mercredi 10 mai 2023

interlude 6 p.141 Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues Comme des pans de lumière gisant sur le rebord

Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues /moiré

L'effet dévastateur de l'ombre qui s'avance /gris

Le poison de la propagande /kaki

Jusqu'à ne plus savoir ce que penser veut dire /blanc

La brume les mensonges les lignes les délices /héliotrope

Ce qui fait la beauté des meubles à tiroirs /ventre de biche

Les secrets éventrés, mythologies sanglantes /rose bonbon

Les âmes sœurs tombées au champ d'horreur d'oubli /transparent

Sous la loi fracassante des algorithmes noirs /damier

Comme des pans de lumière gisant sur le rebord

Des fenêtres silence immarcescibles et sales /poussière

Sur la crête des cœurs /sang de bœuf


Comme des pans de lumière gisant sur le rebord  interlude 6 p.141 à partir des phrases sur la lumière  tout du long de l'interlude



Ma traduction (à venir)

dimanche 30 avril 2023

à travers

à travers

la peau des collines de songes et

l’ondoiement des feuillages d’arbres indistincts

sous la caresse d’ombres mauves et mouvantes

naît en un état suspendu l’étrange sentiment

d’une présence d’où surgissent par intermittence

des éclats bleutés comme hors du temps

se tenir alors depuis l’autre versant sur le seuil

figée comme une page blanche

espérant une calligraphie d’ailes noires

 

 (klasma en écho à ma traduction de l'interlude 5 partie 2 des Vagues:

À midi la chaleur du soleil rendait les collines grises comme si elles avaient été rabotées et brûlées dans une explosion, tandis que plus loin au nord dans les contrées plus nuageuses ou pluvieuses, les collines lissées en dalles comme par le dos d’une pelle, étaient éclairées de l’intérieur, comme si un gardien, dans leur profondeur, allait de chambre en chambre, tenant une lampe verte.)

samedi 29 avril 2023

De L'autre Côté (XI).

 ( Codicille: à partir de "Les Vagues", Virginia Woolf; Interlude 5-partie 2)

L'envers du décor
le soleil bafoué
sur lit de stratosphère glaciale
lumière blême
gris-bleu du vent
gangue de gel
pelure de nuit boréale
langues de terre niviformes
fourrure gercée des
flocons
lenteur du temps
spectres des arbres-fantômes
pétrifiés
forêt-pelisse de marbre pâle
givre perles d'hiver
saison pour héliotropes morts.



MATIN-VAGUE (X).

 (Codicille: à partir de "Les Vagues", Virginia  Woolf; Interlude 5-partie 1)

L'esquisse d'une aquarelle
teintée à la mélancolie
des sables mouvants
la grève
vulnérable et fragile
une traversée intérieure
réminiscences
cendres de l'oubli
imperceptiblement
l'inflexion naissante
d'un jour nouveau
l'impudence des couleurs
nacrées
l'impermanence de la lumière
un rempart
contre les vents effarouchés
s'y cognent
les cygnes du destin.

vendredi 28 avril 2023

MATIN-VAGUE (IX)

 (Codicille:  A partir de "Les Vagues, V.Woolf; Interlude 4 partie 2)

 Les pampres
du soleil
pépites d'or en flocons lumineux
le sol de lumière
gouttes d'huile perlée
brindilles d'une gamme fleurie
les ombres de dentelle
étoffe du jardin
soupirs
le matin rêve
déplie ses ailes
où viennent se poser les oiseaux
fatigués de la nuit
la maison s'agenouille
jour nouveau.


 

mardi 25 avril 2023

Interlude 5.3 Une parole maigre comme l'échine d'un mulet L'herbe est haute

Une parole maigre comme l'échine d'un mulet

qui se fraye un chemin parmi tous les silences

Les supposés qui hurlent leur mystère endeuillé

Par delà les énigmes de la vérité

Faire du foin sur le terrain du vague

un plein chariot bien jaune à la Jérôme Bosch

On ne commande rien, on suggère le peu

Une injonction sous x

Ne se prononce pas

Les mots au semblant doux du velours synthétique

Les mots au semblant dur du tranchant des épées

Des bulles qui s'inscrivent au-dessus de leur tête

Comme si en les touchant ils allaient fondre l'âme


à partir de la phrase "as the back of great horses ripple with muscles as they move"

 Codicielle : 100 mots/ alexandrins / des mots de la traduction de l'interlude des Vagues/ se terminant par Comme si

Ma traduction (à venir)
Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales 
et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où
l';eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont
suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les
pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des
mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur
chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et
sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de
leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.
A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes
sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies
ondulantes chatoyantes ...
Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain
dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,
les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant
ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes
de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient
contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les
prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin
d';herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert
continu.
Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque
sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait
(dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.
Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une
seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils
charriaient des brindilles de paille et des ramilles
(branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes
branches.
Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où
les cônes des cytises et de pourpre secouaient
(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d'autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place. A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d'une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu. Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait(dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles(branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l'or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.

A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d'argent, de mauve, les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d'un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient (bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi le jardin n'était que floraison et profusion et jusqu'aux espaces sous les plantes étaient verts et mauves et fauves à mesure que le soleil transperçait un pétale rouge et un pétale jaune plus large ou bien lorsqu'il était empêché,  arrêté barré par quelque rayure verte épaisse et velue.

lundi 24 avril 2023

MATIN-VAGUE. (VIII)

 Les collines douces-amères
à l'horizon
un théâtre de toile
les chevaux bleus du soleil
affleurant
les pentes généreuses
ourlées de reflets
tardifs
indécis cotonneux territoire
lumières ridées
ombres marionnettes
lançant leurs bras de soie
nacrés de bulles d'or
langueurs du paysage
fuite du temps
instant des couleurs échevelées
celui où sont brodés
les adjectifs
du plaisir
d'un jour renouvelé.

(codicille: à partir de interlude IV - partie 1 -Les Vagues; Virginia Woolf)


mercredi 19 avril 2023

à tour de bras

à tour de bras

les mains plongent dans l’eau de lassitude

lavandières de versets portés par le courant

un brouillon de mélancolie se lave

se retourne et essore son dernier grain

dans les entrelacs de l’eau et de la toile

la trame du tissu froissé

se traduit en langue noble

drainée entre les eaux

un poème dans de beaux draps

 

klasma faisant écho à un passage de l'interlude 5 des Vagues de Virginia Woolf dont voici ma traduction:

...et les femmes aux cheveux blancs, aux seins tombants, agenouillées dans le lit de la rivière battant des tissus froissés sur les pierres...


 

samedi 15 avril 2023

CHEMIN DE TRAVERSE.

 Racines mortes
en somnambule
dans les cathédrales de glace
sous l'algèbre des étoiles
Les saules
lambeaux de terre enracinés
embaument
odeurs mystérieuses
appartenance à une pantomime
Sombrer dans un abîme
Aveu d'imposture
un coma sans lumières sans
cordes ni remparts
les plis des heures vides bousculent
les crépuscules couleur de gencive
Débusquer
la ligne soignée affable
chercher la faille
des mains honteuses
Enduire
une tempête intérieure
posture ténébreuse
sous la pergola
de la nuit-enveloppe
Les sacrifices-précipices
Les imperfections du corps
Le silence des oiseaux
veinures-bâlafres sur l'écorce d'un chêne
mais insolent regard
illusion faussaire
turbulences
d'un printemps bleu.





vendredi 7 avril 2023

Interlude 5.1 p.126 La femme aux cheveux d'or

La femme aux cheveux d'or la roue rouillée les gouttes d'eau opale les maisons de carton roses le dépaysement multicolore la couche de mer émeraude  un petit acompte argent sur le bonheur conjugal les charbons rougeoyants de l'amour, les fournaises du coeur la barque bleue azur du destin flottant sur des eaux incolores 3 nuits champagne la poitrine bistre la fragrance mauve de son after-shave une robe blanche imméritée la débâcle anthracite une chausse-trappe moutarde une bottine acajou sans lacets les sillons noirs creusés par le vent vermeil

de l'oubli

du rabougri

des tissus kakis froissés sur les pierres brûlantes



ma traduction

Le soleil était au zénith. On ne le devinait ni ne l'entr'apercevait plus à partir d'indices et de lueurs ; c'était comme si une jeune fille allongée sur sa couche maritime verte se fatiguait le regard à distinguer les joyaux aquatiques, ronds comme des globes qui lancent des lumières teintées d'opale, tombent et clignotent dans l'air incertain comme les flancs d'un dauphin glissant ou l'éclair d'une lame qui tranche

Maintenant le soleil brillait sans équivoque, de manière indéniable. Il dardait ses rayons sur le sable dur et les rochers devinrent aussi rouges et brûlant que des fournaises. Il cherchait chaque flaque, et attrapait le petit poisson caché dans le moindre recoin, faisait apparaître la roue rouillée, l'os blanc, ou le ... sans ... accroché, noir comme du fer, dans le sable. Il donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur. Aux dunes leur scintillement innombrable, aux herbes folles leur vert brillant. ou bien il tombait sur l'étendue aride désolée du désert, montrant ici les sillons creusés par le vent, ici balayé en cairns désolés, ici parsemée d'arbres exotiques (?) rabougris d'un vert sombre. Il allumait la fine mosquée dorée, les frêles maisons de carton roses et blanches du villages au sud, et la femme à la poitrine généreuse et aux cheveux blancs, qui s'agenouillait dans le lit de la rivière en battant des vêtements froissés sur les pierres. Les paquebots qui s'élançaient lentement sur la mer étaient pris dans le regard rasant du soleil qui, à travers les auvents jaunes, frappait les passagers qui somnolaient ou arpentaient le pont, abritant leurs yeux pour chercher la terre, tandis que, jour après jour, comprimé dans ses flancs huileux et palpitants, le navire les portait monotonement sur les eaux.

à partir de la phrase " 2023 04 07   - "Le soleil donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur" 

"The sun fell in sharp wedges. Whatever the light touched became dowered with a fanatical existence"

lundi 27 mars 2023

 Soleil froid et silence—fin de nuit—départ demain—herbe folle et vieux mur—premier bruit de voiture—un merle décidé court sur un vieux toit—cherche sa nourriture—nuage couleur plomb— la neige est pour bientôt—le merle s’est perché sur un frigo rouillé dans le jardin en face.

samedi 25 mars 2023

à vif

 

à vif

le corps et la langue comme

des échardes — ce quelque chose qui transperce

et qui de l’intérieur de soi

peut déchirer l’intime de l’autre

alors desserrer l’imperceptible blessure entre les soi

comme entre les mots les césures créent le souffle

avoir besoin de rien qu’un abandon de blanc

pour protéger son amas de moi

des lancinantes ciselures cachées

 

klasma écrit en écho à ma traduction ( interlude 4 deuxième partie) des Vagues de Virginia Woolf: 

Ils chantaient comme si le contour de leur être était aiguisé et aurait pu couper, fractionner la douceur de la lumière bleu-vert, l'humidité de la terre mouillée... 

lundi 20 mars 2023

Interlude 4.2 p.93 Comme l'herbe ondulante

 Comme l'herbe ondulante de la mer

les vapeurs violettes

Comme les moiteurs recroquevillées à l'arrière-plan

les dagues de glace

Comme la campagne blanche de fleurs

les visqueuses fêlures

Comme les gobelets zébrés de lumière éphémère

un glacis rouge

Comme les chants enturbannées abrupts

à l'aplomb de la flèche

Comme le grain du bois les épluchures pitoyables

Comme l'étoile polaire sa lumière blafarde

sa position immuable

Comme les ruisseaux les torrents les étangs les lacs

le ciel tournoyant

les chevaux virevoltants

 

Comme si au bord de leur vie

Rien n'avait d'ombre


à partir de la phrase 2023 03 25 "They sprang as if the end of their being were sharpened and must cut, must split the softness of the blue green light, the dampness of the wet earth"Comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait "

Ma traduction

Ils chantaient comme si leur chant était expulsé sous la pression du matin. Il sautaient comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait et devait fendre la douceur de la lumière bleu-vert, l'humidité de la terre mouillée, les fumées et les vapeurs des volutes grasses de la cuisine, ; les effluves chaudes de mouton et de bœuf ; l'abondance des pâtisseries et des fruits ; les matières humides et les épluchures jetées depuis le seau de la cuisine, et d'où s'échappait une lente vapeur montant du tas d'ordures. Sur tout ce mouillé, ce tâché d'humidité, ce recroquevillé par le trempage, ils descendaient, avides, impitoyables, abrupts, Ils plongeaient soudain depuis les branches du lilas jusqu'à la grille, ils épiaient un escargot et frappaient la coquille contre une pierre. Ils frappaient avec fureur, méthodiquement, jusqu'à ce que la coquille se casse et que quelque chose de visqueux suinte de la fêlure.

Ils balayaient le ciel en tournoyant comme des flèches  haut dans les airs lançant des notes brèves et aiguës perchés sur les plus hautes branches d'un arbre ils regardaient à travers les feuilles les flèches des clochers et en bas la campagne blanchie par les fleurs, avec l'herbe ondulante et la mer qui battait comme le tambour d'un régiment de soldats enturbannées ou portant des casques à plumes.

Maintenant et encore leurs chants montaient ensemble sur des portées rapides comme les entrelacs d'un torrent dont les eaux se mêlent au confluent,  écument et se mélangent, puis se hâtent de plus en plus vite vers le chenal traçant une sortie unique et large emportant les mêmes larges feuilles. Mais il y a un rocher. Elles se séparent.

Le soleil tombait en pans aigus dans la pièce.

Quoi que ce fut qu'elle touchât, la lumière devenait plus crue avec une existence fanatique exacerbée

Une assiette devenait un lac blanc, un couteau une dague de glace. (un stalactite). Soudain des verres se révélaient soutenus par des zébrures de lumières (des raies de lumières)

Les tables et les chaises émergeaient comme si ayant préalablement coulé elles surgissaient à nouveau, elles refaisaient surface, recouvertes d'une mince pellicule rouge, orange, violette comme le duvet sur la peau d'un fruit mûr. Les veines sur la glaçure (le vernis, le brillant) de la porcelaine, le grain du bois, les fibres du cannage se précisèrent plus finement. Rien n'avait d'ombre. Un pot était tellement vert que l'oeil semblait aspiré par le tunnel de son intensité et restait collé dessus comme un mollusque, une bernique

Puis les formes prirent du volume et des contours. Là on distinguait la courbe d'une chaise ; là la silhouette d'une armoire. Et à mesure que la lumière augmentait des tâches d'ombre y pénétrèrent, s'accumulèrent et se répandirent en de multiples plis et replis sur l'arrière plan.

Scintillement avant le jour—ni silence ni mystère—les seuls chants d’oiseaux—mouvements invisibles du vent—lorsque l’herbe ondule—tremblent les arbres—mouvements imperceptibles—mouvements faits de rien—les vents agitent les arbres—les vents croisent et emportent des oiseaux—l’aube comme une vallée sombre entre le jour la nuit.

samedi 18 mars 2023

Lectures

"... Co-naître implique de rencontrer, de vivre avec. Cela impose une relation, un engagement, une prise de risque. Cela implique d'être vécu ... Le marin peut connaître la mer, la ressentir, la comprendre intuitivement, sans pour autant savoir grand chose sur elle. A l'inverse, l'intellectuel peut savoir beaucoup de choses, sa salinité, sa température, la circulation océanique, sans jamais être allé en mer, sans la connaître. Ce savoir distancié, hors sol, s'il n'est pas mis au service de la connaissance, du vivre avec, ne m'intéresse pas. Plus important encore, alors que la connaissance m'inclut dans le monde, qu'elle me fait comprendre que je lui appartiens et qu'en conséquence je ne peux pas en disposer, le savoir, lui, me laisse croire que je suis extérieur à la nature que j'étudie de loin et que je peux exploiter à ma guise. La connaissance ouvre sur le vivre ensemble, c'est une relation dynamique, un enrichissement réciproque sans cesse renouvelé, qui ne se nourrit pas nécessairement de chiffres. "

 François Sarano, entretien Actes Sud "Réconcilier les hommes avec la vie sauvage"

F Sarano est océanographe, plongeur professionnel, conseiller scientifique du ct Cousteau, co-fondateur de l'association Longitude 181 dont l'objectif est la protection des océans. 

mardi 14 mars 2023

interlude 4.1 p.92 Oiseaux déréglés

Oiseaux déréglés, chaque année moins de doigts pour les compter. 

Aucun jacarini sautant sur place les ailes en l'air pour montrer à sa femelle sa tache blanche.

Rouge-gorge solitaire. Est-ce le/la même chaque année ? Combien de temps vit un oiseau ?

Des pigeons, ça oui. Lundi dans le jardin, un ramier égorgé, un éventail de plumes.

Quelques mésanges et quelques pies. Un pivert revenant, quelques pinsons des arbres et trois moineaux.

Aucun petitduc faisant escale après avoir parcouru 3000 km au-dessus du désert

Aucune perdrix rouge guettée par l'autour des palombes

Pas de cassiques cul jaune de Guyane dans son nid tressé et suspendu

Pas de picolette précieuse qui sait tout chanter et en paye le prix

je pense au silence de confinement rempli d'oiseaux, au cri de chouette dans les films, dès que l'atmosphère est crépusculaire

je sais bien que vous ne chantez pas pour me faire plaisir, que vous avez votre vie, mais comment vous dire que je suis contente que vous le fassiez

Et tous ces plumages, ces ramages, ces crêtes, ces chants cette créativité infinie. Stridence, passion, véhémence, murmurations des étourneaux.

Psychologie du désastre. Je reste attentive, je compte sur vous

murmuration des étourneaux

à partir de la phrase p.93 They sang, exposed without shelter, to the air and the sun" ils chantaient bien en vue, sans abri, pour l'air et pour le soleil,

Ma traduction

Le soleil, à présent levé, ne reposait plus sur un matelas vert, jetant un coup d’œil furtif à travers l'eau scintillante comme des bijoux, révéla sa face et piqua droit au-dessus des vagues. Elles tombaient avec un bruit sourd régulier. Elles tombaient comme fait le martèlement des sabots des chevaux galopant sur le gazon. Leur écume s'élevait comme le jet de lances et de sagaies au-dessus de la tête des cavaliers. Elles balayaient la plage de leur eau bleu-acier parsemée de diamants. Elles allaient et venaient sur le rivage avec l'énergie, la musculature d'un moteur qui déploie et réintroduit sa force. Le soleil tombait sur les champs de maïs et sur les bois. Les rivières devenaient bleues et enchevêtrées comme des tresses, les pelouses qui descendaient jusqu'au rivage devinrent vertes comme les plumes des oiseaux qui ébouriffent doucement leur plumage. Les collines courbées et enserrées, comme liées par des lanières, à l'image d'un membre lacé par ses muscles ; et les bois qui se hérissaient fièrement sur leurs flancs étaient comme la crinière bien taillée sur l'encolure d'un cheval.

Dans le jardin là où les arbres se tenaient lourdement au dessus des parterres de fleurs, des étangs, et des serres, les oiseaux chantaient dans le chaud soleil, chacun en solo. L'un d'eux chantait au-dessus de la fenêtre de la chambre, un autre sur le plus haut rameau du lilas ; un autre sur le rebord du mur. Chacun chantait de manière stridente, avec passion, avec véhémence, comme pour expulser le chant et peu importait si ce chant dissonait avec le chant d'un autre oiseau. Leurs yeux ronds brillaient de mille éclats : leurs serres agrippaient le rameau ou la rampe, ils chantaient bien en vue, sans abri, pour l'air et pour le soleil, magnifiques dans leur plumage tout neuf, veinés de nacre ou éclatants, ici strié de bleu pâle, ici éclaboussé d'or, ou rayés d"un duvet brillant.


jeudi 9 mars 2023

à découvert

à découvert

dans l’éblouissement du bleu émaillé

une chaîne de chants aux tons déchirés

écarquille les quartiers d’air en volutes indécises

fragmente l’atmosphère en passerelles de sons

et l’éclatement des notes tentaculaires

se ramifie telle une tache d’encre diluée

sur une feuille de papier humide et des arabesques

s’esquissent se tracent une forme prend vie

à la verticale d’un tourbillon

 

klasma écrit en écho à la première partie de l'interlude 4 des Vagues dont voici ma traduction:

 Le soleil, levé, et non plus couché sur le matelas vert, décochant des coups d’œil intermittents au travers des joyaux délavés, dévoilait sa face et regardait droit par-dessus les vagues. Elles tombaient en un bruit sourd, régulier. Elles tombaient en une trépidation de sabots de chevaux sur le gazon. Leurs embruns augmentaient comme le ballottement de lances et de sagaies au-dessus des têtes des cavaliers. Elles balayaient la plage d’une eau bleu acier aux pointes diamantées. Elles allaient et venaient avec l’énergie, la musculature d’un engin qui déferle de vigueur encore et encore. Le soleil tombait sur les champs de blé et les forêts, les rivières devenaient des multitudes de tresses bleutées, les pelouses qui descendaient vers le bord de l’eau, devenaient vertes comme des plumes d’oiseaux ébouriffant doucement leur panache. Les collines, arrondies et enserrées, semblaient reliées à l’arrière par des lanières, tel un membre attaché par des muscles ; et les forêts qui se dressaient fièrement sur leurs flancs étaient comme une crinière coupée ras au cou d’un cheval.

Dans le jardin,où les arbres se dressaient, touffus au-dessus des plate-bandes, des étangs, et des serres, les oiseaux chantaient sous la chaleur du soleil, chacun pour soi. L’un chantait sous la fenêtre de la chambre ; un autre sur la plus haute brindille du lilas ; un autre sur le rebord du mur. Chacun chantait avec véhémence, avec passion pour que le chant jaillisse jaillir hors d’eux, et peu importait qu’il se brise sur le chant d’un autre oiseau en une âpre dissonance. Leurs yeux ronds se gonflaient d’éclat ; leurs griffes s’agrippaient aux rameaux ou aux barreaux. Ils chantaient, à découvert sans abri, face à l’air et au soleil, magnifiques dans leur plumage neuf, veiné comme un coquillage ou émaillé de lumière, barré ici d’un bleu doux, là éclaboussé d’or, ou rayé d’une plume brillante. Ils chantaient comme si leur chant leur était arraché sous la pression du matin.


vendredi 3 mars 2023

Chemins de traverse

Pour me rappeler à vous et partager des moments de tendresse, quelques mots écrits hier soir, de ma fenêtre. Il me faut reprendre l’écriture, lentement, laborieusement, laisser remonter les images, les impressions fugitives comme ces bourgeons qui « savent » le printemps bien avant que nous nous en apercevions. Désolée pour cette longue absence, l’hiver de la saison et de l’âge m’avaient « gelée », recroquevillée, je ne savais plus que lire vos mots pour m’y réchauffer.

« Une belle lumière du soir, non plus une lumière d’hiver,

celle-ci est plus bleue, plus vibrante que les violets, orangés d’un coucher de soleil hivernal

dont on sent la dureté annonciatrice de la morsure de la nuit.

Aucun souffle d’air, une lumière douce, difficile à définir.

Ici, derrière la fenêtre de chambre ouverte,

(rue J d’Arc, c’était au-dessus du cerisier que j’écrivais mais toujours collée à une fenêtre, sur ma gauche), je ne ressens pas du tout de froid, les t° glaciales le matin se sont beaucoup radouci en journée.

Le long du Roubion, pâquerettes, primevères, bourgeons des arbres ... tout sort timidement, rien n’explose encore mais sort à peine la tête pour se protéger des nuits froides, pas folles les plantes.

Je viens de m’accouder à la fenêtre pour tenter de découvrir les mots et écrire cette lumière.

Rien à faire, « j’entends » les oiseaux pépier, je perçois comme une sorte de « rumeur », des ondulations au-dessus des cheminées, pas de la fumée, de la chaleur qui irradie, mais rien sur la lumière.

Ou peut-être si : transparente,

oui, ciel blanc traversé d’une lumière transparente comme de l’eau claire qu’on peut entendre dans le silence.

Le soleil doit être sur l’horizon, là-bas, derrière la ligne du vieux village, au-delà des collines, mais sans rougeoyer.

C’est tendre, paisible et fait du bien ».

 

 


 PS : la photo est aussi pauvre que mes mots, tout est beaucoup plus bleu et lumineux, plus beau quoi !


mardi 21 février 2023

APRèS (VII)

     La terre flasque
     flétrie
     battements torturés
     danse sépulcrale
     aux mouvements perclus
     les racines enchevêtrées
     vestes opaques des corps
     dénudés
     humidité putride
     relents de décomposition
     de griffures en blessures
     les vers de mort
     abandonnés
     festin somptuaire
     noirceur de nuit éternelle
     moiteur palpable de la peur
     sur la chair délaissée
     lumière
     seuls les feux follets
     une larme
     sur un sein fané
     goutte de l'au-delà.


    klasma  écrit en regard de l'interlude N° 3 (partie 3) de "LES VAGUES". Virginia Woolf;

dimanche 19 février 2023

à la dérive

à la dérive

dans un monde sourd et sombre

tenter de crever le magma de boursouflures

où décantent la mixture du quotidien

et la purulence du corps dissous du jour

se déposent alors ébahis des débris de mots

cherchant à faire ressortir quelques rais

d’une lumière vive ou délavée

dessinant des lignes droites ou

des arabesques au travers de l’impossible

 

Klasma écrit en écho aux deux derniers paragraphes de l'interlude 3 des Vagues de Virginia Woolf dont voici ma traduction:

Jetant maintenant un coup d’œil d’un côté, de l’autre, ils regardaient plus intensément , sous les fleurs, vers les avenues sombres d’un monde non éclairé où les feuilles pourrissent et les fleurs sont tombées. Et l’un d’eux, s’élançant à merveille comme une flèche, se posant avec exactitude, embrochait le corps flasque, monstrueux d’un ver sans défense, le piquant à plusieurs reprises, et le laissant se putréfier . Là-bas au milieu des racines où les fleurs pourrissaient, des bouffées de puanteur cadavérique s’exhalaient ; des gouttes se formaient sur les flancs bouffis des choses gonflées. La peau des fruits pourris se déchirait, et de la matière suintait trop épaisse pour couler. Des excrétions jaunes exsudaient des limaces, et de temps en temps un corps informe avec une tête à chaque extrémité oscillait lentement d’un côté à l’autre. Les oiseaux aux yeux d’or en s’élançant entre les feuilles observaient cette purulence, cette humidité, d’un air perplexe. De temps à autre ils plongeaient la pointe de leurs becs sauvagement dans cette mixture poisseuse.

À présent, le soleil levant entrant par la fenêtre, atteignant le liseré rouge du rideau, commença à faire ressortir des cercles et des lignes. Là dans la lumière croissante la blancheur s’étendait sur les assiettes ; l’étincellement se condensait sur la lame du couteau. Fauteuils et placards se dessinaient derrière et bien qu’ils soient séparés ils semblaient inextricablement emmêlés. Le miroir blanchissait le mur d’une flaque La fleur naturelle sur le rebord de la fenêtre était accompagnée d’un fantôme de fleur. Pourtant le fantôme faisait partie de la fleur, car lorsqu’un bourgeon se libéra la pâle fleur dans la glace ouvrit aussi un bourgeon.

Le vent se leva. Les vagues tambourinaient sur le rivage, comme des guerriers enturbannés, comme des hommes enturbannés qui levant leurs sagaies empoisonnées les faisaient tournoyer au-dessus d’eux, avançaient sur le troupeau en train de paître, les moutons blancs.