Elle plie, elle déplie, elle replie.
Le pli a sa place. Et à la place du pli un répit. Il laisse trace
et se multiplie. Elle plie, elle déplie, elle replie. Cela plie et
se déplie en elle, puis se replie. Elle déplie le passé puis le
replie. La carte est pliée, dépliée, repliée en un pli d’au-delà.
La carte fait place et les plis limitent. Elle plie, déplie, replie
les limites. Elle déplie la lumière avec ses limites. Et replie les
ombres dans les plis. Il lui plait de déplier mais a du dépit à
replier. Elle plie, déplie, replie ses phrases aussi. Elle déplie
les limites des phrases, puis les replie. Elle déplie aussi la
lumière et la replie. Elle replie ses phrases inaccomplies. Elle
déplie ce qui peut être dit. Elle replie le reste. Des mots ploient
sous les plis, se déploient puis se multiplient et emplissent la
page. Elle plie, déplie, replie le silence aussi dans les replis de
la phrase. Entre les plis cela s’écrit. Cela pépie, cela
supplie, cela emplit. Plein de surplis. Elle plie, elle déplie, elle
replie, elle redéplie. La carte, le texte. Tout se déchire.
jeudi 27 septembre 2018
mardi 25 septembre 2018
Ces gros pains aux ventres gonflés
Ces
gros pains aux ventres gonflés, ces gros pains gonflent dans ton
ventre, ces ventres gonflés sur leurs flans, se gonflant et
dégonflant, flans gonflés et putréfiants, pains putréfiés
dérivant, ton ventre gonflé révulsé refusant le pain, les pains
éventrés éclatés saillants, tes mains agrippant ton ventre
révulsé, l'antre de ton ventre enfle et gonfle quand tu vois les
gros pains éventrés, tes mains ne peuvent agripper les pains, les
pains tels des noyés flottant sur l'eau, la nausée du
ventre refuse les gros pains mouillés, ces gros pains surnagent dans
ta mémoire, ils gonflent enflent blancs mouillés, ils béent se
déchirent s'entrouvrent, ventre dégoûtants et répugnants, nausée.
-->
Chanson-on
Tombée,
le nez dans les violettes, ton nez ton nez dans les violettes, ton
violon dans le nez, les longs violons tombés, violettes dans le
violon où volez-vous ? que voulez-vous ? Violettes volètent
harcèlent ton nez, ton nez coincé dans le violon et toi tombée,
violée ? Voilée ? Voili, voilà, juste tombée, pas voilée mais
violette de plaisir, violettes du souvenir, voilettes au vent,
toilettes fidèles à tes souvenirs de violettes, reprends ton violon
et repars à zéro, voile ton nez, apprends à voler, cesse de
tomber, ramasse tes violettes, piques-en ta voilette et file dans le
vent fripon aux longs sons monotons du violon, fait
valser les moutons qui tournent tournent en rond … et patapon.
jeudi 20 septembre 2018
cartographie # 15 Bégaiement 1 Le doré de ton nom commence à passer
"Le doré de ton nom commence à passer",
le doré de ton ombre
l'ombre de ton or
ton ombre dort
ton ombre dort et toi tu passes, et repasses, chaque année à la même époque, tandis que ton nom dans l'ombre sur ta tombe commence à tomber, en poussière en désuétude, en fines particules du noble de ton nom adoré, si cher, si chéri.
ton nombre d'or, celui qui faisait de toi un humain si magnifique, aux proportions exactes du héros antique en toc, le nombre d'or de tes mains posées, l'une entre tes deux seins, l'autre puisant dans l'air l'équilibre précaire de la lumière dorée.
Le doré effacé de ton nom sur le marbre entier de l'automne, doré, indien, et toi qui n'es plus rien, qu'un souvenir qui s'efface, qui se perd davantage à chaque réplique,un nom de mon passé qui passe comme une ombre sur mon coeur aplati, tapissé, brodé au silence qui est d'or.
le doré de ton ombre
l'ombre de ton or
ton ombre dort
ton ombre dort et toi tu passes, et repasses, chaque année à la même époque, tandis que ton nom dans l'ombre sur ta tombe commence à tomber, en poussière en désuétude, en fines particules du noble de ton nom adoré, si cher, si chéri.
ton nombre d'or, celui qui faisait de toi un humain si magnifique, aux proportions exactes du héros antique en toc, le nombre d'or de tes mains posées, l'une entre tes deux seins, l'autre puisant dans l'air l'équilibre précaire de la lumière dorée.
Le doré effacé de ton nom sur le marbre entier de l'automne, doré, indien, et toi qui n'es plus rien, qu'un souvenir qui s'efface, qui se perd davantage à chaque réplique,un nom de mon passé qui passe comme une ombre sur mon coeur aplati, tapissé, brodé au silence qui est d'or.
Cartographie # 15 Bégaiement "c'est comme avec les trous qu'on a dans le coeur"
C'est comme avec les trous qu'on a dans le coeur
C'est comme avec les trous
Je n'ai jamais trop su avec le coeur ni avec les trous
C'est comme avec le coeur
Les trous avec du vide autour et les trous pleins de terre et les trous dans la terre avec le coeur quand ça bat plus.
C'est comme avec la terre,
C'est comme avec le vide autour de la terre, avec la terre qui bat avec le coeur troué.
C'est comme avec la terre qui a horreur du vide
C'est comme avec les vides au milieu des trous
Dans la terre du coeur
C'est comme avec la terre dans le coeur quand germe une petite graine
C'est comme une grande fleur en forme de coeur, surgie du trou, penchée au bord du vide de mon coeur.
C'est comme une fleur pleine de trous qui soigne les coups de coeur, c'est comme je n'ai jamais su faire, c'est comme avec les bouquets de fleurs qu'on jettera dans mon trou, avec mon coeur qui ne battra plus, avec le vide que je laisserai sur la terre, sur la terre qui continuera de tourner avec moi dans la terre, avec moi dans le trou qui ferai fleurir le coeur de ceux restés devant le trou lorsqu'ils repenseront à moi.
Cartographie 15 Bégaiement
Reprise du travail sur la Cartographie avec une proposition d'écriture empruntée à l'atelier d'été de François Bon sur son site Tiers-Livre.
Un texte de Gherasim Luca est donné en introduction: Désespoir
le
désespoir a quatre paires de jambes
quatre paires de jambes aériennes volcaniques absorbantes symétriques
il a cinq paires de jambes cinq paires symétriques
ou six paires de jambes aériennes volcaniques
sept paires de jambes volcaniques
le désespoir a sept et huit paires de jambes volcaniques
huit paires de jambes huit paires de chaussettes
huit fourchettes aériennes absorbées par les jambes
il a neuf fourchettes symétriques à ses neuf paires de jambes
dix paires de jambes absorbées par ses jambes
c’est-à-dire onze paires de jambes absorbantes volcaniques
le désespoir a douze paires de jambes douze paires de jambes
il a treize paires de jambes
le désespoir a quatorze paires de jambes aériennes volcaniques
quinze quinze paires de jambes
le désespoir a seize paires de jambes seize paires de jambes
le désespoir a dix-sept paires de jambes absorbées par les jambes
dix-huit paires de jambes et dix-huit paires de chaussettes
il a dix-huit paires de chaussettes dans les fourchettes de ses jambes
c’est-à-dire dix-neuf paires de jambes
le désespoir a vingt paires de jambes
le désespoir a trente paires de jambes
le désespoir n’a pas de paires de jambes
mais absolument pas de paires de jambes
absolument pas absolument pas de jambes
mais absolument pas de jambes
absolument trois jambes
quatre paires de jambes aériennes volcaniques absorbantes symétriques
il a cinq paires de jambes cinq paires symétriques
ou six paires de jambes aériennes volcaniques
sept paires de jambes volcaniques
le désespoir a sept et huit paires de jambes volcaniques
huit paires de jambes huit paires de chaussettes
huit fourchettes aériennes absorbées par les jambes
il a neuf fourchettes symétriques à ses neuf paires de jambes
dix paires de jambes absorbées par ses jambes
c’est-à-dire onze paires de jambes absorbantes volcaniques
le désespoir a douze paires de jambes douze paires de jambes
il a treize paires de jambes
le désespoir a quatorze paires de jambes aériennes volcaniques
quinze quinze paires de jambes
le désespoir a seize paires de jambes seize paires de jambes
le désespoir a dix-sept paires de jambes absorbées par les jambes
dix-huit paires de jambes et dix-huit paires de chaussettes
il a dix-huit paires de chaussettes dans les fourchettes de ses jambes
c’est-à-dire dix-neuf paires de jambes
le désespoir a vingt paires de jambes
le désespoir a trente paires de jambes
le désespoir n’a pas de paires de jambes
mais absolument pas de paires de jambes
absolument pas absolument pas de jambes
mais absolument pas de jambes
absolument trois jambes
Proposition d'écriture:
il y a forcément une phrase de
vous qui vous a surpris, dérangé, étonné — résistive par sa
syncope, sa couleur, voire sa maladresse apparente — alors partir
de cette phrase, et elle seule, et la bégayer jusqu’à
extraire son grain nu — la singularité même de ce qui émerge de
voix, hors de vous et pourtant vous (François Bon)
dimanche 2 septembre 2018
mercredi 29 août 2018
Cartographie # 14 : vue du ciel : Survoler la carte SANS/SUR de moi
Je vais faire SANS
Google earth me donne la nausée
et je suis réfractaire à l'expression "sur" en matière de géographie
(je suis "sur" Lyon en ce moment)
au même degré que ceux qui "font"
(j'ai fait La Séauve-sur-Semène la semaine dernière, la Lituanie le mois dernier et les Gorges de Toutenun hier après midi)
Mais je vais quand même faire AVEC
Je ne suis pas de celles qui vendent leur billet d'avion (hum hum)
car même si je n'aime pas la sensation 3D, j'aime planer au-dessus des cartes, comme vous le savez déjà par mes rêves.
Je suis donc dans le cimetière de Solignac, surplombant la maison où je suis née avec la petite Loire qui anime le bas du Champinet, mais ça aussi vous le savez déjà.
Je suis au ciel, aux anges, telle une Gabrielle, telle une Marie assomptionnante,
Je teste ce qu'il en est de faire le martinet, la chèvre
Je vois que la carrière de Mussic s'est bien agrandie, c'est à dire que la cavité est immense
je n'ai jamais trop su comment gérer les trous, les manques, les vides
je veux dire, tout ce qui est retranché, ça existe bien quelque part ailleurs
c'est comme avec les trous qu'on a dans le cœur et le vide qui étouffe
ils sont où les gravillons ? elles sont où les pierres ?
Ici, dans le cimetière, les trous ont été remplis par des cercueils, normal
c'est bizarre de revenir s'éterniser finalement juste au-dessus de là où l'on est né (mon père) où l'on a vécu pas mal d'années (ma mère)
je n'arrive toujours pas à me décider.
Autour de moi les morts s'accumulent
je vois bien qu'ils n'avaient pas pensé à tout
Mais les sociologues de la mort disent que les funérailles, ce sont pour les vivants.
Le 29 août 1956, j'étais dans le ventre de ma mère, je ne sais pas trop ce qu'elle fabriquait
Ils finissaient les moissons puisque ma naissance 2 semaines plus tard est liée au battage à la machine
Je ne sais pas pourquoi mes mois d'août sont toujours si rugueux, douloureux, fatigués.
Du haut du cimetière, toujours pas de réponse, et quand bien même...
On m'a demandé si je m'abonnais cette année, à ci à ça..
J'ai répondu "non, cette année, je me désabonne"
Prendre un peu de hauteur.
Google earth me donne la nausée
et je suis réfractaire à l'expression "sur" en matière de géographie
(je suis "sur" Lyon en ce moment)
au même degré que ceux qui "font"
(j'ai fait La Séauve-sur-Semène la semaine dernière, la Lituanie le mois dernier et les Gorges de Toutenun hier après midi)
Mais je vais quand même faire AVEC
Je ne suis pas de celles qui vendent leur billet d'avion (hum hum)
car même si je n'aime pas la sensation 3D, j'aime planer au-dessus des cartes, comme vous le savez déjà par mes rêves.
Je suis donc dans le cimetière de Solignac, surplombant la maison où je suis née avec la petite Loire qui anime le bas du Champinet, mais ça aussi vous le savez déjà.
Je suis au ciel, aux anges, telle une Gabrielle, telle une Marie assomptionnante,
Je teste ce qu'il en est de faire le martinet, la chèvre
Je vois que la carrière de Mussic s'est bien agrandie, c'est à dire que la cavité est immense
je n'ai jamais trop su comment gérer les trous, les manques, les vides
je veux dire, tout ce qui est retranché, ça existe bien quelque part ailleurs
c'est comme avec les trous qu'on a dans le cœur et le vide qui étouffe
ils sont où les gravillons ? elles sont où les pierres ?
Ici, dans le cimetière, les trous ont été remplis par des cercueils, normal
c'est bizarre de revenir s'éterniser finalement juste au-dessus de là où l'on est né (mon père) où l'on a vécu pas mal d'années (ma mère)
je n'arrive toujours pas à me décider.
Autour de moi les morts s'accumulent
je vois bien qu'ils n'avaient pas pensé à tout
Mais les sociologues de la mort disent que les funérailles, ce sont pour les vivants.
Le 29 août 1956, j'étais dans le ventre de ma mère, je ne sais pas trop ce qu'elle fabriquait
Ils finissaient les moissons puisque ma naissance 2 semaines plus tard est liée au battage à la machine
Je ne sais pas pourquoi mes mois d'août sont toujours si rugueux, douloureux, fatigués.
Du haut du cimetière, toujours pas de réponse, et quand bien même...
On m'a demandé si je m'abonnais cette année, à ci à ça..
J'ai répondu "non, cette année, je me désabonne"
Prendre un peu de hauteur.
mercredi 22 août 2018
Cartographie # 13 : Sacré
Allez
Rac !
Au coeur de la carte
avoir tout oubli
Yé
Happée par le vide d'humains relatif, le calme des bovines et les étendues de genêts
Je jeûne dans le silence et me gave d'air et de vent
je jeune dans mon enfance
tirée à 4 épingles sans vêtements
Tout à coup, je me suis retrouvée.
Ce qu'il faut d'années et de circonstances exténuantes
Pour arriver là !
Dans ce berceau ardu pierreux joyeux de quelques fleurs qu'il a bien fallut pousser
Aiguillonnée par ce plaisir de se laisser faire
de faire ensemble notre retour à chacun notre source
qui si elle disparaît parfois
resurgit en petits bouillonnements rés URGENTS
Un jour plantée dans cette carte
Un as du coeur, une solitaire
Une enfant unique et seule au monde
Comme si ma mère n'en avait pas enfanté d'autres.
Non vierge pleine de grâce
Marie Marie
c'est elle c'est moi
Mon père aussi est dans la carte, mais c'est vers elle que je vais
valet de trèfle à 3 feuilles
herbe folle et cabriolant
Un jour déjà, happée par la pancarte du nom du lieu
mais il faudrait couper la route, tourner à gauche brusque
-on ira une autre fois-
Cette pancarte comme une flèche entre les 2 pans de rideau rouge
qui ne laisse rien deviner de la pièce et du décor qu'ils cachent
Je n'en suis pas revenue.
mais j'ai tout reconnu, elle avait couru dans les genêts, elle avait ramassé les cailloux
et les pignes
elle n'avait jamais pensé que là-bas derrière les petits pins, on pouvait rêver à la mer.
Moi si.
Se garer près de la petite église, toujours chercher le clocher, l'amer ou s'arrimer
Settebello
une collection de clochers dans ce mouchoir de poches de la carte
Donner une pomme au cheval timide dont le pelage se confond avec les pierres
Marchons dans le village comme si j'allais avoir l'illumination du lieu d'origine.
En fait d'Illuminations, ramasser le Petit Rimbaud dans sa boîte à livres et le mettre dans ma poche, pour toujours.
Aucun nom connu dans le cimetière, mais des vivants charmants. On se fait cousins cousines, après tout, on est tous un peu de là-bas.
On continue la quête et l'enquête, on continue d'hachurer les moindres recoins,
entre les plis et les sucs.
De retour, vérifier les inventaires :
comprendre qu'ils habitaient un hameau du hameau
un hamelet peut être si ça se disait.
je rêve ces temps, que je rate trains et avions,
mais que de toutes façons je ne saurais pas lesquels prendre,
parce que je ne sais pas trop où je veux aller.
je crois que je veux rentrer dans mon sacré moi.
mercredi 15 août 2018
la force de la carte
quand tout est chamboulé, qu'il n'y a plus rien pour se raccrocher, quand les prises cèdent, que le gouffre là derrière le lac s'offre à soi... oui, il faut bien sauter (symboliquement parlant), aller ! va !
sauter dans le vide du ciel.
Maintenant, perçois-tu malgré ton chagrin, cet aigle blanc qui suit les souffles, sans aucun battement d'aile, sans effort, et te montre le chemin, t'invite à faire comme lui ? Il se rapproche de toi, te regarde, fait de grands cercles autour de ce petit être que tu es, ce petit moustique. Tu n'es pas une proie pour lui (il préfère dénicher les bébés marmottes frileux et peureux). Il observe ta maladresse, ta fragilité née de la plus profonde des solitudes.
Il te dit que même la mort n'est pas solitude, du moins pour celui qui est décédé, car le défunt a tout oublié. Le vivant, lui, tout minuscule, est mort intérieurement, et malheureusement il le sait. Alors...
Demande-moi, dit l'aigle...
L'aigle répond : tu n'as pas le choix sauf de constater ta finitude. Qui est aussi une infini-tude, car - sais-tu -, derrière la montagne qui bouche ton horizon, il y a d'autres montagnes et des plaines et des rivières, des cascades, des pierriers... je te le promets ! Bien sûr, de là où tu te trouves, tu ne vois rien, pas encore.
Commence par observer ce pic de pierre dressé très droit : c'est ta résistance (souvent, trop forte, qui t'a amené à trop souvent accepter l'inacceptable) et puis ce massif au fond: c'est ta force totalement gratuite, généreuse (et qui effraie souvent les autres). C'est tout ce tu es. Rien d'autre. Mais c'est bien ainsi. C'est suffisant.
sauter dans le vide du ciel.
Maintenant, perçois-tu malgré ton chagrin, cet aigle blanc qui suit les souffles, sans aucun battement d'aile, sans effort, et te montre le chemin, t'invite à faire comme lui ? Il se rapproche de toi, te regarde, fait de grands cercles autour de ce petit être que tu es, ce petit moustique. Tu n'es pas une proie pour lui (il préfère dénicher les bébés marmottes frileux et peureux). Il observe ta maladresse, ta fragilité née de la plus profonde des solitudes.
Il te dit que même la mort n'est pas solitude, du moins pour celui qui est décédé, car le défunt a tout oublié. Le vivant, lui, tout minuscule, est mort intérieurement, et malheureusement il le sait. Alors...
Demande-moi, dit l'aigle...
L'aigle répond : tu n'as pas le choix sauf de constater ta finitude. Qui est aussi une infini-tude, car - sais-tu -, derrière la montagne qui bouche ton horizon, il y a d'autres montagnes et des plaines et des rivières, des cascades, des pierriers... je te le promets ! Bien sûr, de là où tu te trouves, tu ne vois rien, pas encore.
Commence par observer ce pic de pierre dressé très droit : c'est ta résistance (souvent, trop forte, qui t'a amené à trop souvent accepter l'inacceptable) et puis ce massif au fond: c'est ta force totalement gratuite, généreuse (et qui effraie souvent les autres). C'est tout ce tu es. Rien d'autre. Mais c'est bien ainsi. C'est suffisant.
mardi 14 août 2018
Carographier le Sacré # 13 (suite)
jeudi 9 août 2018
Cartographier le sacré ? ... suite (2)
Quand
je me penche sur cette carte au 25 000 millième, bien que je
l'examine à la loupe depuis plusieurs mois maintenant, bien d'autres
lieux que ce Chemin de la Galine m'évoquent des moments empreints de
sacré ; parfois simplement effleurés sans que j'en sois consciente,
parfois effrayants tant ces sentiments m'apparaissaient trop vastes,
parfois attirants comme un aimant sans que je fasse réellement un
pas pour l'étreindre ; il m'a fallu atteindre la soixantaine pour
oser me laisser toucher par la spiritualité, pour que le mot même
cesse de m'effrayer ; et plus encore, si je me plonge dans les textes
que cette carte m'a inspirée.
Ainsi,
je sais que
nous n'avons que récemment, pris forme humaine. Nous
venons
d'une chaîne ininterrompue, à travers le premier poisson apprenant
à marcher sur terre, sentant ses écailles devenir ailes, à travers
les migrations de l’âge glaciaire. Dans notre long voyage
planétaire, nous avons pris beaucoup de formes anciennes oubliées
maintenant. Nous nous souvenons de certaines de ces formes
dans le ventre de notre mère, revêtant des vestiges de queues, de
branchies et faisant pousser des nageoires à la place de mains.
Un nombre incalculable de fois
durant ce voyage, nous avons quitté les formes anciennes, laissé
tomber nos vieilles habitudes afin d'en laisser émerger de
nouvelles. Mais rien n’est jamais perdu. Bien que les formes
passent, elles reviennent. Chaque cellule usée est consommée,
recyclée… à travers les mousses, les sangsues et les rapaces…
J'aimerais toujours me souvenir -
encore et encore - des anciens cycles , m'appuyer sur eux dans les
moments difficiles. Par ma nature profonde et par le voyage que j'ai
fait, il y a en moi une profonde connaissance de mon
appartenance à laquelle j'aimerais avoir sans cesse accès pour
mieux entrer en contact avec moi-même en tant que mammifère, en
tant que vertébré, en tant qu’espèce qui n’est que récemment
sortie de la forêt tropicale. Quand le brouillard de l’amnésie se
disperse, ma relation aux autres espèces et ma responsabilité
envers elles, se transforment. Je prends conscience de ma vraie
nature. Au fur et à mesure que ma mémoire s’améliore, je m'
identifie avec toute vie,
Mais ce n'est pas tout : Chaque
atome de mon corps existait avant l’apparition de la vie organique
il y a 4.000 millions d’années.
Et, vous, vous souvenez-vous de
votre enfance en tant que minéraux, en tant que lave, en tant que
roche ?
Pourquoi les regardons-nous de
haut avec un air condescendant ? Ce sont eux qui sont notre
partie immortelle.
Maintenant que nous avons
entrepris ce voyage intérieur, nous avons trouvé la partie de
notre être la plus intime, la plus pérenne aussi ; celle que les
mites, la rouille, l’holocauste nucléaire ou la destruction du
patrimoine génétique de la forêt ne peuvent pas corrompre. La peur
et l’anxiété qui nous accompagnent constamment,
peuvent commencer un peu à se dissiper
Cet espace désintéressé
que nous avons trouvé ressemble peut-être à la méditation.
... et en bonus des extraits de ...
« Le Cosmos et le Lotus » de Trinh Xuan Thuan
Trinh Xuan Thuan, né en 1948 à Hanoï, au Viêt Nam, astrophysicien et écrivain vietnamo-américain, d'expression principalement française
« La
spiritualité, au même titre que la poésie ou l’art, constitue
une fenêtre complémentaire à la science pour contempler la
réalité ; en ce qui concerne la connaissance du monde, même la
raison a ses limites. Il
nous faut donc faire appel à d’autres modes de connaissance comme
l’intuition mystique ou religieuse, l’art ou la poésie pour nous
rapprocher de la réalité ultime. Les Nymphéas de Monet ou les
poèmes de Rimbaud nous éclairent autant sur le réel que la
physique des particules ou la théorie du Big Bang. »
« La
physique moderne a non seulement démontré l’interdépendance du
monde des particules et de l’univers, mais elle a aussi mis en
évidence l’intime connexion de l’homme avec le cosmos.
Nous
savons aujourd’hui que nous sommes tous faits d’atomes fabriqués
lors de l’explosion primordiale d’abord, et lors de l’alchimie
nucléaire des étoiles ensuite.
Les
atomes d’hydrogène et d’hélium qui constituent 98% de la masse
totale de la matière ordinaire dans l’univers ont été générés
pendant les trois premières minutes de son existence. Les
atomes d’hydrogène dans l’eau des océans ou dans notre corps
proviennent tous de cette soupe primordiale. Nous partageons
tous une même généalogie cosmique qui remonte à 13,7 milliards
d’années, l’âge de l’univers.
Quant
aux éléments lourds essentiels à la complexité et à l’émergence
de la vie et de la conscience, et qui constituent les 2% restants,
ils ont été fabriqués dans les creusets stellaires et les
supernovae, morts explosives d’étoiles massives.
Nous
sommes tous faits de poussières d’étoiles. Frère des bêtes
sauvages et cousins des fleurs des champs, nous portons tous en nous
l’histoire cosmique.
Le simple fait de respirer nous
relie à tous les êtres qui ont vécu sur le globe. … »
vendredi 3 août 2018
Cartographier le sacré ? (1)
Quand tout bruit animal
ou humain cessait, ce moment particulier que les africains appellent
le petit soir, juste avant le coucher du soleil, j'aimais aller
m'asseoir derrière la haie, loin de toute présence humaine ; je
regardais la route, l'horizon et j'attendais.
J'avais huit-dix ans ;
ma grand-mère imaginait que j'attendais mes parents, qu'ils devaient
me manquer puisqu'ils me laissaient là dans cette ferme sans confort
pendant deux mois. Je les attendais sans doute un peu, un tout petit
peu ; ce que j'attendais surtout, était cet instant translucide et
silencieux, aux ombres si longues, où tout apparaissait si doux,
ce moment gros de la nuit à venir. J'écoutais chaque bruit se
propager en ondes longues dans le silence général, j'observais
intensément les ombres s'allonger, s'épaissir, la transparence de
l'air avant que le ciel ne s'assombrisse et que la terre devienne
plus claire que le ciel. Je pressentais que quelque chose se
préparait, allait s'offrir à moi, quelque chose de plus grand que
moi que je ne pouvais comprendre, à quoi j'aspirais pourtant de tout
mon corps et de toute mon âme. La même attente
que lorsque je regardais le soir, le crapaud dans les yeux, près du
tas de fumier, le même mystère que dans le corps immobile et
patient de la salamandre qui semblait endormie pour l'éternité. Mon
coeur de petite fille se gonflait, ni tristesse, ni joie, peut-être
un manque, un appel, non pas d'un ailleurs, mais d'un plus de vie,
d'un présent plus plein, d'instants tous identiques à celui-ci,
chaque jour, du réveil au coucher, d'une vie qui excède -non qui
jubile- constamment ouverte au monde et aux autres, comme ce moment
privilégié du petit soir.
Lorsque mon grand-père
rentrait les vaches, préparait les seaux pour la traite, que ma
grand-mère attisait le fourneau, je savais que je pouvais m'éclipser
et que moi aussi, d'importantes tâches m'attendaient. Je prenais le
chemin, allais m'asseoir dans le pré derrière la rase et
m'installais pour participer à la magie. Curieusement, que le temps
ait été au beau ou à la pluie, à cette heure-là, toujours il y
avait accalmie : le vent tombait, la pluie ralentissait et la
lumière, cette lumière que j'attendais, arrivait. Je n'ai jamais
partagé ce moment avec quiconque, n'en ai jamais parlé. Nul besoin
de partager cette vie intérieure qui déborde de soi ; elle suffit à
accompagner un chemin de vie, à nourrir son for intérieur, là où
puiser des forces quand elles viennent à manquer ...
... à suivre
mardi 31 juillet 2018
Silence
Il y aurait peu de mots, juste une parole brève.
Le sacré serait la voix du silence. Ici, là-bas.
D'où naissent les choses de l'esprit, d'où l'on vient, où l'on repart pour toujours.
Se retirer du verbe. Il n'y a que les bavards pour assurer qu'au commencement était le Verbe.
Ici-bas, au-delà, alors la poésie.
Alors la paix-ésie
tant bien même serait-il rassurant de continuer à s'agiter, secouant les syllabes et les gestes pré-verbaux.
Silence.
Le sacré serait la voix du silence. Ici, là-bas.
D'où naissent les choses de l'esprit, d'où l'on vient, où l'on repart pour toujours.
Se retirer du verbe. Il n'y a que les bavards pour assurer qu'au commencement était le Verbe.
Ici-bas, au-delà, alors la poésie.
Alors la paix-ésie
tant bien même serait-il rassurant de continuer à s'agiter, secouant les syllabes et les gestes pré-verbaux.
Silence.
jeudi 26 juillet 2018
Quelque chose de sacré sans doute. # 13.
Le goût du sacré? Aurais-je dû le trouver en épelant le nom de La Chaise-Dieu? Je réponds immédiatement "Non"! C'est un sacré qui ne m'interpelle pas trop bouffi de certitudes, d'immobilisme et de rigueur.
Non, ce goût-là, je l'ai rencontré dans toutes les haltes, les interstices, les intervalles qui ont étayé mon parcours. Au creux des sources claires et de leur chant cristallin, le long des chemins tortueux, de leurs bordures de pierres sèches piquées de fleurs et d'herbes folles. A l'ombre des grands pins du bois de Jagonard. M'asseoir à leur pied, prendre racine en quelque sorte a souvent été une réponse à la supplique lancée par un quelconque dieu. A moi de donner l'offrande de ma respiration, le souffle de mon apaisement dans cet espace majestueux, empreint de magie, propice au recueillement, au spirituel, loin des bruits et des lumières du monde.
La poésie de la forêt qui se terre sous chaque brin de mousse, calée contre l'écorce rugueuse des arbres, qui respire et qui vit au rythme du soleil ou de la lune, au rythme du cœur aux abois de celles et ceux qui qui s'y cachent pour s'aimer, pour pleurer, rire ou contempler.
Prendre son temps, respirer l'humeur changeante et mutine de la petite Dorette qui continue de couler des jours heureux d'amont en aval jouant de son pouvoir de séduction sur mes sens en sommeil. Perpétuer l'attente du visible et de l'invisible. Continuer la route qui m'emmène vers le petit cimetière là où les lumières de la mort jouent avec les ombres de la vie, là où les renoncules et les oeillets ont le langage du souvenir.
mercredi 25 juillet 2018
Carte postale
Je suis là sous l'astérisque noir! dans la fraicheur de la maison de pierres...
Cherchez bien!!!
Bises à tous
Cherchez bien!!!
Bises à tous
lundi 9 juillet 2018
AU FIL DE MA CARTOGRAPHIE.
dimanche 8 juillet 2018
Bonneval et la Dorette
J'ai emprunté la carte de Linette, chiné un peu à la Chaise-Dieu où une grande brocante s'étalait dans la grande rue, puis suis partie sur une route décrite dans un de ses textes et ai découvert un lieu plein de poésie et j'ai imaginé Linette sur les rives de la Dorette dont elle nous parle avec tant de chaleur! J'ai pris quelques photos en pensant à elle et la remercie grandement de m'avoir fait découvrir ce petit coin où je reviendrai sûrement! ( Il y a une auberge où les menus ont l'air délicieux...!) et j'ai repris ses mots....
Partir par l'étang du
Breuil, l'antichambre de la départementale 20 toute en lacis entre les
prés batifolant du vert au bleu, du blanc au jaune, mariant les
marguerites et les bleuets, les coucous et les boutons d'or, les
épilobes et les grandes digitales au fil des heures et des saisons. Etroite, elle erre en somnambule entre des murets de pierre posés là en désordre les nuits de pleine lune.
La route continue
de descendre, incise les verts et les marron, surplombe un cimetière
inoffensif, une pancarte blanche et enfin un nom tout en rondeur
"Bonneval"; bon vallon, bonne vallée, accueillant, tassé autour de sa
chapelle, sa mairie, de son auberge "La Dorette" du nom de la petite
rivière qui coule en contrebas, et de sa maison d'hôtes "Chez Valentin".
Un hameau de carte postale où le temps semble s'être arrêté. Une carte
postale où j'ai griffonné mon nom quelque part pour ne rien oublier.
C'est l'histoire d'une
si petite rivière qui paresse et procrastine entre les herbes folles.
Insoumise, elle se rit d'un tracé rectiligne et lui préfère les courbes
élégantes, les coudes qui l'égratignent ou les boucles mutines. La
Dorette puisqu'il en est ainsi naît quelque part près des sources
ferrugineuses de La Souchère en amont de Saint Victor sur Arlanc avant
que de s'enfoncer dans la forêt, ressurgir entre les pierres, miroiter
au soleil de ses gouttelettes dorées et continuer son cours.
Elle invite mon vague à l'âme, me possède
par enchantement, s'offre à moi de son rire cristallin. Elle s'insinue,
fiévreuse et entêtée, m'oblige à la courser et impudique je lui offre
un orteil qui joue avec les phasmes ou bien les scarabées rutilants.
Elle espère, elle attend aguicheuse, elle pétille puis fatiguée du
spectacle et du rôle qu'elle a à assumer, elle s'endort bercée par le
bruissement des marguerites.
vendredi 6 juillet 2018
L'avenir de votre passé
Comme dirait le slogan commercial de l'un de mes fournisseurs de boîtes d'archives : "L'avenir de votre passé"
Je vous signale un site fort joli avec des vrais morceaux de passé dedans, "
Bibliothèque numérique en histoire des sciences et des techniques:
Notamment pour celles et ceux qui auraient besoin de savoir comment on détruisait les blattes en 1908 ou bien quelle était la météo du mois de juillet 1874, on sait pas, ça peut servir.
Voici le lien
CNUM
vendredi 29 juin 2018
Sacré peut-être
Quelque chose parle
déjà, sur les chemins effleurés par la peau d’un doigt hésitant
sur la carte, un invisible rideau s’écarte et l’on pénètre
cette matière qui se transfigure en espace, on traverse ce
brouillard de papier et on entre dans un invisible où se réfugier
Quelque chose
infuse – entre terre et azur, arbres ou buissons, granit et lichens
, herbes folles et gousses de genêts qui éclatent – puis diffuse
une onde liquide qui s’écoule dans les intervalles d’un temps
suspendu et se dessine l’abri où se poser
Quelque chose
apaise la main qui caresse l’écorce en un geste rituel – qui
bénit qui – matière d’air , de bois, de crevasses, mousses et
cals , échange entre peaux étroites en doux pétales d’air
bleuté avec un avant et un après
Quelque chose du
souffle, d’un murmure de brise légère, d’un mascaret sans fin
se faufilant dans le feuillage puis s’éloignant, de langues d’air
agitant le tremble dans le jardin et qui sollicite toute l’attention
pour écouter ce balbutiement
Quelque chose dans
les noms ânonnés depuis l’enfance, simples viatiques ou grains de
chapelet serrés les uns contre les autres et suintant des lèvres,
eaux brunes d’une crue s’écoulant entre les arches de la vie,
évitant les barbelés
Quelque chose dans
ce silence des cimetières – et celui-ci tout particulièrement
qui n’est pas sur ma carte mais où ma carte m’a emportée –
avec ces centaines de croix dressées , où l’on cherche la tombe
numéro 552, et la toile dans la tête qui lâche un peu
Quelque chose
offert dans cette terre qu’on cueille – avalanche de visions ,
bassin se déchargeant de son trop-plein – pressée entre ses
doigts, les ongles qui retiennent et noircissent, cette parcelle
minuscule qui mérite la célébration de l’ instant
Quelque chose de la
louange entre le Sablat et le rocher de la Moutière, cette
cinquantaine de pas sur l’arène granitique et l’herbe de
l’accotement, le regard loin porté sur cet espace immobile où
terre & ciel davantage resserrés ne font qu’un
Quelque chose de
l’Eden dans cette toute petite berge au bord de l’Ance, presque
sous le pont aux deux arches , au sein d’un monde ancien et clos,
avec les coulées de l’eau , les silences des uns et les songes
des autres
Quelque chose se
cherche avec des mots du quotidien qui effleurent un paysage ,
filtrent la lumière de l’horizon chiffonné, cherchent encore
l’air bleuté comme le silence aime se laisser traverser par les
oiseaux
Quelque chose d’un
cloître quand le pas , plusieurs fois par jour, fait le tour de ce
jardin, longeant le mur de béton, puis les deux murs de pierre , les
trois surmontés de tuiles d’un brun rosé passé, et que les yeux
sont là et bien au-delà en un même regard
Quelque chose d’une
exigence intérieure qu’on ne peut qu’enlacer de tout son être,
faite des silences , ceux des ombres blanches, vastes et vides , où
la réalité de l’ être résonne d’harmoniques secrètes,
l’abandonnant à une ébriété sereine
Quelque chose de
l’apparition ou d’un magnétisme qui laisse soudain l’invisible
se dévoiler sous les yeux, s’apercevoir alors que fuir est
inutile et que là on peut se reconnaître, rejoindre celui que l’on
ne se savait plus être
Quelque chose d’un
autre réel, non celui que l’on nomme mélancolie ou vague à
l’âme, non, mais celui d’une haute solitude , si extrême , que
cela semble un appel irrépressible et que fixer ce rien ... est
respirer le ciel
Quelque chose se
cartographie dans cet autre réel, des détails sans importance,
quand la lumière fait gesticuler des apparitions et que de l’obscur
de la langue s’écrivent des mots frôlés d’éternité ,
dissolvant les idées qui oseraient s’emparer de nous
Quelque chose de
l’espace , un espace ouvert, ayant toujours à voir avec le
commencement, enveloppé d’ombre & de lumière, et la sensation
d’une page blanche où les pensées perdues se retrouvent
Quelque chose comme
le temps arrêté, lorsque le doigt appuie sur la touche pause, et
que en un éclairage d’eau-forte, comme par effraction,
s’entrevoit ce début d’un instant qui flotte et qui nous cherche
du regard
Quelque chose ayant
à voir avec l’étrange, lorsque, les yeux démesurés devant ce
qui fait face, ce lieu qui semble enveloppé d’une aube
originelle, on se sentirait possédé par une force nouvelle, et prêt
à cet appel de l’abandon
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