mercredi 22 décembre 2021
mardi 21 décembre 2021
hors piste avec mon précédent texte : conte de presque Noël
Je suis couchée dans mon moyen lit, dans la petite maison de la campagne. J'ai laissé la fête dans la maison d'à côté. Trop de bruit. Trop de lumière. Un monde compact et enfumé. Trop d'artifices. Dans mon lit donc, je broie un peu du noir, gris souris en fait, la lune à son poste, rondouillarde,éclaire la nuit. Je broie un peu de gris, compte quelques moutons, essaie de trouver le bon côté de la situation,je ne suis pas festive, on me l'a assez dit.
Respirer profondément Retrouver mon calme.
Quelques craquements normaux résonnent dans le silence, la maison
est pleine de planchers distordus, de cloisons bancales, les matériaux
travaillent jour et nuit. Pas de trêve pour les matériaux.
Des pas dans le grenier, pas de quoi fouetter le chat qui se
promène sans doute, la région en est infestée ; c'est le terme consacré
lorsqu'ils ne sont pas de la maison. La charpente est fourrée de loirs. Qu'ils
se débrouillent. Ce doit être un gros chat me dis-je entre deux moutons, car
les pas sont lourds.
Soudain dans mon moyen lit, je me tétanise, aplatie de peur au
fond des draps. Moi qui rêve toujours de dormir à la belle étoile dans une
forêt, je révise à la baisse mes fantasmes et essaie de me raisonner tandis
qu'au-dessus de ma tête résonnent toujours de drôles de présences.
La seule chose à faire pour ne pas mourir, me sermons-je, c'est
d'aller voir. De qui sont ces pas lourds qui tapent sur ma tête ? Quelques
minutes passent. Il fait chaud dans ce moyen lit et si je ne respire plus,
peut-être que la chose va s'en aller, ou en tous cas s'endormir, et moi avec.
Je vérifie, il ne me reste que quelques moutons.
Bon je me lève, l'action ça a du bon, me convaincs-je, après que
la marche ait repris.
Je gravis précautionneusement les marches comme pour apprivoiser
ma peur, les escaliers, la chose. Lui faire comprendre que je ne viens pas en
conquérante, qu'il doit y avoir moyen de trouver un compromis.
Plus que quelques marches, j'ai le coeur qui ne bat plus, je ne
sais plus où il est, j'avance comme un canard sans tête.
Je pousse la porte : elle a mal, elle fait gzzzzzzzz et j'entends
:
NOOOOON ! PAS MAINTENANT !
Mes cheveux se dressent exactement comme il est dit dans les
livres, je ne cherche pas plus loin, j'ai compris que j'étais indésirable, je
redescends tout aussi précautionneusement que j'étais montée.
Je me recouche dans mon lit moyen, je mets mes boules Quiès et
m'endors avec quelques chèvres, j'avais épuisé les moutons.
Fin de jour
N'avoir besoin de rien
qu'un morceau de fenêtre
où appuyer son front
et contempler le ciel.
Là, se perdre dans le delta du soir
où tout se défait.
Découvrir qu'ici se niche
l'infini.
Consigne : Quatrains avec les mots de Linette
objet imaginaire: la boîte à rimes
lundi 20 décembre 2021
BRUIT BLANC
Se mettre au lit douillet commencer le strip-tease
Déshabiller
la cire rose de son ouate
Pétrir en forme oblongue réchauffer, réchauffer
quelque chose n'arrête jamais
Enfoncer
retirer pétrir recommencer
Dans
le train dans l'avion réguler la pression
Sur
le quai du métro, dans les grands magasins
les
bruits du maudit monde, mes pensées ruisselantes
clignotantes
auto-tamponnantes
la boîte métallique l'épervier des sourdines
Maintenant en plastique seul le prix a doublé
Comme
des petits oeufs, comme des nouveaux nés
Bien
souvent elles me sauvent quand je suis acculée
Préférer
les piqûres au zonzon des moustiques
Déambuler
en vie, pavillons déployés
Tous
ces sons imposés, écouter nos silences
Les
battements de coeur, le regard plus qu'hagard
Déambuler
dans nuit Fermer les écoutilles.
Ce
soir je sors sans ma tête. Qui est-ce ?
table basse
dimanche 19 décembre 2021
à la marge
à la marge des objets d’écriture mais serrant
les mots de près – manteau de verre enfermant
les silences – demi-sphère de gravité sous la
main – au-dedans des filaments colorés rouges
et noirs entremêlés – des blancs aussi – avec
des bulles ou des gouttes émergeant des creux
– fils de couleurs figés dans un labyrinthe –
féerie sauvage – la pensée dérive quand l’œil
déambule – la paume se love autour et cherche
la chaleur oubliée – celle d’une main infinie
qui n’est plus là depuis si longtemps – en un
geste d’entour et de détour de cette boule de
verre – ce presse-papier à retenir le temps –
vendredi 17 décembre 2021
#4 FLEUR.
Légèreté d'une aurore boréale. Poussière de cristal rosé. Taffetas virevoltant prouesse du drapé. Sagesse débridée du pinceau. Lèvres lissées de mauve. Sphère en devenir retenant la lumière. Religiosité d'une coloration profane. Fugacité de la délicatesse. Esquisse d'une méditation sensuelle. Nuance de solitude. Espoir de transfiguration. Feuillets fraîchement encrés palpitant d'une rosée féconde. Vibrations parfumées dans le matin naissant. Partition fébrile prête à s'éparpiller. Notes timides et odorantes. Tentative de concerto coloré. Reflets d'une mélodie harmonieuse dans les moindres replis. Orchestre de finesse appliquée.
Fleur d'or.
Fleur de chrysanthème appelée.
jeudi 16 décembre 2021
à l'affût
à l’affût d’un tout près – d’un presque réussi
– quand on va parmi l’obscur – à errer dans ce
qui est friche – aussi sombre que des corbeaux
– presque épris de fièvre – à tenter de percer
ces nappes de nuit – à égrapper les épines des
buissons où s’accrochent nos doigts – à passer
au travers des ombres froides du silence – ici
ou là – dans le bruit du monde âpre qui alarme
– et que l’on n’en finit pas de buter sur tout
ce qui s’érige sur le chemin – comme des pieux
ou comme des fantômes – et puis un seuil ouvre
soudain l’espace – on est arrivé aux portes de
dimanche 12 décembre 2021
Portes d'hiver
samedi 11 décembre 2021
# 3 -Portes
L'étrange histoire des cadavres dans le placard ne se mesure pas à l'épaisseur de la porte brinquebalante qui malgré tout ferme aère ventile le meuble sans âge échoué dans la cave. Peinte en bleu pétrole elle se voudrait joie lumière ciel grec mais elle n'est que bleu délavé coulées de peinture taches de graisse autour du pêne. La clef rouillée qui la sert geint quand on l'enfonce dans la serrure obscure et solennelle. Elle l'ouvre quelquefois sur des rangées de bocaux joufflus contre lesquels vient cogner et mourir la mouche d'Europe très vite happée par le noir des secrets.
jeudi 9 décembre 2021
Mise en garde à l'attention de Linette et de ses mouches européennes
Sache, chère Linette, qu'ayant écouté LES PIEDS SUR TERRE aujourd'hui sur France Cul la bien nommée, aujourd'hui sur les aphrodisiaques (pour femmes) j'ai appris que ce qui marchait le mieux bien qu'interdit, (c'est toujours comme ça) était les ailes de mouches espagnoles, car contenant de la Cantharide.
Fais donc bien attention lorsque tu ouvriras les portes de ton placard à bocaux. Les cadavres c'est plus facile il suffit de prendre les ailes et de les ajouter au contenu du bocal, et pour les vivantes, tu peux peut-être les capturer et nous les servir dans ta prochaine tisane le 18.
Après vérification googleienne, ça agit plutôt pour les messieurs, et a parfois des effets irréversibles. Kennedy devait en gober beaucoup.
à vous Cognacq Jay, à vous les studieux
entre deux portes et toujours à la recherche de la forme
Debout près de la porte regarder en arrière
mercredi 8 décembre 2021
à huis-clos
à huis-clos bien cloîtrée entre les quatre murs
– le regard fixé sur la porte – cet ultime bloc
rempart contre un dehors dont on ne peut plus –
à détailler chaque écharde de bois – morceau de
l’obscur – écorchure du temps – toutes graphies
de pleins et déliés – toute cette ponctuation –
où le front des heures se cogne – ensanglanté –
rester dedans à regarder dehors – ne voyant que
cette répétition de rien – dans chaque fibre de
bois – puisque tout n’est rien – mots gravés là
sur le chambranle de la porte – qui martèlent –
les parois du crâne enserrées entre les mots et
les pensées sous les verrous – porte bien close
lundi 6 décembre 2021
à l'heure dite
à l’heure dite – la main prête à frapper –
là en plein cintre – sur l’âme de la porte
– l’âme où se cadre l’invisible – c’est le
doigt plutôt – l’index légèrement replié –
il tape cogne avec énergie – ou par petits
coups brefs – le corps lui espère derrière
l’âme un sésame de passage – quand l’index
plié pose le geste qui va décaler le corps
– attisé du désir d’errer d’un dehors vers
un dedans – l’au-delà de l’âme de la porte
– cet écrin de bois de bronze de pacotille
– dont on peut du feu de la phalange pliée
délivrer l’ouverture – toutes les portes –
comme un origami d’un seuil qui se déploie
dimanche 5 décembre 2021
lexithèque de la porte
Imposte / Ouvrant / Paumelle / Fixe latéral / Dormant / Meneau /Traverse /
Serrure (généralement composée d'une crémone à plusieurs points de fermeture et d'une poignée béquille) /
gâches (Pièces métalliques encastrées dans le dormant de la porte et dans lesquelles viennent s'enfoncer les points de fermeture pour un verrouillage optimal) / Panneau /
Montant (pièces verticales du dormant) / Seuil (Le seuil est la traverse basse de l'encadrement de la porte, qui protège l'habitation des infiltrations extérieures) /
Jet d'eau (Généralement associé à la plinthe, sur la partie extérieure du bas de l'ouvrant, le jet d'eau évite tout ruisselement d'eau de l'extérieur vers l'intérieur de la maison.)
Poussant
Débattement
Chambrale
Feuillure de porte
Rive de chant
Le chant de la porte ou rive correspond à ce que l’on appelle communément la tranche de la porte.
Une porte à âme pleine est constituée d'un même panneau plein qui rempli entièrement l'intérieur de la porte. Elle peut être en bois massif, en aggloméré, en bois lamellé-collé, en aluminium, PVC, rempli de polystyrène /
Portes
Toujours à travailler nos klasmas! Nous affinons notre regard autour des objets. Dans un premier temps, le regard sera commun sur le même objet, à savoir une porte!
Ces portes peuvent être celles de l'enfance ou plus contemporaines et le regard va s'appesantir sur elles, tenter de faire résonner tout ce qu'elles ont à exprimer. Cela peut être aussi la porte dans la symbolique qu'elle peut évoquer. Ne pas oublier, nous sommes dans la mise à l'honneur du détail.
Plusieurs textes autour des portes sont les bienvenus!!!
Ne pas oublier les contraintes de forme que chacun se donne: nombre de mots, de phrases, rythme, ponctuation, mots piochés dans les boites à mots, la présentation sur la page... Un inventaire de formes est en cours...
jeudi 2 décembre 2021
à vue d'oeil
à vue d’œil – de vieux chiffons abandonnés –
oubliés - en bordure d’un chemin forestier –
un tas de choses recroquevillées enroulées –
un monticule d’oubli – beige ocreux havane –
mise au point de l’œil sur l’amoncellement –
cela brille – cela se tord – s’ entortille –
besoin de toucher – de dérouler ce qui fait
rouleau – avec délicatesse car ne pas briser
ces morceaux de ce qui fut vêtements d’arbre
– parure de bouleaux – palimpseste de récits
où des mondes se sont écrits – dans le froid
de ces hauts plateaux – mémoire du vent d’un
jour et d’un autre – encore et encore – sans
répit – mes rouleaux d’écorces de bouleaux –
mercredi 1 décembre 2021
Le mur
Même si déambulant l'œil au vent qui s'attise
par les ombres, le
sel, par la rouille, par la terre,
une herbe dans son
trou, une fleur dans un creux
On se raccroche
encore à des formes connues
des pics et des
vallées, des couleurs anodines
Dénicher la beauté à
l'échelle de soi
Et garder ce
fragment comme bonheur du jour





