Je vous écris de mon petit bout de territoire perdu dans les brumes ocre-rose, entre ondées et arcs-en-ciel. Les gouttes d'eau s'agrègent en pampres transparentes sur les rebords des branches. Pleurent leurs sonatines qui s'égrainent lentement. Pleure leur mélancolie qui s'évapore à la recherche des âmes mortes. Flotte dans l'air le doux murmure d'un au-delà, d'un ailleurs qui exulte.
Les verts des feuillages hier encore incertains expriment maintenant leur identité appuyée de teintes tendres mais expressives.
La Dorette frémit et glisse ses eaux transparentes vers d'autres horizons. Elle laisse se pencher dans ses reflets moirés les étincelles vives des libellules ivres des souffles du printemps. De plongeons en sauts périlleux , elles s'arrogent le droit de conquérir l'espace ténu au-dessus des ondulations enthousiastes de la rivière. D'un vol silencieux et fébrile, elles auscultent les berges-fouillis, impénétrable lieu avant que de se poser sur la courbure d'une herbe pâle.
Assise sur une pierre grossière, taillée dans le granite perdue je suis, entre la joie de l'éternelle renaissance, de ses parfums-mosaïque, de ses couleurs-cicatrices et la tristesse infinie que leur beauté engendre. Capturer ce moment où soudain tout se tait, où pourtant tout est murmures, palpitations, ondoiements, cris étouffés avant que tout explose, tous ces riens en rafales, chants-mélopées que les oiseaux se confient d'arbres en arbres, comptines acidulées reprises par les peuples des herbes.
Sur l'asphalte de ma mémoire vacillante, germe le souvenir d'une caresse légère. Est-ce le vent d'avant ou ta main qui frôle ma joue? De doutes et d'incertitudes mêlés, le passé affleure et avec lui ses nuages de sanglots étouffés.
Non, d'un bond se lever et courir pour attraper le rayon du soleil qui joue avec mon ombre et le reflet des marguerites. Courir pour étreindre le tintement furtif que j'entends dans le creux du vallon. Courir pour rejoindre les rebords de ma carte noyée dans la douceur de notre territoire que j'écris depuis longtemps au singulier.
mercredi 6 mai 2020
jeudi 30 avril 2020
Atelier d'écriture poétique en temps de confinement
Ce
matin, en allant dans mon jardin, j'ai découvert quelques mots
poussés pendant la nuit. Dans mon panier, j'ai ramassé « Ondée,
arc en ciel, confinement, apaisement, au-delà, maintenant »
Quelle étrange récolte était-ce là et surtout quelle infusion
allais-je pouvoir en faire ? Car si je comprenais bien, il s'agissait
de laisser infuser, de laisser faire une fusion de ces mots qui
donnerait peut-être une phrase. Je pris alors les mots de mon panier
et délicatement les disposait au fond de ma tasse. Un petit peu
d'eau, pas trop chaude pour ne pas les brûler, un certain temps et
la fusion se fit. Alchimique et magique, croyez moi ou pas, quand je
bus cette tasse, je goûtais la phrase suivante : « Maintenant
c'est à vous de jouer, pour que chacune et chacun à l'aide de ces
mots me propose sa tisane sous forme d'une phrase, voire d'un poème
en ajoutant ou pas votre propre cueillette »
Tout
à la joie de cette nouvelle infusion, je regardais le soleil se
lever sur cette nouvelle journée.
| Les mots étaient tombés du coeur de la tulipe rouge |
| ... et couraient se cacher dans les iris moins ouverts. |
dimanche 19 avril 2020
Oyez ! Oyez bonnes gens ...
... et bénissez la pluie qui désaltère la terre, plaît aux fruits et aux fleurs et met les paresseux au travail.
Sa bienfaisance m'a prise par la main, je ne sais si le résultat vous plaira ni quand il siéra que le public de notre chère Médiathèque puisse à nouveau accueillir du public, si nous serons encore vivants alors, mais comme je suis une optimiste convaincue, je fais comme si ...
Je tiens tout de même à préciser que la réalité est plus lisible que ces pauvres photos.
Et vous, où en sont vos "Univers"
lundi 13 avril 2020
Rouge-gorge dodu, ballu, fafflu
Rouge-gorge
oiseau-tison
tu as mis le feu
aux poudres de mon esprit
***
paupetit
afringalé, effriboulé, regriché,
et puis quand souffle le grand vent
ses plumes toutes rebrouffées
paupetit
***
dodu, ballu, fafflu
m’as-tu vu ?
je fais jabot
***
pétillant pétulant
(je vous le dis) il se regourne
ce petit Artaban
droit sur ses pattes d’allumettes
bouffi de sa personne
et qui pour un rien parmi l’humus et l’humide
s’infatue
***
Tout frimassé, tout grelottant,
Il s’approche du feu de bois d’un boquillon,
Et là il fait la cendrillon
Ses ailes à fleur de flamme
Henri Pichette (1924-2000) Les ditelis du rouge-gorge (2005)
J'ai reçu ce poème cette semaine, écrit par un auteur que je ne connaissais pas du tout, j'ai eu trop envie de le partager avec vous. J'aime cette langue, je le vois ce rouge-gorge, sautiller, se regourner.
vendredi 10 avril 2020
Joyeuses Pâques
Bien sûr, il y a cette tristesse ambiante, toute cette souffrance, la mort qui rôde et tant d'autres maux ET il y a aussi la beauté, la joie, la vie, la germination et la floraison et les assiettes pleines de bonnes-belles nourritures
Je vous embrasse de tout coeur
samedi 28 mars 2020
Ravin du jugement
Mais quels gémissements écrasés
entre les rives du ravin des jugements ? Quelle grisaille à
dénicher dans ces reliefs ? Quel mirage à enlacer ou quel mythe à
revivifier?
Je regarde la carte comme on
regarderait le ciel, mais un ciel sans tumulte, semé de fins nuages
blancs, de traînées vaporeuses, à la recherche de signes qui
reprendraient vigueur dans la loupe d’une larme. C’est juste une
sensation de vide qui affleure, une obscurité peuplée d’invisibles
images, un mélange de frissons et de murmures. Peut-être une sorte
de vertige s’insinue entre les épaules à vouloir déchiffrer le
grimoire d’un temps que l’on n’a pas connu, soulever la vie
souterraine de voix et de pensées.
Ce territoire lointain, secret,
enfoui, que personne devant moi n’a jamais nommé, ce lieu porteur
d’ irréalité, qui lui a donné ce nom? Nulle mention n’en est
faite ailleurs que sur cette carte. Tout est à inventer, à créer;
développer une mythologie pour accroitre ses rives et leurs
puissances, projeter des entassements de riens et dessiner un
labyrinthe de questions où faire résonner les corps creux qui
essaient de se débrouiller avec les mots. Il faudrait aller filmer
les incertitudes de ce lieu qu’on dirait sanctuaire ou lieu
d’attente, mettre en forme une légende nouvelle, faire déambuler
un cerf ou quelque animal d’envergure. Peut-être même aller
jusqu’à éradiquer les ronces qui recouvrent les sols, courent
sous terre, se ramifient en autant de lianes et de réserves de
secrets… Retrouver les pensées primitives qui ont pris forme là
sur ce ravin d’incertitudes, risquer une parole, être plus fort
que ce creux que nul n’arpente, se tenir dans cet écart et laisser
tomber une constellation de mots, ces petits cailloux de la mémoire
et des silences.
Ravin du jugement? Y-a-t-il un
lien avec la légende du pont du diable légèrement en amont ? Le
Diable grugé après son accord passé avec le seigneur de Chalencon,
ayant construit ce pont de pierres en hauteur à deux arches et qui
ne craint donc plus les avatars des crues à répétition de l’Ance,
et ayant emporté l’âme d’un chien dans les Enfers au lieu de
celle d’un manant, se vengerait en faisant subir dans le fin fond
de cette vallée un jugement sans douceur à quiconque se risquerait
sur ces rives…
Forcer la carte ou la vision
satellite à délivrer ses secrets. Comprendre que ce ravin est situé
sur l’autre rive de l’Ance, côté Saint-André de Chalencon, et
donc éloigné des terres connues, et pourtant pas si loin de Durand,
la maison mère. Accessible à pied mais il faut traverser la
rivière et soudain le souvenir des têtes flottant sur l’eau, les sculptures de mon amie, ...il
y avait un gué : par lui le ravin du jugement aurait sans doute pu
être rejoint. J’ai donc vu ses rives sans le savoir, effleuré son
nom sans me poser de questions, être jugée sans avoir mon mot à
dire...Quelque chose s’agrippe aux tempes, on se sent petit enfant
qui a dû faire quelque bêtise, sans plus trop savoir ce que cela
peut bien être, mais l’adulte le regarde de ses yeux noirs et la
sentence tombe. Ce sera la dernière promenade, sous la nappe de
cendres.
jeudi 26 mars 2020
La traversée
Ce soir, j'avais une place pour un spectacle sur Sylvia Plath... que je ne verrai pas...
Alors je partage le poème par lequel je suis entrée dans l'univers de cette auteure, et que je n'ai cessé de lire depuis vingt ans:
Wuthering Heights
Les horizons m'encerclent comme des fagots
Qui penchent, disparates, et pour toujours instables.
Il suffirait d'une allumette pour qu'ils me réchauffent
Et que leurs lignes fines
Rougissent l'air
Lestant le ciel pâle d'une couleur plus sûre,
Avant que les lointains qu'elles fixent ne s'évaporent.
Mais ils ne font que se dissoudre et se dissoudre
Comme une succession de promesses, à mesure que j'avance.
Ou du cœur des moutons, et le vent
Vient se déverser comme la destinée, courbant
Chaque chose dans une seule direction.
Je sens bien qu'il s'efforce
D'aspirer ma chaleur pour l'emporter.
Si j'accorde aux racines de la bruyère
Une trop grande attention, elles finiront par m'inviter
À blanchir mes os parmi elles.
Les moutons eux savent où ils sont,
Ils paissent dans leurs nuages de laine sale,
Aussi gris que le temps.
Les fentes noires de leurs pupilles m’absorbent.
C’est comme d’être expédiée dans l’espace par la poste,
Message stupide, insignifiant.
Ils restent là dans leur costume de grand-mère,
Boucles postiches et dents jaunes
Et bêlements de marbre, durs.
Je rencontre des ornières, et de l’eau
Limpide comme les solitudes
Qui fuient entre mes doigts.
Des seuils creux tour à tour apparaissent dans l’herbe ;
Linteaux et perrons se sont désassemblés.
Des gens, l’air ne se souvient que
De quelques étranges syllabes.
Il les répète en gémissant :
Pierre noire, pierre noire.
Le ciel s’appuie sur moi, moi, la seule à être debout
Parmi toutes les horizontales.
Les herbes affolées battent et se cognent.
Elles sont trop délicates
Pour vivre en telle compagnie ;
L’obscurité les terrifie.
Maintenant, dans des vallées aussi étroites
Et sombres que des poches, les lumières des maisons
Luisent comme de la petite monnaie.
Sylvia Plath " La traversée" ( traduction de Valérie Rouzeau)
mardi 24 mars 2020
Confinement
7°
jour de confinement, qu'elles sont bizarres ces journées, vides,
silencieuses, comme si nous vivions en sursis puisque nous ne savons
pas si nous serons encore vivants quand tout cela prendra fin. Trop
de questions se pressent au portillon. Manquons-nous de réponses, ou
bien est-ce notre soif de réponses le véritable problème ?
Miracle
des premiers jours, le soleil, le silence, aucun bruit dans la rue,
finie la rumeur de la ville au loin, le ciel tout bleu au petit
déjeuner, même les stries qui rayaient notre ciel ont disparu, plus
d'avion, seulement les fleurs partout dans le jardin, les chants des
oiseaux, la campagne à la ville.
Peu
à peu, les petites voix et cris des enfants commencent à manquer,
on se met même à remarquer (regretter ?) les ados descendant
bruyamment la rue, l'environnement semble bizarre, la chatte ne se
comporte plus tout à fait pareil, aux aguets, étonnée ...
Alors
comment est-ce que je vis ces jours sans but, sans objectif, sans
tâches, sans devoirs, mes jours hors du temps et des exigences que
je crois m'être imposés par la société, les autres, ? Les cinés,
les théâtres, les réunions ... ? Alors que c'est bien moi qui me
les impose, pour le meubler ce temps justement dont j'ai peur qu'il
se vide de tout et me retrouver face à … à quoi d'ailleurs ? À
moi-même ? Au non-sens de l'existence ? Ne serait-ce pas plutôt à
ma propre incapacité à vivre sans sens, sans direction, sans but, à
juste vivre et me laisser porter, juste ETRE sans « m'occuper »
ou occuper mon temps et remplir ma vie et ses heures.
En
fait, c'est bien ce qui se passe. Je me dis : « là, ce seront
bientôt les nouvelles de 18h alors t'as le temps d'aller écrire ton
journal », je regarde plus souvent le réveil ... sans
internet, ni téléphone depuis 4 jours, tout cela est encore plus
flagrant que les jours précédents.
Apprendre à juste ETRE, comme une fleur, comme un oiseau, comme ma
chatte, ne rien attendre ni espérer, juste être là à chaque
instant. Pas si simple !
Le
confinement me contraint à faire l'expérience de la « nudité »,
du « vide » et je résiste à me désencombrer, à
laisser se rompre les digues, à vivre un autre rapport au temps, au
monde, plus libre, à laisser le remplissage, si naturel au
quotidien, se disloquer. Un tel événement me montre soudainement
que je suis incarcérée dans le jeu de mes habitudes et de mes
pensées, mais si je parviens à l'entendre, cette soudaineté
m'invite à me dépouiller de mon ancienne peau, à me simplifier.
Elle me contraint à voir et débusquer mes faux-semblants et les
multiples compromis que je fais avec moi-mêmes. Alors
il faut oser la vie nue, plus de fuites possibles.
lundi 23 mars 2020
Arpenter le paysage
p 274/ Un rocher qui affleure me fascine. C'est comme une baleine qui fait surface. Dans chaque boule de granit est enfermé un secret, un murmure. Par ailleurs les arbres qui puisent leur force du substrat profond me parlent et me fascinent aussi. Ils concentrent beaucoup de la force du paysage.
p/ 100 ( Le texte parle juste avant de Jean-Loup Trassard)
Trassard a l'œil sur tout ce qui l'environne. C'est sa vie. Un œil averti, parfois presque amoureux. Ce sont ses hauts lieux à lui. Chacun, nous avons les nôtres. Tantôt issus de notre propre enfance, cantonnés, encapsulés, logés à jamais dans son souvenir, et alors fonctionnant comme autant de buttes-témoins qui résistent à l'érosion du temps qui passe; tantôt créés à l'âge adulte et liés à de petits rituels individuels ou familiaux, telle promenade favorite et pas une autre, ou telle randonnée vers un point de vue dominant, telle visite coutumière, telle destination estivale réitérée; nous nous fabriquons tous, chacun, nos propres lieux. Comme malgré nous — nos pas nous y portent — , nous y retournons, les retrouvons parfois presque comme nous faisons une visite à une personne aimée.
Martin de la Soudière "Arpenter le paysage" ( anamosa 2019)
mercredi 11 mars 2020
Bouts d’aplats
Mosaïque de verts, de bruns,
Légende de la carte, telle un sésame
Ouvrant de vastes possibles
Et des reliefs fascinants,
Camaïeu dans le courant,
Dégradés de bleus,
Et, presque tel un intrus,
Le violacé des cuisses marbrées
Sous la froidure de la rivière
Comme un écho, les lettres sur la façade
De la vieille auberge,
Pleurant en profondeur sous les fenêtres
Nul buvard pour éponger leurs larmes
La pancarte des vieux dimanches
Se balance au loquet rouillé
Dans la neige fraîchement tombée
Elle laisse sur l’immaculé des filets rosés.
Subjuguée par deux yeux jaunes,
Rayés par les traits de la giboulée de grésil.
Efforts vains de la carte
Pour convertir les taches vertes
Et les chemins bleus des rivières
jeudi 27 février 2020
Bouts d'aplats (version 2)
Un
long ruban bleu dessine une large courbe à droite :
le
Rhône, mon fleuve.
Sinon,
du vert, beaucoup de vert, comme les bois
et
des aplats de blanc, beaucoup de blanc :
buttes,
prairies où paissent des troupeaux de vaches,
zones
déboisées où s'étalent des villages.
Des
trouées comme entrer dans la lumière.
Les
ailes de la voiture de l'enfance s'ouvrent,
c'est
l'envol dans le blanc,
l'espace
retient son souffle.
Décollage.
La
ligne rouge de la route n'est même plus nécessaire.
Juste
du vert pomme et du blanc, tendre, calme, apaisé, équilibré.
Le
silence ici est vert.
Plus
loin, des bois noirs, serrés,
d'autant
plus noirs qu'ils sont peuplés de charbonniers
sacs
de jute sur la tête, visages machurés
par
le charbon de bois.
Attendre
une main nue, très blanche
qui
chasserait tous ces visages.
Est-ce
la noirceur du ciel, l'obscurité
qui
allonge infiniment les arbres et les rend menaçants ?
ce
ciel qui brasille quand les frondaisons se font plus clairsemées ?
Les
ombres s'allongent, s'épaississent.
L'air
devient transparent avant que le ciel ne s'assombrisse
et
que la terre devienne plus claire que le ciel.
Je
vole sur des couleurs rêvées, sur de simples paroles.
Puis,
surgit le rouge rond des soleils tombés.
Une
chaleur inouïe devant laquelle les bleus s'écartent,
les
vocables se ruinent.
mardi 25 février 2020
Figurer le monde
À l’heure où les cartes deviennent plus que jamais objets de
consommation quasi quotidiens, à celle où le pouvoir accru de la
cartographie paraît sans limite et où, par la puissance et la vitesse
combinées des algorithmes, les artifices et les conventions qui l’ont
rendue possible s’estompent de plus en plus et sont toujours plus
difficiles à discerner, l’ambivalence de la cartographie doit être plus
que jamais soulignée. Nous savions que la carte était une
représentation, donc « un langage »
avec sa grammaire propre et, qu’à ce titre, elle pouvait dire ce
qu’elle voulait et même mentir à dessein. Nous comprenons d’autant mieux
aujourd’hui qu’il s’agit d’abord d’un pharmakon :
à la fois remède et poison, la carte peut en effet figurer comme
défigurer le monde, nous mettre en relation comme faire écran. Or il ne
tient qu’à nous de se saisir de la carte, de refuser l’artifice et de
retrouver l’outil.
Alexandre Chollier et Federico Ferretti
Dans "Ecrits cartographiques": Elisée Reclus
lundi 24 février 2020
des couleurs
Verts clairs, verts plus foncés des cartes igéennes
Vert épicéen, vert du sapin de Douglas, du sapin pectiné
Vert des pâtures au début du printemps
Vert des prairies tachée de fleurs sauvages
Là où les eaux abondes,
Des populages au jaune plus chaleureux que le jaune frais des jonquilles,
Jaune métallique précieux des boutons d’or âcre.
Blanc vif et discret du faux fraisier, vraie potentille fausse stérile
Différents roses vifs, pâles, soutenues
Bruns roux des landes sur le haut du Chaussitre,
Bruns plus ternes des prés après la neige
Sols spongieux marqués de joncs vert sombre
Là où les eaux s’emmêlent pour former des rivières
Haut plateau mouillé d’eaux vives, courantes, qui serpentent dans le paillasson vert des prairies,
Eaux des neiges infiltrées doucement tout l’hiver jusqu’au début du printemps, eaux fraîches au mains du marcheur l’été, eaux froides, eaux vivantes qui courent…
Des perceptions infimes,
Quand le ciel s’ouvre enfin au levé du soleil
Des lichens colorés sur la roche affleurante
Du vert tilleul, du jaune sur le gris du granit
Vert profond des forêts de conifères marquées
Des taches claires de feuillus
Hêtre, fayard, fagus : érable plane, frêne
Sorbier, sorbus, alisier près des maisons avec
Parfois la silhouette incongrue d’un séquoia séculaire
Le noir a des valeurs diverses aux ciels d’orages : la nuit
Paysage projection d’un inconscient
Silhouettant les arbres
La douleur butte sur le mur invisible de l’ignorance aveugle
Impossible de voir
Par dessus, par dessous, à travers
Limbes
Se retrouver soi-même face à un paysage
De roc de terre et d’eau
De végétaux
D’animaux parfois
Composantes essentielles, du corps, de l’être avec la foudre
Un éclair orangé a fendu l’arbre en deux
Alors ainsi soit-il, enfances éclatées
Le paysage n’est pas nostalgie d’un temps autre
Le paysage-instant, je le vois le regarde
Ciel blanc, bleu, gris
Vert, roux, blanc, les prés aux saisons
Plus sombres les forêts
Et l’éclat métallique de la lumière dans l’eau
Au loin luisent les toits des villages
Tuiles rouges, ardoises grises des clochers
Traces de vies,
Fumées
Voitures qui, en silence, traversent le paysage
Sensation d’être au bord de quelque entrouverture
Sensation diffuse, un rien
Qui résonne longtemps
Sous la réalité topographique des couleurs
Pressentiment d’autre chose
Mécanisme biologique de réalité cachée
Mystère qui disparaît aussitôt qu’aperçu
Aperçu, même pas, senti, pressenti
Aussitôt disparu avant que d’être vu.
Pourtant
le lieu est nu, rien n’est caché
Néanmoins
Une corde intime vibre
Perceptiblement
L’esprit, ouvert, s’apaise
Instants étranges où l’attention flottante perçoit et seulement dans ces instants-là, cette inquiétude transsudante et cet apaisement coloré, vert tendre, vert cru, vert foncé, rose, rouge, bleu, blanc et toutes les nuances de gris et de noirs.
Vert épicéen, vert du sapin de Douglas, du sapin pectiné
Vert des pâtures au début du printemps
Vert des prairies tachée de fleurs sauvages
Là où les eaux abondes,
Des populages au jaune plus chaleureux que le jaune frais des jonquilles,
Jaune métallique précieux des boutons d’or âcre.
Blanc vif et discret du faux fraisier, vraie potentille fausse stérile
Différents roses vifs, pâles, soutenues
Bruns roux des landes sur le haut du Chaussitre,
Bruns plus ternes des prés après la neige
Sols spongieux marqués de joncs vert sombre
Là où les eaux s’emmêlent pour former des rivières
Haut plateau mouillé d’eaux vives, courantes, qui serpentent dans le paillasson vert des prairies,
Eaux des neiges infiltrées doucement tout l’hiver jusqu’au début du printemps, eaux fraîches au mains du marcheur l’été, eaux froides, eaux vivantes qui courent…
Des perceptions infimes,
Quand le ciel s’ouvre enfin au levé du soleil
Des lichens colorés sur la roche affleurante
Du vert tilleul, du jaune sur le gris du granit
Vert profond des forêts de conifères marquées
Des taches claires de feuillus
Hêtre, fayard, fagus : érable plane, frêne
Sorbier, sorbus, alisier près des maisons avec
Parfois la silhouette incongrue d’un séquoia séculaire
Le noir a des valeurs diverses aux ciels d’orages : la nuit
Paysage projection d’un inconscient
Silhouettant les arbres
La douleur butte sur le mur invisible de l’ignorance aveugle
Impossible de voir
Par dessus, par dessous, à travers
Limbes
Se retrouver soi-même face à un paysage
De roc de terre et d’eau
De végétaux
D’animaux parfois
Composantes essentielles, du corps, de l’être avec la foudre
Un éclair orangé a fendu l’arbre en deux
Alors ainsi soit-il, enfances éclatées
Le paysage n’est pas nostalgie d’un temps autre
Le paysage-instant, je le vois le regarde
Ciel blanc, bleu, gris
Vert, roux, blanc, les prés aux saisons
Plus sombres les forêts
Et l’éclat métallique de la lumière dans l’eau
Au loin luisent les toits des villages
Tuiles rouges, ardoises grises des clochers
Traces de vies,
Fumées
Voitures qui, en silence, traversent le paysage
Sensation d’être au bord de quelque entrouverture
Sensation diffuse, un rien
Qui résonne longtemps
Sous la réalité topographique des couleurs
Pressentiment d’autre chose
Mécanisme biologique de réalité cachée
Mystère qui disparaît aussitôt qu’aperçu
Aperçu, même pas, senti, pressenti
Aussitôt disparu avant que d’être vu.
Pourtant
le lieu est nu, rien n’est caché
Néanmoins
Une corde intime vibre
Perceptiblement
L’esprit, ouvert, s’apaise
Instants étranges où l’attention flottante perçoit et seulement dans ces instants-là, cette inquiétude transsudante et cet apaisement coloré, vert tendre, vert cru, vert foncé, rose, rouge, bleu, blanc et toutes les nuances de gris et de noirs.
vendredi 21 février 2020
LES A-PLATS DE COULEUR.
Il y aurait du matin jusqu'au soir les couleurs de la carte, les liés et les déliés, les plats et les contre plats sous couvert de champs et de contre champs.
Il y aurait le rose des sapins illustrant la majesté des aubes folles et les couchers de soleil fulgurants.
Il y aurait le vert qui envahit le temps et dévore l'espace, mariant le jaune à l'absinthe, le lichen à la mousse, obligeant ses teintes au singulier vert-Véronèse.
Il y aurait les prés batifolant du vert au bleu, du bleu au vert au gré des herbes et des vents, au gré des heures et des saisons.
Il y aurait des incises de bronze et de bruns dans l'écume des verts, points virgules sur les troncs d'arbres marquetés des soliloques d'oiseaux; incises sur les pierres sombres tourmentées des taches de vieillesse.
Il y aurait les arrondis des courbes de niveaux, tous leurs faux-plats ombrés rythmant mon âme triste quand le soir tombe et que s'éteint le nuancier de mon territoire de papier.
Il y aurait le rose des sapins illustrant la majesté des aubes folles et les couchers de soleil fulgurants.
Il y aurait le vert qui envahit le temps et dévore l'espace, mariant le jaune à l'absinthe, le lichen à la mousse, obligeant ses teintes au singulier vert-Véronèse.
Il y aurait les prés batifolant du vert au bleu, du bleu au vert au gré des herbes et des vents, au gré des heures et des saisons.
Il y aurait des incises de bronze et de bruns dans l'écume des verts, points virgules sur les troncs d'arbres marquetés des soliloques d'oiseaux; incises sur les pierres sombres tourmentées des taches de vieillesse.
Il y aurait les arrondis des courbes de niveaux, tous leurs faux-plats ombrés rythmant mon âme triste quand le soir tombe et que s'éteint le nuancier de mon territoire de papier.
mercredi 19 février 2020
Carte de Cassini/ T
C’est une image où chacun décrypte
ses propres fantômes, ses obsessions ou ses peurs ancestrales, avec
des gueules béantes prêtes à engloutir le monde qui semble être
montré; des monstres de l’enfance s’étalent, dilatent leurs
membres, délivrent des recoins qu’il faut bien contempler,
déploient un réel auquel on va s’habituer.
On se dit que cette image pourrait
être un tableau de Dubuffet où des silhouettes s’installent, se
croisent, s’ignorent ou se regardent, occupent un espace, le
chorégraphiant avec souplesse, y inscrivant même des mots, tracés
de belles lettres, difficiles à déchiffrer, quelques taches plus
sombres, et l’on pense même paramécies.
Il faut aller plus loin, laisser ses
yeux de sable, creuser et récolter les noms qui disent ce qui
était, et est peut-être encore, un pays, un village, un hameau, un
lieu-dit qui fait toujours trembler lorsqu’il est prononcé à
haute voix, qui réveille des ombres et chahute les jours.
Chercher ce qui importe, les blessures
invisibles et les voies sans issues, l’innocence d’un matin, le
seuil d’une maison, les formes d’une aurore, les réponses d’un
ciel, les questions sans réponses, les pensées d’ombre et de
lumière, et les noms vêtus de deuil, rides et signes, puits à
creuser encore.
vendredi 14 février 2020
Palette
D’abord dans
le grand atlas au vert de velours, il y avait:
des
archipels de taches colorées
des
reliefs d’un monde balayé de rayons ocre vert ou bleu
des
langues de soleil
, des
haillons d’Arlequin
des
lisières d’écume, des coulées de verdure
des
strates d’un
blanc cassé, surfilées
de lacets
jaunes,
rouges
ou bleutés
des
dentelles de mer
des crachins
d’îlots
bruns
Après,
ce fut le temps
des
étendues sans ombres, de landes, de pierres, de bruyères et de
lointains bleutés
des poignées de mousse rase
des
moissons de lichens safranés
du
cresson qui tapisse les eaux
des
feuillages qui n’en finissent pas de croître: émeraude,
olive, jade
des
hélices de lumière et d’ombres
des
bleuets dans
les blés et
des étoiles
d’asters
des
lucioles des micas dans les souvenirs flous
des
essaims
de soleil par-dessus les sols noirs
des
grammaires de bleu où les nuées s’écrivent
Plus
tard, ce fut:
des
ornières de traces bleuâtres, noires ou sang
des
îlotsgris à la lisière de l’au-delà
des
semis argentés des lichens Parmélia
l’uniforme
étendue grise des Aspicilia
des
cartes de Rhizocarpon
geographicum
des
ombres blanches vastes et vides
des
étoffes de riens avec un presque bleu
des
parcelles de pluies et de verroteries
des
encroûtements d’ocre aux alvéoles d’ombres
quelques
flaques de vies aux reflets de gris bleu
des
doutes de l’encre jusqu’aux débris des cendres
des
frôlements blonds sous la houle du vent
enfin
par-dessus tout l’entaille du bleu des aubes
jeudi 6 février 2020
Bouts d'aplats ou Bouddhas plats
Un
long ruban bleu dessine une large courbe à droite : le Rhône, mon
fleuve.
Sinon,
du vert, beaucoup de vert, comme les bois que nous avons traversé
chaque dimanche pendant des années et des aplats de blanc, beaucoup
de blanc : buttes, prairies où paissent des troupeaux de vaches,
zones déboisées où s'étalent des villages.
Lorsque
nous abordions ces trouées blanches avec la vieille Dina Panhard,
c'était comme entrer dans la lumière ; mon père prétendait qu'il
allait ouvrir les ailes de la voiture et la carte me fait exactement
cet effet : je prends mon envol dans le blanc, respire à fond,
retiens mon souffle et je décolle. La ligne rouge de la route n'est
même plus nécessaire.
Je
découvre à explorer cette carte IGN à 1/25 000 de façon plus
attentive que je suis incluse dans ces étendues vertes et blanches.
J'y ai laissé quelque chose de moi ou peut-être l'inverse, quelque
chose de ce paysage s'est inscrit en moi. Juste du vert pomme et du
blanc, tendre, calme, apaisé, équilibré. Tel m'apparaît ce que
j'ai sous les yeux. Le silence ici est vert. Une part de moi-même
est engluée dans ces paysages doux, je suis de ces collines et de
ces bois clairs.
La
partie la plus sombre se trouve dans la seconde partie du voyage, des
bois noirs, serrés, d'autant plus noirs qu'ils étaient peuplés de
charbonniers sacs de jute sur la tête, visages machurés par le
charbon de bois. J'attends encore une main nue, très blanche qui
chasserait tous ces visages de ma mémoire.
Est-ce
la noirceur du ciel, l'obscurité qui allonge infiniment les arbres
et les rend menaçants, ce ciel qui brasille quand les frondaisons se
font plus clairsemées ?
J'observe
intensément les ombres s'allonger, s'épaissir, la transparence de
l'air avant que le ciel ne s'assombrisse et que la terre devienne
plus claire que le ciel. Je vole sur des couleurs rêvées, sur de
simples paroles.
Parfois,
au retour, j'entr'aperçois le rouge rond des soleils tombés. Une
chaleur inouïe devant laquelle les bleus s'écartent et les vocables
se ruinent.
aplats de couleurs de couture
Une stimulation blonde grouillante de miel noir
Le premier pli fait comme une douche en Y faisant couler du vert et du plus ou moins marron avec les veines bleues du fleuve chéri
Un espace presque blanc, comme glacé au sucre, si blanc par rapport aux autres reliefs, si l'on en croit les dégradés, qu'on pourrait le penser au-dessous du niveau de la mer. La veine bleue continue son chemin,
Compter les nuances de verts
Les roussis des lichens
Les pierres de ma carte font le paysage en noir et blanc, avec ici ou là, une tâche de sang. Le granite noir qui se laisse voir sur les murs rechaulées des maisons décrépies
La migraine ardoise, la migraine tourbe, la migraine loess, au sein du blanc qui dure
Le blanc des voix et les bouchons des mots,
Leurs yeux ne percutent que du noir, que du noir,
Les marbres anthracite sur lesquels sont écrits en or le nom des habitants du dessous, le gravier blanc sur les tombes, et quelques fleurs en céramique si magnifiquement rouges.
Le doré de ton nom commence à passer.
Je me souviens de Maroussia dont les larmes coulant de ses yeux bleus, faisaient éclore des myosotis. Les yeux marron, ça doit pleurer des giroflées, ça t'ira ?
Cette pancarte comme une flèche entre les 2 pans de rideau rouge qui ne laisse rien deviner de la pièce et du décor qu'ils cachent
Elle a les yeux bleus et ne se demande pas pourquoi
Elle regarde la photo sépia
Voix blanche cendrée voix rougeoyante qui dessine au-dedans la carte de la vérité
La page des races : la rouge, la jaune, la noire, la blanche.
Mes cellules savent
que certaines périodes de l'Histoire sont en noir et blanc,
Des pièces aux couleurs vives rouge jaune vert bleu, le dessous, blanc jauni
Où je filtre la poudre d'or dans le sable,
Ces petites fleurs en grappes roses dans les prés
Les lauzes du Lac Bleu
Je rêve à la Mer Rouge
lundi 13 janvier 2020
atelier 2018-2019, Cartographie 21/méditation
Le chemin s’ouvre au-delà de la terre froide, refusant ces
parcelles d’un seul tenant. Cette non localité diffracte à l’infini des bruits
à rebours, discordants, désarticulés.
Le chemin devient sentier, puis sente qui effleure la
masure, gravité ruinée, impuissante. Sur le crépi morcelé de l’ancien café
perdu au milieu de nulle part, les lettres violettes pleurent en profondeur
sous les fenêtres. Se balance au loquet rouillé un carton incongru mentionnant
« fermé jusqu’à nouvel ordre ». Ordre de qui ? De quelles
divisions fractionnaires ? Une perte habitée à grands frais. Renvoi à
l’absence désordonnée, sidérante, la burle sibère sur la berge. Les congères
appellent au loin les barres de mers et se lovent dans leur confinement
poétique. Congères au grain tassé, si compact localement. Mais les franchissent
inlassablement des pistes menées de biais, révélant des écroulements a minima.
Le chemin préfère l’écartèlement outre les surfaces et
au-delà des carcasses, les débris de mots, au creux dans la poitrine.
dimanche 12 janvier 2020
Atlas de l'anthropocène
Pour bien commencer l'année, ne quittons pas le thème de la cartographie avec cet "Atlas de l'anthropocène" où dans sa postface, Bruno Latour écrit :
« Atlas, dans la
mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses
épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie
en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces
s’est complètement inversé : un "Atlas" est un
ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que
l’on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce
n’est plus la Terre que l’on a sur le dos et qui nous écrase,
mais la Terre que l’on domine, que l’on possède et que l’on
maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la
situation s’inverse à nouveau : paraît un "Atlas"
qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait
vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le
seul résultat de cette idée folle, c’est de risquer de se trouver
écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. »
Bruno Latour
Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.
Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.
Atlas de l'Anthropocène
Presses
de Sciences Po | Hors
collection
J'adore cette image qui nous montre les rapports de forces qui s'inversent. Lors d'un entretien,
|
François Gémenne déclare : "Nous sommes à un moment charnière, qui suscite des tensions puissantes, des regains de nationalisme et de climatosepticisme. Mais les grandes transformations sont toujours précédées d'un baroud d'honneur de l'ancien monde. J'ose espérer que c'est ce que nous vivons aujourd'hui, que les Bolsonaro, Trump, Orbàn sont les dernières caricatures, les derniers clowns d'un modèle arrivé à son terme."
Moi aussi !
Inscription à :
Articles (Atom)












