mercredi 13 décembre 2017

la Charpassonne



Apparemment, c’est du côté de la Chaussonnière, sur le plateau, que s’agrippe la genèse de la Charpassonne. Nous, nous ne le savions pas, et pourtant, nous avions tant rêvé de remonter jusqu’à sa source le courant de ce que je nommerais aujourd’hui ce grand ruisseau, mais qu’à l’époque nous n’étions pas loin de nommer « le fleuve »…
Mais serait brisée la magie de ce courant bleu, aussi malicieux que la sonorité de son nom, éparpillant çà et là sa mousse d’albâtre sur les rochers glissants.
Notre imaginaire enfantin, nourri par les quelques coudes et circonvolutions que nous connaissions,  la devinait serpentine. Ce que nous pressentions se confirme sur le tracé de la carte d’état-major. Elle quitte les hameaux de chez Paradis et Pantalon, pour se glisser, mystérieuse et riante, fière de nous échapper, lascive et impatiente sans doute de retrouver son cours tranquille, loin des cris aigus et dispersés de notre petite troupe d’enfants, sortie tout droit de la Guerre des Boutons. Nous étions surexcités, et étonnés par ses doigts glacés qui nous enserraient les mollets si fort, que nous regardions, sidérés, la marbrure violacée de nos cuisses.
Si nous avions remonté le courant, nous l’aurions longée, les pieds sur terrain sec et stable, nous serions partis de la Valette en gravissant les pentes escarpées, nous accrochons aux branches des genêts, nous aurions feint d’ignorer avec un certain dédain le ruisseau de la Charmette se jeter en confluence dans notre Charpassonne à nous…

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