BON ANNIVERSAIRE A LAURA SOLANGE
merci pour toutes les consignes
magnifiques de cette année
La Rivière
procrastine
insoumise
hérétique Divine
Lance comme un Chant secret
Impertinente
En réponse à l'oiseau
funambule
qui congratule
ses courbes élégantes
Née quelque part
dans un Ailleurs
de Verts et de Marron mêlés
La forêt Les futaies
Son BERCEAU
Son Lit de draps mouillés
de Renoncules-Libellules
bordée
Son vague à l'âme
m'invite
Caresse
emmenée
par son Fil qui coule
Passionné -Amoureux
Musicien
jouant du clapotis
Glisser un Bruit de grain de Sable
dans le Frisson
de son Silence
Seule - Sensuelle
Roucoulements éphémères
elle s'endort
cligne d'un rond dans l'Eau
LE CIEL TOURNE SUR LUI-MÊME
JE GLISSE A
L'HORIZONTAL DE SA FUITE.
Codicille : Ce texte revisite trois petits textes de Cartographie /4 autour de la rivière l’Ance. Il devrait prendre en compte toutes les contraintes demandées pour ce cycle: 100 mots/ le travail avec les blancs de la page/ l'absence de ponctuation ( hormis le tiret)/ un mot dans une autre écriture ( ayin) / une contrainte qui perdure au long de mes klasmas, à savoir de toujours commencer par à/ une contrainte secrète que je révélerai peut-être un jour...
Ayin est la seizième lettre de l’alphabet hébreu et signifie « œil », Le sens de Ayin est aussi la « source », ainsi il est la « vision de la source », l’aptitude à percevoir toutes choses. Ayin est le passage dans le domaine limité du visible, et montre des apparences, qui dans certains cas, sont trompeuses. C’est le symbole de : vision, perception, point de vue, révélation, théorie, réflexion de l’âme, passage de l’invisible au visible.
En cette saison, en bordure de chemin ou dans les bois, pousse une plante grimpante (genre de liane) aux feuilles vernissées et luisantes en belle forme de coeur : le tamier sauvage ou "herbe aux femmes battues" car sa racine a la réputation de guérir les bleus.
![]() | ||
| Tamier sauvage (dioscorea communis) |
Maintenant, est la seule période où l'on peut consommer ses jeunes pousses en forme d'asperges qui sont la seule partie comestible de cette plante qui produit plus tard de petits fruits rouges toxiques.
Hier, lors d'une promenade entre deux averses, et alors que nous rentrions bredouille d'une recherche d'ails des ours, nous avons ramassé de ces petites "asperges" délicieuses que j'ai délicatement liées en 4 bottes pour les cuire à la vapeur.
... et dans une clairière ... miracle des muguets ! Je n'en avais pas trouvé dans les bois depuis mon adolescence.
Mais ce n'est pas tout, nos bras étaient chargés de genêts jaunes, de marguerites, de narcisses au parfum entêtant, d'ancolies bleu comme le ciel, et d'autres fleurs des champs dont j'ignore malheureusement le nom.
C'était le petit intermède "botanique" à l'attention de mes amis de coeur stéphanois ... et les autres bien sûr
Les couleurs du matin -
jusqu'aux couleurs du soir-
Les plats -
les contre-plats -
les champs -
les contre-champs-
Le rose des soupirs -
le bleu des aubes folles-
les soleils fulgurants-
Le VERT qui envahit l'espace -
le VERT qui dévore le temps-
Le vert Véronèse -
le jaune de l'absinthe-
les prés batifolant du vert au bleu -
-vert au bleu du-
Les incises de bronze -
le brun de l'écume des vents-
Les points-virgules des arbres -
les soliloques des oiseaux-
Les pierres vermoulues -
leurs taches de vieillesse grisonnantes-
L'ivresse des courbes de niveaux -
et leurs faux-plats ombrés-
Tombe le soir -
s'éteint le nuancier de mon territoire de papier-
- Mon âme violine-
Codicille: Re-visiter un texte de notre cartographie - choisir une mise en page (écriture en escalier) - omettre la ponctuation (uniquement des tirets) -"l'élaguer", ramener à un nombre de mots restreint (une centaine) - mettre en évidence un mot par la couleur (ici le vert), insister sur un détail, un élément qui le constitue (la couleur).
http://alabrise.blogspot.com/2017/11/la-76.html
Il devrait prendre en compte toutes les contraintes demandées: 100 mots/ le travail avec les blancs de la page/ l'absence de ponctuation ( hormis le tiret)/ un mot dans une autre écriture ( riens) mais cela se voit mal sur la photo/ une contrainte qui perdure au long de mes klasmas, à savoir de toujours commencer par à/ une contrainte secrète que je révèlerai peut-être un jour...
Un merci particulier à Linette pour le don de l'archet !
La difficulté de mise en page sous blogspot a dû faire que j'ai mis une photo de mon texte, n'ayant pu le proposer comme je le souhaitais...
Démarrage d'un nouveau cycle dans notre klasmathèque.
On va se replonger dans nos textes écrits lors du travail très foisonnant réalisé autour de la Cartographie, qui nous a occupés pendant plusieurs années et qui a été stoppé net par les confinements successifs .
Choisir deux ou trois de ses fragments et leur faire subir un véritable équarrissage !
Leur redonner forme et vie avec de nombreuses contraintes assez resserrées; revenir au travail de la forme et se recentrer sur un détail dans chaque texte choisi.
Quelques unes de ces contraintes:
- travail de l'espace page en prenant en compte le blanc de la page
- définition du nombre de mots; 50, 80, 100, 120
- texte devant "tenir" sur une page A4 ( portrait ou paysage)
- pas de ponctuation sauf tirets
- 1 mot présenté dans une autre écriture: gras, italique, capitale, couleur, souligné....
- utilisation possible de la lexithèque
- contraintes personnelles en lien avec ses autres textes de la klasmathèque
Un vrai cahier des charges lourd mais poussant à la légèreté ...
à
l’intérieur
de la matière
s’immiscer et se
sentir aspirée par le
tableau – l’abîme effaré
regarde et les herbes hautes
de l’informulé t’enserrent dans
le sillage des arbres et le plomb
avec ses étincelles de lumière qui
te happent vers cet infini innommable
inatteignable qui hante et que l’on souhaite
parfois défier en un regard simple ou un geste
du doigt pour toucher la paille la cendre ou le plomb
répandus sur le tableau – mais on ne touche pas c’est
tout le corps qui pénètre est pénétré par dans la matière
et devient terre feuille pierre arbre et l’on se sent comme
interdit à retenir son souffle entre les dentelles de la matière
Codicille: Le tableau ( dont je n'ai pas le titre) est de Anselm Kiefer. La photo a été prise lors d'une exposition à la galerie Thaddeus Ropac à Pantin en 2018.
Ici le lien vers une vidéo faite lors de ma visite à cette expo qui épouse ce texte, ou bien ce texte épouse cette vidéo...
Les contraintes d'écriture sont similaires aux autres de ce cycle.
à
livre
ouvert
assise dans
cette obscurité
plus épaisse que
l’image de soi – elle
est dans cet entre-deux
du livre et du monde autour
à ausculter les fibres célestes
une lumière chirurgicale comme
une béatitude sauvage qui caresse
les herbes rases du désir et les eaux
de miroir où laisser danser les songes –
en cette seconde où ses yeux se lèvent du
livre et s’immergent écarquillés dans ce trouble
de craies grises où bruissent encore les mots gravés
elle a la sensation d’une douceur insolente dans son sang
Codicille: Le tableau Sainte Marie d'Égypte du Tintoret se trouve dans un coin du rez-de-chaussée de la Scuola grande di San Rocco à Venise. Il me semble que les photos y étaient interdites et j'ai donc volé celle-ci, car fascinée par ce tableau. Je suis allée le voir à deux reprises en 2012 et 2014 et retournerais volontiers m'asseoir devant à nouveau... Les contraintes de forme sont similaires aux autres du cycle peinture.
à
fleur
de réel
ce fil rouge
celui d’une plaie
qui n’en finit pas de
saigner signer soigner
dans le temps et hors du
temps ces plaies silencieuses
ce fil comme un ruisseau de lait
qui fuit – écriture de sang torsadée
qui s’enroule autour des corps étendus
de la plante du pied aux manches ou la taille
de l’enfant – fil rouge qui relie accroche le regard
de celui qui hébété se tient face à ces corps qui serrent
d’autres corps ceux des enfants qu’il faut protéger rassurer
bercer – revêtus du blanc de l’humanité dans son devenir – et
ne pas effacer le sillon rouge qui ruisselle du sang de toutes les plaies
Codicille: Pour ce troisième tableau de mon paysage intérieur, j'ai choisi une peinture de Safet Zec , faisant partie d'un ensemble plus vaste, exposée à l'église Santa Maria della Pietà à Venise en 2017. Le tableau s'appelle Exodus . Le fil rouge ( peu visible il est vrai sur ma photo) court sur tous les tableaux présentés. J'ai le souvenir d'être restée un long temps dans cette église totalement bouleversée par ce que je voyais, et complètement ébahie, lorsque, sortant de là je retrouvai la houle des touristes qui arpentaient le quai...
Les contraintes de forme sont identiques aux précédentes de ce cycle.
Salut les amis.
Suite à plusieurs concours de circonstances dont bon nombre d'entre nous sortaient vaincues, j'ai investigué. Il se trouve que lorsque certaines (Sylvia, moi) publient des commentaires, ils doivent être modérés (par moi ou par mon double). Ces notifications que j'ai parfois confondues avec des notifications de nouveau commentaire, ma messagerie étant régulièrement débordante, je les mettais à la corbeille au lieu de les valider... j'espère pouvoir modifier tout ceci et que toutes nous puissions commenter allègrement sans censure involontaire. Ceci explique pourquoi Sylvia tu ne voyais ce dont je te parlais sur les dromadaires.
![]() | |
| Paul Klee "Deux dromadaires et un âne" |
à
genoux
sur les échardes
en une lumière rasante
les outils dans les mains qui
raclent rabotent dégauchissent
et abandonnent ce qui fera copeaux
morceaux noués de mille nœuds comme
ces échardes instillées dans le cœur et le trou
noir des souvenirs – ces copeaux images captives
d’un instant et qui semblent se taire dans l’image – ils
ne sont que silence suspendu dans une présence absence
bientôt faisant partie des déchets comme des pierres tombées
dans l’eau du temps qui passe – dans la césure du regard qui se
fige l’image sort du temps et se love dans le creux d’un horizon d’être
où ces copeaux de sens petites sautes d’intensité ces fragments de soi
esseulés ont cette capacité de capter l’attention d’arrêter le flux du temps
dans cet angle d’incidence insolite où tout se défait tout s’écaille à frise lumière
Lumière dedans posée sur son buvard de
brume
caché dans le tableau sur le mur du
docteur
fantôme de mon frère au fond du paysage
un dimanche d'enfance à la doublure
grise
l'image qui flamboie dans le soleil
d'hiver
dans la rue tout au
fond à l'orée des malaises
son corps est une
terre, son sang bout en douceur.
il piétine la neige en
criant de bonheur
le portillon de bois
entrouvert de guingois
laisse passer le flot
de lumière encadré
aucun pas dans la
neige la marque n'est pas là
la pie qui se repose,
trois heures quatorze fois
seul élément vibrant
dans ce décor de soie
la pie qui se demande où
trouver quelques graines
des micro-mammifères,
des insectes sournois
mon œil mal interprète
midi à quatorze heures
brouillard bien à
l'abri
composition parfaite
quelques toits,
quelques troncs,
maisons endimanchées de lumières violettes
après-midi qui sait comment le crépuscule
quand on n'a pas le
coeur à faire du soleil
et qu'on voit une pie faire
beau dans le décor
et qu'on voudrait que
loin de ce badigeon tendre,
comme certains oiseaux
se cacher pour mourir
ce qu'il y a dans les
yeux de celle qui regarde
un souvenir captif,
une mise en abyme
Un fantôme sans
chaînes
des arbres
ensommeillés
nous n'atteindrons
jamais cette fonte des neiges
et ces brouillards
givrants au dessus de nos yeux
nous resterons tapis à
regarder la pie
attendre que l'enfance
fonde en métamorphoses
et qu'on glisse dessus
comme un verglas sanglant
que la lumière inonde
éclabousse éblouisse
que finisse l'angoisse,
que commence la joie !
( Vincent Van Gogh La Ronde des prisonniers 1890)
d'après Gustave Doré Huile sur toile 80x64
Musée Pouchkine, Moscou.
Paix des moutons broutant le vert-pomme de la clairière
Equilibre et verticalité des arbres
Tendresse et douceur des couleurs et de leurs accords
Trait d’union ciel et terre des deux oiseaux blancs
au mouton de tête qui sait qu’ils sont là.
Tableau chinois offert par ma belle-fille Pauline
Que j’aimerais connaître la signification des caractères chinois en bas à droite
Acceptons de lire ce triptyque comme un livre, c’est à dire de gauche à droite puis en refermant les deux panneaux latéraux
Volet de gauche, premier plan :
Adam et Eve masquent
dans un geste de pudeur
leur sexe d’un comique « gant de toilette ».
Corps nus mais non vulnérables
Ils n’osent pas se regarder.
Leurs lèvres ne sont pas de coquelicots.
Voudrait-on nous faire croire
à un monde idyllique
celui du paradis perdu ?
Réponse très vite donnée par les panneaux suivants.
Volet central, centre et premier plan :
La pomme rouge cordiforme
transpercée de part et d’autre par un ver :
Le ver est dans le fruit
l’avidité ronge l’homme de l’intérieur
Il se rue à mort sur les biens illusoires
du chariot de foin.
Une rixe entre les deux roues du chariot :
Grouillement stérile des humains, entrain de s’égorger,
pour un fétu de paille.
Enchevêtrement de bras et de jambes,
carnet du carnage
écarlate et carmin
rupture des cartilages
Volet droit : La cavalcade des démons
convoitise et ignorance,
eux-mêmes poisons et sources
de tous les errements et de toutes les souffrances
dont aucune médecine jamais ne la délivrera.
Seule la vache
représentant la nature
est sereine
et ouvre une porte à l’espoir
d’une sortie possible de la souffrance.
Un sang d’une douceur insolite
semble couler dans ses veines.
Triptyque fermé :
![]() |
| L'enfant prodigue (détail) |
![]() |
| Le fou errant |
![]() |
| Le fou errant (détail) |
« Le fou errant » ressemble à s’y méprendre
à un de ses derniers tableau « L’enfant prodigue ».
Même accoutrement et vêtements en haillons
même bâton de pèlerin
même corbeille d’exilé sur le dos
même posture fuyant l’humanité
même petit chien et arbres derrière lui
seule diffère l’expression du visage
plus torturée
au dos plus courbé.
C’est l’ermite, le vagabond
en fuite vers le silence
loin des sottises et convoitises
celui qui choisit la voie ardue de la solitude.
Misérable et princier
loin du grouillement de la foule
en qu^te de sa vie intérieure
plutôt que des biens matériels.
Cet errant est entrain
de se ré-inventer.
Le cosmos est son campement.