mercredi 24 mai 2023

à petit feu

 à petit feu

le soleil de ses intenses caresses

craquelle de sillons la canopée

cela croustille dans le creux de l’oreille

comme la chanson d’un insecte

le soleil de sa chaleur blessante et dense

froisse le réel qui se recroqueville

comme si la mort commençait à crépiter

dans ces cris suspendus au sommet des arbres

le soleil serait-il un dieu —

 

(Codicille:  klasma en écho à une phrase dans le dernier passage de l'interlude 6 des Vagues que j'ai traduite ainsi: Les feuilles les plus hautes des arbres étaient croustillantes de soleil.)

lundi 22 mai 2023

IMPRESSIONS (XIII)

 (Codicille; à partir de "Les Vagues"-Virginia Woolf; Interlude 6)

Le vernis frémissant
ânonne au vent du soir
l'espace secret
de nos vies
Les souvenirs effleurent
la tige des roseaux
Les embruns sifflent
les jours et les nuits
de lune oblongue
dans les ciels
où pleurent les oiseaux
Se fissurent les fils-écheveaux
des rêves interrompus
lumière pâle de leur solitude
course-poursuite du temps
fuite irrépressible
nuages inclinés
sur les fronts couleur-frisson
sur les fronts des vagues à l'âme
sur les corps fatigués
où perlent des larmes de laque.

MIDI (XII)

 ( Codicille: à partir de "Les Vagues - Virginia Woolf; Interlude 5-partie 3)

Les brins de paille
ou la beauté des étincelles
toute la pression des sentiments
dans ce feu follet des délices
aux confins de la fragilité
d'un midi bondissant
sur le muret
entre cytises et lilas
Toute la beauté et le sang
versés
en creux de vagues à l'écume
écrite sous le vent
brodeuses de liberté pour soleil
en éternel retour
Les hautes herbes tiges écartelées
La maison buissonnière
oreilles entrebâillées
mythologie d'un mur
au pourpre d'un secret
à l'aune de la lumière
Eblouissement.

mercredi 17 mai 2023

Interlude 5.2 p.127 Bruits, Sons Bruisse de feuilles

à partir de la phrase : "chattering grey stones"

Bruisse de feuilles

Bourdon d'insectes

Claque de vagues

Meugle de vaches

Grésil de graviers

Entrechoc de galets

Cri de feuilles sèches

Stridence de lumières

Jailli d'embruns

Merle ma sœur merle

Oiseau sentinelle

Silence d'ombres dans les recoins 

Coins 

Canard des chants

Chaînes des fantômes

Crépitement du feu / follet / fenêtres

Ongle rayant le verre

à l'envers

Gorgée de sons

Repu de formes

De rumeurs maritimes

De va et vient sans fin

Tout est trop Tout est plein

du robinet qui goutte

à goutte 

dans le seau

et déborde du vase vert 

des nuages 

de la mer

fanfare 

tintamarre 

fin

vendredi 12 mai 2023

à claire-voie

 à claire-voie

en un chuchotement de feu follet

une ombre sortie de l’ombre

un de ces êtres venus de l’obscurité

entre un ici et un ailleurs

au visage sans visage comme pétrifié

aux yeux ouverts et la main tendue

une poignée d’air à serrer comme l’hypothèse

d’un temps d’avant dans la jungle du réel

ombre miroir du reflet d’une ombre

 

(klasma en écho à un passage de la troisième partie de l'interlude 5 des Vagues que j'ai traduit ainsi: derrière ce fatras, une zone d'ombre s'accrochait, d'où pourrait naître une forme sortie de l'ombre ou plus profonde encore d'obscurité.)

mercredi 10 mai 2023

 Sur les arbres, les toits, les oiseaux fous du printemps chantent un chant unique—le soleil impassible s’essaie à réchauffer l’air frais—les branches vives sont agitées par des oiseaux frondeurs— contrebasse rythmique au chant d’oiseaux —les vagues imperturbablement s’enroulent puis s’effondrent sur elles-mêmes—comme fond sonore leur bruit sombre

Sous le couvert des arbres se cachent des couleurs—que le soleil révèle quand ses rais acérés percent les frondaisons—la lumière au travers des pétales des fleurs—projette leurs couleurs sur un fond d’ombre unis—et les vagues se suivent—exhalent leurs embruns comme un dernier soupir

 

Soleil frappant les façades—ses rayons comme des projecteurs— traversent les fenêtres—fouillent les recoins obscurs des pièces—apportent un peu de vie dans l’immobilité des meubles—là un miroir—ailleurs une porcelaine—comme des lampes d’autel luisent dans la pénombre—les vagues rythment le temps de leur grondement sourd

interlude 6 p.141 Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues Comme des pans de lumière gisant sur le rebord

Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues /moiré

L'effet dévastateur de l'ombre qui s'avance /gris

Le poison de la propagande /kaki

Jusqu'à ne plus savoir ce que penser veut dire /blanc

La brume les mensonges les lignes les délices /héliotrope

Ce qui fait la beauté des meubles à tiroirs /ventre de biche

Les secrets éventrés, mythologies sanglantes /rose bonbon

Les âmes sœurs tombées au champ d'horreur d'oubli /transparent

Sous la loi fracassante des algorithmes noirs /damier

Comme des pans de lumière gisant sur le rebord

Des fenêtres silence immarcescibles et sales /poussière

Sur la crête des cœurs /sang de bœuf


Comme des pans de lumière gisant sur le rebord  interlude 6 p.141 à partir des phrases sur la lumière  tout du long de l'interlude



Ma traduction (à venir)

dimanche 30 avril 2023

à travers

à travers

la peau des collines de songes et

l’ondoiement des feuillages d’arbres indistincts

sous la caresse d’ombres mauves et mouvantes

naît en un état suspendu l’étrange sentiment

d’une présence d’où surgissent par intermittence

des éclats bleutés comme hors du temps

se tenir alors depuis l’autre versant sur le seuil

figée comme une page blanche

espérant une calligraphie d’ailes noires

 

 (klasma en écho à ma traduction de l'interlude 5 partie 2 des Vagues:

À midi la chaleur du soleil rendait les collines grises comme si elles avaient été rabotées et brûlées dans une explosion, tandis que plus loin au nord dans les contrées plus nuageuses ou pluvieuses, les collines lissées en dalles comme par le dos d’une pelle, étaient éclairées de l’intérieur, comme si un gardien, dans leur profondeur, allait de chambre en chambre, tenant une lampe verte.)

samedi 29 avril 2023

De L'autre Côté (XI).

 ( Codicille: à partir de "Les Vagues", Virginia Woolf; Interlude 5-partie 2)

L'envers du décor
le soleil bafoué
sur lit de stratosphère glaciale
lumière blême
gris-bleu du vent
gangue de gel
pelure de nuit boréale
langues de terre niviformes
fourrure gercée des
flocons
lenteur du temps
spectres des arbres-fantômes
pétrifiés
forêt-pelisse de marbre pâle
givre perles d'hiver
saison pour héliotropes morts.



MATIN-VAGUE (X).

 (Codicille: à partir de "Les Vagues", Virginia  Woolf; Interlude 5-partie 1)

L'esquisse d'une aquarelle
teintée à la mélancolie
des sables mouvants
la grève
vulnérable et fragile
une traversée intérieure
réminiscences
cendres de l'oubli
imperceptiblement
l'inflexion naissante
d'un jour nouveau
l'impudence des couleurs
nacrées
l'impermanence de la lumière
un rempart
contre les vents effarouchés
s'y cognent
les cygnes du destin.

vendredi 28 avril 2023

MATIN-VAGUE (IX)

 (Codicille:  A partir de "Les Vagues, V.Woolf; Interlude 4 partie 2)

 Les pampres
du soleil
pépites d'or en flocons lumineux
le sol de lumière
gouttes d'huile perlée
brindilles d'une gamme fleurie
les ombres de dentelle
étoffe du jardin
soupirs
le matin rêve
déplie ses ailes
où viennent se poser les oiseaux
fatigués de la nuit
la maison s'agenouille
jour nouveau.


 

mardi 25 avril 2023

Interlude 5.3 Une parole maigre comme l'échine d'un mulet L'herbe est haute

Une parole maigre comme l'échine d'un mulet

qui se fraye un chemin parmi tous les silences

Les supposés qui hurlent leur mystère endeuillé

Par delà les énigmes de la vérité

Faire du foin sur le terrain du vague

un plein chariot bien jaune à la Jérôme Bosch

On ne commande rien, on suggère le peu

Une injonction sous x

Ne se prononce pas

Les mots au semblant doux du velours synthétique

Les mots au semblant dur du tranchant des épées

Des bulles qui s'inscrivent au-dessus de leur tête

Comme si en les touchant ils allaient fondre l'âme


à partir de la phrase "as the back of great horses ripple with muscles as they move"

 Codicielle : 100 mots/ alexandrins / des mots de la traduction de l'interlude des Vagues/ se terminant par Comme si

Ma traduction (à venir)
Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales 
et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où
l';eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont
suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les
pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des
mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur
chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et
sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de
leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.
A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes
sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies
ondulantes chatoyantes ...
Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain
dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,
les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant
ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes
de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient
contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les
prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin
d';herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert
continu.
Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque
sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait
(dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.
Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une
seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils
charriaient des brindilles de paille et des ramilles
(branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes
branches.
Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où
les cônes des cytises et de pourpre secouaient
(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d'autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place. A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d'une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu. Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait(dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles(branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l'or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.

A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d'argent, de mauve, les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d'un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient (bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi le jardin n'était que floraison et profusion et jusqu'aux espaces sous les plantes étaient verts et mauves et fauves à mesure que le soleil transperçait un pétale rouge et un pétale jaune plus large ou bien lorsqu'il était empêché,  arrêté barré par quelque rayure verte épaisse et velue.

lundi 24 avril 2023

MATIN-VAGUE. (VIII)

 Les collines douces-amères
à l'horizon
un théâtre de toile
les chevaux bleus du soleil
affleurant
les pentes généreuses
ourlées de reflets
tardifs
indécis cotonneux territoire
lumières ridées
ombres marionnettes
lançant leurs bras de soie
nacrés de bulles d'or
langueurs du paysage
fuite du temps
instant des couleurs échevelées
celui où sont brodés
les adjectifs
du plaisir
d'un jour renouvelé.

(codicille: à partir de interlude IV - partie 1 -Les Vagues; Virginia Woolf)


mercredi 19 avril 2023

à tour de bras

à tour de bras

les mains plongent dans l’eau de lassitude

lavandières de versets portés par le courant

un brouillon de mélancolie se lave

se retourne et essore son dernier grain

dans les entrelacs de l’eau et de la toile

la trame du tissu froissé

se traduit en langue noble

drainée entre les eaux

un poème dans de beaux draps

 

klasma faisant écho à un passage de l'interlude 5 des Vagues de Virginia Woolf dont voici ma traduction:

...et les femmes aux cheveux blancs, aux seins tombants, agenouillées dans le lit de la rivière battant des tissus froissés sur les pierres...


 

samedi 15 avril 2023

CHEMIN DE TRAVERSE.

 Racines mortes
en somnambule
dans les cathédrales de glace
sous l'algèbre des étoiles
Les saules
lambeaux de terre enracinés
embaument
odeurs mystérieuses
appartenance à une pantomime
Sombrer dans un abîme
Aveu d'imposture
un coma sans lumières sans
cordes ni remparts
les plis des heures vides bousculent
les crépuscules couleur de gencive
Débusquer
la ligne soignée affable
chercher la faille
des mains honteuses
Enduire
une tempête intérieure
posture ténébreuse
sous la pergola
de la nuit-enveloppe
Les sacrifices-précipices
Les imperfections du corps
Le silence des oiseaux
veinures-bâlafres sur l'écorce d'un chêne
mais insolent regard
illusion faussaire
turbulences
d'un printemps bleu.





vendredi 7 avril 2023

Interlude 5.1 p.126 La femme aux cheveux d'or

La femme aux cheveux d'or la roue rouillée les gouttes d'eau opale les maisons de carton roses le dépaysement multicolore la couche de mer émeraude  un petit acompte argent sur le bonheur conjugal les charbons rougeoyants de l'amour, les fournaises du coeur la barque bleue azur du destin flottant sur des eaux incolores 3 nuits champagne la poitrine bistre la fragrance mauve de son after-shave une robe blanche imméritée la débâcle anthracite une chausse-trappe moutarde une bottine acajou sans lacets les sillons noirs creusés par le vent vermeil

de l'oubli

du rabougri

des tissus kakis froissés sur les pierres brûlantes



ma traduction

Le soleil était au zénith. On ne le devinait ni ne l'entr'apercevait plus à partir d'indices et de lueurs ; c'était comme si une jeune fille allongée sur sa couche maritime verte se fatiguait le regard à distinguer les joyaux aquatiques, ronds comme des globes qui lancent des lumières teintées d'opale, tombent et clignotent dans l'air incertain comme les flancs d'un dauphin glissant ou l'éclair d'une lame qui tranche

Maintenant le soleil brillait sans équivoque, de manière indéniable. Il dardait ses rayons sur le sable dur et les rochers devinrent aussi rouges et brûlant que des fournaises. Il cherchait chaque flaque, et attrapait le petit poisson caché dans le moindre recoin, faisait apparaître la roue rouillée, l'os blanc, ou le ... sans ... accroché, noir comme du fer, dans le sable. Il donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur. Aux dunes leur scintillement innombrable, aux herbes folles leur vert brillant. ou bien il tombait sur l'étendue aride désolée du désert, montrant ici les sillons creusés par le vent, ici balayé en cairns désolés, ici parsemée d'arbres exotiques (?) rabougris d'un vert sombre. Il allumait la fine mosquée dorée, les frêles maisons de carton roses et blanches du villages au sud, et la femme à la poitrine généreuse et aux cheveux blancs, qui s'agenouillait dans le lit de la rivière en battant des vêtements froissés sur les pierres. Les paquebots qui s'élançaient lentement sur la mer étaient pris dans le regard rasant du soleil qui, à travers les auvents jaunes, frappait les passagers qui somnolaient ou arpentaient le pont, abritant leurs yeux pour chercher la terre, tandis que, jour après jour, comprimé dans ses flancs huileux et palpitants, le navire les portait monotonement sur les eaux.

à partir de la phrase " 2023 04 07   - "Le soleil donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur" 

"The sun fell in sharp wedges. Whatever the light touched became dowered with a fanatical existence"

lundi 27 mars 2023

 Soleil froid et silence—fin de nuit—départ demain—herbe folle et vieux mur—premier bruit de voiture—un merle décidé court sur un vieux toit—cherche sa nourriture—nuage couleur plomb— la neige est pour bientôt—le merle s’est perché sur un frigo rouillé dans le jardin en face.

samedi 25 mars 2023

à vif

 

à vif

le corps et la langue comme

des échardes — ce quelque chose qui transperce

et qui de l’intérieur de soi

peut déchirer l’intime de l’autre

alors desserrer l’imperceptible blessure entre les soi

comme entre les mots les césures créent le souffle

avoir besoin de rien qu’un abandon de blanc

pour protéger son amas de moi

des lancinantes ciselures cachées

 

klasma écrit en écho à ma traduction ( interlude 4 deuxième partie) des Vagues de Virginia Woolf: 

Ils chantaient comme si le contour de leur être était aiguisé et aurait pu couper, fractionner la douceur de la lumière bleu-vert, l'humidité de la terre mouillée... 

lundi 20 mars 2023

Interlude 4.2 p.93 Comme l'herbe ondulante

 Comme l'herbe ondulante de la mer

les vapeurs violettes

Comme les moiteurs recroquevillées à l'arrière-plan

les dagues de glace

Comme la campagne blanche de fleurs

les visqueuses fêlures

Comme les gobelets zébrés de lumière éphémère

un glacis rouge

Comme les chants enturbannées abrupts

à l'aplomb de la flèche

Comme le grain du bois les épluchures pitoyables

Comme l'étoile polaire sa lumière blafarde

sa position immuable

Comme les ruisseaux les torrents les étangs les lacs

le ciel tournoyant

les chevaux virevoltants

 

Comme si au bord de leur vie

Rien n'avait d'ombre


à partir de la phrase 2023 03 25 "They sprang as if the end of their being were sharpened and must cut, must split the softness of the blue green light, the dampness of the wet earth"Comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait "

Ma traduction

Ils chantaient comme si leur chant était expulsé sous la pression du matin. Il sautaient comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait et devait fendre la douceur de la lumière bleu-vert, l'humidité de la terre mouillée, les fumées et les vapeurs des volutes grasses de la cuisine, ; les effluves chaudes de mouton et de bœuf ; l'abondance des pâtisseries et des fruits ; les matières humides et les épluchures jetées depuis le seau de la cuisine, et d'où s'échappait une lente vapeur montant du tas d'ordures. Sur tout ce mouillé, ce tâché d'humidité, ce recroquevillé par le trempage, ils descendaient, avides, impitoyables, abrupts, Ils plongeaient soudain depuis les branches du lilas jusqu'à la grille, ils épiaient un escargot et frappaient la coquille contre une pierre. Ils frappaient avec fureur, méthodiquement, jusqu'à ce que la coquille se casse et que quelque chose de visqueux suinte de la fêlure.

Ils balayaient le ciel en tournoyant comme des flèches  haut dans les airs lançant des notes brèves et aiguës perchés sur les plus hautes branches d'un arbre ils regardaient à travers les feuilles les flèches des clochers et en bas la campagne blanchie par les fleurs, avec l'herbe ondulante et la mer qui battait comme le tambour d'un régiment de soldats enturbannées ou portant des casques à plumes.

Maintenant et encore leurs chants montaient ensemble sur des portées rapides comme les entrelacs d'un torrent dont les eaux se mêlent au confluent,  écument et se mélangent, puis se hâtent de plus en plus vite vers le chenal traçant une sortie unique et large emportant les mêmes larges feuilles. Mais il y a un rocher. Elles se séparent.

Le soleil tombait en pans aigus dans la pièce.

Quoi que ce fut qu'elle touchât, la lumière devenait plus crue avec une existence fanatique exacerbée

Une assiette devenait un lac blanc, un couteau une dague de glace. (un stalactite). Soudain des verres se révélaient soutenus par des zébrures de lumières (des raies de lumières)

Les tables et les chaises émergeaient comme si ayant préalablement coulé elles surgissaient à nouveau, elles refaisaient surface, recouvertes d'une mince pellicule rouge, orange, violette comme le duvet sur la peau d'un fruit mûr. Les veines sur la glaçure (le vernis, le brillant) de la porcelaine, le grain du bois, les fibres du cannage se précisèrent plus finement. Rien n'avait d'ombre. Un pot était tellement vert que l'oeil semblait aspiré par le tunnel de son intensité et restait collé dessus comme un mollusque, une bernique

Puis les formes prirent du volume et des contours. Là on distinguait la courbe d'une chaise ; là la silhouette d'une armoire. Et à mesure que la lumière augmentait des tâches d'ombre y pénétrèrent, s'accumulèrent et se répandirent en de multiples plis et replis sur l'arrière plan.

Scintillement avant le jour—ni silence ni mystère—les seuls chants d’oiseaux—mouvements invisibles du vent—lorsque l’herbe ondule—tremblent les arbres—mouvements imperceptibles—mouvements faits de rien—les vents agitent les arbres—les vents croisent et emportent des oiseaux—l’aube comme une vallée sombre entre le jour la nuit.