/ Légende
Se dire que, bien sûr, on n'a pas fait le tour de la question, qu'il resterait bien des pistes à explorer encore...mais qu'il faut aussi savoir conclure, et laisser chacun s'emparer de toute cette matière qu'il a entre ses pages écrites et d'en faire quelque chose...ou pas...
Alors, voilà la dernière proposition d'écriture après lecture de fragments de "Dans les ruines de la carte" d'Emmanuel Ruben, avec qui j'ai commencé ce chantier d'écriture:
De
quoi est faite une carte? De chiffres et de lettres, de lignes et de
couleurs, de quelques pictogrammes épars. Cinq registres de signes
pour suppléer la réduction du visible et de l’invisible en deux
dimensions et de nos cinq sens en un: la
vue, disons plutôt le regard – ce toucher, cette écoute de l’oeil
lorsque la rumeur du monde s’est tue, lorsque se sont aplanis les
moindres reliefs. Selon qu’un de ces quatre éléments prend le pas
sur les trois autres, l’enfant qui a longtemps vagabondé ces
cartes en main, ces cartes sous les yeux, ces cartes plein les
paupières, se rêvera tour à tour géomètre ou mathématicien.
S’il veut tenir ces quatre-là en un, il se rêvera stratège,
arpenteur, cartographe, ou plutôt géographe. Ou qui sait,
dessinateur, écrivain: mesurer, interpréter, partager, délimiter
auront fini par le lasser. Ce qu’il voudra désormais, c’est
créer. Créer la carte. Créer sa
carte. Non seulement tracer des lignes mais construire la légende,
construire sa
légende. “Trouver le lieu et la formule” signifie en réalité
les inventer, les réinventer. Réinventer le lieu. Réinventer la
formule. Créer encore et toujours, jusqu’à l’épuisement.
Proposition d'écriture: créer sa propre légende émotionnelle, affective, face à sa carte; noter un arbre, une ruine, un chemin... avec quelques mots pris dans ses textes ou réécrits avec poésie
Petit cadeau,un extrait de l'épilogue du livre de Ruben :
J’appelle
en archipel une écriture faite d’allers-retours, de va-et-vient,
de chassés-croisés – une écriture à sens multiples
J’appelle en archipel une écriture qui explore le labyrinthe de l’esprit et traverse le miroir du corps
J’appelle en archipel une écriture qui sait que la vie est le rêve d’une ombre
J’appelle en archipel une écriture qui sait le réel improbable
J’appelle en archipel une écriture qui sait qu’il n’y a pas de monde un mais des mondes pluriels, innombrables
J’appelle en archipel une écriture qui relie les lieux délaissés et relit les livres oubliés
J’appelle en archipel une écriture ouverte, au plus près du dessin, de l’ébauche, de l’esquisse
J’appelle en archipel une écriture qui consent à recourir à l’image lorsque les mots ne suffisent plus, que cette image soit une photo, une carte, un croquis, un simple trait
J’appelle en archipel une écriture qui se méfie de l’ordre du discours et laisse la place au désordre des voix
J’appelle en archipel une écriture qui multiplie les points de fuite et superpose les échelles
J’appelle en archipel une écriture qui explore le labyrinthe de l’esprit et traverse le miroir du corps
J’appelle en archipel une écriture qui sait que la vie est le rêve d’une ombre
J’appelle en archipel une écriture qui sait le réel improbable
J’appelle en archipel une écriture qui sait qu’il n’y a pas de monde un mais des mondes pluriels, innombrables
J’appelle en archipel une écriture qui relie les lieux délaissés et relit les livres oubliés
J’appelle en archipel une écriture ouverte, au plus près du dessin, de l’ébauche, de l’esquisse
J’appelle en archipel une écriture qui consent à recourir à l’image lorsque les mots ne suffisent plus, que cette image soit une photo, une carte, un croquis, un simple trait
J’appelle en archipel une écriture qui se méfie de l’ordre du discours et laisse la place au désordre des voix
J’appelle en archipel une écriture qui multiplie les points de fuite et superpose les échelles
(...)
J'appelle en archipel une écriture hantée par le démon de l'inachevé
mercredi 17 avril 2019
Carte géologique harmonisée du département de la Haute-Loire
http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-56860-FR.pdf
Cartogaphie 22
Quelque part
au milieu
il y a le lac
La trace de l'ancienne route
Elle est encore visible
il faut connaître.
Elle descendait jusqu'à la scierie
noyée
au fond du lac
Le bief
En est encore visible
Quand le niveau baisse
De l'autre côté
La route goudronnée existe encore
Mais l'arrivée sur la berge
A été détourné vers le barrage
Les anciennes photos
Montre les attelages
qui descendait vers la scierie ou en revenait
On ne sait pas
Les gens posaient longtemps
Immobiles
Au soleil
On imagine, avant
Avant le barrage
Avant que le lac ne referme
Le vallon
Comment était la lumière ?
Avant le barrage ?
Avant le lac noir ?
L’eau miroir,
Les résineux en étouffe la transparence
Seule une tache claire, une petite plage
Pour des elfes farceurs qui s’en viendraient la nuit
Rejoindre les fantômes des scieurs disparus
Des temps anciens
Avant,
Avant l’histoire.
dimanche 7 avril 2019
Rive
sur la rive d’eau on fixe
et nait le songe
de ce qui peut être
un peu d’infini usé par les plis de
l’eau
sur l’âpre lit de pierres
le chant des ombres qui n’en finit
pas d’émousser
ce qui se cherche encore
les forces qui fluent, se brisent et
traversent
l’inerte
en dedans
les peaux d’eau de chair et de
chagrin battantes
où glissent des mots de rien
l’équilibre fragile d’un reflet où
un autre versant se cueille
entre secret et vertige des signes
peaux de tambour
la main presque à toucher
les bois flottés, les herbes d’eau,
les galets noirs
chair de poule
on dirait de la mémoire
mercredi 3 avril 2019
rocher
sur un pan de mur
le regard fore la carte
et cherche
ce qui importe
l’œil en ciseau
en deçà
il va où cela respire
où le réel a pris forme
et, mine de rien,
a donné souffle
un rocher de granit
sa peau, ses os
ses cheveux de lichen
sa bouche grise
le vert autour
et le ciel sans pudeur
qui a prise un peu
à la marge
devant
les mots manquent
la mémoire est en remous
avec ses coins d’ombres
mais on dit pierre
pour le précieux
dedans
sables mouvants
ça tremble encore
on attend
rien d’autre à faire
on s’approche un peu plus près
on reste au seuil
on touche le grain de sa peau
on ne franchit pas
on attend de voir
jeudi 28 mars 2019
Le point d'O
Un bassin
alimenté par une source
d'eau pure.
Jour et nuit
son chuchotis me berce.
Je ne peux l'oublier
seulement écouter
ou rêver
mais loin
longtemps.
Avec l'eau, son chant
la mémoire garde
toujours
les lieux, perdus
ou pas.
Là-bas, au point central
de la cour
le point d'eau
celui qui reflète
les nuages,
le grand sapin sombre ;
celui qui chante
matin et soir,
attire l'oeil
de ses reflets
retient le coeur
une vie durant.
Il y a les bêtes
qui viennent y boire
le soir,
Le grand-père qui se lave
le matin,
Et elle qui lave
le linge.
On est seule à vieillir
seule à s'être égarée
loin
du bassin.
Le point d'O
retient tous les regards
l'enfant s'y perd
s'y mire, y voit
la lune et les étoiles
la vue troublée
d'avoir tant fixé
sa surface.
Deux poissons rouges
y tracent des courbes
est-ce vraiment important
?
Pays à jamais perdu
rappelé par tout eau
vive.
Souvenir étrange
ni gai ni triste
nostalgique
d'un lieu dont on croit
qu'il a disparu
à jamais.
La mémoire prouve
qu'il n'est tapi
nulle part,
qu'il n'est ni oublié
ni perdu
mais en lieu sûr
dans un non-lieu
que les mots ravivent
et que les méandres
de la carte ont
ressuscité.
Ici-là-bas, c'est où ?
Aujourd'hui-jadis
c'est quand ?
Au bout, dans les mots
c'est toujours là.
jeudi 21 mars 2019
Cartographie 22/ Antoine Emaz
Un extrait de Nulle
part, ici, d'Antoine Emaz est proposé.
Une reproduction d'un tableau de Helicopter Tjungurrayi
"Trou d'eau à Karulyar" est livrée à nos regards. Il reste à
écrire ensuite, à la manière du poète pour signifier un lieu
important de notre carte.
un
sol
laissé par l’eau basse
mouillé tassé serré
sous le pas
jusqu’au fond de l’air
un long chemin de sable plat
on ne peut pas se perdre
seulement aller
ou revenir
mais loin
longtemps
avec le vent les vagues
les traces s’effacent
vite
désunis ou pas
les pas
laissé par l’eau basse
mouillé tassé serré
sous le pas
jusqu’au fond de l’air
un long chemin de sable plat
on ne peut pas se perdre
seulement aller
ou revenir
mais loin
longtemps
avec le vent les vagues
les traces s’effacent
vite
désunis ou pas
les pas
/
sans but
dans le ressassement des vagues
la mécanique du corps
et puis le vent
la lumière du matin
une longue courbe d’écume
sous le soleil
tire l’œil
sol stable dans le temps
plage de mémoire
la même
des années de sable
sans but
dans le ressassement des vagues
la mécanique du corps
et puis le vent
la lumière du matin
une longue courbe d’écume
sous le soleil
tire l’œil
sol stable dans le temps
plage de mémoire
la même
des années de sable
ALGER : début février 2019 juste avant les manifestations suite à l'annonce du 5° mandat de Bouteflika
Suite à ma visite d'Alger, je vous ai proposé quelques photos "touristiques" de Tipasa, du monument de l'Indépendance, du jardin Hamma, mais je n'ai pas eu l'occasion d'échanger avec vous sur mes impressions. J'ai donc écrit ce texte :
"A ma sortie de l'aéroport
d'Alger, c'est la douceur de la température qui me touche dès les
premières minutes, soleil de mai, mimosas poussiéreux. La
navette-taxi qui nous conduits en ville se faufile dans des rues
encombrées, dans un trafic intense et un infernal concert de
klaxons. Rapidement, au fil des jours s'impose l'incroyable pollution
atmosphérique et sonore de cette ville, les plaques
d'immatriculation des voitures sont difficilement déchiffrables sous
la couche de poussière, les arbres, mimosas, lauriers-roses ont
peine à fleurir tant la poussière les recouvre. Les plages sont
incroyablement sales, les égouts s'y déversent directement, l'air
irrespirable à cause des émanations de pétrole des tankers
contigus. Tout semble prétexte à décibels : cris, grincements,
percements, appels à la prière, coups de freins, klaxons,
roulements métalliques sur le sol, ça grince, ça roule, ça hurle,
on s'interpelle. Ce pays -si beau lorsque l'on quitte Alger-, ces
gens si accueillants, font contraste avec la sensation d'abandon que
je ressens. Le pays semble abandonné, on y voit des grues de toute
part mais même les immeubles en construction sont lépreux, tous
travaux semblant suspendus, les immeubles les plus anciens, y compris
ceux du centre ville -exceptés les ambassades et sièges de grands
groupes- sont décrépis, recouverts de linge aux fenêtres, les
trottoirs pleins de trous, défoncés et il faut constamment enjamber
des poubelles et détritus. J'éprouve une réelle impression depuis
une semaine d'un pays à l'arrêt, en état d'hébétude, de
délabrement, de stagnation contrastant fortement avec la richesse de
son sous-sol, la jeunesse de ses habitants, les merveilles de sa
végétation et de son climat.
Où est l'argent ? Où
est passée la richesse ? Ne peut-on s'empêcher de penser. La
corruption y est si flagrante, le marché noir et l'économie
parallèle si visible et évidente, tout ce que je vois, lis ou
entends ne fait que renforcer cette impression.
Actuellement, une mosquée
qui pourra accueillir 120 000 personnes (l'équivalent d'une ville
comme St Etienne) est en construction. Où est la logique entre cette
débauche et la mégalomanie d'un pouvoir en place depuis vingt ans
déjà et la pauvreté évidente ?
Je fais la connaissance
de plusieurs jeunes femmes, voilées de la tête aux pieds de
bleu-marine qui ne sont pas autorisées à rencontrer mes amis parce
que ce sont des hommes. Des femmes gaies, vives, intelligentes et
qui, après dix minutes de conversation, m'attirent discrètement sur
le parking, sortent leur I Phone et me disent : « Regarde ».
Je vois apparaître sur l'écran une ravissante jeune femme aux
cheveux courts, maquillée et vraiment très séduisante. Quand je
lui demande si c'est elle, elle me répond : « Tu as vu, c'est
une autre femme ».... Le discours officiel tenus par les hommes
et les femmes est qu'elles ont choisi elles-mêmes de porter le voile
et que les petites filles veulent imiter leur mère. Que signifie
donc leur geste par rapport à moi ? Je suis offusquée par tant
d'hypocrisie, par ce carcan de traditions mortifères, cet imbroglio
de coutumes qui empêchent et empêcheront le pays d'avancer. La
corruption, la richesse des uns, la pauvreté des autres, la peur, le
silence, les interdits religieux … tout un ensemble fait que ce
pays est coincé depuis soixante ans, depuis qu'il a acquis son
indépendance. Je suis convaincue que si les femmes ne réagissent
pas, ne viennent pas secouer toute cette torpeur, soulever ce voile
qui les tient enfermées, invisibles et muettes, rien ne se passera
dans ce pays.
Dès mon retour,
l'annonce de toutes les manifestations dans les rues d'Alger et de la
plupart des villes algériennes contre le 5° mandat annoncé de
Bouteflika viendra confirmer mon impression et ouvrir quelque espoir
vers un avenir meilleur et j'entendrai avec bonheur l'écrivain Kamel
Daoud citer la phrase : « Quand les gens bougent, c’est une
émeute, lorsque les femmes les rejoignent, cela devient une
révolution. »
Cartographie # 22 : Antoine Emaz : MUR
Un mur
Où se cogne le vent
S’agrippe le roussi
Des lichens
Précipité de vie originelle
Sous le regard de la main
Jusqu'au bord de l’horizon
A regarder par-dessus
Sur la pointe des yeux.
Se perdre ou s’envoler
Enfoncer son laser dans les trous
D'air,
Entre deux brins d’herbe
Dans le vide entre les branches
Ou ne pas se perdre,
Compter les nuances de verts
A chaque fois la lumière
Toujours là il fait grand beau
Pas le brouillard
Pas la neige en giboulées
En tempête
Pas la pluie à sa saison
Qui tire de grands traits obliques
Sur le dos des vaches
Toujours le grand soleil
Baignant le mur
Baignant unifiés le ciel et la terre
De ce côté du mur
De celui où l’on contemple
Leur tournant le dos
Il y a les morts dans leur dernière demeure
Les fleurs en fleur
Les marbres en marbre
Les fleurs en tissu sales et en plastique fané
Les photos dans leurs médaillons bombés
Les lettres dorées
Les lettres mortes
Les rouilles
Les effacés
Les arrosoirs alignés près du robinet
Au-dessus du mur
Il y a le plein du monde
Qui s’étale jusqu’au bord
Jusqu’au mur du ciel vide
Le mur
c'est la
c'est la
Frontière
On aime aussi la vue en dessous
A l’abri du mur menaçant
Au-dessus de la route
Au-dessus de la maison
Ma première demeure
A présent toute décorée
De fleurs en fleur
De soleils en plastique
De pierres en pierre
De moi qui ne suis plus là
Jamais
Seulement surplombant
du haut du mur
et du poids des années.
On est venus voir les morts
Ils n’ont rien dit depuis longtemps
Bien à l’abri dans leur silence
On est venus parce qu’on vient
Il n’y a rien à dire
Et ils ne disent plus rien
Ils nous rappellent à leur bon souvenir
à leur dernier
à leur dernier
Sourire
Geste
Mot
A jamais de leur dernière
heure
heure
De ce côté de la vie
Les morts nous laissent avec le mur
Avec les lichens, avec le vent
Avec leur silence
Avec la route et la maison décorée
Avec le noyer
Ils nous laissent décider
De quel côté de la frontière
On choisit encore de regarder.
20-21 mars 2019 avec migraine
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