mercredi 8 juin 2011
europe du Bouchet
lundi 6 juin 2011
mardi 31 mai 2011
Assises Internationales du Roman 2011
Les Assises Internationales du Roman (Subsistances, Lyon du 23 au 29 mai 2011) sont closes.
Comme chaque année, j'y étais aussi souvent que possible pour … y découvrir de nouveaux auteurs … mieux comprendre ceux que j'aime déjà … m'enrichir des débats...
Cette année, P. Quignard, déjà beaucoup lu et aimé, nous a montré comment chacun de ses livres étaient « attaché » à une musique, et pour chaque ouvrage abordé nous a proposé l'écoute d'un extrait musical, démontrant ainsi, une fois de plus, que chaque créateur « bricole » ses propres méthodes.
Une découverte pour moi, l'éthologue, primatologue F. de Waal qui nous a parlé avec beaucoup d'images et d'humour de ses travaux. Pour hyper-simplifier : nous sommes des animaux même si nous nous croyons supérieurs. Lorsque nous voulons qualifier un acte humain de cruauté ou de torture, nous le qualifions de bestial et d'autres qualificatifs issus du vocabulaire animal, alors que l'animal connaît l'empathie, la réconciliation …
L'écrivain David Grossman (Israël) s'est engagé depuis longtemps en faveur de la paix dans le conflit israélo-palestinien. Ses livres sont traversés par des réflexions sur l'identité israélienne et sur la peur de l'autre qui alimente la violence. La conviction de ce pacifiste nous a fait partager l'horreur de vivre depuis 64 ans en état de guerre perpétuelle.
Mais, comme d'habitude, ce ne sont ni les découvertes d'auteurs, ni les débats, ni rien de prévu au programme qui ont, tout à coup, ouvert une large brèche en moi, une déchirure, un long zébrage d'éclairs, au détour d'un mot, d'une phrase totalement inattendus.
L'acteur, Martial Di Fonzo Bo est venu nous lire des passages de « Lettres aux hirondelles et à moi-même » de Ramon Gomez de la Serna (Espagne 1888-1963), et brusquement, la salle s'est ouverte, les hirondelles zigzaguaient sous la verrière.
« Vous glissez sur le zéphyr bleu et quand vous effleurez les eaux lisses de l'étang vous le faites vibrer comme si une note de musique parcourait la sensibilité du monde.Vos ailes s'étirent dans leur vol et vous vous imprégnez d'aube et de crépuscule, au point d'arriver au soir, volant plus bas, sifflant presque au ras du sol, comme faisant vos adieux aux soleils couchants ; vous serrant ensuite dans vos nids, car vous refusez qu'on vous confonde, ne serait-ce qu'un instant, avec les chauves-souris. Déchainez encore votre joie et ne cessez de nous offrir ce si joli spectacle de celles qui courent comme pour se jeter dans les bras de quelqu'un »
Et depuis, je chavire, matins et soirs, je guette le vol des hirondelles (moi qui croyais avoir oublié Manufrance, me voilà encore avec « les hirondelles »). Samedi après-midi, yeux clos, allongée sur une chaise longue aux Subsistances, entre deux tables rondes, j'entends de très jeunes enfants qui s'égaient, rient, courent et produisent exactement les mêmes cris de joie, allégresse et vivacité.
Puis, l'acteur commence à lire des extraits de « Lettres à moi-même ».
Mais d'abord, pourquoi la lettre ? Qu'y trouve l'auteur ? Dans sa présentation du livre (André Dimanche Editeur), Jacques Ancet écrit : « parce que la distance fictive instaurée par la lettre lui permet d'établir un dialogue avec le monde (les hirondelles) et avec soi (moi-même), d'accéder à une vérité plus profonde que dans tout autre écrit, puisqu'elle permet d'échapper à l'identité qui vous colle à la peau et vous claquemure dans la boîte d'os de votre propre cerveau, réaffirmant, après beaucoup d'autres, l'essentielle altérité du sujet de l'écriture. Ramon réussit par là, temporairement du moins, à échapper à l'angoisse de la solitude et de la claustration en lui-même »
Extraits :
« Aujourd'hui c'est encore et encore le même jour, car le monde ne connaît qu'un seul jour, qui se répète et se répètera jusqu'à la fin du monde. Ce qui fait la différence de ce jour unique ce sont les pensées, les événements politico-guerriers, les faits divers crapuleux. …. Ne crois pas que j'ignore qu'il me faille aller vers cette vallée ultime, où il n'y a personne et où l'on n'entend pas siffler le train. Dès que je perdrai l'équilibre et tomberai à la renverse dans le fauteuil où j'écris, je sais bien que j'entrerai dans cette vallée solitaire, et son jour plein de crépuscule. Je veux retarder l'événement et donc je prends des médicaments, je prends le soleil dans un patio, je prends des cours de langue pour parler avec le néant du trajet, le temps d'arriver au lieu où il n'est pas besoin de mots, où l'on a l'éloquence de la lumière. Je lézarde et lézarderai longtemps avant d'arriver à cette vallée ultime, mais je sais bien que je suis en chemin – je l'ai été dès ma naissance ; tout vient à point à qui sait attendre. Les images me distraient pour m'empêcher de trouver la non-image, qui est la véritable image. »
Que n'avons-nous connu ce livre l'an passé en atelier sur les lettres ?
Autre éclair : F. Noiville interview D. Grossman et lui demande « Quel est votre noyau dur, ce qui vous tient debout ? » et ajoute « Est-il vrai qu'en hébreu, noyau dur, se dise, vertèbre cervicale ? ».
D. G. acquiesce et mon esprit explose. Que sont ces maux depuis deux ans, cette hernie discale-cervicale dont je souffre ? Pourquoi ? Quel noyau dur est atteint ? Et mon corps, mon cerveau mâchent, ruminent, triturent ce qui m'a soudain assaillie : l'écriture de Ramon, les lettres, le noyau atteint …
Qui rédigera le programme où j'aurais pu trouver cela pour ces 5èmes Assises ?
Fatiguée, saturée d'informations et d'émotions, des piles de livres et des titres pour une année, deux moments magiques m'ont retournée comme un gant, chair à vif. De la vie, c'est ce que j'attends, des instants tels que ceux-ci.
jeudi 26 mai 2011
mardi 24 mai 2011
chute d'O
«tu vas dans ton jardin ?»
ce sont
ses derniers mots
pour amortir ma chute
liquide
s’il avait dit
«on»
aurais-je dit
«oui»
quelle belle paire de on
nous ferions
à l’improviste
«c’est un secret»
j’ai dit
oui
mon jardinet secret
une porte s’entre-baille
bat au vent
oscille
vacille
se fendille
lattes disjointes
déclavetée
éclatée
blessée
plaie ré-ouverte
encore
tout cacher
en rire
son désir
dormir à la cabane
«en diagonale peut-être»
moi à même le sol
contre la terre
près des pissenlits
cheveux dans l’herbe
ne craindre pas
la rosée
du matin
nuit avec lu luit
au coeur de mon jardin
secret
lundi 23 mai 2011
chat
dimanche 22 mai 2011
CATALOGUE DU DIMANCHE SOIR!
Mais le tricot m'agaçait, elle m'agaçait avec ses reproches constants:"Tu ne sauras jamais rien faire de tes dix doigts!" Et non! Moi, pour le moment j'ai surtout envie qu'elle se taise! Et fait rarissime, c'est le jour et l'heure où elle se tait! A la radio, les nouvelles sont finies et l'émission hebdomadaire du dimanches soir va commencer.
Je ne saurai jamais expliquer pourquoi elle écoutait avec autant de religiosité cette émission à laquelle je crois pouvoir dire elle ne comprenait pas grand chose! La magie des voix peut-être!
Je vais alors pouvoir ouvrir LE CATALOGUE. " Fais attention!" me fait-on remarquer non sans agressivité. Délicatement, je prends la couverture cartonnée légèrement écornée à droite, mordorée cette année-là, les lettres MF écrites en gros, accolées comme pour se tenir chaud, entre mes doigts. 1969: jusque là, rien d'érotique! Sommaire et puis je vagabonde entre les pages.
Ma fantaisie n'a d'égale que la discussion passionnée qui s'engage entre François Régis Bastide et Jean Louis Bory et qui s'envenime pour savoir qui de Fellini dans "Le Satyricon" ou de Bunuel dans "Tristana" a le mieux réussi à traduire les miasmes de notre société et qui de Magali Noël ou Françoise Fabian a le mieux incarné leur faire-valoir?
Et ma belle-mère qui n'a jamais mis les pieds dans un cinéma écoute comme si le temps était suspendu!
Je continue mon vagabondage: fusils Robuste, bicyclettes Hirondelle, machines à coudre Omnia, cannes à pêche, épuisettes, chaussures de protection, tourne-disques, auto-radios, couvertures chauffantes défilent, se bousculent devant moi en un grand carnavaval monochrome.Sur les ondes, Jean Louis Bory s'époumonne et veut absolument restituer l'oeuvre dans son temps pour aider le spectateur à comprendre.
J'ai toujours aimé cette voix fragile, le phrasé particulièrement articulé aux arguments subtils et intelligents. Tandis que j'en arrive insidieusement aux pages des sous-vêtements. Le pilou y est à l'honneur et rien de vraiment excitant dans les soutien-gorges et petites culottes conçus pour un maintien maximum dans un minimum de pouvoir érotique. Mais ma belle-mère veille au grain et à mon éducation, peut-on dire sexuelle, et je dois quitter rapidement les pages sulfureuses du CATALOGUE MANUFRANCE et me replier sur les pages mobilier: étagères en okoumé, bureaux bien plantés sur leurs quatre pieds, fourneaux, cuisinières quatre feux... J'ai eu le temps de meubler ma future maison, me confectionner un trousseau, choisir mon matériel de jardin, m'assurer de leur technicité sûre et de leur solidité certaine.
Quelques mots encore sur Eric Rohmer et "Ma nuit chez Maud"et l'émission "Le Masque et la PLume" s'achève sur une pirouette des chroniqueurs et quelques applaudissements. Ma belle-mère se lève: "Ferme LE CATALOGUE et mets la table!" Le retour à la réalité est rude et rugueux comme la voix que je viens d'entendre. Elle éteint la radio, je ferme ma liberté du dimanche soir avant que d'avaler mon potage aux vermicelles.
vendredi 20 mai 2011
Oh toulouse
Madame/Monsieur Lin
Lors de votre voyage du 20/05/2011 dernier, votre vol a été retardé. Nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses pour les inconvénients qui ont pu en découler. Cet événement ne reflète pas le niveau de qualité que nous souhaitons vous offrir. Nous souhaitons vous assurer que nous travaillons de manière constante à l’amélioration de notre ponctualité.En souhaitant que votre prochain voyage sur nos lignes vous donne entière satisfaction, veuillez agréer, Monsieur/Madame, nos respectueuses salutations.Le service client Air France.
énervements, que se passe-t-il ? la java est là, minutes qui passent, aucune information. Savoir ah... où ? porte 18, ah... que fait-on ?
nous regrettons de vous informer que votre vol AF7843 TOULOUSE TLS - LYON LYS du 20/05/2011 est retardé.
porte 35, pas d'information, porte 18, pas de renseignement, alors ? quand la java va... vol... ou prendre une voiture à plusieurs ? rentrer en 6h à lyon et se relayer? accepter l'eau proposée très gracieusement par la compagnie. Attendre, dormir ce week end dans l'aéroport de Blagnac... ne serait-il pas plus sage de prendre cette voiture ? Oui ! Mais le temps passe... aller on s'en va ? Comment ? Voiture : deux pour, trois contre. On attend encore... Attente. Deux femmes, paraissant le même âge, une 48 l'autre 60, déjà amies.
on y va, pour la java ou le jazz?
Le départ est désormais prévu à 20:18.
Alors hôtesse gentille où en est-on? L'hôtesse se renseigne, l'avion part-il de Paris pour venir ici à Toulouse et nous ramener à lyon ? attendez, gentils passagers... vos confrères parisiens sont dans l'avion, zzz... assis, en place, attendez... Pas sûr, grève spontanée, l'avion volera-t-il ? pourquoi le ferait-il pourquoi ne le ferait-il pas ? Baf... un papier dans le journal accusant les pilotes du vol paris-rio? un vague conflit sur la nouvelle structure des pilotes qui se met en place ici ? Un syndicat minoritaire dit-on ? Confinés dans la prison blagnacienne... il y a pire, paraît-il, à New York dit-on... on ne sait... attendez encore avant d'aller prendre une voiture... Vous là... que fait-on on s'en va?
Nous regrettons de vous informer que votre vol AF7843 TOULOUSE TLS - LYON LYS du 20/05/2011 est encore retardé mais prévu, peut-être...
s'il est prévu c'est que c'est bon ? va pour le zaa ! Allo L'hôtesse : il y a un (nouveau) pilote dans l'avion ? Oui ! Quand le jazz est là on s'en va ! Allons trinquer au bar/do avec l'eau la moins chère offerte par la compagnie aérienne, quand la java s'en va alors le hasard tricote des vies ; il n'y a pas de hasard dit-on, ah, pourquoi cette attente juste pour nous, tous les autres avions sont partis ? Des vies se croisent entre la porte 18 et la porte 35; profitons-en-jazz... des mots vite dits, pas le temps de décliner le curriculum, on va à l'essentiel, et en quelques notes s'il te plaît (s)Miles on est à Toulouse! Des touches de soi en moins de mots qu'il ne faut de minutes qui s'effilochent pour les dire, dans le temps d'une demie grève, en moins de notes qu'il n'en faut pour danser la javanaise, en une basse , une batterie, deux clarinettes et un saxophone, demain à Lozanne sur Azergues, Lyon, Canne, Grenoble, Clermont, Paris ou Saint-etienne ; jazz...
Le départ est désormais prévu à 20:35.
grève improvisée, impro toulousaine, qui ne touchera que le vol AF7843 de 18h10 parti à 20h35...
Une touche à la fois
jeudi 19 mai 2011
ah mon hirondelle ..
nous mettons les cyclistes en garde contre les procédés employés par certains individus qui cherchent à tromper la bonne fois des acheteurs en prenant des marques et des titres similaires à ceux des maisons les plus honorablement connues et réputées
afin d’éviter d’être trompé à ce sujet bien prendre note que nos cycles portent tous sur le tube de direction, la marque de fabrique ci-dessous
manufacture d’armes et cycles de saint-étienne
et sur le tube allant de la direction au pédalier l’inscription suivante
hirondelle saint-étienne
hirondelle «outil» modèle n°1 pour homme
hirondelle «outil» modèle n°2 pour dame
hirondelle «routière légère» modèle n° 3 pour homme
hirondelle «routière légère» modèle n°4 pour dame
hirondelle «type» modèle n°5 pour homme
hirondelle «type» modèle n°6 pour dame
pour qu’un cycliste soit irréprochablement monté il faut que tous les organes de sa bicyclette aient des dimensions et des formes exactement appropriés à sa taille, à sa force, à son poids et à ses goûts
hirondelle «demi-course» modèle n°7 pour homme
hirondelle «course» modèle n°8 pour homme
hirondelle «passe-partout» modèle n°9 pour homme
une bonne bicyclette doit être faite sur mesure
réfléchissez que votre existence peut dépendre de la bonne et consciencieuse fabrication de la bicyclette que vous allez acheter ; ne vous laissez donc jamais tenter par le trop bas-prix il pourrait vous couter la vie
hirondelle «passe-partout» modèle n°10 pour dame
hirondelle «luxe» modèle n°11 pour homme
hirondelle «luxe» modèle n°12 pour dame
si l’on vous fait miroiter qu’en achetant une bicyclette sur place vous aurez toujours le réparateur sous la main, rappelez-vous que nos bicyclettes «hirondelle» sont irréprochablement construite et n’ont pas besoin de réparateur
hirondelle «grand-luxe» modèle n°13 pour homme
hirondelle «grand-luxe» modèle n°14 pour dame
rétro-direct hirondelle «type» modèle n° 15 pour homme
barcelone 28 août, "vraiment je suis charmé et très satisfait de la fabrication de ma bicyclette «hirondelle» ; les roulements sont d’une grande douceur et l’ensemble est irréprochable ; je la recommande à tous mes amis"
rétro-direct hirondelle «luxe» modèle n° 17 pour homme
rétro-direct hirondelle «luxe» modèle n°18 pour dame
rétro-direct hirondelle «grand-luxe» modèle n°19 pour homme
si la bicyclette que nous vous adressons ne vous plait pas vous ne serez nullement tenu de la garder ; nous reprenons sans difficultés toutes machines qui, après examen ne satisfait pas entièrement l’acheteur
le sellera (espagne), 15 septembre "je suis très content de ma bicyclette «hirondelle» qui me rend de grands services ; elle a été essayé par un de mes amis connaisseur en cyclisme et il me dit que l’on ne peut rien désirer de mieux et que sa construction et son mouvement sont excellents"
rétro-direct hirondelle «grand-luxe» modèle n°20 pour dame
Catalogue partie 2
lundi 16 mai 2011
Catalogue partie 1
dimanche 15 mai 2011
mots en èd
pour rêver du ciel
pour parler
pour se taire
pour les étudiants
pour ne plus entendre parler de dsk
pour voir, juste
pour dire bonjour
pour ne plus souffrir de migraines
pour se former
pour trouver du manque
pour créer un business
pour lutter contre l'anxiété
pour écouter les anciens
pour s'alimenter
pour retrouver des personnes disparues
pour bénéficier de différentes aides
pour créer
pour changer la façon dont on se comporte
pour se familiariser
pour trouver de bons skis
pour comprendre thunderbird
pour entendre
pour trouver des services dans une ville
pour ne plus écrire pour
samedi 14 mai 2011
Chasseur français, la suite
mardi 10 mai 2011
écrire, Duras
"l'insulte, c'est aussi fort que l'écriture. C'est une écriture mais adressée"
"c'est l'inconnu qu'on porte en soi: écrire, c'est ça qui est atteint. C'est ça ou rien"
"C'est l'inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n'est même pas une réflexion, écrire..."
"je crois que c'est ça que je reproche aux livres, en général, c'est qu'ils ne sont pas libres. On le voit à travers l'écriture: ils sont fabriqués, ils sont organisés, réglementés, conformes on dirait. (...) L'écrivain, alors il devient son propre flic. J'entends par là la recherche de la bonne forme, c'est-à-dire de la forme la plus courante, la plus claire et la plus inoffensive" (Marguerite Duras, Ecrire)
lundi 9 mai 2011
samedi 7 mai 2011
vendredi 6 mai 2011
dimanche 1 mai 2011
Journée ordinaire
terminés les mots gris et les formes verbales agonisantes ; le jour d’hui est ordinaire clair comme le ciel de ce printemps aoûtien ; mots ordinaires ; un voisin vient d’annoncer la défaite en joie de son invisible auditeur téléphonique portatif criant puis raccrochant et chantonnant en mettant la table satisfait de sa satisfaction donneuse de peines ; il porte une ombre dans la transparence de l’air : pourquoi des hommes maigres et nerveux s’accouplent-ils avec des femmes graisseuses et lascives ; une affaire d’emboîtement d’âmes malchanceuses ou fainéantes au moment de se réincarner ; le mystère se décale du côté de la laverie automatique ; les machines à laver ont-elles une âme et avec quelles sécheuses s’emboîtent-elles pour la vie /
au creux de la vague au loin près de la bouée jaune ce n’est pas un rocher semi-noyé mais un nageur ; au bas de la vague avortée un monticule de sable mouillé le dissimule progressivement ; enregistrement automatique des images égrainées par le vent ; où cela mènera-t-il sans fin ni transition ; l’odeur qui reste après la lecture du récit du fils de vingt ans décédé subitement est-ce l’insoutenable légèreté de l’être mortel ou l’indécise force de l’être vivant par-delà les dangers ordinaires qu’il courre à chaque respiration ou encore l’étrangeté de la persévérance de cette machine à laver qui en voit pourtant des tissus et des poudres à longueur de tambours/
décidemment je n’aime pas les blondes semi en longueur ; elles me rappellent marine/
cela commence par un clic d’ordinateur ordinaire risquant à jamais l’arrêt subit du disque dur sans tête ni tête-à-queue/


