vendredi 18 février 2022

Miroir


Miroir, miroir, miroir, où est ta vérité ?

Miroir, fidèle menteur qui inverse l’image

de celui qui regarde son double renversé,

réflexion spéculaire d’une image équivoque

qui ne tient aucun compte ni des rides, ni de l’âge,

dont la vérité crue sans cesse nous convoque.

mercredi 16 février 2022

De la forme...

... Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense. Tout va bien au sonnet : la bouffonnerie, la galanterie, la passion, la rêverie, la méditation philosophique. Il y a, là, la beauté du métal et du minéral bien travaillés. Avez-vous observé qu'un morceau de ciel aperçu par un soupirail, ou entre deux cheminées, deux rochers, ou par une arcade, donnait une idée plus profonde de l'infini que le grand panorama vu du haut d'une montagne ?...

 Charles Baudelaire " Lettre à Armand Fraisse"  19 Février 1860.

 

 

Pleine lune

Telle un lampion, la lune accrochée dans le cyprès

Un nuage : la lune disparaît.

Aurais-je à ce point l’esprit obscurci

pour perdre le sourire et

croire que la lune n’est plus là ?

Mon esprit sait la lune,

voit le passage des nuages ,

conserve sourire au coeur et aux lèvres.

Dois-je attendre que les nuages aient disparu

pour m’autoriser à être heureuse ?


dimanche 13 février 2022

Miroir, mon beau miroir

 Reflet de la vérité ou son inverseur ?

Porte ouverte sur un autre monde ?

Porte par laquelle la mort va et vient ?


« Je vous livre le secret des secrets. Les miroirs sont les portes par lesquelles la mort vient et va. Du reste, regardez-vous tout votre vie dans un miroir, et vous verrez la mort travailler, comme des abeilles dans une ruche de verre. » J Cocteau Orphée


Il est pour certains symbole de la plus haute connaissance

car il reflète sans être affecté par ce qu’il reflète :

Le beau, le laid, le jeune, le vieux …

le miroir ne connaît pas, il reflète

impassible, inébranlable.

Il voit les choses comme elles sont,

renvoie réalité et non vérité.


Et si l’autre était mon miroir ?

La collectivité comme Galerie des Glaces ?

jeudi 10 février 2022

#8 - Miroir. Miroir?

 L'avers et l'envers. Le fragment vu par l'autre. Le fragment d'un tout, d'une vie, d'un rien. Le "je" qui se dessine en timbre-poste. Le "tu" le"il et elle elle et il"le "nous". La ride qui colle au front. La pupille asséchée dans l'oeil du voisin.L'espérance et la désespérance. Le soir qui tombe sur le soleil en catafalque. Le fragment d'un âge qui avance et s'enfuit. L'âme qui réverbère jusqu'à la lie. Le détail d'une respiration d'un souffle jusqu'au râle. Le pouvoir d'être celui d'avoir été. L'illusion de la réalité.

dimanche 6 février 2022

Miroir Jardin

 Aussi bien en désordre que dans ma propre vie

aussi riche en recoins occultant des trésors

mais aussi des cafards vieux de quelques années

des pensées invasives et des arbres moqueurs

apportés par les vents et les oiseaux de même

Laisse venir le vert et tout ce qui s'en suit

le moisi ne nuit pas tant qu'il est en surface

Aux limites du clair, la mousse douce affleure

les lierres des souvenirs qui m'agrippent le coeur

 

Une fois l'an j'appelle à l'aide, 

un jardinier/docteur plus expérimenté

C'est déduit des impôts 

remboursé à moitié

par la Sécurité Sociale.

je fais des analyses, pèse le pour et contre

Du bien fondé de parfois arracher

un tronc pourri, une belle tumeur.

 

chaque année un piquant nouveau

chaque année une douleur nouvelle

chaque année une espèce en moins

comme les mots perdus aux confins de ma tête

mais chaque année aussi des surprises en pagaille

si pagaille est le mot.

 

Chaque année je me laisse prendre

au jaune des forsythias

au chant des primevères

chaque année me surprend à avoir oublié

ce que j'avais jadis planté

English garden bien ratissé

carrés de choux, de bijoux et de houx

chiendent qui coupe, ronces qui crient

mêm' le miroir est à la fête

quand éclatent les joies dans ma tête

de voir s'égayer le printemps.

Intertitre

"Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l'homme deux fois plus grande que nature. " Virginia Woolf, Une chambre à soi.


PS : je ne suis pas sûre de la traduction, je vais aller relire : Une chambre à soi

Reflet dans un œil d'or. Klasma MIROIR

 Virginia Woolf dans le jardin sans tain de mon inconsistance

l'escalier en colimaçon au fond du rêve vrai

angles aigus des montagnes de lumière

au printemps les tulipes fresque rouge sur mâchefer gris

Reflet dans un œil qui dort, les pierres dans ses poches.

mi-roir ? mi quoi d'autre ?

La surface et la profondeur

Ad-mirer les mirettes, ajuster le mascara

"qui de lui ou de moi renvoie l'image à l'autre ?"

une chanson de l'Empire des Sons du temps de ma jeunesse

le miroir ne laissait pas augurer ma tête d'aujourd'hui

Tout ce qui nous attend.

With compliments

Moments successifs

Grossissant. Pas plus de Photoshop que de crème réparatrice

Point noir que l'on charcute lorsque l'on a 13 ans

Les yeux prennent refuge au fond de leurs orbites

Coup d’œil furtif

Peau d'orange. Orifices. Fraise

Le miroir ne fait pas de méchantes réflexions

 

Sur les trottoirs, dans le salon et même dans les wc

Le père de l'ancienne propriétaire était un miroitier.

Un poil noir, un début de moustache,

un grain de beauté, une verrue, un bouton d'acné

quinze rides une poignée de cheveux blancs.

Agrandir les fenêtres, multiplier l'espace, 

attraper les poussières attirées 

par la surface glabre

Galerie de portraits dans la galerie glacée,

jusqu'à l'arrivée des premières ombres

 

Le miroir n'a pas l'odeur.

Il dit l'innommable et s'en fout

Comme de sa première chiure de mouche

Sablier. Travaux. Défardement.

Ravalement de façade. Béatilles. Des coussins pour les yeux.


Que fait le miroir en notre absence ?

Moine. Dubitatif. Impermanence. Éminence grise.

 

Regarder le néant en face

Le miroir n'a pas de mémoire.

vendredi 4 février 2022

forme...

 Lu dans Le Flotoir de Florence Trocmé:

 Je trouve dans Madame tout le monde, l’anthologie composée par Marie de Quatrebarbes pour le Corridor bleu un bel entretien mené par Emmanuèle Jawad avec Michèle Métail.

Michèle Métail : « La question de la forme est très importante dans mon travail. Elle est indissociable du contenu car elle est par elle-même signifiante. Plusieurs années sont parfois nécessaires avant de trouver la forme juste qui déclenche l'écriture du texte. Ce fut le cas avec La route de Cinq pieds, journal de mes voyages en Chine, qui fit l'objet de plusieurs versions, dont de la prose. Au final ce long poème est écrit en vers de cinq syllabes, une métrique de la poésie chinoise classique que j'ai souvent traduite. Cette métrique permettait de rendre le caractère heurté des images qui se télescopaient durant les longs trajets à travers le pays. Quelque chose d'analogue s'est produit avec la découverte de la ville de Berlin, d'abord photographiée dans les reflets visibles sur les parois vitrées des immeubles modernes. Les poèmes qui dialoguent avec les images reprennent le format photo des tirages : 10 x 15, transposé en dix vers de quinze lettres chacun. Cette mesure impose une syntaxe particulière avec ruptures, cassures, de même que la ville voit ses lignes continues brisées, déformées dans les reflets. Dans ces deux cas, la forme, parfois contraignante, permet d'inventer sa langue propre. » (p. 222)

mardi 1 février 2022

à l'eau de rose

 

à l’eau de rose – réfléchi ou traversé d’intensité

- il diffracte ses lignes – en une anamorphose des

souvenirs – ou du squelette d’un monde – il dénoue

une réalité à regarder en face – donne une densité

nouvelle à tes propres spectres – mire l’éminence

des riens – détaille l’innommable de ce qui est tu

il dialogue avec tes morts – ou les ombres de ta

vie – enivre de l’haleine de l’écriture – accentue

en un trait les rides d’un discours – déforme sans

impunité l’image de ton monde – dissimule ce qu’il

lui faut taire sous son film sans tain – tu penses

au livre comme un miroir – jusqu’à l’intraduisible

 

Codicille: quatrième ( et dernier?) klasma d'objets tournant autour de l'écriture  avec toujours les mêmes contraintes: commencer par à/ 101 mots/ pas de majuscule/ tiret comme ponctuation/ l'objet du texte à la fin/ vers justifiés

 

détail/ fragment

 Notes prises dans Les paradoxes du détail/ Erica Wicki/ (Presses universitaires de Rennes) :

le détail est une partie taillée dans un ensemble dont il a ensuite été retranché. La deuxième acceptation du mot détail témoigne de ce que le sens commun reconnaît, dans l’acte de raconter, la liberté de choisir et d’isoler des éléments du réel pour les faire entrer dans le récit . Le détail d’un récit découlant d’un découpage indique ainsi l’action d’une volonté individuelle. Il n’y a pas d’arbitraire dans le détail, celui-ci ne saurait être une fraction. (…) Le fragment évoque « un morceau de quelque chose qui a été cassé », il désigne plutôt un reste, le résidu d’un tout disparu ; il n’a pas fait l’objet d’une opération volontaire et n’existe que par l’absence de l’ensemble auquel il était rattaché.

Une proposition est faite d'écrire un klasma autour du mot miroir et/ou de poursuivre l'écriture de fragments à partir d'objets de son choix.

dimanche 30 janvier 2022

Les plaisirs de la porte

"Les rois ne touchent pas aux portes. 

Ils ne connaissent pas ce bonheur :pousser devant soi avec douceur ou rudesse l'un de ces grands panneaux familiers, se retourner vers lui pour le remettre en place, --- tenir dans ses bras une porte.

--- Le bonheur d'empoigner au ventre par son noeud de porcelaine l'un de ces hauts obstacles d'une pièce ; ce corps à corps rapide par lequel un instant la marche retenue, l'oeil s'ouvre et le corps tout entier s'accommode à son nouvel appartement.

D'une main amicale il la retient encore, avant de la repousser décidément et de s'enclore, --- ce dont le déclic du ressort puissant mais bien huilé agréablement l'assure."

Francis Ponge "Le parti pris des choses" nrf Poésie/Gallimard p 44

Après les affres du déménagement, en voici les fruits, les joies goûtés aux coin du feu de bois. Ces livres exhumés d'étagères empoussiérées, restés fermés 20-30 ans et que je relis avec délectation.

Certes, j'arrive un peu tard pour les portes mais on dira comme ça : "Ange arrive en retard cette année"

mercredi 26 janvier 2022

# 7 A mes pieds.

      La matière souple et flexible vacille. Câline la semelle de propreté noire et luisante caresse la peau qui l'a choisie. A droite à gauche de l'avant un écart en arrière. Elle tressaille. De la chambre au salon du salon au balcon. Elle frémit. L'aile de quartier rembourrée diffuse sa chaleur attentive. Elle titube. Pointe d'un ballet ordinaire qui abolit et l'espace et le temps. Point de fioriture. Un tissu-velours noir strié de pastel. Sur le cou de pied la boucle d'un lacet timide. Mais un chausson-douceur pour tempérer les levers difficiles . Un chausson-tendresse. Une chaussure de chambre éternelle exploratrice du jour nouveau. Voyageuse légère. Elle assure mon pied de son oeil attentif.

lundi 24 janvier 2022

Hommage à Henri Merle "Je mettrai ..."

 

Je mettrai des jacinthes blanches

à ma fenêtre, dans l'eau claire

qui paraîtra bleue dans le verre .


Je mettrai sur ta gorge blanche

et luisante comme un caillou

du ruisseau, des boules de houx,


Je mettrai sur la pauvre tête

du malheureux chien tout rogneux

qui a des taches dans les yeux


la plus douce de mes caresses,

pour qu'il s'en aille grelottant

un tout petit peu plus content.


Je mettrai ma main dans la tienne,

et tu me conduiras dans l'ombre

où tournent le feuilles d'automne,


jusqu'au sable de la fontaine

que la pluie si douce a troué,

où se détrempe le vieux pré.


….........................................

…..................... la pluie fine

ma pensée douce comme la bruine.


Je mettrai sur l'agneau qui bêle

une branche de lierre amer

qui est noir parce qu'il est vert.

 

Francis Jammes « De l'angélus de l'aube à l'angélus du soir » nrf Poésie / Gallimard p 90

J'apprends ce matin, la nouvelle du décès de Henri Merle qui a écrit quelques années dans cet atelier. J'ai souvent pensé à lui en relisant ces poèmes. Ce sont les bons côtés d'un déménagement : émergent des livres non ouverts depuis des années et qui vous happent. Celui-ci en est un dont j'ai eu envie de lui / de vous / offrir un fragment.


mardi 18 janvier 2022

Une pierre


C’était une grosse pierre - d’autres auraient dit rocher

- remarquable et discrète elle était toujours là

posée à l’extérieur d’une porte d’entrée


- quatre vingt dix de large soixante de hauteur -

sa surface presque plane nous servait de banc,

de siège pour s’asseoir et voir tomber le jour.


Voir descendre le jour et perdre la lumière

ou voir monter la nuit et gagner le silence.


Etrange comme une perle monstrueuse et baroque

dans la noirceur la pierre, sous la lueur nocturne,

prend la couleur laiteuse d’une lune voilée.


Humble pierre le jour qui ne sert qu’à s’asseoir,

la nuit ambassadrice de l’intersidéral,

d’un cosmos rêvé par un enfant songeur,


comme un point de repère dans l’univers immense,

comme une ancre flottante sur l’océan du temps.


Éperdu on cherchait un ryhtme à l’univers,

une musique unique une harmonie des sphères,

un chiffre qui règlerait la course des planètes


Mais la pierre météore, sur laquelle le soir

au coucher du soleil, parfois l’on s’asseyait

ne bougeait pas d’un pouce : ou peut-être la nuit.


Au cœur du silence sombre elle s’envolait souvent

et je pouvais la voir au milieu de mes rêves.


Protégeant la maison elle tournait en rond

en un cercle parfait dont nous étions le centre,

mais au lever du jour, à nouveau, elle est là :


discrète, comme endormie, mais froide sous la main,

dans la chaleur du jour elle rend la fraîcheur

qu’elle a capté la nuit dans son parcours cosmique.


Les souvenirs d’enfance lorsqu’on les réassemble

deviennent parfois des contes que l’on a inventés.

objet mystère


"je ne sais pas", pas de ponctuation

samedi 15 janvier 2022

à l'antique

à l’antique – ou tout au moins à l’ancienne –

prendre la peau des mots – dans la lenteur du

geste nécessaire – avec l’attention requise –

et manier l’art de la concentration marié aux

impondérables de l’instant – délayer la forme

des lettres – emperruquer chacune d’encre dès

l’espoir de nos lèvres – le bleu mésange flue

sur la rivière de la page – une valse se joue

entre plume et papier – des hoquets d’encre –

et les mots deviennent couleurs – cela glisse

cela crisse cela s’écrit – pleins et déliés –

tout est là pour éclairer ces mots ruisselant

de plaisir – délivrés des bords de la plume –

langue du porte-plume serré entre les dents –


Codicille:

Pour ce qui est de la forme, je persiste dans mes contraintes habituelles:

pas de majuscule - commencer par à - pas de ponctuation autre que le tiret - être proche des cent mots ( 104 exactement) - des vers justifiés - et ce qui pourrait faire titre ou dire de quoi il s'agit, à la fin.

Pour ce qui est du fond, je continue d'écrire sur une série d'objets en lien avec l'écriture.

 

jeudi 6 janvier 2022

Une porte de grange


La porte de la grange qui donne sur la cour

montre sur sa surface des traces du passé,

souvenirs de couleurs des anciennes peintures ;


les fentes des panneaux nous parlent de saisons ;

des hivers algides et des été ardents

ont révélé des fentes comme des plaies ouvertes ;


la matière est si sèche qu’elle semble rainurée 

par un peigne d’acier aux pointes acérés ;


la vieille porte bouge sous l’haleine du temps

et montre sur sa peau les stigmates de l’âge,

manifestations brunes de son vieillissement.


Comme la main qui tremble trace sur le papier,

tentatives de mots, des signes  peu lisibles,

qui pourtant de l’oubli extraient des souvenirs


comme syllabes tombées d’on ne sait quel soleil

s’envolant dans le soir : leur lueurs nous éclairent.


De la porte de grange qui donne sur la cour,

un vantail a frémi sous la poussée d’un souffle

faisant grincer un gond tordu, humide et froid,


comme un disque vieilli, parmi les craquements

d’un matériau usé nous rend des voix contraintes,

d’où sourd la poésie plus forte que l’usure.


Écrire avec ces sons les petits bruits du temps ;

écrire le silence d’un passé accompli ;


écrire ce qui se tait sous l’écorce des mots

craquelés de saisons et rechercher en vain,

dans le lambeau des songes, un peu de vérité,


De la porte de grange que nous restera-t-il,

Un peu de ce qu’elle est, un peu de ce qu’elle fut,

Dans la lumière orange d’une fin de journée


Qu’y a-t-il à sauver de ce qui fut vécu ?

Peut-être d’avoir aimé et de l’avoir été.

mardi 4 janvier 2022

Sur le seuil : klasma des portes

 

Je n'aime pas qu'on me claque. Il y a des échardes un loquet pendouillant des courants d'air des chicots de bois. Mes ferrures sont fragiles, de la rouille tranquille des siècles de poussière des écailles de temps. Je ne suis pas une traître des judas des fentes des termites ignorés. Je grince au moindre mouvement. De l'huile 3 en 1 des entrebâillements des ni oui ni non. Si j'étais humaine, pas sûre que j'aimerais passer ma vie entière dans cet intérieur. Il y a des seuils de la tolérance des valses hésitations de la peinture décolorée des pas qui s'éloignent.


codicille : à la façon Stéphanie Chaillou (un léger défaut d'articulation). 100 mots. titre de pièce de théâtre

mardi 28 décembre 2021

à la mémoire

à la mémoire de l’enfant que je fus – et qui

frémit encore sous ma peau – je collectionne

cet objet allongé – tout ensemble boîte pour

trésors – écrin en bois – cassette des riens

de pacotille – où dormirent crayons gommes

porte-plumes et plumes – règles en bois à la

forme carrée et graduée – tout un matériel –

et désormais empli d’une errance de ces mots

découpés ça et là et cachés dans cet antre

des mots bousculés – ébauches de lumière –

genèse d’une sphère d’un dire qui ne se sait

pas – un doigt sur le poussoir et s’ouvre le

plumier et le plein de secrets qu’on écorche